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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Et pour quelques boulons de plus

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MessageSujet: Et pour quelques boulons de plus   Mar 2 Fév 2016 - 1:24

Venant de là : Pour une poignée de boulons

Ce midi, c'était donc chinois. Après avoir signalé à Moriakov et à quelques autres collègues que je m'éclipsais pour aller manger un morceau, j'avais pris quelques petits raccourcis sous terre, en faisant gaffe à ce que Warren suive bien, et on était ressortis non loin du restaurant où j'avais l'habitude de prendre mon repas.

Les rues de Chinatown étaient animées, surtout à cette heure-ci. Tous les restaurants et snacks tournaient à plein régime, et il y avait un flot discontinu de personnes qui allaient et venaient en tous sens. Le brouhaha ambiant avait quelque chose de réconfortant, alors que d'habitude je n'aimais pas beaucoup le bruit ... Mais là, c'était différent, dans le quartier chinois, la vie pullulait, rien à voir avec les quelques passants apathiques qu'on pouvait croiser dans les quartiers orthodoxes ou gouvernementaux. Non, ici, vu que la police de la pensée ne piétinait pas les trottoirs, les gens se laisser emporter par la vie. Il y a vait beaucoup de puces grillées ici et ça se voyait, ça s'entendait, ça se ressentait. Après, c'était certes pas le quartier le plus classe du monde ni le plus propre, mais au moins, il avait le mérite d'être vivant.

Ca y est, nous étions arrivés. Le "Lion de Jade" ... nom très cliché, comme à peu près tous les restaurants asiatiques que je connaissais. Mais j'aimais leur cuisine, et depuis le temps, j'avais finis par avoir l'habitude des gens qui bossaient ici. Ils était gentils. Sûrement trempés dans des affaires louches de contrebande, mais gentils quand-même.
Je poussai la porte lourdement décorée, et les babioles dans le champ d'ouverture de la porte se mirent toutes à cliqueter pour leur souhaiter la bienvenue. A l'époque où la plupart des portes étaient des coulissantes automatiques, ils avaient décidé de garder les portes à battant. Une touche que j'aimais bien.


- Bonjour ! lançai-je à la cantonade.

Les gens du personnel qui m'avaient entendu me sourirent brièvement, le plus proche répondit même, mais les clients étaient tellement nombreux qu'ils durent rapidement recentrer leur attention sur le service.
Ici, les gens commandaient depuis leurs tables depuis une console. Les commandes partaient en cuisine, et les plats étaient servis par du personnel, à l'ancienne. Et pas acheminés par on-ne-savait quel mécanisme pour minimiser les ressources humaines.
Je m'approchais de l'homme qui accueillait les nouveaux venus.


- Ah, mademoiselle, ravi de vous revoir, fit-il avec un fort accent. Vous prenez pas à emporter aujourd'hui ? dit-il en regardant Warren.

- Euh ...

Je réfléchis un instant. D'habitude, oui, je prenais à emporter, mais c'était pour manger silencieusement avec Moriakov dans la "salle" d'attente, et ça n'avait rien de très convivial. Autant rester ici, pour une fois qu'elle était accompagnée.

- Non, ça sera sur place cette fois. S'il vous reste des tables, bien sûr.

Je lui fis un sourire poli.

- Mais bien sûr, suivez-moi.

Il nous conduit vers la deuxième partie de la salle, qui était séparée de la première par une cloison et un petit escalier descendant. Ah bien, ça allait être plus tranquille, par ici. Tant mieux. Le bruit ambiant était nettement moins fort.

- Je vous dis à tout à l'heure.

Et il s'éclipsa. Je m'assis, assez pressée d'avoir mon plat sous le nez. Deux écrans réctractables sortirent d'un côté de la table et j'entrepris de commander un plat de Chop Suey. Certes, les ingrédients utilisés ici n'étaient pas originaux, beaucoup étaient reconstitués chimiquement, et se retrouvaient sous forme de sachets "instantanés". Mais ici ils arrivaient à en faire quelque chose de pas trop dégueulasse, à mon goût, en tout cas.

- Je boufferais un cheval en salade.

Zut, depuis qu'il s'était remis tout son attirail sur la tête, je me retrouvais à parler à un bocal opaque.

- Vous avez jamais pensé à faire changer ça ?


Dernière édition par Demetra Sălbatic le Jeu 4 Fév 2016 - 1:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Mer 3 Fév 2016 - 15:11

Demetra guidant l'expédition de ravitaillement, nous quittons les tunnels pour émerger à l'air plus ou moins libre, comme tous ceux qui sont rassemblés ici. Nous fendons la foule, et je remarque que j'attire plus l'attention dans ce quartier où on a moins l'habitude de me voir passer. Hé, les gars, si vous croyez que ça m'amuse... Une chance que mon casque ne ressemble en rien à ceux dont s'équipent les NOD, au moins je ne risque pas d'être pris pour l'un d'eux. En général, ceux qui ne m'ont jamais vu me prennent plutôt pour un genre de mercenaire, ce qui m'assure une relative sérénité.

Le trajet n'est pas des plus riches en échange verbal, ce qui doit pas mal tenir au fait que nous nous connaissons depuis environ vingt minutes. Nous arrivons finalement à destination, et un mot me vient spontanément à l'esprit : pittoresque. Le deuxième, c'est bruyant. D'un geste que je pense relativement discret, j'augmente le filtrage acoustique de mon casque. Je tiens à ma tranquillité. Mais bon, comme je l'ai dis plus tôt, ça va me changer. Si c'est là le peu d'inhabituel que j'ai à affronter aujourd'hui, je pense que je devrais être en capacité de survivre à cette incroyable aventure.

Comme pour la marche à travers le quartier, je laisse Demetra me guider dans la prise de contact avec les employés locaux, dont l'un nous guide jusqu'à une table. Je m'installe, puis m'intéresse au système de commande. Un écran tactile. Diantre, mon secret est découvert, ma plus grande faiblesse est révélée. Eh oui, malgré leur génie, les ingénieurs responsables de la conception de mes prothèses n'ont pas pensé à intégrer une interface digitale me permettant d'utiliser les écrans tactiles comme si mes doigts étaient toujours de chair.
Mais je suis un bricoleur, je sais résoudre un problème d'ordre matériel. Hop, je tire un stylet d'une des poches de ma combinaison technique. Après réflexion, c'est quand même plus discret que d'activer toute la cybernétique dont je suis équipé juste pour tapoter sur un clavier virtuel.
Je passe commande d'une soupe de nouilles wonton au bok choy. J'ai assez peu expérimenté la cuisine asiatique, mais ce que j'en ai retenu jusque-là me permet de choisir sans y passer une demi-heure comme je le vois faire souvent.
Mon employeuse du jour entame la conversation, signe qu'il est l'heure d'accomplir à nouveau le rituel du casque. Lunettes, masque, cagoule, inhalateur, la routine habituelle. Une fois ceci terminé, je réponds.


- Si, j'y ai songé, mais de toute façon ça reviendrait à peu près au même. J'ai besoin d'un respirateur filtrant à cause du SWA, et ces lunettes sont précieuses pour le boulot, ce serait dommage de ne pas les exploiter. Du coup, tout changement reviendrait juste à remplacer ce modèle par un autre... ou alors, des implants, mais c'est pas le même tarif ni la même disponibilité.
D'autre part, c'est tout ce qui me reste de mes origines, si modestes soient-elles.


Je marque une pause, le temps de réfléchir un peu. Je le dis, je le dis pas... Allez, c'est pas tous les jours que je crache le morceau. Mais de temps en temps, ça fait du bien de lâcher du lest.
Je plonge mes yeux dans ceux de Demetra. A l'image de la toubib tout à l'heure, mon ton se durcit, devient sec, haché.


- Et puis, ce masque c'est un genre d'abri, ça me permet de matérialiser mon envie de me couper de cette merde dans laquelle j'ai jamais voulu foutre les pieds par moi-même. Je suis pas du genre à me plaindre, je fais avec ce que j'ai à disposition, mais j'ai jamais demandé à personne de me faire passer de ce côté de la barrière. Allez pas croire que je me fais des idées, je sais bien que mon avenir n'était pas plus prometteur avant... Que ce soit chez les pucés ou chez les grillés, je suis juste un pauvre con comme les autres. Mais au moins, avant, j'en avais pas conscience. Et c'était vachement plus confortable à vivre.

Vous savez si on peut fumer ici ?
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Jeu 4 Fév 2016 - 11:30

Avant de répondre, il renouvela son petit rituel comme tout à l'heure, et enleva le fourbi qui tenait sur son crâne. Ça devait pas être pratique pour manger aussi, quand on avait une barrière de métal entre sa bouche et sa fourchette. Je remarquais aussi qu'il s'équipait d'un stylet pour passer sa commande. Ah, en effet, ces machins-là et les écrans tactiles ça devait pas faire bon ménage. Je me dis intérieurement que j'aurais pété une durite, si je devais me contraindre à autant de gestes, de réflexes, autant de choses auxquelles il fallait penser pour les actions les plus anodines de la journée. Certes, il n'avait pas eu d'autre choix que de s'y faire, mais il devait sûrement y avoir un moyen d'améliorer les conditions, ou de faciliter certaines choses, du moins. Enfin, en tout cas, ça y est, je parlais à un visage humain de nouveau.

Le serveur vint discrètement apporter des boissons, pour patienter le temps que nos plats arrivent. Je n'avais rien commandé, mais ça devait  être un petit cadeau pour remercier ma fidélité. Je fis un petit sourire étonné à l'homme et il s'effaça aussi vite qu'il était venu. Sympathique. Il y avait deux bières, et j'ouvrai la mienne sans hésiter, laissant Warren se servir s'il le voulait.

J'écoutai silencieusement sa réponse, sirotant ma bière. Même si je ne disais rien, je n'en réfléchissais pas moins. Cette histoire de WAS commençait à me faire sérieusement me triturer le cerveau, j'avais réellement envie de faire quelque chose, d'essayer de faire en sorte qu'il n'ait pas juste la dégaine d'un androïde sans cervelle qui venait réparer votre photocopieur. Pourquoi ? Pas qu'améliorer les conditions de vie d'une personne que je connaissais à peine me tenait à coeur, non, mais le médecin en bionique que j'étais était titillé par sa personne et son syndrome, et les challenges que sa condition présentait. Ca faisait longtemps que je n'avais pas une excitation pareille, et j'aimais ça.
Je m'apprêtai à lui répondre, mais la deuxième partie de sa réponse vint, et je ravalai mes mots. Pendant un instant, j'avais l'impression de m'entendre parler ... Pas spécialement par rapport aux propos tenus, mais disons qu'il avait autant de délicatesse que moi quand il l'ouvrait. Autant dire très peu. Au moins ça évitait les ronds de jambes. Tant mieux, parce que les politesses hypocrites et inutiles, ça m'emmerdait.


- Je pense que la règlementation concernant le tabac à l'intérieur est relativement laxiste, dis-je en pointant du menton les gens derrière Warren, qui ne se gênaient aucunement et avaient enfumé leur coin de pièce. Et je suis relativement d'accord sur ce que vous avez dit plus tôt. Il est clair que les réalités sont plutôt ... percutantes, une fois que ...

Je m'arrêtai au milieu de ma phrase, me rendant compte qu'un grillage d'implant n'était peut-être pas un sujet très judicieux à aborder dans un lieu public, Chinatown ou non.

- ... une fois que "bzzt", fis-je en posant discrètement deux doigts contre mon crâne. Surtout quand on n'a rien demandé, je vous l'accorde. Après chacun le vit comme le veut. Personnellement, j'aime savoir que je ne suis qu'une "pauvre conne" comme les autres. J'aime pas trop vivre dans des illusions. Ca rend pas ma vie meilleure, au contraire, mais au moins je ressens, maintenant. Et ce que ça me fait me sentir mieux ? Oui et non. Mais au moins je sais qu'on est dans la merde, et qui sait, à l'occasion quand je peux faire quelque chose pour faire une différence, aussi infime soit-elle, je le ferai. Je préfère bosser pour moi-même, avoir toute ma tête et avoir à assumer mes conneries et mon insignifiance plutôt que de me cacher derrière un implant qui me grillerait chaque infime sentiment, bon ou mauvais, qui me prouve que je suis bel et bien là. Un implant ou une méga-corp à la politique et à l'éthique douteuses.

Je marquai une petite pause pour chopper une clope, me la mis au bec l'allumai et tira une bouffée, que je soufflai du coin de la bouche.

- Bref, on ne parlait pas de moi. Même si j'entends bien ce que vous voulez dire, je ne suis qu'à moitié d'accord ... Parce que, pour en revenir à ma question, ça ne vous empêche quand-même pas d'essayer d'améliorer vos conditions de vie. Et pour revenir sur le sujet d'origine, je suis sûre qu'il y a moyen d'avoir quelque chose de plus léger sur la tête, et qui irait quand-même avec votre WAS, sans vous sentir trop dépaysé.

Je posai mes coudes sur la table, la main gauche tenant ma cigarette en l'air, comme d'habitude.

- Mais si vous tenez tant à votre bocal et à vous cacher de tout le monde 90% du temps, je ne vous embêterai pas plus à ce sujet, concluai-je avec un petit sourire.

Je pris une autre bouffée de fumée cancérigène.

- Je ne juge personne. En tout cas, moi, ça m'emmerderait de parler aux gens à travers des vitres oranges toute la journée.

Bon allez Demetra, lâche le morceau, il avait vraiment rien demandé, le pauvre. Depuis quand tu commentais les choix de vie des gens, hmm ? Je fis un petit geste de la main pour balayer mes paroles.

- Pas que vous ayez besoin de mon avis, bien sûr. Mais au moins maintenant, vous savez ce que j'en pense, même si ça vous fait une belle jambe.

Je pris le verre qu'avait apporté le serveur avec ma bière et dont je ne me servais pas pour m'en servir comme cendrier, et en tapota le bord du bout de ma cigarette.
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Lun 8 Fév 2016 - 22:44

Par un cruel manque d'attention, je n'ai en effet pas remarqué les fumeurs déjà attablés, ni même senti l'odeur tabac. Alors soit j'ai un peu trop forcé sur le filtre de mon masque, soit je suis tellement imbibé que je ne relève même plus cette fragrance pourtant si caractéristique.
Quoi qu'il en soit, j'extirpe une tige de mon paquet et l'allume, cette fois en ayant recours à un briquet normal et non à mon bazar cybernétique. Dans le contexte de la clinique, j'ai trouvé ça rigolo, mais ici un peu de discrétion s'impose. Je suis pourtant dépourvu de préjugés, comme celui qui consiste à penser que le mandarin est malandrin, mais on ne sait jamais qui on a autour de nous et je doute d'avoir le temps d'expliquer à un trafiquant peu scrupuleux à jouer de la machette qu'il ne pourra rien tirer de mes petits bijoux technologiques.

J'ouvre mon apéro bonus et commence à alterner bière et clope pendant que Demetra me répond. La conversation prend une tournure des plus intéressantes... Qui aurait cru qu'un boulot qui s'annonçait comme un autre aurait pu me conduire jusque là ? Et nous n'en avions pas encore terminé.
Je laisse parler la toubib sans chercher à lui couper la parole, intéressé par la façon dont elle développe sa pensée. Comme qui dirait, je suis suspendu à ses lèvres, jusqu'à ce que vienne le moment de répondre.

Je tire une taffe, exhale la fumée, puis m'envoie une autre gorgée de bière, m'octroyant ainsi le temps de mettre en forme ma réponse.


- Tout le monde porte un masque. Enfin évidemment c'est une métaphore, un symbole. Je ne vous fait pas la leçon, je suis convaincu que vous le savez aussi bien voire même mieux que moi. Pour moi ce sont ces lunettes filtrantes, à chacun sa méthode, comme vous semblez avoir la vôtre. Et puis, c'est un peu tout ce qui me reste de mon ancienne vie. Je n'ai pas eu le temps d'embarquer la moindre de mes affaires. Alors d'accord, l'absence de notion de plaisir fait qu'on ne s'attache pas aux considérations matérielles, mais si j'avais pu prendre ne serait-ce que quelques fringues, je me serais peut-être senti moins abandonné quand "bzzt".

Une autre taffe, sacrée bouffée celle-là. J'ai besoin de temps pour organiser ma pensée, je n'ai jamais été un grand orateur.
A mesure que mes paroles prennent forme dans mon esprit, un air de tristesse passe de façon incontrôlable sur mon visage.


- Ce qui m'amène par ailleurs à vous répondre que pour prétendre préférer un côté par rapport à l'autre, il faut encore avoir conscience de la différence. Comme moi, avant de franchir le cap, vous n'étiez pas en capacité de vous dire que ce serait mieux autrement. C'est ça que je regrette, cette insouciance, ce sentiment de faire partie d'un grand tout, aussi pourri soit-il. En y repensant, c'était un peu comme... baigner dans un liquide amniotique, entouré par la chaleur rassurante d'un placenta gouvernemental. Maintenant je suis seul, et j'ai froid.

Je tire la dernière bouffée avant d'écraser ma clope d'un geste passablement énervé. Est-ce que c'est l'impuissance de ma situation ou le fait de me dévoiler qui m'énerve ainsi ? Je ne sais pas. Il est temps de changer de sujet.
Je me force à sourire, puis répond à la proposition de la toubib en reprenant ses propres paroles.


- Après, c'est vrai que je pourrais bénéficier de la participation d'un vrai médecin à mes anciennes recherches. J'ai abordé la situation d'un point de vue technique, mais vous avez d'autres ressources à disposition, alors si vous avez quelque chose à me proposer, je vous écoute. Parce que même si nous ne sommes pas d'accord, vous pouvez tout à fait m'embêter en me donnant votre avis. Vous savez, j'ai plutôt l'habitude de fréquenter le genre de gars qui traverse la vie avec un vocabulaire très limité et des capacités d'élaboration quasi nulles, du coup je dois bien reconnaître que c'est assez plaisant de parler avec quelqu'un qui sait s'exprimer autrement qu'avec des menaces, des beuglements ou des blagues salaces.

Certes, j'abuse un peu. Je connais aussi des gens très bien parmi les Insurgés, mais... J'ai pas envie que la doc' rester sur l'idée qu'elle me fait chier ou qu'elle devrait m'épargner ses interventions. On discute bien, c'est intéressant, et ça change des conversation météo, alors pourquoi s'en priver ?
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Mar 9 Fév 2016 - 16:39

J'avais fait ma tirade, j'étais contente. Enfin, oui et non, disons plutôt que c'était pas tous les jours que j'avais l'occasion de dire ce que j'avais sur le cœur. Généralement, on faisait tous comme s'il ne se passait rien de grave, on se la fermait, on baissait les yeux et on attendait la fin de la journée pour réellement marmonner quelques plaintes dans son coin, quand personne ne nous entendait. Pourtant je n'étais pas totalement entourée d'abrutis, mais ma principale compagnie étant l'éternel taciturne Moriakov, et les clients avec qui j'échangeais généralement peu de mots, j'avais pas souvent l'occasion de débattre à propos de quoi que ce soit.
Je pris une petite gorgée de bière en écoutant attentivement mon interlocuteur, ce Warren Morgan, réparateur de profession, qui s'avérait finalement plus sympathique qu'il ne s'était annoncé. Je remarquais d'ailleurs qu'il faisait plus attention à ses gestes lorsqu'il était en public. Comme quoi, il avait eu l'air un peu je-m'en-foutiste et négligé jusque-là, mais en fait il ne l'était pas tant que ça.
Sa réponse avait du sens, et j'étais plutôt d'accord. Ses paroles à résonnèrent quelques instants dans mon crâne. Il avait l'air triste, maintenant. Et ma mine ne devait sûrement pas être très différente.


- Ce que je ressens n'est pas très différent, monsieur Mor ... Warren.

Décidément, j'avais du mal à me laisser l'appeler par son prénom.

- Mais maintenant que je suis là, à cette position, et que je vois à quoi on peut ressembler avec ces satanées puces ...

Mes yeux se perdirent dans le vide un peu malgré moi, fixant ma bouteille de bière d'un regard morne.

- Ça me fait penser que l'humanité est un concept qui a bien changé, ces derniers siècles. Et que je préfère la crasse des émotions de la nature humaine qu'à l’asepsie de la vie parfaite et sans douleurs.

Bouffée de cigarette, accompagnée d'une pause. Involontaire, celle-ci. Ça m'avait presque fatiguée, de parler autant. Je faisais des efforts d'élocution histoire de garder mon discours clair, vu que le sujet de discussion était assez sérieux et que je n'avais aucunement envie de me répéter.

- Et quand on se prête au jeu de la vie, il ne fait plus si froid que ça, vous savez. Et seul, on l'est encore moins, encore faut-il vraiment vouloir ne pas être seul.


Dites-donc, l'ambiance était à la philosophie, aujourd'hui. Quoi que ça la tuait, l'ambiance, plutôt que de la mettre. On sentit tous les deux qu'il était temps de changer de sujet, et d'un accord tacite, c'est ce qu'on fit. Ma main droite était crispée sur ma bouteille de bière depuis tout à l'heure sans que je ne l'ait remarqué, et mes doigts commençaient à être légèrement endoloris. Je pris une petite gorgée et la redéposa.

- Ca sera donc un plaisir de vous "embêter en vous donnant mon avis", dans ce cas. Si tout le monde était d'accord, le monde serait bien ennuyeux ... En tout cas, votre cas médical est  loin d'être inintéressant, et comme vous le dites, ensemble nous avons sûrement les moyens de faire en sorte que ce soit moins pénible à vivre pour vous. Et peut-être même qu'on pourra montrer un peu plus ce joli minois que vous vous efforcez tant de cacher. Ça aidera à propos de cette solitude dont vous parliez plus tôt.

Je souris légèrement.
Zut, ça ressemblait presque à de la drague, de l'extérieur. Ca sonnait pas comme ça dans ma tête. Longue gorgée de bière. Je me dis au passage que je ne devrai pas boire en ayant le ventre vide, car ça n'avait jamais donné de très bons résultats. Les patients allaient vraiment se recoudre sans moi, cet après-midi.


- A la fin des réparations, avant de me prononcer sur quoi que ce soit, il faudra faire ce fameux check-up, ça me permettra de mieux voir les perspectives à envisager. Et seulement à ce moment-là nous pourrons parler plus sérieusement de tout ça, j'imagine. Après, j'insiste depuis tout à l'heure sur l'amélioration de vox conditions, mais je n'ai pas non plus envie de vous donner de faux-espoirs. Je ne sais pas encore ce que je peux faire à mon échelle, mais vous aurez compris qu'en tout cas, ça m'intéresserait de me pencher sur votre syndrome et ce qu'il engendre.

Je pris à nouveau une bouffée de nicotine et eut un petit rire.

- Et d'ailleurs, je dois être pénible à ne parler que de ça.
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Sam 13 Fév 2016 - 1:24

Tout bien réfléchi, ai-je vraiment envie de me défaire de ce masque ? C'est une partie de moi, aussi bien ce que j'ai été par le passé que ce que je suis aujourd'hui.
Pendant que Demetra me réponds, je le contemple. Ce n'est pas très poli de ne pas regarder quelqu'un qui s'adresse à vous, mai elle n'est certainement pas à ça près. Je regarde mon masque, passe mon doigt dépourvu de sensations sur l'épais cerclage hermétique des lunettes. Oui, parfois, j'aimerais bien voir la vie qui m'entoure sans m'encombrer de tout cet attirail, mais... C'est un peu de moi, quoi.

Et puis un bol passe dans mon champ de vision. Plink, ça fait, quand le serveur dépose le récipient sur la table. Le repas est servi. Je me hasarde à balancer le peu de mandarin que je connais.


- Xièxie nĭ de kuăn dài.

Je crois que j'ai foiré la prononciation. D'ailleurs, ce n'est peut-être même pas la bonne formule. Bof, de toute façon il doit être vietnamien ou cambodgien, comme tous les "chinois" du secteur.
Le serveur nous salue et retourne vaquer à ses occupations. Parfait, j'ai pas besoin qu'il s'attarde plus que de raison.

Je tourne le regard vers la toubib. Nous ne sommes pas d'accord, et l'intervention du serveur permet à la conversation de ne pas s'enliser. C'est certainement le bon moment pour relancer l'échange sur un autre terrain. Et d'un autre côté... Il y a autre chose que j'ai envie de dire.


- Non, vous n'êtes pas pénible. Mais c'est bizarre... Si j'en avais discuté avec quelqu'un d'autre, nous n'en serions probablement pas arrivés jusque-là. Je me serais contenté d'un "c'est comme ça et fous-moi la paix". Mais vous arrivez à me faire sortir de ma réserve. Est-ce que c'est parce que cette discussion vous fait aussi sortir de la vôtre ? Peut-être, peut-être pas. En tout cas, c'est l'impression que j'en ai. Je me trompe ? Et qu'est-ce qu'ils mettent dans cette bière pour que je me mette à dire tout ça à voix haute ?

Le sourire qui naît sur mes lèvres à cet instant n'a cette fois rien de forcé. Je crois que je viens de comprendre quelque chose. Elle n'a pas tort, quand elle dit qu'il faut se prêter au jeu de la vie. Là, je viens de jouer nature, comme ça vient. Enfin, pas tout à fait. Je garde quand même pour moi le trouble dont je viens de prendre conscience. Bordel, en quoi ce boulot est différent des autres ? D'habitude je bricole mon truc en silence, j'encaisse mon paiement et je me casse. Pourquoi ça se passe différemment cette fois ?

Eh merde. Je viens de me remettre à espérer. C'est une foutue toubib, alors je m'imagine qu'elle va pouvoir faire quelque chose pour moi.

Mon sourire se change en une moue sceptique. Ce qu'il y a de chiant dans notre condition, c'est que quand on a accès à l'espoir, la déception n'est jamais loin. Certains savent bien l'encaisser, mais pour d'autres, comme moi par exemple, c'est un sujet sensible. Alors on fait quoi ? On se laisse envahir au risque de succomber ? Ou on dresse soi-même les barrières qui nous protégeront du contrecoup ?

Elle vient de le dire, bordel. Il faut se prêter au jeu. Combien de temps vais-je encore rester sur le banc de touche ?
Et puis elle a raison. Il sera bien temps d'aviser de tout ça une fois que j'aurais fait ma part du boulot et que nous aurons procédé à ce check-up.

Ces pensées contradictoires doivent se lire sur mon visage comme dans un livre ouvert. Je termine ma bière d'un geste nerveux. Il est vraiment temps de passer à autre chose.

Je baisse le regard vers mon bol et, tout en commençant à manger, je change de sujet. Pour de vrai, cette fois.


- Mais je suis ravi de vous offrir un sujet de conversation qui ne doit pas se présenter tous les jours. C'est comment, au quotidien, à la clinique ? Si vous avez à peu près le même genre de clientèle que moi, j'espère qu'au moins je vous offre le luxe de vous épargner les réflexions vulgaires. Quoique votre statut de toubib doit pas mal vous aider à vous faire respecter. Enfin, pas que vous ayez besoin de ça, c'est pas ce que je veux dire...

Tu parles trop, Warren Morgan.

- En tout cas vous avez l'air de bien vous y connaître en cybernétique.

Voilà, c'est bien, ça lui suffira pour rebondir. Maintenant mâche en silence.
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Dim 14 Fév 2016 - 23:59

Il avait les yeux rivés sur son masque, quand j'en parlais. J'avais peut-être touché une corde sensible. Se débarrasser de son bocal signifiait sûrement tourner la page et accepter d'enterrer son statut de citoyen de Novlangue pucé. C'était évident qu'il était encore réticent à cette idée, mais j'espérais pour lui que ça lui passerait. Comment pouvait-on voir les perspectives que la vie nous offrait quand on regarde toujours derrière soi ? Enfin bref. Je m'étais promise de ne plus aborder le sujet, alors je gardais tout ça pour moi. Je terminai ma cigarette, et laissai le mégot dans le verre. Les plats arrivèrent. La seule vue de la fumée se dégageant des plats, avant même que le serveur ne les pose sur la table, me mit l'eau à la bouche.

- Merci, fis-je avec le même sourire poli que plus tôt.

Warren sortit quelque chose que je ne compris absolument pas, mais c'était sûrement dans une langue asiatique. Mais il pouvait bien avoir insulté le serveur sans même le savoir, que je l'aurais pas su non plus, alors je ne relevai pas la chose. Par contre, je ris doucement à ce qu'il dit après.

- J'sais pas, mais elle a l'air un peu costaud, la bière, enfin, en tout cas moi je trouve.

D'ailleurs j'en pris une autre gorgée.

- Je suis ravie de l'entendre, en tout cas.  

Et un peu gênée, aussi, mais ça, je ne le dis pas. J'étais peut-être pas quelqu'un qui allait spécialement me gêner pour donner mon avis ou parler des choses de manière relativement directe, mais quand il s'agissait de parler sentiments et de rapport à autrui, c'était tout autre chose. Quand c'était le cas, je savais plus quoi dire, ni comment. J'aimais pas ça. C'était déstabilisant. Du coup, je savais pas quoi lui répondre. D'ailleurs mes joues ont pris un coup de chaud. La faute à la bière ou à ma honte inattendue ? Bonne question.

- Ma réserve ... ? Je sais pas, je pense pas être quelqu'un de réservée. En tout cas, j'aime le penser. J'essaie de ne pas l'être.

Un peu plus et je bégayais comme une jeune pucelle. Ca tranchait pas mal avec mon discours relativement critique et assuré de tout à l'heure. J'étais pourtant pas du genre à faire ma mijaurée. C'est con, maintenant qu'il arrivait à causer un peu plus naturellement, c'était moi qui risquait de devenir plus très causante. Mes yeux glissèrent vers mon assiette.

- Poftă bună ... Bon appétit.

Je pris une bouchée de mon chop-suey. Putain, ça faisait du bien ... La portion de nouilles sautées me détendit un peu, moi, et surtout mon estomac qui n'en pouvait plus d'attendre. Un petit frisson me parcourut, sûrement à cause de la chaleur du plat.
Mes yeux se portèrent à nouveau sur le visage du mécano, et il semblait avoir un petit moment émotion de son côté aussi, enfin, il avait même carrément l'air perturbé. Même si je n'étais pas tout à fait sûre de ce qui avait déclenché cette réaction chez lui. Sûrement un mélange de tout ce dont on parlait. Je m'en rendais pas tellement compte. Ca allait finir en réunion de dépressifs si on continuait dans cette lancée. Oh oui, un changement de sujet, parfait.


- A la clinique, c'est ... ça dépend des jours. Y'a les fois où c'est relativement calme, il se passe pas grand chose. On s'occupe comme on peut, on fait quelques consultations de routine ... Puis y'a les jours où y'a des trucs un peu spéciaux, du type opérations des plus militants d'entre nous qui a mal tourné, comme aujourd'hui (même si ça reste relativement calme, encore, dans ce cas précis). Ça peut aller des la petite poignée de blessés au bataillon entier. Ces jours-là sont plutôt tendus, mais jusqu'à maintenant on s'en est relativement bien tirés. Il faut dire que l'équipe n'est pas constituée de bras cassés, alors ça va.

Hop, la dernière gorgée de bière s'envole du fond de la bouteille et disparaît dans mon organisme.

- Par contre, concernant les réflexions vulgaires, je vois pas trop de quoi vous voulez parler.

Je levai un sourcil interrogateur à ses mots. Pourquoi, parce que j'étais une femme ? La question était sûrement innocente, mais elle me surprit néanmoins.

- Pour ce qui est de la cybernétique, oui en effet, c'est plutôt mon dada. J'adore ça.

Je prenais quelques bouchées entre mes phrases, de manière assez hâtive d'ailleurs, tout en essayant de ne pas bouffer comme un porc non plus. Mais qu'est-ce que c'était bon de manger quand on avait la dalle ! Je me sentais un peu mieux qu'il y avait une vingtaine de minutes, déjà. Je déglutis avant de poursuivre :

- Disons que c'est ma spécialité. Je ne sais plus vraiment si je l'ai mentionné, mais quand j'étais une sage petite citoyenne de Novlangue, j'étais dans le département des implants. Je participais aux soins, mais surtout à la R&D, c'était passionnant ...

Jusqu'au jour où je m'étais rendue compte qu'on mutilait des gens uniquement pour que je puisse expérimenter mes nouvelles trouvailles. Un froncement de sourcil passa furtivement sur mon visage.

- J'ai eu l'occasion de toucher à pas mal de trucs, et de tester vachement de choses aussi. Ça serait génial de pouvoir développer ça dans notre petite clinique de résistants, mais bon, le matériel coûte vachement cher comme vous vous en doutez, et la technologie est pas toujours assez accessible pour pouvoir assembler ces machines nous-même.
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Mer 24 Fév 2016 - 20:33

Peut-être en effet que Demetra n'est pas si réservée que ça, et que c'est ma propre perception de notre conversation que j'ai projeté sur elle. Va savoir. D'un autre côté, au vu de nos échanges précédents, j'ai quand même du mal à imaginer cette femme comme quelqu'un qui n'est pas un peu réservé. Ou alors elle aime surtout se bercer d'illusions, et ça... J'ai envie de dire que c'est pas vraiment mon problème.

La suite de l'échange me fait prendre conscience que je déconne vraiment, et je viens quand même de balancer un paquet de conneries. Il faut peut-être redescendre un peu, mon cher Warren. Et on va commencer par assumer face à ce sourcil interrogateur.

Je m'efforce de rester digne et assuré. Fini de s'écraser en plongeant le nez dans son bol.


- Eh bien, disons que j'ai l'habitude d'entendre un paquet de réflexions plus ou moins aimables, dont les auteurs sont de sexe masculin et les destinataires des femmes. Mais c'est vrai que dans ladite femme est une experte du scalpel et détient vos chances de survie entre ses mains, les esprits les plus mal tournés doivent faire preuve d'un peu plus de jugeote qu'en temps normal. Ou alors vous n'avez que des patients assez bien élevés, et autant ça m'étonnerait quand même beaucoup, autant c'est une chance que je vous envie.


J'aurais pu aussi me contenter de répondre que « non rien laissez tomber », mais ça ne m'aurait pas semblé franchement respectueux. Faut assumer un peu ses conneries, c'est toujours plus difficile mais aussi plus valorisant pour l’ego. Après, je ne vais peut-être pas aller jusqu'à formuler mes plus plates excuses, déjà parce qu'elle n'a pas eu l'air franchement vexée, et ensuite parce que ça ferait vraiment grosse lopette.

Autant continuer sur la lancée du changement intempestif de sujet, chose que ma chère interlocutrice a déjà commencé à faire entre deux bouchées, et c'est moi aussi au rythme de la nourriture que je lui réponds.


- Je vois, une solide expérience, aussi bien en cybernétique qu'en médecine plus conventionnelle. Vous avez déjà de la chance de pouvoir vous entourer de personnes compétentes. Eh ben, espérons que ma future participation vous aidera du mieux que je peux.

Marrant quand même, on se croirait presque à un dîner d'affaires entre deux officiels de corporation prêts à signer un accord de principe visant une collaboration mutuelle.

- Et sinon, vous faites quoi de votre temps quand vous n'avez pas une batterie d'ustensiles médicaux dans les mains ? De mon côté, quand j'ai rien à bricoler, j'aime bien farfouiller à droite à gauche et récupérer des vieux trucs. Dit comme ça, ça fait un peu fouille-poubelle, mais je vous assure que ça en vaut la chandelle. Il y a les vieux appareils, que je peux remettre en service sans trop de difficulté comme vous vous en doutez, mais on trouve parfois quelques reliques du passé, comme des éléments culturels qui ont réussi à échapper à la police de la pensée, à l'époque. Bouquins, musique, vidéos à l'ancienne en deux dimensions... j'ai même trouvé une fois un genre de jeu de société, avec des pions et des cartes. Je l'ai vendu à un gars, j'aurais peut-être pas du mais il avait un gros stock de pièces détachées et j'ai pu me servir largement. Tiens d'ailleurs, ça me fait penser, vous trouvez où votre matériel ? C'est de la récup' en direct ou vous faites de la négociation avec des récupérateurs ?
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Lun 29 Fév 2016 - 2:15

- Mes patients ne sont pas spécialement tous bien élevés, non. Mais je crois que l'air que j'ai quand je bosse n'invite pas spécialement à me dire des conneries, surtout quand c'est moi qui tiens le scalpel en face, comme vous dites. Y'a bien eu des cons, mais ils ont vite arrêté quand ils ont vu que j'étais pas très réceptive. Cela dit, c'était surtout au début de mon activité, à force, les gens parlent, vous connaissent, et savent que vous êtes pas là pour rigoler. Enfin, au boulot, en tout cas. Ca veut pas dire que j'aime pas me marrer de temps en temps, non plus. Le monde est assez merdique comme ça pour que je m'ablate de mon sens de l'humour.

Le contenu de mon assiette se vidait rapidement. Les plats venait à peine d'être apportés mais vu que je mangeais entre deux phrases, le tiers s'était déjà envolé. J'hochais la tête en signe d'approbation concernant sa remarque sur leur possible future collaboration. Je versai de l'eau dans nos verres respectifs, et en but un peu. J'espérai que ça déboucherait vraiment sur quelque chose en tout cas, et qu'ils n'allaient juste pas se rendre compte au moment venu que finalement, leurs espérances étaient carrément au-dessus de leurs moyens. Enfin, c'était le cas de toute façon, mais il y avait quand-même un espoir pour réussir à faire quelque chose des ces idées balancées dans leur conversations.

- Ce que je fais de mon temps libre ? Hmm. J'aime bien aller à la Ruche, voir les Valkyries. J'aime les opéras, les concerts et autres choses culturelles dont on peut profiter là-bas. C'est un peu mon plaisir coupable, parce que c'est un peu comme valider cette censure et ce contrôle du loisir et du plaisir qui est en place, mais que voulez-vous ... C'est l'endroit où l'on peut se divertir de cette manière le plus facilement. Sinon je me débrouille avec ce que j'ai pu récupérer, et que je garde chez moi. Je lis pas mal de bouquins. Il m'arrive aussi de sortir aussi, mais il me faut l'humeur pour, et c'est pas souvent.

Je souris lorsqu'il dit "fouille-poubelle".

- Je peux difficilement vous juger, vu que nous faisons beaucoup de récup' également, là où je bosse. Je sais à quel point on peut trouver des choses intéressantes.

Je plissai les yeux d'intérêt lorsqu'il parla des livres, de la musique et des vidéos.

- Si vous en avez en trop, vous savez à qui vous pouvez en ramener ...

Je ne dirai pas non à quelques reliques du genre.

- Pour le matériel, c'est un peu des deux. On a des contacts çà et là qui nous permettent de récupérer des choses qui sont jugées obsolètes par leurs entreprises respectives. Des fois c'est de la pure prospection. A force, on connaît certains coins où l'on est sûr de trouver quelque chose d'intéressant. Une pièce, une machine complète, ou un truc dont on ne connaît absolument pas l'utilité mais qu'on peut ramener chez soi. D'ailleurs il y a plein de choses qu'on stocke en bas et qui ne fonctionnent plus. On a même un tourne-disque (je crois bien que ça s'appelle comme ça, le nom est plutôt ridicule), et plein de disques noirs qui étaient avec. Sauf que le truc ne marche plus, je crois qu'il faut remplacer la tête de lecture ... Ca doit pas être très facile à trouver. En tout cas, votre truc à vous, c'est vraiment bricoler, hein ? Vous ne faites rien d'autre ?
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MessageSujet: Re: Et pour quelques boulons de plus   Mer 23 Mar 2016 - 18:49

Ok donc, l'idée qui m'est venue d'elle-même était bien la bonne : face au visage fermé d'une chirurgienne armée d'un scalpel, même le pire des gros lourds peut apprendre ce que « fermer sa gueule » signifie. Quelque part, c'est une bonne nouvelle. Je ne peux cependant m'empêcher de regretter que cela n'arrive que trop rarement pour le commun des mortels. Eh oui, j'suis comme ça, grand prince : j'aime pas voir qu'une femme se fait emmerder juste parce qu'elle a eu le malheur de naître avec deux chromosomes X. Ou alors c'est que j'suis trop bon trop con, comme on dit. Peut-être que je devrais envisager d'en profiter à mon tour.

Naaaaan. Même pas en rêve. J'suis trop couille-molle pour ne serait-ce qu'envisager d'aller jusqu'au bout de mon idée.


« J'ai expérimenté le même genre de principes, voyez-vous. » Je désigne mon bras cybernétique. « Je ne manie pas le scalpel, mais j'ai deux-trois joujous que même les plus téméraires n'aiment pas voir en rotation à quelques centimètres de leur visage. En tout cas c'est une bonne chose que vous puissiez tirer votre épingle du jeu, c'est pas donné à tout le monde. »

Là-dessus, je m'interromps pour terminer mes nouilles au bok choy en laissant Demetra continuer la conversation. Je ne précise même pas que je peux fournir mon aide pour les machines « qu'on sait pas à quoi ça sert » ou « qui ne fonctionnent plus », parce qu'à ce stade, si elle n'a toujours pas compris que je peux apporter ma contribution, c'est qu'elle est beaucoup plus conne qu'elle en a l'air. Ce que je me refuse à croire, d'ailleurs, et c'est même bien pour ça que je ne relève pas ce point.

En fait je m'intéresse plutôt à ce qu'elle vient de dire et qui sonnerait presque comme un paradoxe. Elle aime bien se marrer, mais il lui faut l'humeur pour sortir... En clair, c'est quand elle a rien d'autre qui lui bouffe le moral, quoi.
Allez, du coup je me tente une petite blague cynique.


« A qui je peux en ramener si j'en ai trop ? Ah mais oui, je sais très bien : à toute la ribambelle de négociateurs qui s'arrachent ce genre de reliques contre des espèces sonnantes et trébuchantes. »
Je laisse planer un temps de silence, puis je reprends.
« Mais non, je déconne. Qu'ils aillent crever la gueule ouverte dans le caniveau, ça leur apprendra à profiter de ceux qui doivent sacrifier jusqu'à leurs moindres souvenirs pour avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Ouais, j'peux peut-être vous trouver quelque chose qui vous plaira. Je suis pas très branché opéra, mais je crois bien avoir quelques reliques dans le genre dont je peux me séparer.
Et puis si à l'occasion vous avez l'humeur pour sortir, pensez à moi, ça me donnera l'opportunité de faire autre chose que retourner les débris du passé. »


J'ai balancé ça comme ça, sans même vraiment y réfléchir. Le message est clair je pense : ça m'dirait bien de la voir dans un autre contexte que celui d'un boulot de maintenance. J'sais pas vraiment pourquoi, en fait. Sur le moment, ça m'a juste semblé logique.

Mon bol étant terminé, je me recule un peu dans ma chaise.


« Y'a pas à dire, ça fait du bien de se restaurer. Qu'est-ce qu'on fait, on commande un dessert ou vous voulez qu'on se remette au boulot ? »
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