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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 La poussière, Les Tigres, et les Lucioles.

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Les Ressacs
Vos nuits sont nos jours...

Féminin
Age : 27
Présentation du Personnage : Du Chaos naissent les étoiles
Mes RPs : [url=LIEN vers le RP]Nom du RP[/url]
Fan Club RP : 1

Fichier Edvige ♫ ♪♪
<b>Particularité </b> Particularité :
Un peu d'histoire :

MessageSujet: La poussière, Les Tigres, et les Lucioles.   Mar 1 Mar 2016 - 4:35

...Dans l'air, une ancienne berceuse...


"-Voudriez-vous me dire, s'il vous plaît, par où je dois m'en aller d'ici ?
-Cela dépend beaucoup de l'endroit où tu veux aller.
-Peu importe l'endroit...
-En ce cas, peu importe la route que tu prendras.
-... pourvu que j'arrive quelque part », ajouta Alice en guise d'explication.
-Oh, tu ne manqueras pas d'arriver quelque part, si tu marches assez longtemps.
"

Le monde tel qu’elle le connaissait n’existait plus. Rien de ce qu’elle avait connu, de ceux qu’elle avait rencontré, n’existait. Dehors, c’était comme une remise à zéro, comme un dessin gommé. Avec beaucoup de morceaux de caoutchouc. Comme si le grand dessinateur n’avait pas encore pris le temps de souffler, pour tout nettoyer.

Alice avait quitté les bas-fonds, et, elle avait marché. Dans cette ville qui en réalité lui était inconnue. Le vent soufflait sur la poussière, mais au fond elle y était habituée, tant qu’elle ne faisait pas tâche, avec sa robe trouée. Poussière parmi la poussière, un grain de sable dans l’univers, sur lequel on soufflait, comme pour la faire s’envoler, direction la voie lactée. Cela devait être joli, le monde vu de la haut, de cette étoile qui brille, ou de celle-là, ou encore… Ses yeux lui piquèrent. Elle en avait entendu parler de ce machin là-haut. Elle l’avait lu dans les livres, et elle avait rêvé de le gouter, ce croissant de miel, d’y plonger ses doigts, d’y laisser deux trainées, et de les porter à sa bouche pour gouter le sucré, la lumière, l’étoilé. Deux larmes coulèrent sur ses joues, mais pas parce que c’était triste, juste parce que c’était beau. Là, au milieu du chaos, les pieds sur terre, le nez pointant les astres.  Elle repoussa une mèche de cheveux, qui revint lui barrer la vue. Et elle regarda le ciel ainsi, et ces cheveux faisaient des étoiles filantes, ils étaient la queue des comètes, et quand elle souffla dessus, et que la mèche s’envola, elle dut encore verser quelques larmes car toute ses étoiles filantes disparurent sans qu’elle eut le temps de formuler un seul  vœu.

Elle resta longtemps ainsi, et même quand sa nuque se mit à tirer fort, elle resta la tête levée. Comme pour rattraper le temps perdu, à n’avoir pas vu plus loin que le bout de son nez. Elle ferma les yeux, tandis qu’une brise s’insinuait sous ses vêtements, faisant frissonner sa peau, s’envoler l’étoffe, dévoiler ses jambes, et danser ses cheveux. Et c’était beau. Et elle sourit. Car enfin, elle était un dessin réussi, colorié sans même dépasser… Elle grava, du milieu des gravats, cet instant. Elle l’enfouit dans son esprit, elle le ressortirait souvent, pour réchauffer son cœur, et pleurer un peu de bonheur.

Puis… Quelqu’un avait éteint la lumière… Mais pas d’un coup, pas trop vite. Quelqu’un qui avait soulevé une vague de poussière, qui s’était mis à tout recouvrir. Pire que le dôme. Pire que tout. L’Obscurité s’insinuait dans ses yeux, dans ses bronches, et elle la respirait, et elle étouffait. Et elle cria. Elle toussait, et elle sentait ses poumons étouffer. Elle avait peur. Et elle réalisa qu’elle était seule.

Dans la nuit.

Dans la fin du monde.

Seule.

Bientôt, elle ne vit plus qu’au loin des silhouettes, les immeubles devenaient des ombres, des monstres aux poutres de métal explosées et pendantes, des sorcières aux doigts crochus.

Et Alice fit la seule chose qu’elle pouvait faire. Elle suivit ses pieds. D’abord en marchant, puis en courant. Et ils ne voulaient pas ralentir, et, les doigts des sorcières de métal déchiraient ses vêtements, et ses joues, et elle trébucha, écorchant ses genoux et ses paumes. Mais ses jambes avaient peur, encore plus que sa tête, alors elle se releva et couru, encore, plus vite.
Jusqu’à ce que quelqu’un attrape sa manche au vol, et l’attire, comme une plume dans un hall d’immeuble.  

Une lampe torche lui éclaira le visage, et ses pupilles furent deux papillons qui mourraient d’envie de s’approcher encore plus de cette lumière.

Ce n’est que la voix de l’homme qui la tira de sa contemplation.

« Ça va tout va bien ? »

Elle détourna le regard, des points de lumières dansaient encore devant sa rétine. Elle fit signe que oui.

« Tu es toute seule ? »

Elle ne répondit pas. Cela aurait pu être dangereux.

« Y a des gens qui t’accompagnent ? Des amis ? De la famille ? »

Elle ne répondit toujours rien.
Elle entendit un énorme craquement et l’immeuble sembla trembler sur ses fondations. Un pan de mur se décrocha au fond.

« Il faut partir d’ici, ma femme et ma fille attendent dans la salle derrière, je dois savoir si tu es toute seule, ou si elles risquent quelque chose en sortant »

Alice regarda la salle du fond, sans doute un appartement dont la porte avait sauté, il faisait noir dedans.

L’immeuble vacilla de nouveau.

« Fais chier putain ! Karen, prends la petite, on se casse »

A peine quelques secondes plus tard, une femme, toute poussierée portant une petite enfant blonde dans ses bras sortie. Elle la toisa de haut en bas, et Alice fut étonnée d’être regardée, elle qui pensait se fondre dans l’arrière-plan plein de tâches.

« Qui c’est ? »

Le mari haussa les épaules, et avant qu’une réponse fût même ébauchée, un autre pan s’effondra. Ils sortirent en courant, et s’éloignèrent, courant après leurs pieds, comme Alice l’avait fait. L’immeuble disparut dans le sol… Celui qui soufflait sur le nuage de poussière avec un sacré souffle. Les bâtiments étaient des fétus de paille.

Ils coururent, l’enfant passa tour à tour dans les bras de son père et dans ceux d’Alice. Qui la serra un peu fort, bien plus que de raison, parce qu'elle n'avait jamais rien tenu d'aussi précieux... mais il fallait faire doucement, il ne fallait pas la casser, elle était un joli dessin.

Ils coururent tant et si bien qu’à un moment, le nuage de poussière s’essouffla et décida de les laisser gagner la course. Ils se trouvaient alors au pied des quartiers des Automates.

Le souffle n’avait pas dû arrivé jusque-là. Quelques pans de route étaient effondrés, mais rien de plus… Ils longèrent la route, jusque voir un attroupement de gens. Ils hurlaient, se débattaient, et Alice distinguait clairement les voix:

« Laissez nous passer, on va tous crever, putain de merde »

Ce à quoi quelqu’un qui devait être très impatient finit par répondre par plusieurs coups de feu. Certains hommes rejoignirent la poussière, en fermant les yeux, d’autre se soulevèrent. Les coups de poings contre les coups de feu. Le combat inégal du tigre contre le papillon. Et beaucoup d’entre eux perdirent leurs ailes.

Elle attrapa par la manche l’homme qui avait fait de même une éternité avant. Il attrapa sa femme qui pleurait en serrant sa fille. Et ils se mirent à courir. Alice n’était pas sure, mais ce qu’elle avait distingué en partant était des hommes en uniformes, des NOD, et d’autres qui semblaient construire un mur, et tirer à vue sur ceux qui essayaient de franchir cette barrière en devenir.

Au bout de plusieurs minutes, les pieds de la femme cessèrent de courir. Elle pleurait, balançant d’avant en arrière le corps de son enfant. Et Alice pleura, et le Monsieur pleura. Et l’enfant mourut.

Et ce fut triste. Mais ils n’eurent que peu de temps pour les larmes, des gens arrivaient en courant, blessés, touché, et derrière des NOD qui tiraient. Et c’était presque beau, car ceux qui tombaient le faisait avec grâce soulevant un petit nuage de poussière, comme une nuée de lucioles.

Mais Alice courut, car elle ne voulut pas soulever de Lucioles. Elle courut, agrippant de nouveau l’homme qui au bout de quelques secondes la plaqua contre le mur.

« Je peux pas venir ! Ma femme… Elle est restée là-bas »

Et il repartit, alors que les gens le bousculaient et qu’il se frayait un passage, il tenta de remonter les flots de ceux qui fuyaient, et Alice ne le perdit de vue, que lorsqu’à son tour, il chuta au sol, dans une envolée de poussière Lucioles.

Alors elle se retourna, et elle courut. Plus vite que ses pieds cette fois. Plus vite que le vent, au travers toutes les lucioles que ses pauvres gens soulevaient.  Elle courut, si loin et si vite, que bientôt, elle n’entendit plus le bruit des balles, plus de cris, plus de mort. Soudain, les immeubles s’étaient arrêtés de pousser, et devant elle s’ouvrait un monde qu’elle ne connaissait pas. Elle leva la tête… Et elle le vit de nouveau. Son croissant de miel. Elle tendit vers lui la main, comme pour l'y accueillir... Mais son bras était trop petit..

Et Alice tomba à genoux, perdue entre deux mondes. Et elle se mit à pleurer, puisque c’était un domaine dans lequel elle excellait. Puis, les larmes fermèrent ses yeux, et bientôt, elles arrêtèrent de couler… Mais Alice ne releva pas la tête, car pleurer avait été épuisant.

Ses genoux écorchés, ramenés contre sa poitrine, la tête reposant dans ses paumes ouvertes, Alice s’était endormie.

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