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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Dans la chaleur de la nuit

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Insurgé
Libre, même dans l'esclavage

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Féminin
Age : 39
Présentation du Personnage : Dans la chaleur de la nuit
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Fan Club RP : 0

Fichier Edvige ♫ ♪♪
<b>Particularité </b> Particularité :
Un peu d'histoire :

MessageSujet: Dans la chaleur de la nuit   Dim 17 Mai 2015 - 15:21

Essayant de mettre toute la distance possible entre cet homme et elle, la jeune femme marchait depuis plus d'une heure dans les sombres rues des bas-quartiers de la ville, s'assurant régulièrement dans le reflet des vitrines qu'elle n'était pas suivie.
Elle avait fini par ralentir le rythme pour ne pas trop attirer l'attention, ce qui, au vu des regards qu'elle avait suscités de la part de la gent masculine, semblait très illusoire. A défaut de passer inaperçue, tentant de ne pas trop éveiller les soupçons, c'est d'un pas apparemment assuré et serein qu'elle avançait désormais, tandis que son esprit aux aguets détallait à toute vitesse.
Allant droit devant, elle avait su avec certitude, et avec la détermination de ceux qui ont tout à gagner, qu'elle allait dans la bonne direction et serait bientôt hors d'atteinte.

Le paysage urbain changea peu à peu, les néons se firent plus criards, l'ambiance plus fébrile. Comme une fourmilière, Chinatown s'offrait désormais à sa vue.

Là, elle allait enfin pouvoir espérer se fondre dans la masse, pour ce soir tout au moins.






La pluie avait cessé depuis un bon moment et l'activité, encore très présente malgré l'heure tardive, lui permit de faire quelques achats, de quoi se mettre quelques vêtements secs sur le dos et voir venir jusqu'au lendemain.
Entrant dans plusieurs boutiques, et après l'acquisition d'un grand fourre-tout, elle eut le plus grand mal à se décider devant toutes ces fripes et marchandises de moindre qualité.

[Quels goûts de chiottes!]

Surprise et confuse de cette pensée qui venait de lui percuter l'esprit, elle se hâta de compléter ses achats sans être trop regardante. Trempée de la tête aux pieds, la belle jeune femme à l'allure quelque peu altière sentait les regards poindre sur elle à la vitesse des ennuis.

C'est dans une épicerie, qu'elle finit ses emplettes avant de se diriger vers le petit hôtel qu'elle avait repéré.






Passée la porte, un vieil homme l'accueillit avec un mélange de serviabilité et de regards insistants.

- Bienvenue au "Nuit de Chine", Mademoiselle, dit-il en s'inclinant.
- Bonsoir. Il vous reste une chambre?
- Bien sûr, j'en ai plusieurs à vous proposer. J'en ai une qui irait très bien à une personne de votre qualité. Spacieuse et au calme, elle donne sur la cour...

Ce bonhomme commençait à l'agacer fortement et il continuait!

- ... vous m'avez l'air d'avoir bien besoin d'un peu de repos et de ...
- Une simple chambre sur la rue avec douche m'ira très bien. Pour une nuit seulement.

Coupant court à tous ces salamalecs visqueux, elle sortit un billet et lui fit comprendre qu'elle n'attendait plus que deux choses de lui : le prix et la clé.

Le taulier se rembrunit légèrement, encaissa et lui tendit la clé.

- Deuxième étage, 3ème porte à droite.

Sans autres formalités et délaissant l'ascenseur, elle emprunta les escaliers. A peine quelques marches franchies, qu'elle sentit son regard lourd courir le long de ses jambes, remonter sur ses cuisses et se perdre dans le bas de ses reins.

[Gros dégueulasse!]

En cet instant, elle sut très exactement ce qu'il projetait, comme si elle avait accès à ses pensées les plus intimes.

[Je connais ses fantasmes?!]

Bien plus troublée par sa propre pensée que par celle de l'homme, elle marqua une pause dans son ascension et, se retournant, le regarda avec le plus profond mépris pour l'insignifiance de son être.

Arrivée dans sa chambre, elle ferma la porte à double tour, laissa la clé dans la serrure et glissa le dossier d'une chaise sous la poignée pour plus de précaution. Elle avait effectivement besoin d'une bonne nuit de sommeil sans avoir à se soucier de ce vieux vicelard.

Jetant son sac au pied du lit et s'y laissant tomber, le regard perdu au plafond, elle se remémora les dernières heures qui venaient de s'écouler. Son réveil tout d'abord, dans cette autre chambre d'hôtel tout aussi sordide que celle-ci...






Elle ouvrit les yeux dans ce lieu qu'elle ne connaissait pas, posa un pied hésitant sur le sol et contempla cette femme en face d'elle.

Belle, la trentaine, une longue chevelure de jais, des courbes harmonieuses et charnelles... elle revint sur ses traits, le dessin de ses lèvres, de ses yeux... l'arrondi de l'angle intérieur de l’œil, le bleu clair, presque translucide, des iris... et ce regard… inexpressif.
Devant le reflet que lui offrait le miroir, la métisse n'éprouva que du vide, un immense vide...

Elle reporta son attention sur la chambre, l'étrangeté de celle-ci étant moins déroutante que sa propre vision.

Sur une chaise quelques vêtements, noirs.
Des sandales noires, elles aussi.
Une fenêtre condamnée par un verrou.
Une porte fermée de l'extérieure.
Et pas une clé.

Seule, telle une voyageuse en pays inconnu, elle prit une douche comme pour se laver de ce gouffre qui la happait, comme pour s'éveiller de la torpeur de ce mauvais rêve.
Mais rien n'y fit.

Tel un automate elle enfila le pantalon, s'assit sur le bord du lit et... rien.
Pas une pensée, juste deux bras ballants sur un corps sans jambes.

Épiant cette étrangère, la frêle créature resta là un temps incalculable à contempler le dragon qui sinuait sur la moitié de son dos et dont la queue venait caresser son épaule. Hypnotique, sa présence était presque rassurante, comme un soutien dans son face à face avec elle-même.




Elle s'habilla et resta là, assise sur ce lit, à caresser machinalement, du bout de ses ongles peints, la cicatrice qui se dissimulait sous ses cheveux.
La nuit se fit dans la chambre, seul le clignotement du néon de l'enseigne en animait par intermittence les ombres.

Qu'attendait-elle? Un signe? Que quelque chose se passe? Qu'on lui dise quoi faire ou penser?

Finalement, la porte s'ouvrit sur un homme, à contre-jour, elle discerna l'élégance de ses traits, sa cinquantaine grisonnante et son irréprochable costume.
Il resta là, longuement, sans un mot, avec une expression fantomatique, avant de lui tendre des billets roulés et serrés par un élastique ainsi qu'un petit cran d'arrêt.

- Prends ça mon Ayuka, tu vas en avoir besoin... et maintenant pars... pars vite avant que je ne change d'avis...

Le ton des derniers mots s'était fait impérieux, elle avait eu son signe, elle savait désormais quoi faire : partir et vite.

La jeune femme prit la liasse, la lame, ramassa sa veste et ses esprits et partit.
Vite.
Très vite.

Sans se retourner sur cet homme qui pouvait lui reprendre cette liberté qu'il venait de lui offrir, elle sortit de l’hôtel et s'engouffra dans la chaleur de la nuit.





(Valkyrie « dépucée » : Insurgée)






"C'est le soir et le vent s'est levé
Dans les ruelles où la poussière vole
Aiiii c'est l'heure où vont danser
Ceux que la chaleur ne peut laisser

C'est un endroit ou on voit
Courir dans les veines, cette chaleur

Et Marie aiguise son regard
Elle a vu ce qui vient de nulle part
Elle a crispé la main sur la lame
Attention à la blessure madame

Ooh mais on n'sent pas la douleur
Sinon dans les cœurs
Cette chaleur

C'est ce démon dans son sang à elle
Qui a rongé lentement ses ailes
Aiii, c'est dans le ventre là
Marie sait ce qui arrivera
Dans cet endroit où on laisse aller...

Elle se lève
Et prend
Son arme
Si blanche
C'est pour crever
Le corps
De ce fils de pute
Si blanc
Pendant qu'il en est
Encore temps
Allez respire bien
Avance
Encore
Mais avance

Il n'sentira pas la douleur
Peut-être la peur
Cette chaleur

Sous les draps
Trop blancs
L'auréole
Grandit
C'est le sang
Et Marie
A les yeux qui brillent
Elle part
Sur les rails des tramways
Elle court
Légère
Légère
Et la pluie lave
Les rues
Et la pluie lave
Ses mains
Elle est propre
Enfin
Cette chaleur..."

La chaleur – Noir Désir
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