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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Dans les profondeurs, c'est bien pire que dehors

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Les Ressacs
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MessageSujet: Dans les profondeurs, c'est bien pire que dehors   Jeu 18 Déc 2014 - 22:32

Mon instinct me guide tout droit sur ce chemin que je connais trop bien. J'y étais, j'y reviens, et tous derrière moi suivent aussi ce dessein.

Quelqu'un plus près que je crois me frôle soudain, puis repars plus loin. Est ce lui mon ami ou bien un autre que lui. Je ne sais qui je suis et autour de moi tous se confondent en un cri, une meute en folie. Des cris amplifiés par la nuit.

Tous unis. Tous ennemis. Tous fuyants. Effrayés. Nous ne sommes qu'une meute et j'en fais partie au même titre qu'eux tous.

Comme ceux qui quelques heures avant nous sont venus mourir au pied de la cité, nous reproduisons le schéma, la mort nous attends. Je ne peux m'arrêter, la fuite est ma seule chance de passer au travers, derrière les filets, de n'être pas piétinée.  

Le danger est partout, devant moi, derrière moi. Je suis le danger, mon propre danger. Une branche morte sentie trop tard, un pied qui dérape et ma vie s'arrête là. Je m'acharne. Dans un cri. Essoufflée je parcours des centaines de mètres, épuisée je trébuche. Ma respiration haletante se transforme en un râle, je l'appelle, je le cherche, et sa main dans ma main me donne sa force. Il m'entraîne.

Je me poserai la question de sa main, de sa taille, sa posture, bien plus tard, quand je serai à l'abri, quand il m'aura sauvé. Je le laisse me guider, même si je sais qu'il n'est pas le chat que je crois.

Mais sa main, elle est là dans ma main, qui me guide, me rassure. Je la garde, et avec lui je traverse le charnier. Dans les flaques de sang, heurtant corps et débris, je ne respire plus pour ne plus rien sentir.

Et soudain, le silence. Mais l'odeur se répand, les murs en suintent de dégoût, de cette pourriture qui s'imprégne dans l'air. Sa main s'échappe des miennes, je me sens enfermée et cette séparation qu'il m'impose, je la porte en mon coeur comme une première trahison.

Je me sens isolée, plus perdue entourée de ces murs que seule en pleine forêt. Ce silence me fait peur, je veux le fuir, les entendre, derrière le mur essayer de rentrer. Pourquoi nous et pas eux. Pourquoi une brèche s'est ouverte sous nos pas, pourquoi je ne touche plus que la pierre et le béton partout.

Je l'entends. Oui enfin je l'entends. C'est un mot, un seul mot, une pluie de sourires qu'il me lance dans la nuit. Son amie, il me dit son amie. Je souris, oui souris. Et à nouveau je ris, d'avoir eu si peur, pour libérer ma crainte, la faire exploser, la lui faire partager.

Où sommes nous. Qui est-il. Quel est cet endroit aussi sale qu'un égout, d'où vient cette puanteur qui s'infiltre jusqu'à nous. Je m'assieds moi aussi un instant. Je veux comprendre ce qu'il est, accepter sa différence et lui donner la mienne.

Dans ma nuit, aucune pudeur ne me gêne. Mon corps est offert comme le sien découvert. Mes mains rencontrent une fourrure que je cherche. Lui aussi a eu peur, lui aussi a besoin de la caresse de ma main. Je lui parle, des mots qui défilent, sans fil conducteur, sans chercher à se suivre. Ils sortent de mon coeur, ils le remercient.

- Oui amie. Mais j'ai peur. Il faut fuir, encore, s'il te plait, viens. Viens avec moi.

Je me lève mais ma main reste attachée contre lui, pour sentir sa chaleur, pour un seul réconfort, pour ne pas le perdre, car lui saura où aller, moi je suis si perdue.

Un pas devant pour qu'il me suive, un pas encore et j'attends qu'il me guide. Dans ce dédale de rues il sera mes yeux pour nous sauver la vie.
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MessageSujet: Re: Dans les profondeurs, c'est bien pire que dehors   Mar 6 Jan 2015 - 11:50

Un rire. Celui de la bipède. Il résonne à ses oreilles, et fait écho à celui des enfants enfoui dans sa mémoire. La chaleur d'une main dans sa crinière, puis dans sa patte. Sa main ? Felisque est songeur un moment ; il se sentirait presque humain.

Lorsqu'elle l'attire en marchant, il la suit. Ces sons, ces odeurs, ces lumières... Des souvenirs trop longtemps enfouis ressurgissent, comme des éclairs. Felisque hésite, puis entraîne doucement la bipède avec lui lorsqu'elle s'arrête. À l'abri des ruelles, il progresse lentement et prudemment, presque aux aguets. Un sentiment étrange l'étreint : ici, ce n'est pas lui, le chasseur. Une sensation venue d'un autre temps : ici, il a été la proie.

Les ruelles sont étroites et encombrées. Bien vite, il se rend compte que les yeux de la bipède ont un souci. Les obstacles qu'il évite aisément lui posent parfois un problème, à elle. Alors, s'ils devaient être pris en chasse... Felisque s'arrête, le temps de s'accroupir et faire grimper la bipède sur son dos. Ses bras et jambes à elle passés autour de son cou et son torse à lui, ils repartent.

Combien de temps errent-ils dans ces ruelles ? Difficile à dire, mais Felisque ressent désormais autre chose : il a faim. Plus loin, au coin d'une ruelle adjacente, des lueurs s'éteignent : une échoppe s'apprête à fermer. Felisque s'approche doucement et jette un œil : un bipède rentre différents étals - seul. Felisque baisse les yeux : à portée de sa main, un étal avec ce qui semble être de la viande séchée et, un peu plus bas, ce qui a l'air de ressembler à des fruits. Lui ne prendrait que la viande, mais son amie n'est peut-être pas carnivore. Les pas du bipède s'éloignent ; c'est le moment. Le temps qu'il revienne, deux morceaux de "viande" et autant de "fruits" manqueront à l'appel.

Tout en continuant de chercher un coin calme, Felisque passe sa part de la "récolte" à son amie.
- Mange, dit-il doucement.
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MessageSujet: Re: Dans les profondeurs, c'est bien pire que dehors   Jeu 15 Jan 2015 - 22:05

Fait-il jour ? Fait-il nuit ? Dans les rues le silence me fait peur car il est perturbé par d'autres nuisances. Une odeur repoussante me fait reculer mais mon compagnon lui avance. Il me tient par la main, c'est mon seul repère. Je ne sais où il va, j'ai l'impression que l'on ne cesse de passer et repasser toujours au même endroit.

Et partout sous mes pas des débris, une rue plus chargée en matière que les bois et forêts. Mes pieds ne cessent de se blesser sur le sol et bientôt il me tire mais je retarde sa marche. Sans un mot il renonce. Bientôt devant moi il se place et me prend par les jambes. Ses mains font frémir ma peau, je plie les genoux, m'accroche à son cou toute nue contre lui.

Sa fourrure nous sépare, nous rapproche. Elle est douce, très épaisse, je me sens bien ainsi contre lui. Ses pas me déséquilibrent et mes bras enserrent son cou pour ne pas tomber. Le trouble s'insinue dans ma peau, dans ma chaire, c'est cette position incertaine qui me rend si tendue. Le sent-il ? Que mes seins se raidissent, que mes jambes se figent, je n'ose plus bouger, ne plus rien ressentir.

Il se baisse oubliant le ballot qu'il porte sur son dos. Je ne sais ce qu'il fait, je le sens qui recherche quelque chose par terre ou bien surélevé de quelques centimètres.

"Mange"

Un seul mot qui brise ma nuit. Je déplace mon bras, récupère dans ma main un fruit juteux que je ramène jusqu'à moi. D'une main je le tiens puis je tombe et mes pieds touchent à nouveau le sol. Nous sommes séparés, instinctivement je me rapproche pour sentir à nouveau sa fourrure contre moi. C'est mon bras qui forme la liaison, tout son long se retrouve en contact avec lui. De ma main droite j'emporte à ma bouche le mets délicieux et croque dedans pendant que j'entends le félin arracher de ses dents la substance qu'il avale.

Nous avançons à nouveau et sa main prend la mienne, comme si c'était devenue une évidence, qu'il fallait s'attacher l'un à l'autre.

J'ose enfin lui poser la question qui me brûle les lèvres :

- où sommes nous ?

Je n'attends de réponse qu'un silence terrifiant. Alors je m'avance marquant la distance, effrayée de ce froid qui s'installe entre nous. Une caisse m'arrête, un de ces objets faits pour trébucher dedans. Ma main dessine son contours, je devine le bois marqué par l'usure, et mes doigts se déplacent lentement tandis que je m'agenouille lorsque je sens une aspérité. Une boite au fond dont le couvercle s'impose comme un obstacle à franchir. Mes deux mains cherchent à le basculer vers l'arrière puis y puisent dedans. Un tissu de bonne facture s'étale sur les doigts, un tout petit bandeau de je ne sais quoi. Je l'étire sous mes yeux sans lumière, jauge la longueur, la largeur puis l'attire vers moi. A nouveau debout je m'entoure le ventre de la toile et le tiens dans mon dos. Je juge de l'effet en parcourant mon corps, définissant les limites des zones à cacher. Le haut de mes jambes est à peine recouvert, et derrière mes fesses semblent dépasser. Je m'agenouille à nouveau, cherche à découvrir les autres objets abandonnés là pour y être retrouvés. Mais rien n'attire mes mains, j'abandonne les recherches.

A nouveau debout je me sens mal à l'aise. Cet objet m'enserrant est rêche sur ma peau et je me sens exposée dans cette tenue. Mais l'essentiel est caché nous pouvons continuer.

J'avance d'un pas, un verre posé là transperce mon pied me figeant dans un cri. La douceur s'insinue et me transforme en statue.
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