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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Asmodée

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Valkyrie
Instrument de plaisir

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MessageSujet: Asmodée   Mar 26 Juin 2012 - 18:21

«Tu vois, je pense que ce n'est pas un hasard si les choses sont comme elles sont, c'est les Grecs qui ont inventé le principe d'aristocratie, tu sais ce que ça veut dire a-ri-sto-cra-tie? Non, bien sûr que non... En fait ça signifie juste «le pouvoir aux meilleurs», c'est comme ça que Novlangue marche et c'est comme ça que tout devrait marcher! Je ne comprends même pas les imbéciles qui se révoltent en pensant qu'ils sont dans leur bon droit, ces éternelles victimes jamais contents de rien, comme si une démocratie allait rendre leur vie meilleure.»

Le jeune homme ne répondit rien, seul dans une pièce vide, à la recherche d'un morceau de musique qui plairait à son client, il haïssait déjà le blabla condescendant de cet imbécile qui allait le prendre. Il ne se faisait pas d'illusion sur son sort, tous ces Automates intellos avaient beau glorifier la privation du plaisir et l'élévation spirituelle qu'elle offrait aux masses, ils ne disaient jamais non lorsqu'on leur proposait un petit coup vite fait bien fait. En particulier si celui-ci était effectué par un professionnel...en particulier par un professionnel discret. Le garçon avait déjà entendu ce discours des dizaines de fois, une confiance absolue dans le système actuelle saupoudrée d'idéologies diverses.

«J'imagine que t'es d'accord avec moi? C'est obligé, tous les Walkyries avec qui j'ai été étaient d'accord. On peut pas baser un système sur l'égalité, tu vois, les grecs le savait et ça veut pas dire qu'ils étaient plus malheureux que les autres»

Cette manière agaçante de ponctuer ses phrases par des «tu vois» était familière au jeune homme, ça faisait partie des différents codes qu'il associait au discours «branché» des jeunes privilégiés, ça et le tutoiement... Quant à l'accord des autres Walkyries avec qui «l'aristocrate auto-désigné» avaient «été», il était sans doute plus imposé tacitement que réellement affirmé. Si le garçon pouvait parler honnêtement, il admettrait n'avoir rien à foutre du droit de vote, du droit d'expression, de la dignité et de tous ces concepts fumeux, tant qu'on lui autorisait le droit de se faire du bien, malheureusement, même ça c'était réprouvé. Il s'autorisa un «je ne sais pas» timide qui aurait du sonner comme un «je m'en cogne», au lieu de ça...

«Évidemment pour toi, c'est simple, tu baises et puis basta. Tu t'en fous de savoir ce qui est mieux pour le peuple, et t'as bien raison, comme si la majorité pouvait savoir ce qu'il lui faut.»

Le Walkyrie ne trouva rien à rétorquer quant au dernier argument du client, en revanche, voir son métier réduit à de la «baise» par l'un de ceux qui étaient à la tête du système et qui devait donc savoir qu'il signifiait beaucoup plus que ça, voilà qui était insultant. Il finit par ce décider et choisir un morceau classique qui plairait sans doute à l'égo du client. Il revint dans la pièce principale où de l'encens brulait. Après s'être assis dans le canapé, ses yeux s'attardèrent sur tous les détails de la pièce, des peintures échangés par des révolutionnaires contre un peu de volupté au mobilier high-tech et aux films d'époque cachés dans un meuble de TV. Ses mains commencèrent à caresser son client presque sans que sa tête ne leur en ait donné l'ordre.

«Tu t'appelles comment?»

La question avait pour mérite d'avoir surpris le jeune homme, jamais il n'aurait pensé que son nom susciterait l'attention de ce genre de personnes. Il faillit répondre par son véritable nom avant de se rendre compte de l'erreur qu'il était sur le point de commettre.

«Asmodée...
-Et ben, tes parents devaient avoir de l'imagination pour aller chercher un nom comme ça.»

«Asmodée» réalisa qu'il s'était trompé sur son client, il pensait avoir à faire à un imbécile cultivé, mais il ressemblait plutôt à un réel attardé. Cette révélation ne renforça pas la haine qu'il pouvait éprouver pour l'homme mais le chargea au contraire d'une étrange compassion.

«C'est un nom de scène... admit il avec lassitude.
-Ah...
-Prépare toi, ça va commencer

Et effectivement, le garçon prit un flacon rempli d'une étrange substance sur la table basse et le mit sous le nez de l'Automate afin que celui-ci puisse en renifler le contenu, puis il humecta lui même le liquide translucide. La drogue n'était pas nécessaire pour entrer en transe, mais elle permettait de désinhiber les consommateurs et faisait tomber leurs dernières barrières mentales. Asmodée fixa le client dans les yeux, dans quelques secondes, ceux ci partiraient pour un voyage qu'ils n'étaient pas près d'oublier.

***

Quelques heures plus tard, la pièce est sombre et l'odeur d'encens se mélange à celle de la sueur des deux hommes. Le Walkyrie est seul, allongé sur le canapé, son client est parti depuis un certain temps. Sur la table basse, un carnet ouvert est posé. Si un oeil minuscule avait pu se faufiler dans la pièce sans extirper le locataire de son maigre sommeil, voilà ce qu'il aurait pu lire :

«Aujourd'hui, j'ai eu un client masculin, ça faisait longtemps... Je sais pas trop quoi penser de lui, c'était un mouton programmé pour répéter sans cesse le même discours mais au fond, il ne semblait pas bien méchant. On a fait un rêve étrange tous les deux, j'avais l'impression d'être dans un film du XX ème, une jolie petite famille dans une grande maison avec deux papas qui profitent du lit conjugal. La frontière est bien mince entre bourreau et victime...»

[Walkyrie]
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