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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.

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Deuxième nuit.
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Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
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MessageSujet: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mar 16 Déc 2014 - 22:32

Est-ce qu'une Orgienne peut avoir l'air fatigué ? Peut-être pas toute, mais celle-là oui.

Elle était au bord de flancher. Après toutes ces aventures, la prison, les malades, ses sœurs et tant d'autres, son visage affichait de grosses cernes. Elle avait même les cheveux gras. Il avait été hors de question de plonger son cerveau humain dans le sommeil, même pas une seconde. Et l'avarie mécanique n'était pas loin non plus, ses batteries étaient faibles, pas encore dans le rouge mais avoisinant. Loin d'atteindre ses limites elle les visualisait et ça la décevait un peu. Elle s'était imaginée un peu plus durable que ça. Et ça ne faisait que raviver la séparation peu plaisante avec B62. Elle espérait qu'elle soit encore en vie, qu'elle la retrouverait et qu'ensemble, elles s'amélioreraient enfin pour dépasser ses limites intolérables.

Combien de temps s'était-il passé ? Une quinzaine de jours. Moins. Plus. Qui peut vraiment le dire ? Il y a quelques temps, dans son état, elle se serait probablement enfoncée dans les sous-sols de la ville afin de trouver refuge dans un endroit sûr, de recharger ses batteries, de la laisser dormir. Mais ses priorités avaient été revu depuis et il n'y avait qu'une seule chose dont elle était sûre, elle voulait le revoir, le retrouver, savoir s'il a échappé à la contagion. Après elle aurait tout le loisir de se terrer dans ce drôle de QG, dans son appartement quelques jours ou plus.

C'est une sensation étrange que de s'inquiéter pour quelqu'un. Ça commence par une simple question, une idée, et presque aussitôt la graine germe, les racines et les branches se multiplient. Une idée morbide, puis une autre et une autre. Après on essaye de se rassurer. Et ainsi de suite. Jusqu'à s'en mordre les doigts, jusqu'à devenir fou. Heureusement pour Nyriss, elle a déjà Nej pour ça, elle peut donc se permettre de garder la tête froide. Et si elle a pu chasser de son esprit toutes pensées trop dérangeantes, l'inquiétude persiste. Elle fit vite le lien entre ce sentiment et l'amour qu'elle lui portait. Même s'il ne lui manquait pas vraiment, ou plutôt qu'elle pouvait aisément mettre ça dans un recoin de sa tête et ne pas y penser. L'amour en revanche était intact, si ce n'est plus fort encore.

Dés qu'elle a pu quitter Chinatown elle s'est mise à courir, trébuchant parfois sous le patronage peu illuminé de son cerveau affaiblit. Débattant intérieurement sur la direction à suivre. C'est finalement au Murphy's qu'elle décide d'aller, l'endroit le plus probable pour le croiser. Elle avait beaucoup hésité avec le QG, mais n'ayant pas la clé du dernier étage, cela lui paraissait compromis. Elle posa sa main sur la poignet, inspirant un grand coup. Si elle avait été humaine, elle aurait vraiment eu une mine affreuse. Là, hormis les cernes, les cheveux gras et une certaine saleté, elle était toujours aussi magnifique. Mais elle avait quand même le corps recouvert de sang, son marcel blanc tirait sur le marron, il puait du sang et autres, pas de son fait en tout cas, elle ne transpirait pas et son jean avait lui aussi mauvaise allure. Quand elle passa enfin la porte elle le vit, assis sur une des banquettes du fond.

Il ne regardait pas vers elle, ne l'avait pas encore vu. Aussi, curieusement, elle ressortit immédiatement et soupira longuement. Il allait bien, elle se sentait mieux, libérée. Le poids qui pesait sur son cœur se volatilisa et elle sourit, rit même. Il avait l'air bien, trop bien même, elle ressentit un curieux pincement dans sa poitrine et s'arrêta de rire. Il n'était pas seul, et elle était définitivement fatiguée. Assez pour penser des tas de choses stupides comme le fait qu'il l'ait oublié, puis que cette femme le rendait heureux. Qui choisirait un vulgaire robot après tout. Un brin de colère passa dans son beau regard bleu, elle ferma les mâchoires et les poings avec une envie violente et meurtrière. Elle découvrait sa jalousie, peut-être amplifiée par l'inquiétude, le manque, l'amour et la fatigue, tout ça qui bouillonnait en même temps et Nej ne se privait pas de la parasiter. Mais son altruisme prit le dessus, et elle se dit ensuite qu'elle ferait mieux de partir, de le laisser vivre sa vie, qu'elle n'y apporterait rien de bon. Et le pincement devint un énorme vide, un très douloureux creux.

Tout cela sonnait complètement faux, elle se demanda d'abord ce dont elle, elle avait envie. Et la réponse était facile. Et puis elle se repassa en boucle la phrase, celle où il lui disait de ne pas douter. Elle termina en se traitant d'abrutie à voix haute. C'était mérité. Mais c'est quand même pleine de doutes qu'elle fit demi-tour et pénétra à nouveau dans le bar. Elle se sentait plus que jamais comme une gamine dans un monde très compliqué, rendu compliqué par ses propres pensées si contradictoires. Et le pire n'était pas encore arrivé. On ne lui avait jamais donné de manuel de relations sociales et elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle devait faire là, au juste. Elle pensa à sauter en l'air tout en agissant les bras pour qu'il la voit, ridicule, ou encore à foncer droit vers lui et... Et ? Elle voulait juste qu'il la voit, et fasse ce qu'il fallait faire parce que là, elle séchait carrément. Elle alla donc droit vers le bar, s'asseyant sur l'un des grands tabourets et commanda un truc bien fort.

- Un truc bien fort s'il-te-plait Moses.

De quoi se désinfecter et se réchauffer l'intérieur de la bouche. En attendant une bonne grosse douche.


Dernière édition par Nyriss WA-7 le Mer 24 Déc 2014 - 10:22, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Sam 20 Déc 2014 - 15:01

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

Le monde continuait son petit bonhomme de chemin. Tout était et restait identique à souhait. Sauf peut-être dans le cadre des morts qui se mettent à marcher tout seul et de toutes les choses que l'on raconte sur l'infection dans le Dôme. Il avait été prévenu par la NOD, il y a de ça quelques temps. De ce qui s'était su, il y avait beaucoup de remue-ménage à la surface et ce n'était pas le moment d'être pris entre deux feux. Plutôt que de sortir de façon suicidaire, il avait été décidé de freiner les actions et de se concentrer sur la consolidation de ce qui se trouvait déjà, ici-même. Une stratégie de repli et de mise en veille. Tout finirait bien par se tasser de toute manière, ce n'était qu'une question de temps et de moyens.

Mettant ce temps de répit à leurs bénéfices, Guinea se chargea de commencer à établir un peu plus de discipline et de commencer à réorganiser tout le foutoir que l'on trouvait dans le Mirail 31. De plus en plus obsédé par la nécessité de trouver l'organisation parfaite, il avait passé ses dernières semaines à se faire complètement oublier des autorités gouvernementales, laissant même le soin de faire courir des rumeurs sur sa mort et disparition. Cela était parfait pour faire croire que les forces dissidente étaient complètement détruite. Loin de là, elles étaient simplement entrain d'être optimiser pour la lutte à venir. Il dormait peut et s'activait beaucoup. Toujours sur la brèche. Strazar avait mystérieusement disparu depuis un certains temps, sans laisser de nouvelle. Son comportement étrange devait sans doute expliquer tout cela.

Quand à Nyriss... Il n'avait pas cherché à la revoir. Il avait cessé de s'inquiété au bout du quatrième ou cinquième jour. Elle était sans conteste assez grande pour pouvoir mener sa propre vie de robot presque parfaite, sans qu'il est besoin d'interférer à l'intérieur. Même Moses ne l'avait pas vu depuis un moment. Ses plus proches collaborateurs n'étaient plus là, tout reposait donc sur ses épaules et sur ses seuls initiatives. Il n'était pas partisan d'une aussi grande concentration de prise de décision et de pouvoir pour une seule personne, mais il semblait comprendre que son devoir était de tirer tout ce beau monde depuis le fond sablonneux où ils se trouvaient, pour réussir à en tirer quelques choses. C'est pour cela que depuis le début de la soirée, il avait fait réunir toutes les 'personnalités' importantes qui se trouvaient dans le Mirail. Le moment de discuter d'un plan d'ensemble concret.

Il y avait autour des deux, trois tables mises l'une avec l'autre, beaucoup de monde. Des responsables de secteurs, de nouvelles recrues, des personnes de confiance, d'autres qui venaient de rejoindre le groupe. Sur les tables, on voyait traîner des cendriers, des cigarettes, des verres plein, vide, à moitié-vide, à moitié-plein. On discutait beaucoup, le tout sous de grandes cartes avec des flèches, des croix, des annotations. On élevait le voix, on se penchait sur la carte, on discutait, puis on rigolait en buvant, avant de reprendre son sérieux. Guinea était tellement fatigué qu'il lui fallait se pencher à quelques centimètres de la carte pour voir distinctement, ce qui pouvait bien se trouver dessus. Il était flanqué tout de suite à sa gauche, par Molly.* C'était la gérante d'un des plus grands bazars de tout l'ancien Winston Smith Station. Avec Guinea, ils se connaissaient depuis longtemps et elle était la pièce maîtresse dans l'ensemble de l'approvisionnement des insurgés, notamment en armes, munitions et nouveaux gadgets. Ses équipes parcouraient Novlangue pour y rapporter tout ce qu'ils pouvaient. C'était donc, quelqu'un de taille donc Guinea ne pouvait pas se passer.

Leurs relations étaient complexes. Ils s'appréciaient énormément, alliant les taquineries et l'amour vache sans arrêt. La petite histoire est que Molly voulait nouer une relation avec Guinea et que ce dernier, l'avait tout simplement ignoré. Ce qui l'avait rendue plus qu'amer. Quand Guinea s'était finalement sorti de sa connerie et était retourné la voir, elle l'avait accueilli avec une grosse claque dans la gueule. C'était un chien de sa chienne. Depuis ce temps là, ils se sont pardonnés. Mais l'un comme l'autre, savent parfaitement que leur relation est et restera purement professionnel. Ce qui n'était pas plus mal en tant que tel. Elle était extravagante et extraverti, tout le temps. Sans doute à cause de l'effet provoqué par la disparition de l'End Vice qui paraît-on, a altérer son physiquement, notamment son faciès. Ce qui explique sa manière de toujours avoir son visage poudré et maquillé. Il ne s'était jamais aventuré sur ce genre de questions, comme elle n'avait jamais demandé pour son œil. Un échange de bon procédé.

Au-delà de ces considérations extrêmement platonique, la discussion durait depuis de nombreuses heures et la tension se faisait palpable, montant même d'un cran au fur et rien mesure qu'elle avançait. Chacun exposait ses propres priorités, ses propres plans sans se soucier des autres. Au milieu de tout ça, Guinea essayait de contredire, d'infirmer et de donner d'autres explications. Mais en vain, personne ne s'écoutait plus vraiment à cette heure avancée. Il était d'ailleurs avachi sur la banquette, les bras croisés, la tête posée en arrière et les yeux fermés. Ce dont il avait besoin, c'était de repos. Il se faisait trop vieux pour toutes ces conneries. En face de lui, tout ces jeunes loups ressemblaient à des petits vieux entrain de se battre autour d'une partie de pétanque. Mais il n'avait plus envie d'intervenir. Même Molly l'avait suivi pour se poser à côté de lui sur la banquette et ils s'étaient mis à discuter dans leurs coins, se mettant à rire chacun leurs tours après que l'autre est dit quelque chose. Il ne connaissait que trop peu de personnes avec qui il pouvait avoir autant de connivences.

Mais, son attention se détourna un cours instant de toute l'agitation qui tournait autour de lui. Malgré ses yeux fermés, il savait que quelqu'un était rentré. C'était une personne familière, puisque cette dernière avait salué Moses pour s'installer au bar. Perçant à travers le vacarne ambiant, il semblait bien que cette voix était féminine. Il se raidit alors légèrement, baillant un grand coup en s'étirant. Peut-être que ce n'était qu'une volonté de son esprit, de vouloir voir quelqu'un maintenant et tout de suite. Cela semblait ne pas être le cas. Son cerveau lui jouait des tours, sans aucun doute. Il frappa alors un grand coup sur la table, avec sa main ouverte, faisant taire tout le monde par surprise.

Vos gueules maintenant. Il y en a qui aimeraient réfléchir en paix sans être parasité.

Le silence se prolongea quelques instants, avant que les discussions ne reprennent sur un ton en-dessous. Voilà, au moins il n'aurait pas à se trimballer un horrible mal de tête en sortant d'ici, c'était déjà ça de gagner.
---

*
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Sam 20 Déc 2014 - 22:00

Elle avait choisit le siège le plus près du mur afin de s'y adosser avec flegme. Mais elle attendit d'abord son verre tout en se tenant correctement, jetant un regard embué à la pièce. Cet endroit sentait la transpiration, l'humidité, la décoration était vieillotte et le brouhaha était incessant mais elle l'aimait bien, y'avait comme un avant-goût de chez soi, un sentiment de sécurité ici. Elle pouvait s'y asseoir et se détendre, oublier le monde et ses contrariétés. Elle avala d'une traite son verre et paya ce bon vieux Moses, lui adressant un léger sourire. Finalement, ils avaient appris à s'apprécier eux aussi. Et quand il partie s'occuper d'un autre client ou nettoyer une table, elle s'adossa enfin contre le mur, mollement, presque affalée.

Elle était temporairement revigorée par l'alcool et pouvait mieux profiter de l'ambiance enfumé du bar. Guinea était en face d'elle et la regardait, il la regardait mais ne la voyait pas. Elle n'avait pas fait attention au début, il avait les yeux fermés, semblait réfléchir. Elle l'admira ainsi un moment, mais son attention était sans cesse perturbée par la femme à ses côtés, vulgaire et beaucoup trop proche de lui à son goût. Et si elle avait sourit en admirant le visage paisible de l'homme, celui-ci se ternissait au fur et à mesure que la femme détournait son attention. Elle avait soigneusement rangé l'idée de la tuer, c'était tout de même inapproprié, même si elle imaginait déjà les gros titres "Crime passionnel d'une Orgienne au Murphy's" et que ça l'amusait. Par contre elle envisageait toujours de l'attraper pour la jeter au loin et prendre sa place. Cette place qui était finalement sienne. Du moins c'est qu'elle pensait et voulait. Échanger son mur froid et dur et son tabouret tout aussi dur contre une banquette moelleuse et un homme, pas n'importe lequel.

Elle soupira et fit un signe à Moses pour qu'il la rejoigne.

- T'aurais pas une douche cachée quelque part dans ton bar ? Non ? Dommage.

Elle laissa le vieil homme retourner à ses occupations sans recommander à boire, soupira à nouveau et ferma les yeux, laissant ses pensées divaguer à droite à gauche jusqu'à ce qu'un coup la fasse sursauter et la sorte de sa torpeur, suivit d'une voix bien connue. Le silence prit d'assaut la salle, complet pour quelques secondes avant que quelques murmures reprennent. De son côté elle répondit machinalement, pas très fort, mais comme le bruit s'était tu, c'était peut-être suffisant pour qu'on l'entende, même au fond de la pièce. Elle avait d'ailleurs rouvert les yeux et constaté que quelques personnes s'étaient retournées vers elle, dont une à la table du pirate.

- Oui, merci. J'aimerais assez réfléchir... Le silence est tellement dévalué chez les humains...

Parce que bien sûr, elle avait pris la phrase pour elle. Guinea de son côté semblait imperturbable, il avait toujours les yeux fermés et sans son intervention un peu plutôt, on aurait pu croire qu'il dormait. Nyriss le regardait, puis elle détailla la table et ses occupants, la carte, les papiers. Un nouveau comité pour une nouvelle mission, probablement. La jalousie était toujours là, peut-être même plus que jamais, comme une mâchoire lui mordant le cœur mais elle s'efforçait de la chasser de ses pensées. Elle voulait se faire remarquer, mais elle ne savait pas comment. Le fait qu'il ait les yeux fermés rendaient cela encore plus compliqué. Elle aurait pu se diriger vers eux, les saluer et s'asseoir à leur table, curieusement l'idée la terrifiait, d'autant plus au vu de la situation, qu'elle le surprendrait et qu'il y avait cette femme qui l'inquiétait. Qui pouvait dire s'il serait content de la voir après tout. Sinon elle pouvait juste somnoler ici et attendre, ou envoyer Moses à sa place avec un verre ou autre, si ça n'est pas ridicule ça...

- Moses ? Est-ce que tu peux me brancher s'il-te-plait ? Et ne fais pas le radin, je payerai l’électricité.

Elle lui tendit la prise, les joues pourpres. C'était bien la première fois qu'elle allait faire ça en public, c'était gênant, mais en même temps, ici elle était bien, même mieux que dans une de ses planques des sous-sols abandonnés. Elle pouvait laisser tomber sa tête contre le mur et fermer les paupières, réfléchissant au gré du vent dans ce brouhaha bien moins bruyant que tantôt et laisser faire la magie de la fée électrique. Et elle pouvait même laisser son cerveau et ses yeux se reposer, somnoler tranquillement et attendre. Il était vivant et il était là, il n'irait nul part, elle n'avait besoin de rien d'autre si ce n'est de repos. Et puis ça n'était pas désagréable de ne rien faire et de ne rien avoir à faire.

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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Dim 21 Déc 2014 - 13:04

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

La perte de patience est une caractéristique typique quand l'on est en manque de sommeil. Outre les rumeurs sur sa disparition ou sa mort, il se disait qu'il ne dormait que deux heures par nuit, passant le reste du temps à être absolument partout dans le Mirail, afin de mettre sur pied une armée. Où était le vrai et où se trouvait le faux ? Sans doute entre les deux. Guinea avait fait remplir autour de se propre existence, le plus de mystère possible. Il ne disait ce qu'il faisait qu'à une poignée de personne et pour brouiller les pistes, disaient volontairement des choses contraires. Cela perturberait les recherches sur lui et écarterait les possibles informateurs qui ne pourraient jamais rien justifier de plausible, du moins pour quelques heures.

Tout cela était harassant et épuisant, tant physiquement que nerveusement. Construire un édifice solide avec quelques planches, deux morceaux de chewing-gum ne garantissait absolument rien de bien concret. C'est pour cela qu'il avait tenté de réunir les personnes les plus digne de confiance et les plus aptes, pour qu'ils acceptent enfin de tous collaborer ensemble. Cela était plus compliqué que prévu : Chacun voulait donner son propre avis, ses propres objectifs, pensait avant tout à lui-même, à ses bénéfices propres sur le moment. Aucune vision globale et d'ensemble. Seul Guinea continuait de maintenir entre eux, les connexions possible pour que cela puisse les aider.

Dans tout ce capharnaüm, seule Molly semblait être celle qui le suivait un peu, bien qu'elle avait avant tout comme envie de faire tourner son propre business. Elle était la vendeuse/receleuse d'une grande partie du Mirail et avant tout, voulait chercher à s'enrichir personnellement, malgré les avertissements de Guinea à ce sujet. Un jour, quelqu'un va venir et lui administrera un plomb entre les deux yeux, parce qu'il s'est senti floué, trahi et arnaqué. Malgré ces avertissements, elle semblait continuer son petit jeu. Elle aimait sans doute vivre dangereusement, ce qui expliquait cette 'proximité' avec lui, bien que leurs activités ne comportaient pas nécessairement les même risques. Quoi qu'il en soit, elle restait l'unique personne dans son entourage proche, à qui il pouvait avoir confiance. Il ne s'était jamais laissé aller à la parano de se faire trahir. Ceux qui feraient ça, auraient bien plus à perdre qu'à gagner. Ceci était son avertissement au monde entier.

Une fois que les discussions avaient reprises, il avait ouvert son oeil pour balayer la table du regard. Chacun semblait peser ses mots pour ne plus le contrarier. Se levant rapidement, il fit signe à Molly de le suivre tandis qu'il se dirigeait vers la porte de sortie, pour allez prendre l'air un instant. Se frottant son oeil et baillant une nouvelle fois, il poussa la porte du pied, la retenant pour la laisser sortir avant de la relâcher. Tout était calme pour une fois dans le Mirail. Peut-être à cause de l'approche des fêtes, ou quelque chose comme ça. Il n'y avait plus rien de sacré pour lui et chaque prétexte, chaque moment était une aubaine pour planifier quelque chose d'autre. Sortant de sa poche une cigarette, il en tendit une à Molly, qui d'un geste réprobateur, lui lança :

Tu sais très bien que je ne fume pas. Faut que je te le dise combien de fois ?

Ah bon ? Tu ne fumes pas ? Hmmmm...

Un court silence remplit la petite scénette. D'un geste rapide, Molly décocha une claque que Guinea esquiva au dernier instant, avant de se mettre à rire. En dépit de cela, elle se contenta donc de la frapper autant que possible avec ses petites mains et lui se recouvrait la tête en se recroquevillant, pour éviter la tempête. Quand tout cela fut terminé, il n'eut plus qu'à ressortir de sa modeste cachette et allumer sa cigarette. Elle était sur le point de faire demi-tour, quand Guinea attrapa sa main pour qu'elle reste avec lui. Il n'avait pas besoin de le lui dire, son regard parlait pour lui. Il se pencha à son oreille pour lui murmure quelque chose avant de la regarder et qu'elle lui fasse un signe positif de la tête, un léger sourire approbateur sur le visage. Là-dessus, elle regagna l'intérieur du bar, le laissant seul pendant un petit instant.

Une fois sa cigarette terminé, il la jeta sur le sol et l'écrasa d'un pas lourd avant de s'en retourner à l'intérieur. Ouvrant la porte à la volée, la laissant claquer toute seule, il s'immobilisa pendant un court instant après avoir regarder de manière nonchalante, une partie de la pièce comme à son habitude. S'avançant d'un pas léger, esquivant les différentes tables, il longea le bar de tout son long, faisant signe à Moses de bien vouloir se taire. Son approche avait été rapide, presque furtive. Penchant légèrement la tête sur le côté pour mieux la voir, il s'approchait petit à petit d'elle. Il ne l'avait pas remarqué tout de suite, pourtant elle était bien là. C'était donc elle qu'il avait entendu, il y a quelques instants.

Elle semblait être dans un sale état, à la vue de ce qu'elle portait et de la ressemblance de ses cheveux. Seulement, elle semblait s'être assoupi et il ne voulait pas la réveiller. Nyriss s'en était revenue. Comme dans cette chanson d'un autre temps, où ce chanteur criait qu'une femme qui l'avait tourmentée, était de retour. Qu'il ne pouvait pas s'empêcher de la revoir. C'était pareil à cet instant. Son bras se leva lentement quand il s'approcha au plus près d'elle, puis ses doigts frôlèrent sa peau et sa joue une première fois, avant de se poser sur cette dernière. Sans doute l'avait-elle senti approché pour qu'elle ne dise rien et ne fasse rien de la sorte. Après avoir caressé lentement sa joue, il se pressa contre elle, l'enserrant de son bras pour la serrer contre lui et l'embrassa langoureusement. Tout ceci c'était produit en un court instant, en à peine quelques minutes. Aucune mot n'avait été prononcé. Ils semblaient être superflu. Le baiser se prolongea pendant une période indéterminée, avant qu'il ne décide de le rompre. Sans rien dire et rien faire de plus, il posa son regard sur elle.

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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Dim 21 Déc 2014 - 19:36

Se pouvait-il qu'il lui en veuille ? Cela ne l'avait pas encore effleuré, mais elle y pensa soudainement. Elle pouvait le comprendre, ferait tout pour se faire pardonner. Sa longue absence n'était pas de son fait de toute façon, elle lui expliquerait dés qu'elle en aurait l'occasion et il comprendrait surement. Il n'aurait plus de raison de lui en vouloir. Il le fallait. Elle espérait. Et outre de faire la liste de toutes les raisons possibles et imaginables qu'il pourrait avoir pour ne pas être heureux de la revoir, se préparant au pire, elle écoutait aussi attentivement le remue-ménage du bar.

Elle avait entendue la porte s'ouvrir et se refermer une première fois, ce qui l'avait inquiété, d'autant que le bruit avait repris son niveau sonore habituel, mauvais signe que c'était probablement lui qui avait passé la porte et qu'elle avait du coup bien plus de mal à capter les sons qui l'intéressaient. Se pouvait-il qu'il soit partie ? Qu'il ne lui laisse même pas la chance de s'exprimer ? Elle aurait dû ouvrir les yeux pour vérifier, mais ce repos avait été trop agréable pour y mettre fin et surtout pour donner raisons à ses angoisses du moment. Elle n'imaginait même pas qu'il puisse ne pas l'avoir vu, tout simplement et elle n’entendit pas la porte s'ouvrir à nouveau, continuant de se faire mille histoires dans sa tête tout en refusant d'aller affronter la réalité.

Quelques instants plus tard la porte claquait bien fort, et peu après elle entendait quelqu'un s'approcher. Fruit de son imagination ou pas, peu importait, elle souriait intérieurement et imaginait que c'était lui qui venait enfin la voir, elle ne bougea pas d'un centimètre, portée par ce doux rêve et elle fut presque surprise quand des doigts frôlèrent son visage. Son cœur s'affola, un orage traversa son ventre, des frissons parcoururent tout son épiderme. Elle reconnut sa main quand elle empauma sa joue, sans pour autant en être vraiment sûre tant elle avait divagué et somnolait presque, commençant même à croire qu'elle avait trouvé le sommeil et rêvait pour de vrai, comme un être humain l'aurait fait avec un taux de fatigue aussi élevé que le sien. Elle pensa à ouvrir les yeux, parce qu'aussi beau le rêve soit-il, la réalité avait bien plus d'attrait. Mais le cours des évènements la rattrapa avant qu'elle n'en ait le temps, et elle se trouva dans ses bras, ses lèvres contre les siennes.

Un simple geste qui effaça aussitôt tous ses doutes. Il était là, en chair et en os, il l'avait vu et était venu à elle, mieux que ça puisqu'il l'embrassait et la serrait dans ses bras. Il ne lui en voulait pas, l'aimait toujours et elle culpabilisait à nouveau d'avoir tant douter, de toutes ses pensées immatures qu'elle avait eues. Et comme pour se faire pardonner, elle s'accrochait à lui comme s'il allait disparaitre et lui rendait son baiser en y mettant toute son âme. Leur langue se liait et tout le reste n'existait plus, ni Moses, ni le bar, ni le mur dur et froid, ni le monde autour d'eux, encore moins leurs regards, ni même le tabouret duquel elle glissait doucement vers le sol. Et ses lèvres quittèrent délicatement les siennes, la délaissant déjà, elle sentait son souffle, reprenait le sien. Enfin elle s'autorisa à ouvrir les yeux...

Il était là, il était bien là, elle lui sourit tendrement, sincèrement, passant sa main sur ses propres lèvres d'abord puis sur sa joue, caressant le bord du cache-oeil du bout des doigts.

Guinea...

Elle rit tant elle était heureuse, il n'y avait pas vraiment de mots pour décrire le bonheur qu'elle ressentait à l'instant présent. Le reste du monde n'existait pas encore et elle se jeta dans ses bras, nichant son visage dans sa gorge. Un fil pendouillait derrière elle, partant du bas de son dos et filant par dessus le bar vers la prise. Elle passa un bras sur ses reins et le serra fermement contre elle. Et elle murmura au creux de son oreille, rien que pour lui.

- Je suis désolée... J'aurais voulu revenir plus tôt... Je n'ai pas pu.

Peu à peu, elle reprit conscience de la salle, des personnes autour d'eux qui buvaient, parlaient, riaient, parfois les regardaient et comme s'ils s’immisçaient entre eux, violaient leur intimité, elle le relâcha et recula un peu, son sourire intact cependant. Elle l'observa alors, vérifiant qu'il se portait bien. C'était le plus important à ses yeux.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mer 24 Déc 2014 - 13:17

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

Chacun avait son propre postulat pour se trouver ici. Certains l'étaient parce qu'ils en avaient plein le cul de tout ce qui les entouraient, d'autres étaient là par concours de circonstance. On trouvait de tout, du simple badaud jusqu'à celui qui fuyait la surface, parce qu'il avait quelque chose à se reprocher. Cependant, quelque chose les rapprochaient tous et toutes : C'était la fin de l'End Vice. A partir de ce moment là, il n'y avait plus d'individualité propre, mais un agrégat d'intérêts communs qui se projetaient dans quelque chose. C'était peut-être ça enfin de compte, ce que l'on pouvait nommer 'liberté'. Face à une écrasante conception nihiliste basé sur la toute puissance de la 'nature', qui serait bonne et immuable et entièrement détruite par les Hommes, il y aurait donc la liberté, celle qui défie l'état de nature. Tant mieux, cela prouvait qu'il y avait possibilité de pouvoir faire quelque chose, même si cela pouvait bien évidemment conduire à la mort.

La seule façon d'exister et de se sentir vivre, se trouvait ici. Avec ces défauts, avec tout ce qui n'allait pas dans la société dite civilisé. Pourtant quand on y pense, le chemin le plus court pour accéder à la civilisation, c'est bien évidemment la barbarie. C'était dans cette barbarie que chacun évoluait. Que Guinea évoluait. Que Nyriss évoluait. Chacun à leur manière, ils arrivaient à trouver un sens à tout cela, qui les réunissaient ou les divisaient profondément. Quoi qu'il en soit, le décor avait été planté bien avant qu'ils ne puissent le contrôler. Ils sont maintenant obligé de jouer avec les règles imposés. Mais même sous le 'Talon de Fer', rien n'est impossible et impensable. Voilà où se cachait donc la liberté, enfouit sous la volonté de puissance. Une course effréné pour ne pas être le dernier à subir, le dernier à succomber.

La peur n'était en aucun cas motrice de tout cela. Guinea menait une vie assez dissolu pour pouvoir donner des jugements moraux et de valeurs, sur absolument tout ce qui l'entourait. Pourquoi devrait-il donc, lui faire des reproches ? Si il lui était arrivé quelque chose, il aurait certainement lu les gros titres, où le gouvernement fanfaronnerait sur l'arrestation et le démantèlement d'une Orgienne, matraquant que le grand complot contre la sécurité de Novlangue, en était maintenant arrivé à son terme. Force est de remarqué, que rien de semblable ne s'était produit. Donc pour lui, aucune peur, aucune attente. Il savait qu'elle finirait bien par revenir, que ce soit ici ou dans un autre endroit familier. Non pas qu'il ne se souciait pas d'elle, mais il considérait qu'elle était suffisamment autonome pour ne pas à avoir tout à lui dire. Il ne lui disait pas non plus. Faut-il tout se dire ? Il ne ne pensait pas. Certains jardins secrets sont fait pour être cultivé sans le regard des autres.

Pourtant, quand il l'a vu il y a quelques instants, il ne pouvait pas cacher une certaine forme de joie, peut-être même de plaisir. Dans sa tête, il se remémorait souvent ce qui s'était produit lors de 'cette' nuit, la fameuse. Peut-être qu'il enjolivait un peu la situation et ce qui s'était réellement passé, ce que l'on fait souvent avec les souvenirs. Ils s'effacent, donc on les remplace pour qu'ils collent mieux à une vision de la réalité, qui semble nous satisfaire. Ce serait mentir que de dire, qu'il en avait un souvenir exact. Il ne sait même pas quel jour on est, depuis combien de temps ils ne s'étaient pas vu. Lui qui vivait machinalement sans vraiment dormir, était complètement décalé avec le monde. Passer son temps à comploter, c'est intemporel. Il suivait juste le lever et le coucher du soleil. Mais depuis combien de temps ? Il y avait sans doute un calendrier dans le bar, pour se tenir informer. Mais non, l'intemporalité lui allait très bien. Tout s'enchaînait et le temps, notion abstraite et fugace, ne lui importait que peu.

Sans trop d'explosion de joie, ces retrouvailles semblaient arriver à point nommé. Alors qu'il aurait pu entamer une discussion pour lui demander où elle était, ce qu'elle avait fait, il préférait simplement garder le silence, se contentant de lui sourire. La sentir contre lui, pouvoir l'avoir dans ses bras, semblait subvenir à ces besoins immédiats. Le reste, elle aurait bien tout le temps de lui expliquer. Lui expliquer pourquoi elle est tacheté de sang, pourquoi elle sent autant la mort, pourquoi elle semble si las. L'infection sans doute. Elle était intrépide, Guinea ne pourrait jamais la retenir. Il ne le ferait pas de toute manière, détestant que l'on fasse de même avec lui. Donc, il n'infligerait pas à son prochain, ce qu'il refuse que l'on fasse à lui-même. Elle devait sans doute s'en être sorti, c'était la le minimum. Le reste, elle aurait tout le loisir de pouvoir lui en parler quand elle le voudra. Alors qu'ils étaient transporté dans un plaisir mutuel de se revoir, Moses toussa légèrement pour leur faire comprendre qu'ils attiraient un peu beaucoup, voir trop l'attention. Ce bon vieux Moses... Qui disparu presque aussitôt pour aller servir quelqu'un. Increvable le vieux.

Oh tu sais, il paraît que d'après ce torchon, je suis mort. Ou disparu. Ou peut-être mort et disparu. J'ai donc toute l'éternité devant moi.

Dit-il, en faisant glisser sur le comptoir un des journaux de Novlangue, torche-cul qui vous file la nausée et les mains sales à la fois. Il tapota plusieurs fois de son index sur les gros titres, avant de se mettre à rire. Cette mort, était une chance pour lui. Voilà pourquoi il se cachait depuis tout ce temps, pour se concentrer à ces conspirations diverses et variées. Tout était réuni pour faire une nouvelle entrée, plus marqué. Attrapant la main de sa dulcinée, il allait s'asseoir sur un des sièges, la faisant s'asseoir sur un de ses genoux, entre-croisant ses doigts avec les siens. Posant sa tête contre son épaule, il semblait réfléchir quelques instants, avant de lui murmurer quelques paroles.

J'aurai besoin de toi. Je vais changer totalement de look. Il me faut un oeil... Si tu vois ce que je veux dire.

Le look mi-Bee Gees mi-pirate, s'était dépassé maintenant. Il lui fallait trouver autre chose, car il était de toute façon grillé de manière définitive, si il ne changeait pas de fringues et de style. Il savait que Nyriss pourrait l'aider. Du moins, une fois qu'elle aurait déjà pris un peu soin d'elle, au moins un minimum.

Mais d'abord, il te faut une nouvelle tenue et que tu te débarbouilles un peu. C'est l'essentiel. Je fais très bien l'aide aux personnes tu sais ?

Il lâcha un petit rire, avant d'embrasser sa joue.

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Deuxième nuit.
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Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Jeu 25 Déc 2014 - 21:49

Elle regarda attentivement l'article, le lisant rapidement puis se débrachant avant qu'il ne l'attire ailleurs, complétant sur le chemin.

- Je suis contente de ne pas être tombée là-dessus. Je ne sais pas comment je l'aurais pris.


Mal. Elle savait, elle savait pertinemment, par rapport à la date de sortie du journal, de son état ce jour-là et les jours qui suivirent jusqu'à l'instant présent. Coincée dans Chinatown, fatiguée par toute cette histoire d'épidémie, essayant tant bien que mal d'aider la population et de mettre fin à la quarantaine, mais aussi d'échapper aux NODs. Alors si elle était tombée sur cet article, elle n'aurait pas réalisé dans quel torchon il avait été publié, elle n'aurait sans doute même pas regarder. Ça l'aurait juste rendu dingue et elle aurait fait un truc stupide, sans aucun doute. Et son propre désarroi associé à la folie de Nej ferait un cocktail explosif, dépassant l'entendement de l'ineptie. Elle posa ça dans un coin de sa tête, un avertissement entouré de néon rouge et du logo attention : Ne jamais croire la presse, jamais. C'était dit et c'était une bonne chose. Elle se serra dans ses bras un peu plus.

Comme dans toute grande histoire d'Amour qui commence, il y a cette période compliquée où il est si difficile de se séparer de l'autre, et où l'on est persuadé qu'on ne pourra plus survivre sans lui. S'il advenait à mourir, disparaitre ou ne plus aimer et partir, il n'y aurait qu'une solution pour mettre un terme à ce supplice : la mort. En général, ce sentiment se tasse avec le temps pour devenir plus raisonné, et bien peu ont le courage (ou la bêtise) d'en venir là. Car en laissant le temps filer, les plaies du cœur finissent toujours par cicatriser.
C'est exactement ce que ressentait Nyriss en cette période, si ce n'est qu'elle se mentait à elle-même. Elle ne pouvait décemment pas s'avouer l'aimer au point de ne plus pouvoir vivre sans lui, parce que c'était trop insensé et ridicule. Pourtant, si elle l'avait cru mort à un seul moment, elle se serait condamnée définitivement, sans une once d'hésitation. Il était trop tôt, beaucoup trop tôt pour que cette séparation soit supportable. Ils n'avaient eu qu'une nuit ensemble, une nuit dont le souvenir intact la laissait songeuse. Et surtout c'était le premier. Il n'y avait pas d'autres possibles. Elle ne pouvait comprendre et évaluer que le temps estompe les sentiments, quels qu'ils soient. Elle réalisait tout juste qu'en lui donnant son cœur, quelque part elle lui avait donné la clef de son bonheur. C'était lui, il n'y avait que lui et personne d'autre, elle l'aimerait toujours, du moins le croyait-elle, et il représentait désormais une énorme partie de ce qui comptait dans sa vie. Elle refusait catégoriquement l'idée que cette relation riche de promesses et de découvertes puissent être écourtée. L'expérience lui manquait, simplement.
En réalité, rien n'était plus incertain que leur avenir.

Elle avait passé ses deux jambes par-dessus son autre cuisse, les rapprochant sous elle pour s'installer confortablement. Relevant la tête lorsqu'il parla de changer de look pour mieux l'observer. Il avait l'air fatigué lui aussi, mais en dehors de ça, il restait inchangé, fidèle à lui-même. Elle l'aimait comme ça, avec son unique œil observateur, parfois espiègle, son côté un peu vieillot. L'idée ne lui plaisait pas excessivement maintenant, même si elle y avait déjà pensé, mais elle ne saurait lui refuser. Pour une fois qu'il pensait à sa propre sécurité, elle ne pouvait que s'en réjouir. Elle caressa sa joue et sa gorge doucement, tout en scrutant méthodiquement son visage, commençant déjà quelques repérages. Lui, avait déjà changé de sujet et embrassait sa joue, qu'elle réalisait si sale effectivement et se sentait un peu honteuse. Elle aurait pu prendre le temps pour une petite douche, ça n'aurait pas changé grand chose, mais le besoin de le savoir vivant avait occulté toute autre chose. Il lui avait manqué, beaucoup trop pour qu'elle ne l'avoue. Peut-être plus tard, quand ils ne seraient que tous les deux, dans un coin plus intime.

La situation actuelle avait quelque chose d'amusant, de la façon dont il la tenait et lui parlait, dans une attitude très paternel qu'elle ne lui connaissait guère. Elle se sentait comme une gamine, d'autant qu'elle ne pesait guère plus, quarante kilos tout au plus et ça n'était pas déplaisant, si ce n'est qu'elle ne pouvait accepté complètement un tel traitement. Cela pourrait prendre une tournure malsaine, et elle était suffisamment grande pour s'occuper d'elle-même. Il y avait là dedans une part d'égo, la part essentiel pour garantir sa propre survie. Elle n'avait pas oublié non plus leur dernière discussion, et si elle lui répondait avec un regard désapprobateur, le bas de son visage lui était taquin et se parait d'un très joli sourire en coin, laissant entendre le fond de sa pensée et qu'elle avait compris son humour.

- Tu as vu ça ? Dés que tu me laisses seule, je fais n'importe quoi. Toi tu n'as pas changé, mais tu as l'air fatigué... Il va falloir que je te force à dormir.

Riant avec lui, elle l'embrassa pour ne pas lui laisser l'occasion de répondre, d'un baiser bien plus sage que le précédent, ayant bien conscience de la salle cette fois. Ils n'avaient plus l'excuse du bonheur et de l'excitation des retrouvailles. Avant de retrouver sa place, elle murmura à son oreille.

- J'avais pensé que tu voudrais garder tout ça... plus discret.

Puis elle balaya la salle du regard, encore une fois, observant qui était partie, qui était arrivé, mémorisant chaque visage en terminant par la table où il se trouvait un peu plus tôt et s'attardant sur la femme ultra maquillée en particulier. Elle croisa son regard fuyant l'espace d'une seconde. Elle se demandait ce que ce regard pouvait signifier, repensant à l'enseignement de Melian. Elle lui rappelait elle-même un peu plus tôt, sans les incertitudes, et ça laissait assez peu de place au doute finalement. Mais pour elle, il n'y avait sans doute plus lieu d'être jalouse, Guinea n'avait pas l'air d'éprouver quoique ce soit, elle peut-être. Et ça ne lui plaisait pas pour autant. Par défaut, elle resterait donc méfiante. Elle les pointa du menton.

- Qui sont-ils ? Nouveau plan d'attaque ? Oh, et oui, bien sûr que tu peux compter sur moi pour ton œil. Et pour le reste. Je n'ai rien prévu d'autres que de rester avec toi pour le moment. Je ne sais pas par contre si je peux aller jusqu'à te redonner la vue, ça n'est pas vraiment ma spécialité.

Juste retrouver et peut-être secourir une ou deux orgiennes. L'idée d'opérer son œil ne pouvait que lui laisser un pincement au cœur. B62 lui avait dit être particulièrement douée en chirurgie, elle aurait été bien plus appropriée pour une telle opération. Et puis ensemble, elles auraient pu faire des miracles. B62 était quelque part, dans une situation délicate et c'était de sa faute. A un moment ou à un autre, il faudrait qu'elle règle ça.


Dernière édition par Nyriss WA-7 le Mar 20 Jan 2015 - 21:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Sam 27 Déc 2014 - 21:51

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

Peut-être que le fait d'apprendre sa propre mort, lui a fait comprendre qu'il n'était pas éternel après tout. Peut-être qu'il méritait de finir traiter comme un chien crevé. Peut-être même que l'on exhibera son cadavre pour montrer qu'il est bien mort. Au vue du niveau du camp d'en face, il y a énormément de possibilités. Mais, il était un atout vivant pour le moment. Cette manœuvre avait sans doute été imaginé pour se focaliser sur d'autres priorités et faire baisser l'audience des Insurgés. Après tout, chacun pourrait prendre des vacances et attendre la fin de l'infection. C'était sans doute ce qu'ils pensaient en face, aussi sûr d'eux. Mais dans un combat à mort, on ne laisse aucun répit à un adversaire. On l'attrape à la gorge, on l'enserre, on l'empêche de respirer et de cette longue asphyxie, on fini par le terrasser. La stratégie de l'édredon ne marchera pas indéfiniment. A un stade donné, de nouvelles contradictions se feront jour et éclateront. De là, seul le volontarisme permettra de désigner un vainqueur.

Plusieurs petites choses semblaient le préoccuper pour l'instant. Le travail était colossal, le temps était restreint et il ne disposait aucunement des moyens de pouvoir appliquer tout ceci, avec le manque de moyens évident. Il fallait donc faire avec les moyens du bord, c'est-à-dire avec très peu. Tout ceci ressemblait davantage à une foire, qu'à une réelle organisation de combat. A quoi bon se battre, si personne n'arrive à faire un peu de don de soi. C'était l'impasse, ou peut-être la mort. Mais la vraie, celle qui fait vraiment mal. Pas celle qui est exhibée dans un journal à la con. Plein de soucis, très peu de solutions. Impossible de pouvoir se diriger convenablement dans un tel labyrinthe. Guinea le savait et cela le rongeait. Plus il mettait de sa personne, plus il ressentait que tout lui échappait. Un sentiment d'impuissance, de stérilité dans ce qu'il voulait entreprendre. La solution se profilerait peut-être à une occasion non attendue. Mais qu'elle fasse vite, très vite.

Vivre libre sur une terre libre. C'était le souhait du vieux Rousseau, quand il voulait allez vivre en Corse à la fin de sa vie. Ici, ni la terre, ni la cité n'est libre. Impossible donc de pouvoir ressentir cette satisfaction. Il ne resterait que la haine, que l'injustice. Certains semblent préférer l'injustice au désordre. Cela les regarde, mais cela peut conduire à Novlangue. Il en était conscient et changer la donne n'en serait pas aussi aisé. Guinea se trouvait dans le dilemme de Faust, face au Diable : Ce dernier en échange de l'âme de Faust, procurerait à ce dernier un bonheur infini, qu'il pourrait capter en une toute petite seconde. Le Diable était sûr de lui, mais il oubliait que l'Homme, qui est un animal méfiant, ne se satisfait jamais d'une chose, une chose unique qui lui ferait connaître le bonheur éternellement.  Il n'y avait rien, rien du tout. Faust à la toute fin de sa vie, aveugle et grabataire, fini par entendre que l'on allait construire un barrage. C'est alors qu'il s'exclama : "Le Diable est vaincu !" Vivre libre... sur une terre libre.

Il serait stupide de ne pas inclure Nyriss dans tout ce processus. Mais il ne savait pas vraiment comment aborder tout ce sujet, qui se résumait simplement à une Orgienne. Les problèmes sont colossaux, mais il sait parfaitement que la solution ne se trouve pas dans elle qu'il aime. Il sait qu'elle ne fait pas partie de la solution, mais qu'elle ne fait pas partie non plus du problème. Elle est en-dehors de ce champ qui encercle sa vie entre deux positions binaires qui s'affrontent. Sur la brèche, Nyriss représente une porte de sortie un peu honteuse, qui consisterait à filer à l'anglaise. Il se sentait honteux, de devoir la mêler à tout ça. Il serait faible et lâche de s'en aller et de ne s'occuper que d'elle. Peut-être qu'il le devrait ? Après tout, il l'aime. Mais malgré tout ce qu'il peut ressentir pour elle, il semble avoir des desseins qui le dépassent. Ce qu'il fait, est plus important que ce qu'il est. Sans doute l'a t-elle compris. D'où sa fatigue. D'où ses traits tirés.

Elle se retrouvait malgré elle dans tout ce maillage. Guinea aurait beau lui demander de s'en aller faire autre chose, elle reviendrait immanquablement juste pour être avec lui. Lui, sait très bien que cette situation n'est pas viable sur le long terme. Qu'elle est destructrice et qu'elle a déjà été pour lui, un vrai calvaire. Calvaire qu'il n'a jamais dévoilé, sauf à quelques personnes. C'est dans cette frustration qu'il s'est obligé à vivre retirer de tout rapport humain, à être un misanthrope qui essaye de se faufiler entre la marée humaine. Mais il est tombé sur un mur. Un mur imposant, qui n'allait pas le laisser passer. Ce mur, c'était Nyriss. Un obstacle qui l'avait fait dévié de son chemin. Il ne le regrettait pas, comment le pouvait-il ? Elle était un tout, un tout qu'il aimait. Peut-être pas de la meilleure des manières, mais il l'aimait. Le reste, n'était que du commérage et du verbiage sans aucun intérêt.

J'aurai tout le temps de dormir, quand je serai entrain d'être bouffé par les vers.

Ces mots semblaient encore raisonner dans sa tête, vu la façon machinale avec laquelle il venait de s'exprimer. Dormir ? Une perte de temps. Il restait énormément à faire, se reposer ferait perdre du temps à tout un processus dont il avait besoin d'être acteur. Un jour peut-être, il aura le temps de se reposer. Pour le moment, il lui faudrait donner tout, prendre peu. Voilà comment se menait sa vie. Guinea comprenait aisément les inquiétudes de Nyriss, mais il ne pouvait pas non plus s'y plier juste pour lui faire plaisir. C'était un pas qu'il ne voulait pas franchir. Disons clairement que cela était impossible pour lui. L'abstraction qui s'est produit la dernière fois, cette nuit qu'ils avaient passé ensemble, était une exception. Sans doute que cela se reproduirait et plutôt qu'il ne le pensait. Au moins pour lui faire plaisir et qu'elle cesse de se faire du soucis pour lui. Il lui devait bien ça, à la petite...

Petit à petit, le bar commençait à se vider. Sans doute était-il tard, ou tout simplement que certain(e)s avaient des choses plus importantes à faire. Cela leur permettait d'avoir un peu plus d'intimité, même si l'endroit n'était pas le plus idéal, ni même le plus sûr. Mais des retrouvailles ne s'improvisent pas, on ne fait que les subir. On l'étreint avec passion pour ne plus en sortir. Le reste, c'est du bonus. Tout se fait au feeling. Bien qu'ils ne se soient pas vu pendant un petit moment, leurs complicités semble rester intact. Chacun sait d'avance ce que l'autre va faire ou dire. Pas besoin donc de faire semblant, ou de se forcer. Le naturel semble avoir sa place entre eux deux. Tant mieux, car cela veut dire qu'il n'y a que du vrai dans leur relation, qu'elle est bâtie sur une base plus ou moins solide. Pour la suite, c'était à chacun d'y mettre un peu du sien.

Tout le monde change régulièrement d'identité ici. Ce n'est un secret pour personne. Pas la peine d'être discret donc, cela serait inutile et ne ferait qu'éveiller des soupçons.

De toute façon, ce n'est pas Moses qui allait balancer. Manquerait plus que ça d'ailleurs, que le vieux depuis toutes ses années, soit un indic'. Mais non, il ne pouvait pas se permettre de penser ça. Le vieux était loyal et peut-être la personne avec qui il est le plus aisé d'avoir confiance, voir faire des confidences. Donc, pas de quoi s'inquiéter.

C'est une sorte de Comité Central. Nous allons centraliser les informations et les différents groupes combattants, afin d'en faire une organisation plus puissante. Nous sommes sept pour le moment, dans ce C.C plus ou moins extraordinaire. Là bas, il y a Bordiga par exemple. C'est le plus jeune d'entre nous. Là il y a Philios, un de nos contacts dans les usines Marlow et Vintorez. Chacun est spécialisé dans quelque chose et peut apporter sa pierre à l'édifice.

Guinea marqua une pause, regardant Nyriss du coin de l'oeil. Il était évident qu'elle semblait méfiante ou du moins, qu'elle visait quelqu'un en particulier. Il n'avait évidemment pas manqué le bref échange de regard qui s'était opéré entre Molly et elle. Si les histoires d'égaux commençaient à rentrer dans la danse, c'est lui qui finirait par se casser et laisserait chacun dans sa merde. Faisant un signe de la tête vers Molly pour qu'elle vienne les rejoindre, il se tourna légèrement sur son fauteuil pour présenter les deux jeunes femmes. Sans volonté d'animosité, aucune.

Molly, Nyriss. Nyriss, Molly. C'est elle qui est chargée de la logistique, de l'approvisionnement, des armes et de tout le matos dont nous avons besoin. Avant d'en discuter avec toi, j'ai pris la liberté de discuter avec elle de la possibilité de pouvoir me retrouver avec un oeil valide. Elle sait où trouver du bon matériel. Donc, il va falloir que vous vous coordonniez et puissiez travailler ensemble. Cela pose t-il un problème ?

Il avait prononcé la dernière phrase, d'un ton sec. Il ne leur laissait pas le choix, elles allaient devoir mettre leurs égaux de côté et apprendre à travailler ensemble. Bannir la jalousie dans le style de travail. Il fallait dépasser les petits querelles individuelles. De plus, elles ne se connaissaient pas. Avant de se faire la guerre, il faut avoir la courtoisie de se connaître un minimum. Le choix leur appartenait. Enfin, façon de parler.

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Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
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Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
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Adieu Nej (projet 2/2)
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Lun 29 Déc 2014 - 12:29

Est-ce qu'elle serait revenue si ce n'était pour lui ? C'était la question qui lui revenait sans cesse. Parce que ce n'était pas qu'une histoire d'amour et si elle voulait être avec lui parce qu'elle l'aimait, il l'avait aussi accueillit à bras ouverts la première fois, il s'efforçait de la comprendre, la traitait comme un être humain, et surtout il lui donnait un but, des missions. Tout ne tournait pas autour de leur amour, et c'est sans aucun doute ça qui les avait unis en premier lieu. Ils s'entendaient sur de nombreux sujets, partageaient une même volonté, un même grand schéma bien plus important que leur propre personne. Nyriss en était parfaitement consciente, aussi elle essayerait tant que possible de lui laisser sa liberté, et vice-versa. Si elle avait elle aussi pensé à s'échapper avec lui, elle ne voyait guère l'intérêt final, il ne pourrait rien construire avec elle sur le long terme, elle ne lui donnerait pas d'enfants (même si tout pouvait être réglé par des opérations désormais), et elle-seule ne représentait pas un dessein assez grand, assez noble. Au bout d'un moment à n'être rien que tous les deux, il finirait par lui en vouloir, peut-être même par la détester et il serait bouffé par les remords d'avoir abandonné Novlangue et sa population. Quant à elle, elle n'aurait jamais de but, de raison d'exister, et elle ne se supporterait plus de lui avoir imposé cette vie. Et puis enfin il mourrai, elle non. Et que deviendrait-elle alors ?

Non, ils devaient se construire dans ce monde, se battre ensemble pour la liberté et mourir, ensemble, dans leur combat. C'était la seule belle fin envisageable. Gagner le combat n'était pas assez réaliste. Fuir, une utopie qui se révèlerait sans doute être un cauchemar. Peut-être qu'elle se trompait après tout, qu'une vie formidable de voyages et de découvertes les attendait, là dehors, cependant ils ne tenteraient probablement jamais, pas assez lâches ni assez courageux. Tout ce qu'elle demandait, c'était de retarder ce moment le plus possible, de vivre le plus longtemps possible leur histoire. Alors qu'il prenne un peu soin de lui était la seule chose qu'elle lui demanderait vraiment, pour tout le reste elle ne voulait pas s'imposer et elle était prête à accepter un peu tout, très (trop) conciliante. Tellement effrayée par la possibilité de le perdre. Tout ce qu'elle demandait c'était de le savoir vivant et pas trop loin d'elle, tout le reste n'était que bonus, comme ce langoureux baiser de retrouvaille qu'il était venu spontanément lui donner, comme ses doigts qui s'entremêlaient aux siens et le fait qu'il la tenait dans ses bras présentement. L'égoïsme n'avait pas de raison d'être chez elle.

- Je sais ce que tu penses, que dormir est une perte de temps. Tu n'as pas complètement tort. Je ne te dis pas de faire des nuits de dix heures, ni même de six. Et encore moins de le faire pour moi. Je disais ça comme une simple taquinerie. Mais je sais tout ce qu'il y a à savoir sur le fonctionnement du corps humain, en particulier du cerveau. Et celui-ci a besoin de dormir, le système jour/nuit lui correspond assez mal à vrai dire, mais quelques siestes de une ou deux heures plusieurs fois par jour c'est très bien. Et quand tu dors, ton cerveau continue de réfléchir contrairement à ce que tu crois, et après les solutions viennent plus facilement. Mon cerveau humain n'a pas dormi depuis plus de trois cent soixante heures, je te promets que tu n'as pas envie de voir le désastre. Sans compter qu'un humain normal serait mort à ce stade.

Ceci dit, elle lui sourit. Il faisait bien ce qu'il voulait après tout, c'était juste à titre informatif. La discussion continua son cours, cela aussi lui avait manqué, parler avec lui était toujours plus agréable qu'avec n'importe qui d'autre. Pertinent, intéressant et souvent profond. Elle observa les gens partir avec un sourire malin, se resserrant contre lui peu à peu.

- Je crains juste qu'ils nous utilisent l'un contre l'autre. Quand je suis retournée dans la prison, un groupe de NOD nous est curieusement tombée dessus, sorti de nul part. Et oui, je sais bien pour les changements d'identité. Certaines Orgiennes passent leur temps à ça, changer de visage et d'identité. Moi je m'y refuse, je veux avoir un visage unique, le miens et ma propre identité. Se déguiser c'est une chose, te redonner ton œil aussi, se façonner un nouveau visage en est une autre... Que je ne me ferais plus jamais. Par contre, il est peut-être temps que je devienne rousse, mais en moins tape-à-l'oeil que la dernière fois.

Son sourire se fit plus malicieux encore. Elle ne faisait en effet pas ça pour changer de look, mais juste pour lui, pour lui faire plaisir. Dans ses mots, il y avait plusieurs allusions à des choses qu'ils ignoraient encore sur elle ou sur les jours précédents, ça n'était pas point calculé pour attirer sa curiosité mais sans nécessairement vouloir tout lui raconter, elle y répondrait simplement s'il s'aventurait à lui demander, il y avait assez peu de choses qu'elle considérait comme secret. La pudeur restait un concept étranger.

Elle observa tour à tour chaque personne qu'il lui présentait, et elle fut un peu gênée quand il appela la femme, la fameuse. Sa jalousie était passée, elle n'avait plus lieu d'être de toute façon. Elle était assez pragmatique pour réaliser que c'était elle qu'il aimait et qu'il voulait, il n'y avait donc rien à dire là dessus et elle n'aurait de toute façon fait aucune remarque. Mais sans cela, il semblait avoir deviné ses pensées et elle se sentait honteuse, comme si c'était interdit de penser tout ça. Elle avait lu et vu beaucoup de choses à ce sujet et elle ne pouvait que s'accorder sur le fait que la jalousie était un sentiment destructeur et qu'elle ne pouvait sciemment pas le laisser s'installer. De plus, elle n'était pas douée pour déchiffrer les humains et étant donné la réaction de Guinea, elle s'était peut-être trompée. Ou pas. Enfin, son empathie était trop grande pour détester quelqu'un sur d'aussi faibles raisons, et encore moins pour se confronter à lui. Encore plus quand ce quelqu'un était une femme. Elle avait toujours eu un faible pour les femmes, comme si elle était leur mère à toutes et devait en prendre soin. L'androïde ne se souvenait pas non plus d'avoir déjà détesté quelqu'un, même Daïre. Dans son esprit, c'était bien plus simple que ça, à la façon de Dexter, elle n'aimait pas les connards, ceux qui semaient le mal autour d'eux, utilisaient les autres, faisaient mauvais usage de leur pouvoir et pour ça, elle était capable de les tuer de sang-froid. Et elle n'avait pas plus de temps à leur accorder. Alors une fois Molly devant elle, tout ce qui avait été pensé plus tôt était déjà oublié, la femme avec son lourd maquillage l'intriguait et puisqu'on lui demandait de travailler avec elle, elle serait fidèle à elle-même. Aimable et utile.

- Enchantée Molly - se retournant vers Guinea avec un air innocent, mais sincère - Pourquoi, il devrait y avoir un problème ? - et de nouveau vers Molly - Je ferais une liste de ce dont j'aurais besoin d'ici quelques jours et nous en discuterons, mais d'abord j'ai besoin d'une bonne douche et de beaucoup de... repos.

Elle allait dire "dormir" mais elle ne dormait pas vraiment, juste en partie. Sur ces mots elle laissa enfin Nej s'endormir, sans attendre la réponse de Molly et elle reposa sa tête contre son épaule, retraçant du bout des doigts les lignes de ses veines tout le long de sa gorge. C'était presque comme un bouton off. Cependant, quand elle ne fonctionnait que sur son morceau de cerveau électronique, tous ses gestes devenaient plus lents, plus automatisés et moins naturel. Elle avait aussi moins de réflexe, ce qui la rendait plus vulnérable. Et tous ses sens étaient atténués. C'était comme si elle flottait, les mouvements robotiques en plus. Tout ceci était dû au fait que Nej, dans sa petite et courte vie, avait finit par se retourner contre Daïre et contre le gouvernement. C'était sans doute de là que Nyriss tenait son engouement pour la rébellion. Nej avait rejoint les insurgés et s'était faite sauter sa puce... et le cerveau avec. Le dépuçage avait des risques certains, et elle en avait payé le prix fort. Les dégâts que son cerveau avait subis étaient considérables, mais elle était vivante, plus tarée que jamais et en forme. Jusqu'à ce qu'ils la choppent et la plongent dans le comas. Pour Nyriss, ils avaient donc compensé la perte par ce bout de circuits, ce qui cependant faisait sa grande force. Elle n'avait pas besoin de dormir et possédait un véritable disque dur de stockage des données. Si le cerveau humain pouvait contenir des informations à l'infini, celles-ci s'altéraient avec le temps et n'étaient pas toujours bien rangés. Là, elle puisait à volonté et ses souvenirs restaient inaltérés. Tranquillement bercée sur lui, elle commença donc à chercher tout ce qu'elle avait lu sur la chirurgie des yeux. Multi-tache, elle approcha ses lèvres de sa gorge, y déposant un baiser avant de murmurer au creux de son oreille, seulement audible par lui.

- Je t'aime.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Ven 16 Jan 2015 - 0:01

Quelques centaines de mètres séparent le Burger Bitch d'où je viens du Murphy's.
Personne croisé sur le chemin. C'est pas plus mal.
Ah ! L'entrée du Murph', enfin !
Toujours aussi sale et grise.

Je parie qu'à l'intérieur rien n'a changé.
De toute façon si Moses changeait ses vieilles tables par de nouvelles, rafraîchissait la peinture des murs, remplaçait son bar par un flambant neuf, mettait des vêtements clean, commençait à être aux petits soins avec ses clients, tous les déglingos du coin et les un peu moins changeraient illico de crémerie.
Ça ne tient pas à grand chose la fréquentation et l'ambiance d'un lieu.

Un groupe de quatre, cinq personnes fument et discutent sur le côté. Toujours plus de monde ici qu'ailleurs. Après quelques salutations, le groupe se sépare, chacun rentre la tête dans ses épaules pour affronter quoi au juste, le froid ? la solitude ? l’infection ?
L'un se retourne et prononce une dernière phrase. J'entends vaguement "et motus". J'espère que ce qui sera le dernier mot de leur échange est plus consistant qu'un "ok les gars vous dites rien à ma femme hein". Vu la mine renfrognée des types, c'est du sérieux.

Le Murphy's au Mirail c'est the place to be avec des guillemets.
Si tu veux vivre dans ton coin, participer à rien, profiter de ta misère grâce la misère des autres - oui beaucoup construise leur confort sur le dos des autres et ça ça rend fou - bref si tu veux chier sur tout le monde sans agir inutile de foutre les pieds ici.
Même le poivrot qui ne cause qu'à son godet se montre, montre qu'il est là, se donne une importance, c'est son sens de la représentation, en faisant partie du décor, il arrive à survivre.

J'entre, rien en effet n'a bougé.
Avec le départ du groupe que j'ai croisé, il y a moins de monde forcément mais c'est loin d'être vide.
Je me dirige directement vers le bar, Moses est derrière bien sûr, une bouteille et un verre à la main pour un autre comme toujours.
Je jette un coup d'œil furtif à droite. Deux ou trois tables abandonnées avaient été rapprochées l'une contre l'autre et il reste un beau bordel : cendars pleins de mégots, bouteilles et verres vides, journaux griffonnés, des stylos, des crayons, des feutres, etc. ; ça sent le pouvoir des mots qui rassemblent ceux qui luttent contre l'oppression et le système, enfin c'est ce que j'espère.
Donc, pas difficile de piger que certains ont tenu réunion.
Et pas pour fêter un anniversaire. On n'est pas au doMac des quartiers select, là-bas sûr qu'ils ont la classe pour postillonner sur leurs bougies et cracher à la gueule de l'autre leur contentement non pas d'être né mais d'avoir réussi !

Je distingue plusieurs silhouettes, je ne m'attarde pas, je ne veux fixer personne, pas pour le moment en tout cas. L'appel du bar...
Il y a une femme repeinte au fond de teint et maquillage qui se casse la bouche en baillant. Au réveil elle doit être méconnaissable telle que toute femme par nature à l’aube est méconnaissable, mais celle-là elle est un cran au-dessus.
Et un couple, qu'on remarque, qui se distingue des autres, qui sont très proches l'un de l'autre : une grande brune, très élancée, avec un air rêveur ou vide et un gars, longue chevelure, mâchoire carnassière, belle gueule, qui porte cache-oeil noir.
J’ai ressenti de l'affection entre eux mais aussi peut-être une sorte de détachement, très léger, qui se laisserait installer.
Bon ça doit pas faire longtemps qu'ils sont ensemble, ils n’ont pas dû consommer ! à la rigueur du touche-pipi ! que je suis mauvaise langue putain de bordel de merde !
Je ferai mieux de la fermer. Moi c'est derrière l'ombre de l'ombre de mon oreille que je me la mets…

Je m'accoude au bar, je me tiens droit, je me grandis un peu.
Je reluque les bouteilles qui me renvoient avec douceur mon œillade, les garces ; ma bouche pâteuse leur répond par un mouvement sec de va-et-vient.
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Troisième nuit.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Ven 16 Jan 2015 - 22:30

Il pouvait bien s'être passé une heure, dix secondes, quatre jours, qu'elle importance dans ces bras-là. La terre doit bien s'arrêter de tourner. Si elle tourne encore. C'est peut-être pour ça qu'on ne voit plus le soleil ?
Aucune de ces possibilités n'étaient plus crédibles qu'une autre, et comme dit de toute façon ça n'avait aucune importance. Elle était bien, le plus assoupie qu'elle puisse être et à un moment quelque chose attira son attention.

Quelque chose ou quelqu'un qui l'avait sortie de sa douce torpeur. Elle se tourna un peu et leva les yeux pour le voir, captant la fin d'un mouvement qui indiquait qu'il les avait lui-même regardés à l'instant. Du moins, elle interpréta les choses ainsi, et ce n'était pas vraiment ce qui l’interpellait. Il paraissait logique que le nouvel arrivant observe la faune locale. Ce qui était intéressant c'est que Moses avait l'air bien familier avec lui, il semblait le connaître, souriait même presque. Si on pouvait encore distinguer un sourire entre les creux et les plis des rides.

Et Nyriss était curieuse, oh que oui. Et une connaissance de Moses, connaissant le personnage, ça devait valoir le coup. Il ne lui en fallut pas plus pour remettre toute sa machinerie en marche et se lever tout en déposant un baiser sur la joue de son borgne préféré.

- Je vous laisse, je vais me prendre un verre.


Une personne normal lui aurait sûrement proposé de lui en ramener un, mais elle n'était pas une personne normal. Qui plus est il avait été bien assez clair sur le fait de se débrouiller tout seul. Et elle était déjà passée à autre chose, le verre n'était qu'une excuse. Alors même si elle quittait ses bras à regrets et qu'elle aurait bien maintenu un léger contact physique après cette période bien trop longue sans s'être vu, elle le savait non loin et à portée de regard, c'était suffisant. C'était sans doute niais aussi, mais ça non plus ça n'avait pas d'importance. Eux savaient la sincérité de leurs sentiments et le reste du monde pouvait bien aller se faire voir.

Elle glissa donc jusqu'au bar, toujours aussi mal accoutrée dans son T-shirt sale et son jean pas beaucoup mieux. Les temps avaient été dur. Elle s'installa à côté du nouvel arrivant qui n'en était pas un.

- Une vodka glacée s'il-te-plait Moses.

L'homme semblait hypnotisé par l'une des bouteilles, il ne lui fallut que peu de temps pour comprendre que cela devait venir du logo : une femme aux formes voluptueuses. Hmmm, pourquoi pas.

- Si c'est ça que vous cherchez vous n'êtes pas au bon endroit. Mais vous devez le soir, vous avez l'air de connaître le lieu. Moses, tu ne me présentes pas tes vieux amis ?

La voix douce et malicieuse de l'Orgienne tentait une approche, elle n'était pas spécialement douée à ce jeu là, manquait cruellement d'entraînement, mais elle était toujours sincère. Son seul but n'était jamais que d'apprendre à connaître les humains. Ce qui parfois l'entrainait à vouloir les tuer, certes, mais c'était un cas à part.


Dernière édition par Nyriss WA-7 le Mar 20 Jan 2015 - 9:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Lun 19 Jan 2015 - 23:42

Je bloque grave les bouteilles et particulièrement l'étiquette de la bière "La pécheresse" sur laquelle je n'ai pas eu l'occasion de baver depuis longtemps. En chien depuis Mathusalem comme je le suis, elle ferait l'affaire à côté du matelas, en icône de chevet. No comment.

L’attente est éternité.
Soif !
Moses approche, ça va être à mon tour de commander enfin.
- Qu’est-ce que j’vous… Oh ! T’es là toi ? Ca fait un bail ! Ca gaze ?, dit-il avec un sourire rapide.

Je ne réponds rien, il m’a pris par surprise le vieux.
Moses c’est la première fois que tu m’demandes si ça va ou pas, parle-moi météo aussi, fais-moi rêver. N’empêche son attention me touche. Ca fait du bien de retrouver du contact humain même s’il s’exprime dans les petits riens du quotidien.
Moses n’est pas du genre à se formaliser d’un silence, il enchaîne :
- Tu bois quoi ?
Là, avant qu’il avale avec un glaire son point d’interrogation, je réponds du tac-au-tac :
- Un whisky, un fort, un tourbé, un très tourbé mon ami.
- J’ai ça ou ça.
- Mélange les deux, ça sera plus fort.

A ma gauche se tient un grand échalas au teint blanchâtre vêtu d’un imper caca d’oie duquel émerge avec difficulté une tête petite et plate à laquelle je donne tout au plus la taille de deux fois une tête réduite. Une longue chevelure blonde, étincelante, parfaitement lisse et séparée à gauche et à droite accentue la petitesse de l’ensemble. Un pantalon de toile trop court laisse apparaître d’épaisses chaussettes marrons en laine et des chaussures cirées à l’excès.
Un bandeau en tissu arc-en-ciel plaquant fortement les cheveux sur le front et le tour de tête joue l’extravagant par rapport au reste.
Il a comme un mauvais goût assumé et son style semble espérer provoquer : je suis habillé comme un sac mais c’est ça la classe.
Je zieute vite fait l'immense poche de son imper. Si je m'approchais un peu de lui, l'air de rien, je pourrais peut-être lui faire les poches ou mieux engager la conversation avec le seul dessein qu'à la fin il raque mes consos, quitte à lui laisser croire que la prochaine fois c'est pour moi.

Plus proche, à ma droite au bout du bar, perché sur un tabouret et adossé au mur, un gars à crête tremble et délire devant sa chope vide, retire ses lunettes fumées et offre au regard des yeux rouges, entièrement, effrayants, le globe, l’iris, la pupille - rouge sang.
Un rebut - un qui a démissionné, un qui s’est laissé happer. Irrécupérable pour aller foutre le dawa avec moi celui-là. Et sa drogue elle n’a même pas l’air bonne.
Me mate pas j’suis un envoyé du diable, qu'il aimerait dire s'il pouvait encore aligner deux mots.
Moi c'est à voix haute que j'le provoque:
- T’inquiète, le paradis peut attendre mon pote, j’ai l’enfer à secouer ici-bas.

Entre le grand dadais blondinet et moi s’incruste la nana aperçue en entrant.
Une vodka glacée !
Et Moses qui enchaîne en rigolant :
C'est un grand garçon, il va se présenter tout seul !
Putain j'y crois pas, nan mais j’hallucine, il nous a engagé une entraîneuse ou quoi le vieux saligaud.
Après avoir baratiné et éreinté le pirate, elle vient m'entreprendre.
J'pourrais lui dire cash que j'ai pas une caillasse en poche, ça la calmerait et elle irait se jeter sur un autre, au hasard sur notre échalas que j'imagine déjà faire rouler discretos ses deux boules sous son imper ou notre foncedé à crête qui est tellement dépouillé qu'il marche à côté de lui-même. Ou mieux retournerait vers cache-œil et suavement lui glisserait qu'elle a voulu exciter sa jalousie, qu’elle n’aime que lui, qu’elle le veut encore ou pour la première fois, qu’elle s’en fout de son fric mais qu’elle le veut bien quand même. Ces gonzesses n'ont pas froids aux yeux et peuvent supporter n'importe quel malade car elles savent qu’une fois la vague passée elle passe à autre chose, retour à la réalité, la vraie, celle où elle continue à jouer la comédie mais un chouïa moins.

Puis elle a l'œil, celle-là, pour avoir démasqué ce que je mate. C'est jamais agréable de se faire choper en train de mater une femme par une femme.
J'incline la tête dans sa direction.
Et ce que j’entrevois en effet est un regard bleu, perçant, lumineux, un bleu profond qui ne lâche rien, qui paraît irréel, et qui a sa part de mensonge à coup sûr.
Un regard qui ne lâche rien, qui ne lâche surtout pas vos yeux hypnotisés et empêchés de plonger plus bas du côté du décolleté ou de ce que chacun s’octroie le droit de regarder en prems, un regard auquel le vôtre cherche à s’arrimer irrémédiablement.

Elle a les yeux…
HRP:
 
...revolver, clairs & pas clairs, scanner, vénère, de fer, d'enfer, alimentaires, pas casher, pas prêts pour les vers, ça rime sa mère.

Est-ce quand on s'y attend le moins qu'une inconnue vous saute dessus ! L'expression est un peu forte mais j'aurais préféré d'abord reprendre mes marques en silence, observer et choisir avec qui établir le contact. Siroter mon whisky tranquille que Moses - alléluia - me sert une bouteille dans chaque main.
Elle est peut-être plus qu’une racoleuse. Faut bien que je me laisse un peu l’espoir que quelqu'un s’intéresse à moi.

En un quart de seconde, j’ai envie de lui dire :
- va voir ailleurs si j'y suis, mais ça passerait mal chez mon vieux pote Moses.
- est-ce que tu baises ? juste pour rigoler mais moyen envie de me friter avec le chevelu bien bâti, c’est peut-être son vrai amour de sa vie qui va péter les plombs et venir la défendre.
- vous voulez pas essayer d’faire les poches du mec à votre gauche ?
- vous avez de beaux yeux m-a-d-e-m-o-i-s-e-l-l-e.
- et vous, d’où vous le connaissez Moses ?
- c’était pour quoi toutes ces tables, toutes ces clopes, tous ces mots que vous vous êtes dits ?
- Non mais j’vous assure que j’suis pas en train de mater la bouteille qu’est là devant mon nez avec le sublime avion de chasse à oilpé qui fait la pute dessus.

Et voilà ce qui sort de manière incontrôlé, quelque chose qu’on dit et qu’on regrette quasiment au moment où on le prononce, c’est peut-être pas pire qu’autre chose mais ça dénonce mon défaut de communication ces derniers temps, c’est pas par peur de la vexer et puis avec mon sourire de fin de phrase elle devrait piger le super brin d’humour subtil de la mort qui tue.
- une vodka glacée? t’es sûre que tu vas tenir le coup ? J’te conseille plutôt un lait grenadine ma fifille.
Et c’est qui le beau bâtard qui pionce d’un oeil et qui nous surveille de l’autre ? enfin du même parce qu’il en a qu’un ah ! ah ! ah !
Faut que je me reprenne, ça prend aux tripes quelqu’un qui vous parle, et à vouloir me reprendre je pose une question naze :
- vous êtes qui au juste ?
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mar 20 Jan 2015 - 15:29

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

Le monde en vase clos. Tout fini par se savoir un moment où un autre dans cet espace de village, qui a la taille pourtant d'une ville gigantesque. Chacun se connait, de près ou de loin. On lorgne sur des personnes qui nous paraissent indifférentes, mais qui ont toutes un point commun : Celui d'avoir fuit quelque chose ou quelqu'un, pour se retrouver ici. Ouais, ça sent mauvais. On se croirait dans une décharge publique. On mélange les odeurs de nourritures, avec les émanations qui viennent des commodités. On regarde Moses entrain d'astiquer sa série de verres impressionnant, en commandant quelque chose à bouffer. Enfin de compte, on fini par s'y habituer Tout le monde y trouve sa petite place, tel une œuvre peinte dans le moindre détail, sans que rien ne manque à l'ensemble. Un instantané qui montre tout ce qui n'est pas visible à l'œil nu.

C'était terminé depuis un moment maintenant. D'un côté comme de l'autre, on sortait du Murphy's pour passer à autre chose, dormir, se chercher à manger, allez se saouler autre part, sortir à la surface ou on ne sait quoi encore. Comme si rien ne s'était produit, rien n'avait été discuté. Quoi ? Quel réunion ? Où ça ? Quand et pourquoi ? Aucune idée. Dans un coin de son esprit, il restait un souvenir de tout ceci qui devenait de plus en plus approximatif, de plus en plus minime. Rien à faire, car rien ne serait laissé au hasard le plus total. Si quelqu'un devait tomber, il ne ferait que répéter des grossièretés et des énormités qui laisseraient les autorités de ce monde dans l'incompréhension. Rendez-vous avec X à tel endroit, alors que cela est humainement impossible. Spécialiste de la mistoufle et de la grande gueule. Je n'ai rien à dire monsieur l'agent, j'vous le jure. Le tout surmonté par un "Mort aux vaches" qui sonne le glas de toute espérance.

La clandestinité est une affaire complexe. A force de voguer entre plusieurs identités, l'on s'y perd indéfiniment. On ne cherche plus à vivre, mais à se cacher continuellement, par peur d'être démasqué et d'être repéré. La paranoïa fini par gagner le cœur et les esprits. Tout s'écroule et chacun s'entretue. La terreur est psychologique, avant d'être physique. C'est la base de la stratégie contre-insurrectionnel : Semer le doute dans les esprits, pour ensuite frapper physiquement et avec violence. Succès garanti. Psychologiquement ici, se trouvait sans doute les personnes avec le moins de moralité au monde : Dealer, revendeur, meurtrier, assassin, tueur à gage, prostitué sur le retour, vendeur d'armes, terroriste à l'explosif et on en passe. Pas le meilleur endroit pour y implanter un couvent ou un monastère, sinon à en faire suer le Tout Puissant quitte à l'achever définitivement. C'est ce qu'il se disait depuis le départ. Chacun à sa place dans cet univers farfelu et loufoque, au bord de l'ubuesque.

Nyriss parlait, parlait et parlait encore. Sans doute qu'elle avait énormément de choses à lui et à lui compter. Quitte à tenter de piquer sa curiosité. Elle attendait sans doute qu'il la questionne, qu'il lui demande pourquoi elle a fait ça, comment, de quel façon et avec qui. Mais non, il se contentait d'écouter tout simplement, comme il sait le faire si bien, scrutant de son oeil unique les expressions de son visage et de son corps. Lui n'avait que très peu d'attaches et ne prévenaient les gens qu'au compte-goutte. Elle, était libre et indépendante au niveau de sa volonté propre. L'un comme l'autre, y trouvait un moyen de ne pas empiéter sur l'autre. Cela semblait convenir, même si tout restait bancal et qu'il manquait une cale pour que l'édifice puisse tenir solidement. Tout se jouait sur la confiance mutuel et l'envie d'en dire davantage que l'autre. Le percer à jour, le découvrir, le mettre nu et pouvoir savoir ce qu'il pense réellement. Guinea ne voulait pas entrer dans cette scénette où il ne se sentait pas à l'aise. Il ne se sentait pas de lui demander des comptes, sans arrêt. Voir de lui demander de faire tel ou tel chose. Il avait un esprit assez peu borné pour infliger aux autres, ce qu'il n'était pas capable de s'administrer à lui-même. Si il y a bien une constante dans sa vie, c'est cela.

Entre Nyriss et Molly, c'était le bal des faux culs. Il savait très bien que l'une comme l'autre, malgré leurs politesses, leurs sourires et leurs quelques paroles échangés, n'était qu'une façade pour éviter le crêpage de chignon et autres fantaisies adolescentes et pré-pubère. Il devait néanmoins saluer le ton diplomate de chacune des deux protagonistes, qui semblait essayer de mettre de côté leurs égos respectifs, pour essayer de construire quelque chose collectivement. Les batailles de coqs sont chiant, mais les cat fight sont d'autant plus chiant qu'ils entraînent souvent avec eux, des cris hystériques avec des coups d'ongles et de baffes qui se perdent. Pour une fois, il fallait saluer la clairvoyance du genre féminin... Pour une fois. Sans doute la plus belle preuve de maturité qu'il puisse y avoir. Après avoir déclaré qu'elle souhaitait faire une commande à Molly, chacune des deux participantes ne s'adressa plus la parole, comme d'un accord tacite. Loin de ces palabres, le microcosme du bar continuait à battre son plein et à faire sa petite routine, le tout orchestré par le Généralissime Moses, toujours aux aguets et dans tout les bons coups.

La tendresse, c'est de la merde. Lui ça le ramollissait sans qu'il puisse rien n'y opposer. C'était sans doute la botte secrète utilisé par Nyriss, pour réussir à l'apaiser. Elle savait y faire, sans doute plus que n'importe qui. Sans trop en faire, sans trop abuser et se montrer collante. Juste ce qu'il fallait, ce qui était nécessaire pour eux deux. Il l'aimait, même si le contexte n'était pas le meilleur pour un idylle. C'est pour cela qu'il ne le montrait pas trop, disons surtout dans ce genre de situation. Alors qu'il pourrait le faire, mais sa retenue avait plus de consistance que n'importe quoi. Ne jamais se mettre dans l'embarras pour rien. L'Orgienne était sans doute assez futé pour comprendre cela, sans être en colère contre lui. Guinea n'avait aucune idée concrète sur la manière de lui prouver qu'il l'aimait sincèrement. Pas de manuel pour ça et pas de mode d'emploi. C'était bien plus compliqué de d'envoyer valdinguer un mur ou un édifice public. L'amour ce n'est pas scientifique, c'est irrationnel. Il déteste l'irrationalité quand elle n'est pas pointable et quantifiable. Pourtant, il l'aimait. Sincèrement et profondément. Savoir rester fort, sans jamais se départir de sa tendresse comme disait l'autre barbu. Mais la tendresse, ça reste de la merde.

Nyriss se détacha de son étreinte après quelques instants, attiré qu'elle était par tout ce qu'elle ne connaissait pas et ce qu'elle voulait découvrir. D'autres personnes, d'autres lieux. Comment lui en vouloir ? Sous son enveloppe charnel de femme fatale, on trouvait une petite adolescente qui s'extasie devant la moindre découverte. Fallait s'y accommoder. Un type avait fait son entrée dans le bar, lorgnant vers la rangée de bouteille qui se trouvait devant lui. L'Orgienne semblait vouloir lancer la discussion avec le type. Elle cherchait quoi ? A le rendre jaloux parce qu'il lui avait présenté Molly ? Peut-être pas. Mais rien n'est à exclure. Guinea vida son verre avant de bailler lourdement, jetant un regard vers Molly qui était restée bien sage dans son coin, sans rien dire. Connaissant son caractère, cela pouvait surprendre. Ou alors était-ce une marque de respect ? Aucune idée précise, mais ils n'allaient pas se regarder en chien de faïence. Sortant de sa poche de manteau de quoi se préparer une cigarette, il lança à l'intention de Moses qui s'était rapproché un court instant :

Dit moi, un de tes vieux était pas dans l'IRA ?

Si, depuis la naissance de l'organisation. Tu sais que j'ai même un de mes ancêtre qui a connu James Connolly ?

Non, sérieusement ? LE James Connolly ?

Parfaitement. Celui qui a dit : "Si demain vous chassez les Anglais et hisser le drapeau vert sur le château de Dublin, vos efforts seront vains si vous n'organisez pas une République Socialiste. Car l'Angleterre continuera de vous diriger. Elle vous dirigera pas par ces capitalistes, ses propriétaires terriens, ses banquiers et à travers...

... Toute les institutions commerciales et individuels qu'elle a plantée dans notre pays, le tout arrosé par les sanglots de nos mères et le sang de nos martyrs."

D'où tu connais ça toi, la vendeuse de camelote en sucre d'orge ?

Parce que je suis aussi Irlandaise de sang, vieille guimbarde misogyne.

Guinea n'avait rien dit et les regardaient s'écharper sur une question toute anodine. Il fit le médiateur pour éviter que tout ne parte en cacahuète et propose à Molly une bière, qu'elle accepta volontiers. D'un geste de la main, il fit un signe à Moses pour qu'il apporte deux bières et calmer un peu le jeu. Se prendre la tête pour quelque chose d'aussi futile, ce n'était pas son but premier. Revenant avec les deux chopines qu'il déposa sur le comptoir, il lança dans la foulée une petite musique qui semblait bien caler au cadre de la présente discussion. Quel idée à la con de commencer à parler de l'IRA avec deux tarés d'Irlandais. Du regard, il tentait de faire de signaux à Nyriss tandis que les deux chantaient de plus en plus fort, se mettant à hausser la voix de plus en plus fort.

We're Irish and proud we are to be - So fuck your Union Jack - We want our country back !
We're Irish and proud we are to be - So fuck your Union Jack - We want our country back !

Ce qui posait la question de savoir si il n'y avait pas d'anglais dans la salle, car cela poserait peut-être problème. Après avoir vrillé les tympans de tout le bar, ils ont enfin pu trinquer à Dieu seul sait quoi, avant de pouvoir savourer leurs bières. Moses s'en retourna à ces petites magouilles de vieux briscard, laissant Guinea et Molly seul.

Mais, tu fais de la politique toi maintenant ? Le monde part en couilles quand même.

Chut. C'est pas près d'arriver, surtout avec une bande de bras cassée comme vous.

Il préféra ne pas relever, sachant que tout ceci n'était qu'une moquerie de plus. Elle tourna d'ailleurs la tête vers lui pour lui tirer la langue, Guinea s'empressant de faire la même chose pour montrer que le niveau était haut ce soir et que la fatigue était bien plaisante. Alors qu'il dégustait une gorgée de sa bière, il se redressa légèrement quand une question fusa à la base de "Mais vous êtes qui ?".

Nous sommes les dératiseurs. Mi homme - Mi Ghostbusters. Quand les ennuis arrivent, c'est nous qu'on appellent. C'est notre domaine de prédilection. Moi je suis Riri, voici Fifi et voici Loulou.

Conscient de dire n'importe quoi, il se mangea un coup de poing factice de Molly dans l'épaule, se rattrapant au mur derrière lui pour ne pas s'écrouler totalement sous cette frappe d'une force terrible. Se redressant un peu plus convenablement et se cramponnant à sa bière, il se retint de rire pour essayer de gagner son sérieux.

Toi par contre, je t'ai déjà vu traîné ici quelques fois. T'es un habitué du Burger Bitch aussi non ? C'est toujours le même tarif pour celui au rat, ou bien ?

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Journée.
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Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
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Essaye de tuer Charmant (en cours)
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mer 21 Jan 2015 - 0:34

Allait-elle parler avec le nouvel arrivant pour rendre Guinea jaloux ? Non, absolument pas, jamais. Elle avait laissé la jalousie au placard depuis quelques bonnes minutes. Elle l'avait ressentie pour la première fois et en avait tout de suite sentie l'odeur nauséabonde. Et elle s'était dit plus jamais. Elle était bien assez honteuse comme ça. Pour elle la hache de guerre était enterrée avec Molly. C'était son amie et son alliée à lui, elle respectait ça et qui sait, elle deviendrait peut-être elle-même amie avec Molly un jour. L'avenir ne tenait plus qu'entre ses mains. Elle avait assez d'ennemis dans ce monde et assez de sagesse pour s'en rendre compte. Et elle était trop sincère pour jouer les hypocrites. Ou ne comprenait juste pas ce concept.
Un jour trois jours, un autre cent ans.

Quant à son voisin, elle n'avait aucune idée derrière la tête. Simplement sincère et curieuse, et une envie de rencontre et d'apprentissage. Comme toujours. Guinea avait eu besoin d'être extrêmement direct pour lui faire comprendre qu'elle lui plaisait et l'aider à s'en rendre compte elle-même. Ils s'étaient aimés et s'aimeraient à nouveau sans doute, physiquement. le psychique ne s'arrêtait jamais. De là à ce que ce genre d'idées fassent de nouveau leur bout de chemin dans son esprit... Non, vraiment. Il n'y avait que lui et lui seul qui l'intéressait de cette façon. C'était même trop évident pour s'en faire la réflexion.

Malgré tout elle était mal à l'aise. Ils étaient ensemble, mais pas seuls. Et elle était un peu perdue. Trop de choses nouvelles, d'erreurs à ne pas commettre, surtout dans son état. Elle n'avait pas franchement l'habitude d'être en société, de parler comme ça, de tout et de rien, et encore moi avec une relation amoureuse récente au milieu. Elle ne savait pas ce qu'il était bien de faire ou pas, ne voulait pas être trop envahissante mais proche quand même. Alors qu'ils ne s'étaient pas vu pendant une quinzaine de jour, quelque chose comme ça. Bref, pleins de questions assez idiotes se bousculaient. D'autant qu'entre les chants et les signaux pas clairs de Guinea, elle avait du mal à se concentrer. Elle aurait juste voulu qu'il l'embarque pour le QG, sans s'attarder. Elle aurait aussi pu rentrer sans lui, se brancher et s'éteindre une bonne vingtaine d'heures, le pied. Mais elle voulait être avec lui, juste ça, pas collée mais pas loin. Et c'était sans doute toutes ces petites choses qui l'avaient amenés à fuir vers le bar. S'aérer un peu. Parce que même s'il disait ne pas vouloir se cacher, se montrer était autre chose, et elle en tout cas n'avait pas envie de partager ça avec le reste du monde. Même si le monde était le Murphy's.

Elle avait donc atterri avec un compagnon pour le moins étrange finalement. Melton disait toujours que les personnes étranges lui apprendraient le plus de choses sur la nature humaine. Alors tant mieux. Mais comment interpréter ses mots, alors qu'il ne la lâchait pas des yeux. Bâtard n'était définitivement pas un compliment, alors pourquoi mettre beau devant ? Sans parler de la fifille et de son lait-fraise ? Le tout accompagné d'un sourire... moqueur ? Sincère ? Hypocrite ? Jaune ? Séducteur ? Non franchement, elle n'arrivait pas à saisir le truc là. Elle savait faire de l'humour et tout mais là, c'était pas trop le jour pour lui causer en énigme. Franchise et rectitude, voilà ce dont elle rêvait. En guise de réponse elle commença juste à tapoter les circuits apparents sur sa clavicule. Si avec ça il ne comprenait pas qui elle était, elle ne pouvait pas grand-chose pour lui...

- Il est beau, n'est-ce pas ? eût-elle tout juste le temps de répondre avant qu'une autre question ne fuse, et plutôt fort, pointant le pirate avec son verre. Qui êtes-vous ? Une ancienne pute du gouvernement et un terroriste. C'était la première chose qui lui vint, c'était pas beau mais c'était pas faux. Cependant, avant qu'elle ne se décide, Guinea répondit de loin, ce qui n'arrangea pas sa perplexité.

Et devant le coup qu'il se prit elle ne put que sincèrement levé son verre à l'intention de Molly. Elle n'aurait pas fait mieux. En plus de ça, ça n'était pas des références qu'elle avait malgré toutes ses connaissances, enfin juste Riri, Fifi et Loulou. Et qui représentait qui dans l'histoire ? Il paraitrait que les ménages à trois ne fonctionnaient pas, n'importe quel bouquin de psycho à deux balles pouvait te balancer ça. D'ailleurs, où était Strazar ? Elle s'était retourner sur son siège depuis un moment déjà, s'adossant au bar, lui permettant de voir à la fois son voisin, Guinea et Molly, ainsi que les va et vient de Moses. Et évinçant le pauvre blond derrière elle de toute possibilité de discussion. Mais bon, chacun son tour et un à la fois, elle n'avait pas deux cerveaux, enfin si mais bon. Faire connaissance avec une personne c'était déjà bien pour commencer, et c'était lui qui avait attiré sa curiosité le premier. En plus tiens, même Guinea semblait le connaître.

Son sourire s'effaçait, pourtant inchangé jusque-là. Ce n'était pas méchant, juste un témoin de son léger trouble. Tout ce qui faisait qu'elle ne se sentait déjà pas à son aise venait de rejaillir avec force. Elle ne savait pas quoi dire, à qui et ne comprenait pas grand-chose des chants, rigolades, boutades, conneries et autres. Elle ne pouvait pas suivre la conversation, encore moins participer. Qu'est ce qu'ils avaient tous ce soir ? Elle se sentait à part, hors du monde, observatrice, définitivement à l'écart. Elle se sentait un peu potiche, comme la plante verte au fond du bar, juste là pour décorer et faisant mal son job en plus. D'ailleurs elle ne l'avait jamais remarqué celui-là. Un vieux Yucca avec quatre-vingt-dix-neuf pour cent de feuilles sèches. Enfin il n'en restait qu'une de verte quoi, fièrement dressée sur son tronc rabougri l'air de dire "je résisterais jusqu'au bout". Un peu comme Moses en somme. Même sans eau, malgré les années et les coups dur, le truc survit tel un parasite dont on voudrait se débarrasser mais qui s'accroche à la vie comme une sangsue, ou comme une moule sur son rocher. Bien sûr Moses est un parasite pour le gouvernement, parce qu'ici tout le monde l'apprécie. D'ailleurs, y'avait pas que le yucca, juste à côté, un sansevieria, autrement appelé : langue de belle-mère. Est-ce que celle-là représentait la femme de Moses ? S'il en avait une, et encore en vie. Ou sa mère ? Ça aurait été un amusant coup du sort. Un vieux truc moche, sec et piquant que ce machin-là. Elle ne pouvait s'imaginait la femme de Moses que comme une femme forte, un peu chiante mais qui mène son époux par le bout du nez.

Nyriss reprit un peu de contenance et un léger sourire, juste léger, parce qu'elle était tout sauf hypocrite. Et sur un ton plus calme, de l'ordre de la discussion intime, bien loin du tumulte des cris précédents et avant qu'il n'ait pu répondre à Guinea.

- A la vôtre! Et elle but tout son verre.
- La fifille tient mieux l'alcool que Moses, ne t'en fais pas. Nyriss, enchantée. C'est moi qui ait tué Adolf... Daïre. Cette pétasse de Nej a encore faillit sortir sa vanne pourrit qui casse l'ambiance, bon sang. Même au fond du trou elle trouve la force pour tenter ça.Tu ne peux pas avoir loupé sa mort "naturel" dans les journaux. Entre autres. Je suis une Orgienne et une rebelle, quelque chose comme ça. Et toi, t'es qui ?

C'était plus classe que le coup de la pute, un peu trop sincère aussi sans doute mais on ne pourrait la changer là-dessus. Elle aurait presque eu envie de rajouter : et je ne suis pas là pour décorer. Mais il n'aurait probablement pas compris. Chacun ses soucis du moment, s'épancher sur autrui ne servait à rien. Surtout pour si peu. Oui vraiment, elle était mal à l'aise et fatiguée. Elle n'aurait pas dû ouvrir les yeux lorsqu'il l'a embrassé un peu plus tôt, elle n'en serait pas là.

En tout cas, elle était toujours aussi douée pour les présentations qui donnaient envie de la connaitre...
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Ven 23 Jan 2015 - 0:37

Tu devrais monter le son Moses, je sens que je vais danser avec Pim, Pam, Poum.

C’était trop beau pour être vrai. Tu arrives dans un rade, tu te poses au comptoir, coolcoolmolopomchepetou, tu vas déguster ton casse-pattes comme si c’était ta première fois et en deux secondes y’a une brunette qui te coupe dans ton élan, qui engage la conversation, à qui tu réponds sans forcer parce que c’est de la poulette et que ses yeux t’abandonnent perplexe. Oh ! que la vie est remplie de surprises !
J’aurais préféré qu’elle soit une putain, pas pour qu’il se passe quelque chose c’est pas la question, juste pour rester anonyme, solitaire, dans mon coin encore quelques secondes.

Tu racontes quoi là ?

J’crois que j’vais taper dans un triumvirat de luxe.

Oulà ! Détends-toi, bois ton coup putain !

Moses sur l’action a tout pris au premier degré ; je dois lui accorder que l’interprétation n’est pas simple.

Avec ma main droite j'attrape délicatement le verre que Moses a rempli. Je contemple les reflets ambrés du whisky. Mon poignet effectue des cercles réguliers dans le vide moins pour me donner une contenance que pour apprécier les joies des préliminaires et pour retarder le moment où le picotement excitant ma bouche en feu rompra symboliquement la fin de ma retraite. Je ne vois pas dans la lenteur de mes gestes une manière de me défausser de l'étape à passer, de la marche personnelle à triompher, du cours de la vie à reprendre. Je ferme les yeux et, d'un geste vif, approche le verre de ma bouche, l'incline, laisse mon nez jouir des notes de tourbe et autorise mes lèvres à faire trempette comme deux baigneuses goûtant en piaillant une mer glaciale. C’est un peu calculé théâtral, je tremble et j’arrive je crois à paraître détendu, je me cherche des excuses ; je sais qu’on m’observe pas mal.

Ca s’anime, j’en entends qui beuglent des fuck your Union Jack, y’a un retour de hype de l’Irish ou quoi !
Le grand blond a l’air de se tasser et sa chevelure blonde flamboyante disparait derrière la brunette. C’est vrai qu’il a un putain de look d’anglais excentrique. On va peut-être assister à un remake du conflit nord-irlandais. Chouette ! Même si la faune qui fraie ici a plutôt intérêt à s’allier et à faire fi des différences et désaccords.
En bafouillant, c’est qu’il a bu le puceau apparemment, voilà qu’il entonne : God shame the queen … shave the queen … share the peen … God …
Au passage je le verrai bien foutre une main au cul de la nana, ce serait drôle, je me demande quelle serait sa réaction et j’suis preneur pour voir ses yeux de bleu spatial virer à bleu-noir.

Hé ! ta gueule tu vas t’faire arracher, t’es pas de taille, et puis tu racontes nawak, c’est les anglais qui vont tomber dessus en premier, et tous les autres suivront.

Ca monte en moi - une étincelle qui rallume la violence. Mes yeux me piquent, ma chair s’électrise, mes muscles se tendent, mon corps se raidit, je sens monter une pression terrible comme un épileptique qui pressent une crise jaillir. Je dois me calmer, je dois reprendre mes esprits. Péter un câble ici, pourquoi ? Pour qui ? Gratuitement sur un mec éméché, me ridiculiser et me faire vider comme une grosse merde.

Le son monte, les enceintes crachent, le boum-boum des basses s’amplifie, on va bouffer de la berceuse pour enragés, la Crête dodeline son restant de cervelet et va taper sa crise cardiaque.
Je rêve de têtes qui bougent et qui se calent à l’unisson. Vive l’union pensé-je en me marrant doucement !

Je crois bien que j'ai aiguisé la curiosité de notre brun ténébreux. Je ne suis pas étonné que son oeil orphelin soit en mode oeil de Moscou revisité sauce bas-fonds. Le genre de type qui ne dort jamais, toujours sur le qui-vive, c’est ça que j’ai pressenti en entrant tout à l’heure. Et les intonations de sa voix qui s’adresse à moi signale alentour qu’il a des couilles au cul le bonhomme. Sa nana qui me tourne autour, ça lui a quand même remis un petit coup de fouet. Presque sûr maintenant, même si je n’arrive toujours pas à le concevoir, qu’ils aient fait la bête à deux dos. Peut-être même à trois avec la maquillée de l’extrême. Bref, il n’aurait pas moufté si elle était restée sage.
Sois pas jaloux Albator, je ne me balade pas avec mon triple-décimètre pour organiser à tout-va des concours de celui qui a la plus longue…
Il n’a pas à s’inquiéter, je ne veux pas foutre en l’air sa cour volatile de volatiles - les cibles sont ailleurs.  

A côté de moi le regard de la brune baisse la garde. Aucune faiblesse pour autant, royale, elle m’accorde un répit et laisse mes yeux refaire la mise au point, parcourir sa joue, son cou, suivre l’épaule, rencontrer une main délicate, des doigts graciles qui bougent nerveusement… mais c’est quoi ça… ok d’accord… j’aurais pu capter avant j’avoue, des fils, des circuits qui étincellent. Arf, rien qu’un robot - merci la providence. Je comprends mieux le regard qui ment venu d’une autre planète.
Mais putain qu’est-ce que c’est bien foutu une Orgienne de nos jours !

Elle n’a pas mal pris ma ridicule tentative de la rabaisser au lait-grenadine. Qu’est-ce qu’elle peut en avoir à foutre de mes blagues sexistes à deux balles, faut pas rêver, je ne suis qu’un pilier de comptoir pour elle. Pourtant elle a un léger mignon sourire, elle se rapproche subrepticement et se présente avec un ton un brin confident.
Nyriss ! Pas mal, ça sonne correct, un peu dur peut-être mais dans Nyriss y'a iris, ça adoucit et on glisse sur les "ss" (en minuscule), Kss Kss...
J'aimerai continuer avec un ton à la con genre "Eh jolie plante, arrête de bloquer le yucca, t’as l'air d'avoir plus de jugeote que lui." Même si à sa manière il s'est lui aussi laissé gagner par la résistance, sa dernière feuille personnifiant tous ceux qui s’accrochent coûte que coûte à leur vie de merde.
Elle a l’air bien cash pistache en tout cas. Trop franche pour être honnête. Et personne pour me dire que je paranoïe.
Je n’ai pas envie d’être le dindon de la farce, y’a un truc chelou, elle me parle, je lui réponds, et c’est lui qui me répond pour elle ou pour eux en choeur,et quand je dois lui répondre, elle me reparle, c'est un truc tacite entre eux, un calcul de pervers qui cherchent une proie à dépouiller. Penser me fatigue comme si je bouffais à vif mon propre cerveau à la p’tite cuillère. Ils se foutent de ma gueule ou pas !
Allez je vais me fier à ma première impression. Je sens une franchise chez ces deux-là. Je ne dis pas qu'on baigne dans l'angélisme absolu mais prenons le pas de l'accueil chaleureux. Je peux jouer l'enjoué ou le faux-calme ou le faux-derche à la commande !  

Enchanté, à la tienne, Nyrisssssss ! Respect pour Daire...
Moi c’est Loup.

Je rajoute avec un « p » sans trop calculer, je ne regrette pas, il y a du symbole à choper chez le loup. Ca m’évite de trop m’attarder sur moi et puis ça donne autant d’indication que ça brouille les pistes.

Je ne suis qu’un humain et naturellement enragé.

Je pivote prestement - demi-tour en rythme sur la basse qui tabasse, c’est moi la danseuse (?) - en direction du pirate.
S’il connaît le Burger Bitch, il va me plaire, il me prend par les sentiments, sans me contrôler j’éclate de rire :

T’inquiète au Burger les prix n’ont pas bougé. Y’a rat et rat toi-même tu sais.
On t’appelle comment ?


Je marque une pause en me rejetant en arrière et en prenant appui avec mes coudes sur le bar. Avec un peu de chance ces deux-là vont me mettre au parfum.

C’est ma tournée après.

J’ai rien dans les poches, je serre les dents et m’efforce de maintenir un rictus souriant.
Je jette un oeil nerveux sur Moses, va falloir que je le radoucisse, histoire qui fasse crédit ce bon vieux salopard.
Allez ! Cul-sec !
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Sam 31 Jan 2015 - 17:31

« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit. » - Oscar Wilde

Guinea avait gardé cette tendance à la misanthropie. Son prochain l'emmerdait et il ne lui accordait généralement que peu de confiance. Ce qu'il faisait, il le faisait pour lui et dans une logique de survie de groupe. Ce n'est que depuis peu qu'il a chassé toutes ces idées totalement inutiles qui lui pourrissaient l'esprit, pour se recentrer sur le principal. Mais le principal n'était pas ici. Certes l'endroit se prêtait à se fendre la gueule. Certes on était là avant tout pour passer un bon moment. Certes tout était fait pour que l'on puisse interagir et rencontrer de nouvelles gueules, qu'on ne croisait pas partout. En quelques mois, le Murphy's était devenu le centre d'attraction d'absolument toute la faune et la flore qui peuplait le Mirail. Chacun voulant savoir ce qu'il pouvait bien s'y passer, qui s'y trouvait et pourquoi. Cela posait des questions de sécurité, voir même de confidentialité.  Rien à faire de toute façon, Moses connaissait assez ses clients pour savoir qui était digne ou pas, de pouvoir squatter son bar et son comptoir. On a du mal à le croire, mais c'est réellement une crevure quand il commence à s'y mettre le vieux.

Selon ce qui se dit ici et là, c'est un peu notre ancêtre à tous. Il était là avant les premières Brigades des Martyrs, avant le grand affrontement dans le métro, avant la série d'attentats à la bombe... Peut-être qu'il est une sorte de figure tutélaire qui refuse de mourir et d'abdiquer face au temps qui semble le rattraper. Quoi qu'il en soit, il restait là derrière son bar à mener sa barque comme il le pouvait. Guinea ne l'avait jamais vu haussé le voix, ni même faire preuve de violence directe avec quelqu'un. On aurait du mal à croire donc que ce vieux bonhomme, est une des dernières preuves d'un passé mythique dont tout le monde semble se foutre. Son papier-peint est aussi vieux que lui, mais c'est pour garder un souvenir. Tout est vieux ici, même ce qu'il prépare à bouffer le vieux. Un sacré type, qui a deux pastèques à la place des testicules. Quelqu'un d'unique en son genre.

Ce qui n'était pas le cas du gentleman british qui semblait essayer de s'incruster dans la bonne et grande fraternité qui naissait ici. Il n'avait pas compris d'où venait le sens du vent quand il essayait de bégayer qu'il fallait que Dieu sauve la Reine. Ou alors il était complètement inconscient et voulait se faire tabasser pour en ressortir vivifié. Quoi qu'il en soit, sa petite envolée lyrique n'a pas échappé à plusieurs personnes, qui semblent le fixer d'un air assez condescendant. Le petit aristocrate, bien propre sur lui, doit bien se demander ce qu'il fout ici , au milieu des tarés, des ratés et des expériences foireuses d'un gouvernement d'incapable et de minable. Cependant, il avait fait le choix de venir jusqu'ici, ce qui était assez remarquable. Il était bien visible dans sa grande redingote et ses cheveux blond. Guinea avait tout d'un coup, un peu pitié pour lui. Ce n'était pas son monde et son univers. Tout ceci lui était étranger. Une fois qu'il eut fini sa cigarette, il se leva de son tabouret pour venir se planter à côté de cet inconnu britannique, qui le regardait du coin de l'œil tout en baissant la tête. Passant son bras pour atteindre son épaule, il lui tapota plusieurs fois avant de s'écrier :

GOD SAVE THE QUEEN ! VIVE L'IRLANDE LIBRE ! HAHAHA !

S'attendant à se faire violemment bousculer, ce fut une accolade amical que lui offrit Guinea. Bien que légèrement gêné, l'aristo' se contenta de sourire et leva son verre de whisky pour saluer les dires que venaient de prononcer son comparse, qui le dépassait d'une tête au moins. Difficile de savoir si il le pensait réellement où si il faisait en sorte de ne pas s'attirer les foudres de tout ceux présent ici. Les vieilles querelles ont la dent dure, mais il valait mieux les oublier pour l'instant car elles ne rentraient pas dans les priorités du moment. L'invitant à venir s'asseoir à côté d'eux, il tira un des tabouret qui se trouvaient sous le bar, afin de la caler très exactement entre Nyriss et Molly. Peut-être qu'il finirait par retrouver sa langue et que son entourage l'incite à être plus 'ouvert'. C'était en quelque sorte, une paix des braves.

Il lança un regard vers Nyriss, et leurs yeux se croisèrent quelques secondes, le temps d'un léger sourire. Si il était réellement égoïste, il l'aurait tiré par la main et l'aurait déjà entraîné loin pour ne passer du temps qu'avec elle. Certainement qu'ils passeront un temps prochain ensemble, à se raconter ce qu'ils ont mutuellement fait chacun de leurs côtés. Mais pour lui, ce n'était pas encore le temps. Les interactions sociales étaient importantes pour se maintenir à flot et sans doute que Nyriss en avait tout autant besoin que lui, de s'imprégner d'un monde dont elle ne connaît pas nécessairement tout les us et coutumes. Attrapant son zippo, il alluma sa cigarette avant d'allez se rasseoir à l'extrémité du bar, pouvant voir Molly, le British, Nyriss et le dernier sur la rangée, Loup. Une place de choix pour une vue d'ensemble idéale.

Alors que les discussions semblaient reprendre chacune de leur côté, Guinea attrapa son verre de bière pour le siroter lentement. Il scrutait de son unique œil les mouvements de Moses, toujours entrain de faire quelque chose même quand on ne s'y doute pas. De temps à autre, il sifflait un air ou deux, essuyant la vaisselle et ses verres, qu'il remettait bien en ordre de bataille. C'était ici, la seule chose qui était propre. Le reste sentait le vieux pet, le sol était à la limite du collant et ne parlons pas des dites commodités, ce serait une honte à ce qu'il reste de l'humanité. Cependant, il comprenait que le vieux ne pouvait pas tout faire tout seul et qu'à défaut d'être une fée du logis, il était un hôte exceptionnel. Que désirer de plus. Reportant son attention sur le British, ce dernier avait commencé à discuter avec Molly. Quand il croisa le regard de Guinea, il s'arrêta de parler et renfonça sa tête blonde dans sa redingote, comme si il venait d'être pincé pour un mauvais coup. Ce fut en riant que Guinea se mit à lui répondre, touché par tant de candeur et de retenue de soi :

Gamin, tu peux lui parler hein, c'est pas ma moitié. C'est juste un extra de temps à autre, quand j'ai vraiment rien à me mettre sous la dent.

A ce moment, il fut fusillé du regard tant par Molly, que par Nyriss. Lui qui avait l'habitude de prendre tout sous le coup de la rigolade... Seul Loup dans son coin, semblait le comprendre et se fendre la poire avec lui. Peut-être qu'il se sentirait moins seul à l'avenir, quand il ferait le beauf pour faire le beauf. Quoi qu'il en soit, il fait de grands gestes au-dessus de sa tête pour présenter ses excuses, tâchant d'être un minimum sérieux dans ce qu'il disait.

Vous énervez pas, c'est bon. Brit's, fais ce que tu veux avec Molly. Ici, personne ne te jugera sur tes fréquentations, tes orientations sexuelles, ta manière de t'habiller, le whisky que t'aime ou la musique que tu écoutes. Il n'y a de toute façon, qu'une personne que j'aime. Elle est plus parfaite que moi, sur tout les plans. Celle là par contre, je ne te la laisserai pas.

Il adressa à la tête blonde, un clin d'œil qui signifiait énormément de choses. Ce dernier un peu penaud, tourna la tête vers Nyriss en pensant qu'il s'agissait d'elle dont il parlait. En effet, Guinea parlait d'elle. Généralement, il était peu élogieux et n'aimait pas ramener les discussions sur un étalement de vertu, de beauté et de bonté. Il ne se sentait pas obligé de dire constamment ce qu'il pensait de Nyriss, ce qu'il ressentait et ce qu'elle représentait pour lui. Car cela ne le concernait que elle et lui, personne d'autre n'étant convié dans cette sphère privée et intime. Puis de toute façon, il avait passé l'âge de rappeler qu'il était un mâle dominant et qu'il écraserait la gueule de tout ceux qui essaierait de chasser sur sa basse-cour. Il n'avait plus de dignité et pas une fierté aussi importante, pour se permettre de raisonner comme cela. Cela aurait été totalement étranger à sa manière de poser. Après ces quelques paroles, il se revissa sur son siège pour boire sa bière, un coude posé sur le comptoir où reposait sa tête, entrain de fumer.

Pas besoin d'en dire plus, car cela aurait été superflu. Devant, c'est derrière. Peut-être qu'il parlait trop. Il avait toujours l'impression de parler trop, pour dire des choses inutiles. C'est pourquoi il préférait le silence et l'alcool. Au moins, c'était deux valeurs sûr qui n'allaient pas se casser en courant par manque d'infidélité, ou de constance. De temps à autre, il tournait la tête pour voir ce qui se passait pas loin de lui, avant de se remettre dans ses pensées. Ayant fini sa bière, il tapa deux fois du coude sur le comptoir pour que Moses se presse lui servir une autre bière. Mieux qu'à la maison, mieux qu'au paradis. Que demander de plus ? Rien. Le superflu est trop lourd à porter et à gérer. Finalement, quand l'on commença à parler de nouveau de lui, par l'intermédiaire du dit Loup, il se redressa et écrasa sa cigarette, buvant une gorgée du breuvage, s'essuyant les lèvres d'un revers de la main.

On m'appelle Guinea, juste Guinea. Enfin c'était avant ma mort tragique, de terroriste abattu par la NOD. Quelle triste histoire, vraiment. Qui est assez con pour croire que j'allais poser une bombe dans un centre-commercial ?Les journalopes sont des vendus ! Mais au moins... Ils me fouteront la paix maintenant. Donc mon con, tu parles à un mort. Assez rutilant non, pour un macchabée tu ne trouves pas ?

Cette histoire de mort/disparition tombait sans doute à point nommé. Il fit traverser le journal le long du comptoir jusqu'à son pote pilier de comptoir, pour qu'il puisse vérifier l'info lui-même. Enfin si l'on pouvait nommer ce tas de merde comme une info. Lui-même ne semblait pas y croire, mais peut-être que Guinea était réellement mort et qu'il s'était réincarné. Peut-être étais-ce Thanatos qui l'avait ramené à la vie ? Peut-être que... Qu'il devrait arrêter d'écouter les conneries de Strazar et se reconcentrer sur la réalité. D'ailleurs en parlant du loup, ce dernier ne montre pas sa queue et sa grande gueule. Depuis sa grande quête pour exterminer les Ressacs, plus personne ne l'a vu. Reviendra, reviendra pas ? Il manque quand même pour que le WAT soit au complet. Tapant le cul de son verre contre le comptoir, il leva le bras en criant :

WAT !

Qui fut immédiatement repris par une bonne vingtaine de personnes dans la salle, avant que ces dernières ne reprennent une discussions des plus normales et banales. Signe de ralliement totalement stupide, qui ne reposait sur rien, sinon sur des fantasmes de combats mené à la prison. Ici, on se fait une réputation assez facilement, dès que l'on fait sauver un pauvre bâtiment et tuer quelques NOD. C'est l'appel du culte de la personnalité, un besoin de s'identifier. On pouvait résumer ça à une forme d'héroïsme que tout le monde ne pouvait pas réaliser : Donc on s'en remettait à une figure qui était facilement reconnaissable. Un mécanisme dangereux que Guinea voulait absolument fuir.

Moses connait très bien la patronne du Burger Bitch, tu devrais lui demander. Hein Moses, tu la connais même trèèèès bien ?

Moses lança un regard noir vers lui et grogna légèrement. Guinea se contenta de rire et de boire une autre gorgée de sa bière, reposant le verre sur le comptoir avant de croiser les bras, remarquant que le british et Molly avaient décidé de passer à la vitesse supérieur, c'est à dire au stade du bécotage. Il aurait pu dire quelque chose comme "Non mais elle à deux fois son âge" ou quelque chose dans le genre, mais il ne s'en sentait pas le cœur. Autant que l'autre découvre la vie tient, ce sera un bon début.

Laisse tomber pour la tournée, c'est Moses qui rince de toute façon ! Avec tout ce que j'ai dépensé ici, je dois avoir des tournées générales jusqu'à la fin de ma vie ! Donc la prochaine, c'est pour Moses. Celle d'après, aussi. Vive Moses, qui remplit nos cœurs de joie et nos verres d'alcool !

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Journée.
Déguisement.
Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
Pacte avec le diable (projet 1/2)
Adieu Nej (projet 2/2)
Courtes retrouvailles nécessaires
Mélancolie nocturne d'un robot trop humain.
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Fichier Edvige ♫ ♪♪
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Un peu d'histoire :

MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Lun 2 Fév 2015 - 15:19

Les voyants étaient au rouge.
A part qu'elle n'était pas un véhicule, ou autres gadgets et qu'il n'y avait pas de voyants. Elle le savait juste. C'était un ordinateur après tout, un super méga ordinateur de la mort qui tue mais qui ne pond pas des clés USB de l'espace avec l'univers dedans. Faut pas déconner non plus. Et c'est pas les quelques minutes de charge au bar qui avaient changé grand chose. Les batteries criaient famine et ça se traduisait par une réduction du fonctionnement. Petit à petit, tout ce qui n'était pas vital s’éteignait. Ça commençait par les muscles inutiles, comme ceux qui donnent une expression à son visage, et aussi par ses capacités à aller chercher des données. Mais elle pouvait encore penser, bien sûr, le cerveau marchait au sang et à l'oxygène, lui. Même s'il n'était pas en glorieux état non plus.

Ce serait le moment de fuir, d'aller se trouver un endroit sûr, six pieds sous terre, loin de toute personne mal intentionnée. Ne jamais être vulnérable, c'était son credo de survie. Mais ça, c'était avant d'avoir confiance en quelqu'un. Ce soir elle s'en moquait, elle avait des bras dans lesquels échoués. Et elle pouvait encore tenir un bon moment de cette façon. Elle était quand même bien foutue, et pas que de l'extérieur, même si largement améliorable. Mais pour ça, elle avait besoin de ses sœurs.

Par contre, elle avait du mal à suivre. Tout tourbillonnait autour d'elle, les va-et-vient de chacun, les chants, les cris, les échanges, y'en avait même deux qui dansaient là-bas, n'importe comment et sur une musique qui ne s'y prêtait pas selon elle. C'était ni la valse, ni le tango, ni même du hip-hop, rien de ce qui lui vint à l'esprit en l'instant. Il y avait aussi une histoire d'anglais qu'elle ne comprenait pas. Et d'Irlandais qui la dépassait. On est tous à Novlangue, on est tous de Novlangue, quelle importance pouvait bien avoir l'Irlande et l'Angleterre et les vieilles querelles d'un monde décédé ? Elle avait appris pas mal de choses, mais là, ça faisait plouf. C'était peut-être inscrit quelque part dans ses circuits, mais elle ne saurait pas ce soir à moins que quelqu'un veuille bien lui refaire un cours d'histoire.

Chez Daïre elle avait appris un paquet de chose. Dés qu'il partait travailler, elle s'empressait de terminer son boulot de "femme parfaite" et piratait son ordinateur. Là elle avait eu accès à tout un tas de choses, notamment des choses interdites. Si elle appréciait l'art, le cinéma, les livres, la nature et s'était intéressée à tout ce qui lui était personnellement utile tels la médecine, l'informatique, la biologie et la mécanique, elle avait juste survolée certaines choses comme l'histoire, elle connaissait bien quelques évènements importants, tout ce qui était lié à Novlangue de près ou de loin, mais le reste... Elle n'avait pas non plus un temps infini et il avait bien fallut faire des choix. Parfois mauvais. Et d'autant plus que son apprentissage avait été écourté par son aller simple vers la décharge.

Et donc à un moment, d'une façon ou d'une autre, elle se retrouva face au bar, ancrée dessus avec ses coudes, limitant ses mouvements au maximum, entourée du blond et de Loup. Et Molly pas loin. En face d'eux Guinea semblait enclin à des blagues douteuses. Est-ce qu'elle l'a foudroyé du regard ? Peut-être mais ça n'était pas l'intention, probablement un effet de son visage rendu impassible et de son incompréhension. Oh, elle avait saisit l'allusion, juste pas la raison, le pourquoi du comment. Ce n'était certainement pas la blague la plus amusante du monde et ça la renvoyait un peu plus tôt à cette haine viscérale qu'elle avait ressenti pour Molly et qu'elle trouvait franchement déplacé. Comme s'il se moquait d'elle. Il avait probablement mieux à faire que de la taquiner sur ça, leur relation était trop récente, trop fragile pour que cela soit amusant.

Mais d'autres mots effacèrent tout cela bien vite. Elle sourit juste en réponse à sa déclaration et lui adressa un regard enjôleur. Un sourire léger, presque pudique. C'était assez inattendu, ainsi en public, ça ne regardait personne et elle n'avait pas envie que qui que ce soit se mêle de leur relation. Elle ne risquait pas de lui en vouloir pour autant, elle appréciait ce qui venait, peu importe la manière, le lieu, le moment. Le compliment était beau et la sincérité seule comptait.

Elle restait curieusement silencieuse, observatrice. Ne participant même pas à la liesse du WAT. Un jour peut-être sa forte indépendance la rattraperait. Elle n'avait aucun sentiment d'appartenance à quoi que ce soit, encore moins à ce genre d'organisation. Encore moins après être retournée à la prison, avoir vu que rien n'avait changé, que c'était comme s'ils n'étaient pas passés par là... Encore encore moins après ce qu'elle avait vu là-bas... C'était un échec, il n'y avait pas de quoi être fier, pas de quoi chanter. Pour elle. Mais elle ne dirait rien, l'espoir était important pour eux. Elle avait suivit sans trop comprendre pourquoi, maintenant elle savait, elle l'avait fait pour lui et elle le referait. Encore et encore. Il ne lui demandait pas, il n'avait pas besoin et elle en avait envie. Et si ça pouvait leur donner de l'espoir... Un jour peut-être, reprendre Novlangue... Alors ça en valait la peine. Mais c'était tout, les insurgés restaient trop sommaires et dépassés à son goût.

Du coin de l’œil, elle observait Molly. C'est qu'elle savait y faire la bougresse. Yeux doux, clin d'oeil, rapprochement, main qui glisse sur le bras. En moins de deux c'était ses lèvres contre les siennes et sa langue qui visite sa cavité buccale. Une danse un peu bruyante et pas franchement ragoutante. Molly ne faisait pas dans la dentelle. Nyriss profita d'une accalmie pour se pencher par dessus l'épaule du grand blond au visage désormais barbouillé pour murmurer : "Faudra que tu m'apprennes." avant de rire un peu et de revenir vers Loup. Pas que ça lui servirait à quoi que ce soit.

Quelqu'un aurait pu demandé à l'orgienne ce qu'elle pouvait bien faire ici, elle n'aurait pas su quoi répondre. Elle savait juste qu'elle avait besoin de parler, de rencontrer des gens, de faire les mêmes choses que les humains. C'est à dire des choses sans but précis : s'asseoir, boire, rire. Parler de tout et de rien. Exercice difficile. En réalité, elle avait besoin d'apprendre à se connaître, et pour ça, il lui fallait des interactions sociales. Côté méditation, elle avait déjà donné, maintenant le regard des autres et leur réactions lui en apprendrait bien plus sur sa propre personnalité que des réflexions métaphysiques. Elle avait besoin d'exister, d'être quelqu'un, de se faire une place ici et ailleurs, et ce, sans Guinea. Ce manque la rendait d'ailleurs terriblement influençable pour le moment, elle était naïve quelque part, elle manquait d'expérience. Alors elle était là, entre Molly, un blond, Harry apparemment, et Loup, trois nouvelles têtes. Même si ce n'était probablement pas le bon jour pour elle.

Elle aurait pu faire plein de remarques sur le fait qu'il s'appelait Lou avec un p. Loup solitaire chercher brebis galeuse ? Ou nouvelle meute ? Ça ne manquait pas. Mais elle trouvait ça stupide. S'il y avait bien quelque chose qui avait rarement un sens c'était le nom d'un être humain. Et tout le monde devait lui faire le coup.
Elle préféra continuer la conversation, une fois que Guinea eut fini de lui répondre.

- Le Burger Bitch ? C'est quoi ?

Ça avait beau être juste à côté du Murphy's, elle n'en avait pas connaissance. Elle avait surement dû arriver d'un autre côté à chaque fois. Et c'était pas le genre de trucs qui figurait sur sa carte numérique de Novlangue. D'autant qu'elle ne pouvait pas la consulter présentement.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Ven 6 Fév 2015 - 15:17

Je dissimule non sans mal mes émotions accentuées par l’alcool qui enflamme ma bouche, rougit mon visage et picote mes yeux.
Communiquer en effet n’était pas gagné d’avance. Quand on se retranche et qu’on se suffit à soi-même, on oublie le bonheur qu’il y a à demander le sel à son voisin. Si deux ou trois phrases banales échangées avec les premiers venus me font l’effet d’une communion intense, l’image de dur à cuire que j'aspire à forger de moi-même dans mon inconscient est mal barrée.
Je passe mes mains sur mon visage pour reprendre le cours de l’agitation qui est montée crescendo depuis mon arrivée. Boire cul-sec était la pire idée, mon estomac et mes galeries intérieures en sommeil peinant à sortir d'un état de virginité retrouvée. Ca devrait passer vite fait, je vais me remettre, j’en ai avalé des rivières de houblon et de malt dans le passé. Un rien gênant, mon anus opère des contractions instinctives et discontinues.

Communiquer. C’est pour ça que je suis venu au Murphy’s, et peut-être qu’il ne va pas faillir à la réputation qu’il traîne dans la nébuleuse des morts-la-faim qui ont envie de secouer les choses. Tous au Murph y passent, les vieux de la vieille tels des Moses qui ont eu leur coup d’éclat, les petits nouveaux, les kamikazes gavés au free-base et ceux qui n’ont besoin de rien d’autre qu’amour et eau fraiche pour combattre, les leaders d’opinion, les mercenaires, et j’en passe.

J’aperçois « La Crête » qui est toujours miraculeusement en vie.
Physiquement c'est un déchet. Tout le monde s’accorderait là-dessus. Il y a des trucs qui sont indiscutables et ça ça me rassure.
En le regardant, je mesure ma chance de me sentir pas trop mal. Je me demande comment il survit dans cet état, comment il supporte la solitude, comment il a basculé, s'il est toujours comme ça, quelle est réellement sa vie, quelle serait-elle si je n’y projetais rien de mes sentiments et fantasmes.
Je m'imagine refringuer ce punk à rats dégoutant, m'occuper de lui, le bichonner, lui redonner dignité et fierté. Tiens ! pourquoi ne pas prendre sous mon aile ce moineau blessé ! vraiment ! pourquoi ne pas choyer ce gentil toutou !
Nous entrerions dans une belle boutique « C’est pour quoi ? Oh ! Juste pour enfiler une peau rose et douce à la grande faucheuse ma petite daaame ! »
Mais aurais-je, si même j’en avais les moyens, le temps de prendre à ma charge cette loque. Pour qui le ferais-je ? Pour lui et seulement pour lui ou pour moi et seulement pour moi ? Un acte gratuit et désintéressé n'a-t-il jamais existé dans l'histoire de Novlangue ! Dois-je choisir de le purifier et de le rendre à la vie - à quelle vie juste ? - ou dois-je choisir de frapper méthodiquement ceux qui autorisent à l’homme de se dégrader, de s’oublier, de se gommer jusqu’à ce point de non-retour, ceux qui polissent la misère et la repolissent en joyau brut qu'ils porteront au doigt comme une chevalière sociale ou qu’ils offriront à leur femme et leurs putains en rivière de diamants.
Je lui invente une vie, un passé, j'ai tout faux sans doute. Je claque machinalement de la mâchoire, presse plus côté gauche, les dents supérieures glissant sur les inférieures comme un cocaïné qui ne peut s'empêcher de limer sa dentition pour atténuer le croquage de cerveau qu'autour de lui tous regardent et moquent.
Je fais la moue en intégrant qu'on a besoin de type comme lui pour survivre soi-même et se contenter de sa petite personne.
Son squelette se laisse choir le long du tabouret et glisse jusqu'au sol depuis lequel, en rampant, le nez frottant la crasse, les bras jetant leur dernière force à tirer ce tas d'os, il disparaît vers les commodités. Nul n'entendra jamais son WAT balbutié et son We shall overcome psalmodié ; des paroles qu'il aura pourtant réellement prononcées.
Passant près le yucca vertical dont le mouvement à peine perceptible offert par l'air ambiant laisse croire qu'il danse, son corps horizontal forme un angle à quatre-vingt dix degrés parfait, un graphique où nos conditions de résistance tenteront de se situer entre une abscisse et une ordonnée improbables. Quand la porte des commodités aura refermé son bois ferme sur le corps de La Crête, la vision de cette échelle de mesure impromptue pourra à volonté être réactivée par chacun d'entre nous qui l'aurons fugitivement aperçue.
Je me baisse légèrement et tente de lui envoyer quelques mots d’encouragement :
Clamse pas aux chiottes La Crête. Tu es le degré zéro. Nous avons besoin de toi, tu es la surface qui nous soutient, nous qui arguons nous situer par-delà, nous qui flirtons souvent en-decà.

De la démarche sans faille et fière qui approche le bar, chaloupée aussi pour que se meuvent davantage que pour faire valoir ses épaules charpentées, on apprend de l'homme qu'il a la main droite qui frappe - impitoyablement, et, de l'unique œil, en valant deux, qui allume à la vitesse de la lumière un regard millimétrée et doux à Nyriss, qu’il a la main gauche qui caresse - délicieusement.

Alors que Nyriss glisse un petit mot effronté à cette Molly qui maquillent des mains… et des lèvres, j’hoche la tête à l’attention de l’Orgienne et lui lance un clin d'œil délivré sans calcul, quoique, de nature intentionnel, il me traverse l'esprit qu'il aurait pu être mal interprété si je l'eusse intentionnellement dissimulé aux autres. Ce n'est donc point le coeur qui a parlé mais une puissance étrangère qu'elle dégage et qui a enclenché cette expression de connivence à son endroit. Qu'elle soit une pièce du trio mystérieux a bien entendu permis cet appel de communication non-verbale. L'échange, pour moi inconcevable seulement quelques heures auparavant, ne se transformait plus qu'en un désir inéluctable et vital. En d'autres termes, le silence et le contentement de soi qui faisaient mon bonheur absolu seraient devenus le plus grands des malheurs, la plus intense des tortures, s'ils n'avaient été contrariés par les fluides brûlants d’une rencontre.
Sont-ce les premiers effets de l'alcool qui me gonflent d'espérance ! C’est que je sais la solitude, je sais la comédie qui la combat, je sais le rideau qui retombe.

Cependant, le trio que je croyais magique et soudé, créé de toutes pièces par mes tergiversations, est lentement gommé par la faune nombreuse plus ou moins tournée vers nous, l'agitation de cris fédérateurs et Molly qui en chauffant le British fuit l'idée étriquée du triangle. Quoiqu'on sente aisément qu’une injonction de Guinea sonnant la fin de la récréation pourrait en reconstituer les trois segments en une fraction de seconde.

Vraiment je n'aurais pas parié un penny, nan, pas un seul misérable penny sur l'angliche. D'ailleurs, si on m'avait demandé, j'aurais sans aucune hésitation mis ma main à couper qu'il repartirait brecouille. Ne pas se fier aux apparences, jamais, c'est la base, merde. C'est bien lui pourtant qui décroche le pompon.
Hé poto, elle te repeint le portrait là.
Et vas-y que notre grande gigue timide s'encanaille, penche la tête sur le côté, ouvre grand la bouche qui se fige et risque de lui bloquer les maxillaires, y met la langue et n'arrête plus de la tourner machinalement sans surprise. On conçoit un mouvement intérieur frénétique et gauche qui fait écho au palot de la toute première fois et qui contraste avec sa rigidité extérieure entière qui trahit son inexpérience ; un balai dans le cul et un devant qui transforme derechef sa blancheur anglaise en orange auto-bronzant.
Cette Molly doit être une sacrée coquine pour désirer tant prendre en main l'éducation de notre puceau.

Comment je me marre ! Ca fait un bien fou. Et, quand je stoppe mes rires pour garder un tant soi peu le contrôle de moi-même, je me bidonne intérieurement. J’aimerai dire à Guinea un truc aussi con que « merci ». Je me tais - évidemment. Les hommes entre eux résistent à livrer l’intime. Jusqu’au jour où sans contrôle ils s’épanchent entièrement.
Du lourd, du très lourd cette révélation en tout cas !
Moooses ! qu’est-ce que j’apprends là mon canaillou !
Je suis d'un œil Moses qui virevolte de partout et qui fait semblant de ne rien entendre. Pas de temps mort aussi, c’est le secret de la réussite et le moyen d’échapper à toute emprise.
Il décoche un sourire mi-figue mi-raisin à l'allusion de Guinea et, non sans éviter moult rires et tapes amicales dans le dos, se dirige vers le yucca et verse avec régularité dans le pot quasi vide d'une terre morte un liquide noirâtre de sa confection. Moses a su et sait tout faire : résister, faire la révolution, rassembler les sensibilités et jardiner. Du jardinage, il a composé un élixir de vie pour la vieille plante, secret de sa longévité. Il faudrait rivaliser de talents divers pour lui en soutirer la composition.
C'est donc l'un de ses petits jardins secrets, pas le seul et le moindre si Guinea dit vrai de sa relation avec Cassie du Burger Bitch.
Oh ! Moses ! Coquin ! Canaille ! Tu t'es acoquiné avec burgerqueen, j'arrive pas à le croire, t'as fait trempette dans la poche à magma.
Balançant mes réflexions lourdingues, cette révélation me laisse toutefois interdit. Ça fait quoi la rencontre de deux monstres du Mirail, des deux tauliers les plus respectés. Et Popol Négation à qui on l'a coupé pour avoir minaudé avec le petit cul d'un livreur, il n'a pas son mot à dire, comme d'hab' !
Moses a donc une vie à côté du Murph', c'est ça le plus surprenant, et malgré toutes ses précautions tout s'est su car tout finit toujours par se savoir, oui, tout finit toujours par se savoir, et ce avant de passer l’arme à gauche.
Ce qu'il aime chez la Cassie, c'est son gros corps énorme qui l'enveloppe entièrement lorsque étreinte il y a. Passer ses mains calleuses dans ses plis sans fin, les relever, les malaxer, les masser, les nettoyer, les pincer ce qui fait glousser notre grosse dondon, les enfoncer et les sentir se fondre en sa chair.
Entendre et subir les invectives de Cassie ne lui plaisait guère au début, personne ne lui avait jamais parlé comme ça, qui plus est une femelle, il était à sa manière un prince, un maître, mais, subrepticement son imagination encouragée par la frustration l'amenait à s'exciter maintenant d'injures, mots orduriers et expressions interdites ; la vérité c’est qu’il ne peut plus se passer de son langage hors-norme classé x violent passible de la zonzon.

Je reviens sur les deux aimants brillants dont l'éclat surréaliste ne faiblit pas - les yeux de l’Orgienne ; ils paraissent plus clairs encore que tout à l'heure, comme lavés par les attentions qui lui sont portées et sa curiosité de mondes inconnus ; son regard intense combat sans relâche ce qui n’a pas été intégré à ses circuits et qui devait en théorie lui rester strictement interdit. Nyriss est irrémédiablement attirée par la Connaissance qu’on a voulue lui laisser croire inconcevable.
Une curiosité rare qui n'aura jamais été aussi brûlante.
Aux mots et regard intentionnels de Guinea, son visage, qui depuis quelques secondes semblait perdu dans le vague, s'allume d'un teint rouge bleuâtre ; les émotions d'une Orgienne sont un délice à guetter et je me fais la réflexion que sortie du carcan duquel elle s'est extirpé et s'efforce de sortir encore, elle est un trait d'union au sens le plus noble entre l'humain et la robotique. Son visage chaud et illuminé n'est pas le mirage froid et calculateur espéré par ses créateurs. Un point pour elle.

J’avise le journal que Guinea a fait glisser avec classe le long du bar.
Etre mort dans un canard et être en vie, voilà une belle situation. C’est ce que j’ai moi-même recherché en me soustrayant au monde ; tout cela me paraît déjà loin.
On devrait tous ici être morts, j’entends invisibles pour ceux qui nous traquent, pour mieux frapper.
Morts : nous le sommes déjà et seulement pour nos ennemis qui considérant la lutte endormie ou trop sporadique crient victoire trop vite.

M’adressant à Nyriss et à Guinea, tour à tour les regardant dans les yeux pour continuer de jauger leur intention et la progression de nos rapports.

Tu connais pas le Burger Bitch ? Elle connaît pas le Burger Bitch ! Faut qu’on t’y amène tôt ou tard, tu vas voir la Cassie, l’alter ego de Moses ah ! ah ! ah ! c’est qu’on a des trucs à lui demander si le courage est de notre côté… et puis c’est plus tranquille pour faire connaissance là-bas. Si ça vous dit, Molly et son bleu-bite peuvent nous suivre, j’ai rien contre, histoire qu’on continue à se marrer et qu’on voit ce qu’il a dans le ciboulot et la culotte le grand blond…

L’invitation à se retrouver en petit comité est peut-être un peu déplacée et/ou trop prématurée, il ne serait pas étonnant qu’elle soit d’abord déclinée, à moins que Guinea et Nyriss ne se laissent guider par la semblable confiance instinctive qui m’anime et réanime.
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Déguisement.
Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
Pacte avec le diable (projet 1/2)
Adieu Nej (projet 2/2)
Courtes retrouvailles nécessaires
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mer 25 Fév 2015 - 23:48

C'est que Burger et Bitch accolés n'avaient pas grand sens dans sa tête pourtant bien faite. Que pouvait faire un burger et une pétasse ensemble, mystère. En soit ça n'avait pas moins de sens que Murphy's Pub mais au moins y'avait pub pour définir le truc. Surtout que c'était Moses et pas Murphy le tenancier. Burger certes ça se mangeait, mais les humains des fois... Et puis le côté putassier de l'histoire... Est-ce qu'ils pouvaient vraiment vouloir l'emmener dans un bordel ? Parce que c'était clairement pas le genre d'endroit où il fallait la conduire à moins de vouloir assister à une boucherie. On ne pouvait guère plus titiller sa corde sensible. Nyriss et le droit des femmes c'était un peu comme les croyants et dieu, il valait mieux ne même pas tenter de traits d'humour là-dessus, elle ne le comprendrait pas.

Pour en revenir aux noms, voilà quelque chose qu'elle avait oublié d'étudier : comment les humains nomment les lieux, les objets, etc. Dans cette situation précise ça lui aurait bien servie, mais probablement que ça aurait été la seule fois. Il n'y a pas de doctorat sur de tels sujets et il est inutile de se demander pourquoi. Mais l'idée qu'elle s'était désormais fait de la chose la fit se raidir imperceptiblement.

- Je ne suis pas sûre de vouloir voir ça... Pas ce soir en tout cas je suis... fatiguée.

A plat serait plus exact. Elle n'était pas vraiment fatiguée non, mais ça faisait bien humain aussi de dire ça. Elle releva le regard vers Loup.

- Et on y fait quoi exactement au Burger Bitch ? C'est où ? Pour la culotte je passe mon tour. Au fait Loup, tu as quel âge ? Et tiens, pourquoi le Murphy's Pub ? Je me suis toujours demandée... Qui est ce Murphy ?

Tant de questions soudain. A croire que y'a un court-circuit dans la machine.

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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Mer 4 Mar 2015 - 0:00


Dis, Guinea, c’est p’t’être un atout qu'on te pense six pieds sous terre. J'sais pas si tu veux te ranger des mécaniques ou si tu veux continuer à foutre le dawa mais tu pourrais frapper fort là où on t'attend pas. Avec toi en moins, ils vont relâcher la garde, pas de beaucoup ok, mais suffisamment pour agir. Faut peut-être que tu sois rendu anonyme ici pour pas que l'info que t'es bien en vie remonte à leurs oreilles. J’sais pas, déguise-toi, maquille-toi, genre tu te travestis. Ah ! Ah ! Ah ! En même temps le 0,1 % au pouvoir doit savoir à coup sûr que t’es toujours en vie. Stratégiquement c’est mieux de faire croire à la populace soumise que t’as été dézingué, histoire de renforcer le sentiment de sécurité et de garder la main sur les masses molles. Et je pense que...


Mon monologue est interrompu par Nyriss.

Le Burger who ?

Harry & Molly, notre couple improbable, reprend son langoureux roulage de galoche comme pour signifier leur amour naissant et célébrer la première poussée d'hormones de l'angliche dont le visage, d’ordinaire d’une blancheur extrême, reluit comme le cul rouge et poli d’un babouin. Pour sûr que ça le change, lui à qui on pourrait encore faire avaler que la Madonna n’a jamais eu ses règles ; et cette gueule de poupon qui le condamne à paraître sorti la veille du ventre de maman chérie.

Je bouge, à plus, chers amis.


un ange passe
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Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
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Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   Jeu 5 Mar 2015 - 9:18

L'androïde lui lança un regard embrumé, la tête légèrement penchée sur le côté, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Les questions affluaient de plus en plus, même Nej s'y mettait et ajoutait à ce flou de pensées un peu plus de chaos et de non-sens. Cet homme était bien étrange sommes toute, probablement pas tout seul dans sa tête. Elle le regarda partir sans aucune réaction. En était-elle encore capable ? Elle se sentait rouillée. Ils se recroiseraient, sans nul doute. Où et quand restait à déterminer.

Lorsqu'il fut partie, qu'il ne resta plus qu'elle, Molly et le blond côte à côte, Nyriss se leva, longea le bar d'une démarche nonchalante en laissant sa main glisser dessus jusqu'à arrivée devant Guinea, arborant une moue neutre. Elle se glissa entre ses jambes, se serrant contre lui, assis sur son tabouret de bar et elle l'embrassa. Un baiser simple, juste ses lèvres qui attrapaient les siennes quelques secondes, mais pas moins intense. Enfin elle laissa retomber sa tête contre son épaule, entoura sa poitrine de ses longs bras et ferma les yeux. Elle ne dit rien, c'était inutile. Il ne faisait aucun doute qu'il comprendrait.
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MessageSujet: Re: Un truc bien fort s'il-te-plait, Moses.   

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