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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 Du chaos naissent les étoiles.

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Les Ressacs
Vos nuits sont nos jours...

Féminin
Age : 27
Présentation du Personnage : Du Chaos naissent les étoiles
Mes RPs : [url=LIEN vers le RP]Nom du RP[/url]
Fan Club RP : 1

Fichier Edvige ♫ ♪♪
<b>Particularité </b> Particularité :
Un peu d'histoire :

MessageSujet: Du chaos naissent les étoiles.   Mar 16 Fév 2016 - 16:45

Elle s’était éveillée tous les matins de sa vie en se sentant inutile. Pas assez bien. Trop petite pour ce monde. Elle avait cherché sa place, d’où elle venait, où elle allait. Elle avait cherché quelqu’un, quelqu’un pour lui prendre la main, et la guider un peu, pas longtemps, le long du chemin. Quelqu’un avec qui partager des rires, des larmes. Quelqu’un qui d’un regard aurait pu adoucir sa vie. La dessiner en mieux, avec de jolies couleurs.

Elle était trop petite, et bien trop inutile.

Elle été née, comme certains font une rature sur une feuille, une bavure, parce que leur manche est trop longue. Elle était née, comme ça. Sans vraiment qu’on veuille d’elle, et sans qu’on la repousse non plus. Elle était née comme une faute d’orthographe, trop encrée pour être encore raturée. Mais pas assez jolie pour être encadrée. Elle était née comme un bout de papier froissé, perdu entre une corbeille à papier, et l’envie d’être lissée, pour ressembler à toutes les autres jolies feuilles blanches, destinées à être couvertes de jolis mots et de jolis dessins.

Elle était née comme un brouillon, et, un jour on l’avait laissé s’envoler. Ou l’avait-on aidé peut être. Elle était bien trop jeune pour s’en souvenir. Encore un bout de mine pas taillé.
Puis, on l’avait trouvé. Elle était du dehors, chiendent parmi les orties.

Elle avait été trouvée dedans, sous le dôme, là où tout était gris.

Puis elle avait grandi, encre sympathique parmi toutes les visibles. Elle était du genre patte de mouche, tordue en dedans, avec un « pourquoi » constant qui débordait de ses lèvres, et des « et si » qui se mourraient contre sa langue.

Elle avait été curieuse oui. Elle l’était toujours. Avide, affamée du monde qui l’entourait. De ces nuances de gris dans la cité dans laquelle elle avait poussé, rose fanée dans le bitume.

Ses joues avaient été mouillées de larmes, face à l’incompréhension de ce qu’elle voyait. La vie, l’abandon, la mort, la souffrance. Ces hommes en uniformes qui étaient entrés chez elle, un pas si beau matin sans frapper.

Non, en réalité ils avaient frappé, mais pas la porte. Ils avaient frappé sa fausse-mère, ils avaient frappé son faux- père. Et aussi son faux-petit frère. Lui il était beau. Elle était le brouillon et il était la belle histoire. Tellement belle. Et pas trouvé. Lui il avait été dessiné volontairement.

Elle…

Elle était tellement raturée, qu’on semblait avoir oublié de parler d’elle lorsqu’elle avait été trouvée. Aussi quand les hommes en uniformes étaient entrés sans frapper la porte mais battant sa famille comme plâtre, elle s’était glissée sous le lit. Sous sa cabane de draps, sans faire trop de bruit, tapi sous le tapis. Elle était une poussière parmi les poussières. De la saleté sur une tâche. Et elle se fondait si bien dans son décor familier que personne ne vînt la chercher. Pas même pour être frappée. Tant mieux.

Elle ne les revit jamais.

Elle descendit alors plus profond dans la ville. Dans les égouts, là où les odeurs avaient des couleurs verdâtres, qui collaient à la gorge, et nous laissaient un goût de regret.
Elle avait vu le monde s’agiter. Elle avait vu les hommes comploter, certains mourir pour une belle cause, d’autre s’éteindre sans que personne n’en cause. Mais elle pleurait chacune des vies éteintes.
C’était sa drôle de vie: Les pleurs et la peur.

Elle poussa, là où il faisait noir, là où la crasse et la laideur avaient envahi les yeux des gens. La où le soleil n'était qu'une rumeur.

Elle était du dehors, et elle se mourait au-dedans.

Qu’elle drôle de vie. Une puce, au milieu des fourmis.

Et c’est seule et sans tuteur, qu’elle devint adulte. Un jour comme ça sans faire exprès. Elle ouvrit les yeux, sur son matelas, sous sa couverture trouée, dans cette vielle maison où elle cohabitait avec les rats. Et elle n’était plus une enfant. Elle avait poussé, en une nuit.

Pour autant, elle ne fut toujours pas assez grande pour le monde autour d’elle, et demeurait bien invisible aux yeux de tous. Elle menait une vie de solitaire, une vie de larcins, une vie d’ombre. A peine mieux qu’une vie de chien.

Elle avait connu des hommes, qui avaient dormis sous sa couverture trouée, parfois en échange d’un repas, parfois en échange d’un morceau de son cœur. Ils l’avaient réchauffé, et avait parfois réussi à colorer le gris. Mais elle avait fini par se brûler, et se consumer et s’user, à trop se donner. Les couleurs s’étaient estompées, les paroles envolées mais les cris étaient restés.

Elle n’était utile à personne. Personnage pauvre en couleur, aussi triste qu’un soir sans lune.
Elle n’avait pas d’intérêt sinon celui de survivre, pour voir. Pour voir si demain était plus beau.

Nous étions demain. Demain était une explosion, du sang. Des morts. Demain étaient les cadavres qu’elle enjambait. Demain était cet enfant mort, plein de poussière, à qui elle ferma les yeux. Demain était cet homme, qui lui avait couru après, sans aucune raison. Qui lui avait fait peur, avec sa main en moins et ses yeux qui saignaient. Demain était ce nuage de poussière, ce mi bémol qui appuyait son nerf auditif. Demain était un jour de mort, où tout ce qu’elle avait connu c’était effondré.

Demain était…la Lune. Et les étoiles.

Hors du Mirail, là où les dégâts étaient encore plus importants. Et elle n’eut pas assez de larmes ! Pathétique enfant qu’elle était. Pas assez de larmes pour tous ces morts. Tant pis, elle pleurait quand même.

Son visage était blanc de poussière, aussi pale que la Lune marqué de deux trainée de larmes filantes qui n’exauceraient aucun souhait.  Aussi pâle que la Lune,qui bientôt fut voilée par un nuage de fumée. Il y avait des cris. Il y avait des pleurs. Il y avait la mort et la destruction, il y avait la peur.

Elle avait toujours été trop petite pour ce monde.

Poussière parmi la poussière.

Mais aujourd’hui, on était demain, et le monde semblait à reconstruire.

Aujourd’hui était demain, et demain tout allait mieux. Tout était plus beau. Tout changeait.
Elle avait toujours été trop petite pour ce monde.
Mais aujourd’hui, demain, dans les décombres, elle semblait de la bonne taille.

Elle avait toujours été trop petite pour ce monde. Mais le moment de grandir était enfin arrivé.

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