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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 L’Enfer c’est l’Autre (les origines des voix dans la tête…)

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MessageSujet: L’Enfer c’est l’Autre (les origines des voix dans la tête…)   Lun 8 Fév 2016 - 23:58

Chapitre premier


C’est crade. Tout est crade, les murs, le sol, les tables, et sûrement ce truc bizarre que le barman met dans les verres en faisant passer ça pour de la bière. Les verres aussi sont crades, d’ailleurs. Et un rat vient de passer en flèche à côté d’une table dans le fond. À la table d’à côté, Cosma est en train de déprimer, comme souvent, un sixième, ou septième peut-être, verre de bière (soi disant) posé devant lui. Autour de lui, tout est vide, si on exclue le barman en train de se curer le nez, le pilier à moitié avachi sur le comptoir qui enquille les verres depuis le petit matin et le vieux (il a l’air vieux en tout cas, mais à tous les coups il doit juste avoir la trentaine bien tassée) qui glande à deux tables d’eux. Cosma boit une gorgée et replonge sa tête dans ses mains.

Tu vas tirer la tronche encore longtemps ?

Cosma se relève en sursaut et tombe nez à nez avec l’intrus. Un mec pas très grand avec un petit sourire narquois, assis juste en face de lui. Qu’est-ce que c’est que ce type, sans déconner… Les cheveux en bordel, les yeux vairons, la barbe mal taillée… Et une espèce de veste en velours à carreaux qui ressemble à rien, genre gris souris, ou une couleur à la con dans ce ton-là. Et la clope qu’il a au bec diffuse une odeur qui colle bien à l’ambiance générale du taudis.

- Pardon ?

Et le type reste calme, pas un clignement d’oeil, pas un sourcil qui bouge, que dalle. Il s’accoude à la table.

Je disais, tu vas tirer la tronche encore longtemps ?

La surprise laisse sa place au doute. Qui c’est, ce mec… Il a dû débarquer comme un ninja et arriver sur sa chaise en dix secondes, personne n’est entré ni sorti d’ici depuis au moins deux heures…

- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

Et il ricane, le salaud. Cosma reprend une gorgée de bière et déglutit difficilement. C’est vraiment dégueulasse ce truc.

Te fatigue pas, ton petit côté cynique misanthrope à la con ça marche pas avec moi, Cosma…

Cosma interrompt sa deuxième gorgée et tourne les yeux vers lui en reposant lentement son verre.

- D’où tu connais mon nom ?

Je connais tout de toi, gamin…

Ok, là ça commence à devenir flippant… Un gars lambda qui déboule comme par magie, quand on est crevé et blasé au point de s’interroger presque tous les jours en se disant qu’en finir avec cette vide de merde ce serait peut-être pas si mal, à la limite, on peut laisser passer. Mais visiblement, ce gars-là n’est pas si lambda que ça. Et même en trifouillant sa mémoire, Cosma reste persuadé de ne l’avoir jamais vu… Et il continue de buguer, en gardant la tête de quelqu’un qui vient de voir un truc mi-dégueulasse mi-fascinant et qui a oublié comment réagir. Heureusement que l’Autre fait quelques efforts pour le maintenir éveillé…

Ça t’intéresse pas de savoir qui je suis ?

- … T’es qui ?

Et il ricane à nouveau.

Mon nom, on s’en fout un peu.

- Ça valait bien le coup de me demander de te le demander…

Ça fait combien de temps que tu la traînes comme un boulet ta vie de merde, Cosma ? Combien de temps que tu te demandes si tu vas te buter mais que tu continues à picoler parce que t’as la flemme de faire autre chose ? Ça fait combien de temps que t’as pas vu une femme, bordel ? Et au-delà de ça, combien de temps que t’as pas eu un peu de compagnie ?

- Qu’est-ce que tu me veux ?

À ce niveau-là, n’importe qui d’un peu sain d’esprit aurait commencé à flipper, mais pas Cosma. Ce con-là est désabusé et amorphe depuis bien trop longtemps pour se souvenir de ce que ça fait que d’avoir peur.

Prends pas ce ton agressif, gamin. Je suis ton meilleur ami…

- Va te faire foutre.

Tu te calmes, j’ai pas fini. Je suis ton meilleur ami et ton pire cauchemar. Ou en tout cas je le serai tant que tu me repousseras. Mais si tu piges vite que ça sert rien, on va peut-être réussir à remettre un peu d’ordre dans ta petite vie de merde…

- J’ai pas besoin qu’on remette d’ordre dans ma vie de merde, merci.

Il reprend une gorgée de bière, la dernière, écarte le verre, et se lève de sa chaise pour sortir de ce bistrot daubé. Mais une main lui saisit l’épaule et le fait se rassoir immédiatement. Pendant que les paumés du comptoir le regardent d’un air méfiant, il lève la tête jusqu’à recroiser le regard de l’Autre qui, par Dieu sait quel miracle, est maintenant debout à côté de lui. Il dégage la main de son épaule et repousse Monsieur Pire Cauchemar qui se retrouve affalé sur la chaise d’à côté. La voix du barman émane de l’autre bout de la salle.

- Hey machin ! Tu payes et tu te casses maintenant !

- Deux secondes !

Cosma continue de fixer l’Autre droit dans les yeux. Mais en face il s’en fout, il rigole.

Alors, tu choisis quoi ? Le meilleur ami ou le pire cauchemar ?

Il a à peine le temps de finir sa question. Cosma lui décoche une droite dans la gueule, pendant qu’il entend vaguement le patron brailler derrière son comptoir. Sans faire gaffe à l’état de l’Autre, qui vient de tomber de sa chaise, il se relève et part, sans même prendre le temps de se rendre compte qu’il était au sol, ni même de se demander à quel moment c’est arrivé. Il part en direction de la porte, file sans même le regarder deux, trois piécettes au barman qui s’approche de lui, et sort. Il reste quelques instants immobile dehors, sur le pas de la porte, et frotte son oeil gauche, comme s’il avait un cocard. D’où elle vient cette douleur, bordel ?…

T’es fier de toi ?

Bordel de merde… Cosma se redresse, lève un peu la tête, et voit à nouveau l’Autre, planté devant lui les bras croisés, mais toujours avec ce petit rictus de fouine sur la gueule. Il tente d’articuler un « mais t’es qui putain ? » sorti du fond de son incompréhension, mais les mots ne sortent pas. Il a encore oublié comment réagir. Étrangement, l’Autre semble avoir compris.

Tu l’as toujours pas ?

Cette fois-ci, en se forçant un peu plus, il arrive finalement à sortir un peu de son.

- … De quoi ?

Et voilà que le type se colle une mandale à lui-même sur le champ. Cosma ressent le choc de la claque sur sa propre joue. Et entre temps, l’Autre s’est approché de lui.

Ça y est ? Tu commences à comprendre où tu veux encore prendre un peu de temps ?

Et sur ces mots, il s’engouffre dans une ruelle jusqu’à disparaître dans l’obscurité. Cosma reste là comme un con, la main toujours posée sur son oeil, et avec cette sensation, en plus de l’incompréhension, qu’il n’a pas connue depuis très, voire trop longtemps. Pour la première fois depuis des années, il avait à nouveau peur. Et une voix, celle de l’Autre, s’était logée dans le fond de sa tête, mais il continuait de l’entendre comme quand il lui parlait quelques secondes plus tôt.

On peut accomplir de grandes choses ensemble. Mais je te l’ai dit… Tant que tu me repousseras, je serai ton pire cauchemar…

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MessageSujet: Re: L’Enfer c’est l’Autre (les origines des voix dans la tête…)   Jeu 18 Fév 2016 - 2:28

Chapitre deuxième


Environ un mois après la première rencontre avec l’Autre, à quelques mètres de sa planque, Cosma titube en rentrant du même rade dégueulasse que d’habitude. Cette fois-ci il s’en est foutu un peu plus que d’habitude derrière le col de chemise. Il s’apprête à vomir, mais ça attendra.

Hé ben c’est du joli ça, encore…

Cosma se redresse d’un coup, presque pris de panique. Il regarde autour de lui sans n’apercevoir personne, jusqu’à ce que son regard se dirige vers une minuscule ruelle d’où arrive un chien. Un genre de bâtard qui, surprise, n’a pas l’air aussi malade qu’on pourrait l’attendre venant d’un animal qui vit dans ce putain de Mirail. Ça fait bien quelques années qu’il n’en avait pas vu. À vrai dire, il en était venu à penser qu’ils avaient disparu, du moins dans les souterrains. Le clébard s’arrête et le regarde à son tour.

T’en as pas marre de continuer à faire n’importe quoi ?

Cosma écarquille les yeux en continuant de fixer le chien. Ça paraît un peu gros, mais c’est devenu un peu difficile ces derniers temps de distinguer le vrai du faux. Et voilà que l’Autre se met à rire de bon coeur.

Mais t’es encore plus con que ce que je pensais, ça en devient magnifique !

Cosma reçoit une grande tape dans l’épaule, qui le force à se retourner. Il est revenu, ce connard. Toujours la même gueule, mais nouvelle tenue. Tout aussi ridicule que la première fois, ceci dit. Une chemise rouge genre chemise de hippie qui tombe sur un jogging blanc, et une veste de costard… Et c’est lui qui dit « c’est du joli », hé ben… À peine trouve-t-il les mots pour répondre que l’Autre a déjà fait quelque pas pour s’accroupir et caresser le chien qui vient de venir vers lui.

Tu te souviens de moi ?

- Qu’est-ce que tu fous là ?

Tu pensais quand même pas que je m’étais barré…

Même s’il peine à reprendre ses esprits et à oublier son envie de gerber, Cosma focalise son attention. Il avait presque fini par l’oublier, celui-là, pensant que c’était juste une hallucination passagère qui lui lâcherait les basques. Il tente de formuler une bafouille, mais l’Autre prend les devants.

Dégueule maintenant hein, sinon tu vas mal dormir cette nuit…

Il avait finalement à peine besoin de finir sa phrase, toute la bière ingurgitée ces quelques dernières heures sont ressorties à une vitesse phénoménale. Après une dernière caresse au clébard, l’Autre s’approche de lui à nouveau. Il a troqué son sourire hypocrite pour un air dépité. Il sort une clope et l’allume, ce qui veut dire que l’odeur dégueulasse de la dernière fois va revenir, elle aussi…

- Qu’est-ce que tu me veux, encore ?

T’as réfléchi un peu à ce que je t’ai dit la dernière fois ?

- Non.

L’Autre pousse un grand soupir de lassitude en s’éloignant de quelques mètres. Cosma continue de se tenir le ventre, anticipant la deuxième tournée de gerbe.

Je pensais que t’avais compris… Tant que t’es là, je suis là, tu te débarrasseras pas de moi comme ça gamin…

- Mais qu’est-ce que t’en as à foutre de moi ? Pourquoi tu peux pas juste me foutre la paix.

Mais parce que je peux pas, gamin. Si je suis là c’est de ta faute…

Cosma respire un grand coup, se retourne vers l’Autre…

Deuxième tournée.

… et gerbe une deuxième fois. Il se redresse aussitôt et tente difficilement d’articuler quelques mots.

- Com… comment ça c’e… que…

Comment ça c’est de ta faute ?

Il s’approche calmement de Cosma à nouveau, avec sur la tronche un air à mi-chemin entre la déception et la condescendance.

C’est de ta faute parce que c’est toi qui m’a créé, abruti. À force de passer ta vie à faire n’importe quoi, il a dû se passer un truc là-dedans (il lui tapote le crâne) et voilà. Je suis là. Je suis le résultat de toutes les conneries qui te passent à travers la gueule, et de tout ce que tu regrettes sans vouloir l’admettre. Je suis là pour te remettre dans le droit chemin. Troisième tournée.

Et une troisième tournée, celle-là ce sera la dernière, elle termine par de la bile.

Regarde-toi, putain de merde…

À ce stade-là, Cosma ne l’écoute même plus. Ses deux préoccupations sont maintenant d’aller se caler dans son hamac pour pioncer le plus longtemps possible et, accessoirement, de brosser l’autre chieur dans le sens du poil pour essayer de trouver un moyen de s’en débarrasser au plus vite. Il souffle, se relève lentement, prend le temps de retrouver ses esprits, et se tourne vers l’Autre en restant aussi détendu qu’il y arrive.

- Ok… Si je dis que je te crois, si je dis que je vais arrêter de faire le con, c’est bon ? Tu me lâcheras ?

Ah, ça…

L’Autre se remet à faire quelques pas, sans direction précise, tandis que Cosma se retient de s’énerver en anticipant une réponse qui, quelle qu’elle soit, ne lui plairait certainement pas…

… te lâcher, à mon avis c’est pas pour tout de suite, non…

Tandis que Cosma se murmurait à lui même un « Et merde… », l’Autre commençait déjà à s’allumer une nouvelle clope avec celle qu’il venait à peine de finir.

Mais qu’est-ce que tu veux de moi, putain ?! Je suis rien ! Je suis personne ! Pourquoi moi, bordel ? Pourquoi tu veux pas me lâcher et trouver quelqu’un d’autre ?

Et pendant ce temps, il sourit, l’Autre. Non seulement il sourit, mais en plus il s’éloigne, comme s’il n’en avait absolument rien à foutre. Et il reprend encore ce ton condescendant insupportable.

Je pensais que t’avais enfin compris, mais tant pis. Je repasserai quand tu seras un peu moins torché…  

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