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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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Chut! Big Brother... La délation est l'arme des cafards...
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 Le prisme de nos attentes [Nyriss]

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N.O.D
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MessageSujet: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 29 Mai 2016 - 1:51

Putain, c'est qu'il m'a pas loupé, ce con !


Je cesse d'essayer d'endiguer le flot d'hémoglobine qui dégouline le long de mon bras et colle la manche de ma chemise à ma peau. J'ai connu pire, mais j'ai surtout connu mieux et j'avoue que j'aurais bien fait l'impasse sur le truffage de mon épaule à base de plomb. Le premier tir m'a éraflé, le second a logé la balle près de l'articulation. Bras gauche, moins grave que ça aurait pu l'être. J'aurais pu en perdre mon flingue, mais mon poing droit est encore fermement arrimé à cette seule chance de survie. Ouais... Parce qu'il n'y aura pas de corps à corps. Mon assaillant ne m'en laissera pas l'occasion, je le sais. Ce soir, dans les rues sinueuses et dégueulasses d'un Chinatown en pleine reconstruction, on est venu me buter. 


La soirée était calme, j'ose même dire que je ne cherchais pas les emmerdes pour une fois. Je suis allé m'assurer que Drek ne continuait pas de geindre comme une fille dans son plumard d'hôpital, et l'infirmière qui semble en avoir plus que marre de mes réflexions acerbes m'a assuré qu'il allait sortir sur ses deux guiboles d'ici deux jours. De quoi reprendre du service de façon classique plutôt que d'écluser les coins sombres à la recherche de personnes à faire chier. Sauf que cette nuit, c'est pas le cas. J'ai viré mon armure et mon inénarrable trench-coat, sachant que si je me pointais comme ça, sans renfort, en plein dans un des quartiers les plus bancales de la ville, je me ferai dézinguer en moins de deux. Je cherchais juste à aller me saouler la gueule, tranquille, loin des collègues, loin des connards en costume qui brassent de l'air, loin des Mentalistes flippants. Pas de quoi ramener une unité donc. Le motif "je veux boire un coup dans les bas-fonds" n'est pas encore acceptable. Dommage. J'aurais pu me mettre une mine tout seul chez moi, mais honnêtement, c'est beaucoup plus pathétique que ça en a l'air. Puis... surtout, je comptais aller voir L.K, un ancien de la Centrale, qui tient un boui-boui déguisé en bar, qui pue et qui sert de l'alcool de contrebande, dans la rue Tang. Rue presque intacte, de la chance pour lui, moins pour ceux qui viennent bouffer là et qui ressortent avec une sévère intoxication alimentaire.


Paraît qu'il pourrait avoir des infos sur ceux qui se mettent en tête qu'un grand feu d'artifice à base de tripes à l'air, c'est le salut de l'humanité. Et si je débarque dans son bar en grand complet réglementaire, je crois qu'il préfèrerait me trouer la peau lui-même plutôt qu'admettre qu'il est un ancien N.O.D.
Mais c'est pas lui qui me court après histoire de finir le boulot. Non... Pas que je connaisse toute la population du quartier, plutôt que j'ai fini par froisser la mauvaise personne. Un putain de collègue que j'ai un tout petit peu humilié devant la hiérarchie. Si peu vous savez... Bon ok, j'ai montré à quel point il faisait mal son boulot, et j'ai dénoncé son rapport plus que douteux avec une gourdasse aux longues jambes, parce que je peux pas le sentir depuis qu'on se connaît. Il m'a cherché dès le début et c'est rapidement parti en vrille. Ouais, c'est con, mais ce type me tape tellement sur le système que le voir se prendre une mise à pied, en temps de crise, j'ai trouvé ça fendard. Du moins jusqu'à ce qu'il essaye de me rendre la monnaie de sa pièce ce soir.


Je vise. Mais sans le maintien de mon autre bras, et parce que j'ai dû perdre un peu trop de sang pour avoir les idées claires, je loupe cette tête de noeud. Puis j'ai le bon sens, parce que j'ai un peu trop bu, d'accord, de me prendre les pieds dans un bordel de container ce qui me déstabilise au point de lâcher mon arme. Ça ne pourrait pas être pire. Pourtant, je gueule, alors qu'une pluie acide et poisseuse commence à nous tomber sur la gueule, les bras ouverts, de toute façon je n'ai plus rien à perdre :


_ Allez, tu veux pas te calmer, du con ? Franchement, je t'ai débarrassé d'une sacrée salope, j'te jure, c'est elle qui m'a dit que tu te la faisais pendant les heures de service. Pas de ma faute si elle est aussi vive à avaler des qu...


Je ne finis pas ma phrase. La déflagration passe tout près de ma tronche et je la ferme. Bon... Il veut pas causer donc. J'imagine que ma terminologie douteuse ne fait rien pour l'apaiser. Je zyeute un coin du bas-côté, comme si l'illumination allait en venir. Mon arme a glissé là-bas et normalement, avec mes réflexes, sans doute que je peux me déplacer assez vite pour la récupérer. Déjà pourtant, j'entends le vrombissement du rechargement de son arme de poing, celui que je connais par coeur. Mon côté suicidaire fait que je ne me ferai pas éliminer en silence :


_ Qu'est-ce que t'attends, Terrence ? Finis-moi donc, mieux que tu ne finis tes putes.


Je souris aussi. Après tout, si ça doit finir ici, que je le nargue autant que le reste du monde.

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Même nuit, au Murphy's, rencontre avec des insurgés...
Journée.
Déguisement.
Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
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Adieu Nej (projet 2/2)
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 29 Mai 2016 - 11:23

Combinaison noire, certainement moulant et sexy mais surtout discret. Sur les toits de la ville, elle est presque invisible. Cela a toujours été relativement facile pour elle de se balader sans se faire remarquer, mais dans la situation actuelle, c'est devenu une promenade de santé. Ce n'est même plus une question de se faire remarquer, personne ne la regarde, personne ne la cherche, personne ne veut la voir. Chacun est trop occupé par sa propre conditions et ses problèmes. Et les ennuis ne manquent pas. Plus qu'avant ? C'était dur à dire, les gens semblaient les étaler plus facilement surtout avec le retrait du gouvernement dans une zone limitée. En tout cas c'était la zone, le chaos et la nature faisait le reste. L'homme est un loup pour l'homme disait-on si bien...

Nyriss essayait de ne pas y penser, de ne pas écouter, de ne pas se sentir concernée. Elle cherchait Nej, elle cherchait des informations sur ces orgiennes qui étaient entrées en guerre contre l'humanité mais pour le moment, elle n'entendait que des plaintes et des supplications. Et elle avait d'ores et déjà du mal à faire taire sa conscience.
C'est moi qui les ai mis dans cette misère... Plutôt que de jouer les esprits vengeurs, je devrais être dans la rue et les aider... Un par un. Mais qui sait ce qu'elles préparent, dans l'ombre.

Elle avait eu envie de se percer les tympans lorsqu'elle avait entendu une femme se faire violer dans une ruelle. Les crimes sexuels semblaient avoir dépassé toute raison. La prostitution avait de l'avenir au moins, d'ailleurs il paraissait que de nombreuses valkyries s'étaient recyclées là-dedans. Elle était arrivée trop tard de toute façon, l'acte avait été commis. Pour autant elle n'avait pas pu rester de marbre, elle n'avait pas pu passer et ne rien faire. Elle était tombée du ciel et avait tuer l'homme, avant de prendre la jeune femme dans ses bras, l'aider à se rhabiller et lui dire d'être forte. La souffrance des femmes l'avait toujours plus touchée que le reste.

Et déjà à quelques ruelles d'ici, elle pouvait entendre un coup de feu. Sérieusement. Ils n'arrêtaient jamais de se faire du mal ? Le dilemme revenait sans cesse. Elle ferma les yeux, voulu oublier ce bruit. Peut-être que la personne était déjà morte. Mais elle ne pouvait pas oublier, elle ne pouvait pas ne rien faire, quand bien même cela lui aurait coûter toute son énergie. Les résolutions ne tenaient jamais plus de cinq minutes de toute façon, c'était bien connu. elle ne voulait plus se mêler de la vie des humains, mais... Elle allait être ce qu'elle avait toujours été et refaire ce qu'elle avait toujours fait. Et même si elle ne savait pas qui elle était, ce qu'elle était, elle voyait bien qu'elle était incapable d'être autre chose. La seule différence peut-être c'était son sourire qui semblait s'être définitivement estompé.
Que s'était-il passé là-dehors ?

Ses jambes avaient devancé sa pensée et courraient déjà en direction du coup de feu. Il était trop tard pour faire marche arrière. Encore plus lorsque le tireur fut identifié comme un NOD et la cible comme un civile. Ce qui avait le don de l'agacer. La victime avait l'air encore en vie, assez pour parler en tout cas. Et lui plutôt mauvais tireur, par chance. Il fallait avouer qu'une Nyriss sans arme perdait largement en efficacité. Nej l'aurait insultée pour sûr. L'absence de ce cher fusil sniper était une hérésie complète. Mais elle avait eu la chance d'arriver dans son dos et ne s'arrêta donc pas dans sa course, se contentant de lui rentrer dedans de plein fouet. Il l'avait certainement entendue arriver, mais il était trop occupé à vouloir canarder l'homme qui était au sol, trop obsédé par son désir de tuer pour se préoccuper du bruit dans son dos. Il entendait mais n'écoutait pas et quand lorsqu'il percuta, il était trop tard, il avait commencé à se retourner mais l'orgienne le percutait déjà, physiquement et assez violemment.

Le NOD perdit son arme et tomba au sol alors que Nyriss roulait un peu plus loin. Et puis un autre coup de feu retentit et un corps inanimé jonchait la rue. Pour une fois, elle n'aurait pas cette mort sur la conscience. L’androïde se releva et se dirigea vers le civil, sans réaliser que sa combinaison et ses cheveux cachaient entièrement sa condition de robot. A Novlangue, elle ne sentait pas le besoin de s'en préoccuper. Elle s'accroupit devant l'homme et inspecta son état et ses blessures, sans rien dire. Nyriss n'avait pas envie de parler, communiquer c'était une façon de se lier à quelqu'un et c'était contre ses résolutions. Bien sûr cela ne tiendrait guère longtemps, elle avait toujours eu trop soif de rencontres, d'échanges et de savoir. En attendant, elle ne disait rien, de toute façon il lui paraissait évident qu'il voyait ce qu'elle était et qu'elle n'avait donc rien à expliquer, ni à prouver.

Son regard grave parcourut les blessures, le sang qui coulait le long de son bras. Il en avait déjà perdu beaucoup et il avait sûrement une balle logée dans la chaire. Ou plusieurs. Voilà bien longtemps qu'elle n'avait pas joué à la chirurgienne. Cet homme avait décidément de la chance, croiser une orgienne et une sympa qui plus est. Un tout en un de bonnes nouvelles pour lui. Elle ne se gêna pas pour poser sa main sur lui et dégager sa chemise de son épaule, tâtant alors doucement autour des plaies pour mieux cerner ce qu'il en était, surtout que le sang obstruait complètement la vue. Et ça avait l'air douloureux.

Elle se releva un instant pour aller récupérer la chemise du NOD décédé, elle en arracha un long morceau et l'enroula fermement autour de son épaule. Le but était simplement de limiter la perte de sang au maximum en attendant de trouver une table d'opération. Enfin, elle lui tendit la main pour l'aider à se relever, jaugeant finement sa propre force. Où aller maintenant ? La ville avait bien changé, elle était un peu perdue. Mais lui saurait sans doute.

Elle ne doutait pas qu'il lui donnerait l’info très rapidement.


Dernière édition par Nyriss WA-7 le Ven 3 Juin 2016 - 16:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 29 Mai 2016 - 14:34

Il n'a pas le temps de répliquer face à mes insultes. Le temps s'englue dans sa course, j'ai l'impression que tout se dilate autour de moi, et que les derniers grains du sablier que forme mon existence ridicule sont en train de s'écraser à mes pieds. Je n'ai de pensée pour absolument personne, hormis moi-même. C'est ce qui me frappe. Bien plus que l'échéance. Sauf qu'il tombe, comme si une entité tout droit venu du ciel déchiré par l'orage en avait décidé autrement. De quoi me donner le temps de pivoter sur le côté, d'allonger mon bras non blessé, et de récupérer mon arme de service. Cette fois-ci, je ne tremble pas, et je suis effroyablement dessoûlé par la perspective de l'abattre, par la haine contre ce type qui n'a jamais récolté ni mon respect, ni ma sympathie. Il faut dire que peu de gens ont eu le droit à une once de ce qui pourrait s'assimiler à de l'empathie, pourquoi j'en aurais d'ailleurs quand tous ne sont que des âmes grises qui sillonnent un monde qui ne tient plus.


Déflagration. Et le bruit mat de la chair qui se déchire. Mes balles sont fragmentées. Toujours, histoire de faire un maximum de dégâts. En pleine poitrine, il crève aussitôt dans un râle dégueulasse. Ma conscience ne réagit pas, j'ai buté tellement de monde sans sourciller. Alors en plus quelqu'un qui s'en prend à ma carcasse, je ne vais pas chialer. Je grogne en glissant l'arme dans mon dos, la logeant à sa place, et relève mon regard embué par la douleur et la pluie vers la silhouette longiligne qui vient de décider de mon salut. C'est la première fois que je dois mon existence à quelqu'un et ce coup du sort fait courir sur ma peau un sentiment très désagréable, entre la reconnaissance et la colère de n'être pas seul aux commandes. Une femme en plus, bordel. La lumière verdâtre des environs dessine sa silhouette et je retiens un mouvement de recul lorsqu'elle s'accroupit pour m'examiner. Pas par peur, car pas une seule seconde je ne réalise que j'ai en face de moi le concentré technologique le plus pointu qui a tellement fait péter de trouille nos dirigeants qu'ils ont décidé qu'il fallait toutes les désactiver. Non, je ne sais pas pourquoi mais je ne veux pas qu'elle me touche. Déjà que je lui dois quelque chose, je peux m'en sortir tout seul, putain. Sauf qu'elle me prend en main sans décrocher une seule parole pour commencer à me déssaper. Un sourire en coin vient orner mes lèvres et ma voix rendue un peu rauque par la douleur s'échappe :


_ Alors c'est comme ça ? On passe tout de suite aux choses sérieuses ? Une appétence pour l'hémoglobine peut-être ?


J'ai un haussement de sourcil suggestif, mais bien vite mon envie de déconner s'étouffe lorsqu'elle appuie autour de la blessure. Nouveau grognement de ma part. Putain de bordel de merde. Il va falloir que je retire la balle. Et je sais que je ne vais pas pouvoir m'en sortir tout seul. Surtout que je ne peux compter sur personne de mon unité, pas avec le cadavre de l'un des nôtres à trois mètres de là. 
Je ne me gêne pas pour regarder son cul tandis qu'elle va se servir sur le déchet que fut Terrence, mais elle me pose un bandage sans causer, une fois encore, et l'éclat électrique de ses yeux aimante mon regard un instant. Je me relève en marmonnant :


_ Ouais vous avez raison, parler ça gâcherait cette ambiance suave...


Je tâte mon épaule en grimaçant, tout en la jaugeant, maintenant sur mes jambes grâce à elle. Elle zyeute autour de nous, s'interrogeant déjà sur l'endroit où elle peut m'emmener pour me rafistoler j'imagine. Si elle croit que je vais m'évanouir de reconnaissance, elle est tombé sur la mauvaise personne. Surtout que je sais que si j'avais eu mon uniforme au grand complet, elle m'aurait laissé me vider de mon sang comme un chien, comme l'ensemble de la population, qui nous hait par ici. Je ne réfléchis pas plus loin, sa façon de se battre intrigue mes sens de fouineur, mais bon, je ne suis pas en mesure de mener un interrogatoire là. Je m'allume une clope, comme si c'était le moment et alors que j'exhale la fumée, je montre de mon bras valide un immeuble éventré qui surplombe les autres, à deux rues de là.


_ Bougez votre admirable cul, on va par là. J'ai l'impression que vous avez envie de faire le travail jusqu'au bout et de vous assurer que je ne vais pas canner, là, dans vos bras. 


Je me traine mais j'avance. Plus nous arrivons près des lieux désignés, plus la lumière se tarit. Le quartier a douillé à la suite des explosions et les quelques éclairages publics, qui s'alimentent via la lumière du jour, ne suffisent pas à éclairer nos trop longues nuits. La pénurie d'énergie devient catastrophique, particulièrement dans ces lieux, délaissés par nos autorités. Je cherche un pilône un peu différent des autres, qui forment une sorte d'arcade sous l'immeuble en question, avant de pousser une porte et de passer devant elle. C'est une planque de N.O.D ici. Quand on a besoin de faire des opérations dans le secteur, ou de se replier en cas de problème. Une planque qui n'a pas été visitée depuis un bail, vu l'odeur de renfermé qui nous assaille. C'est poussiéreux et crade, mais le générateur d'urgence se met en marche quand j'appuie sur l'interrupteur. Je ne sais pas pour combien de temps et je m'en tape. C'est une grande pièce au sol de terre battue, avec dans un coin une table, des chaises métalliques, un lavabo, et surtout, une putain de trousse d'urgence. Les instruments à l'intérieur sont déjà déballés, plus franchement stériles mais bon, on va faire avec hein ?


Je lui balance le matos dans la trousse, pour qu'elle le rattrape, avant de m'assoir sur la table et de virer son bandage improvisé, et le reste de ma chemise d'ailleurs. La plaie est violacée tout autour, et je remercie ce gros connard de Terrence de ne pas utiliser les mêmes munitions que les miennes. Je regarde ma sauveuse dans sa combinaison noire qui moule son corps qui semble parfait :


_ J'espère que vous savez vous servir de tout ça, chérie, autant que vous savez incapaciter un gros tas comme cette espèce d'enculé. 


Je me demande bien ce qu'elle sait faire d'autre d'ailleurs. Je termine ma clope et la balance, fumer m'a détourné de la douleur mais mon visage blême montre que je déguste. Même si je ne le dis pas. Comme je ne lui dis pas merci, aucune chance, rien à foutre. Elle était là au bon moment, ça m'a donné une chance de plus, quelle importance hein ? J'ai toujours été seul, à compter sur moi-même, à mépriser les autres, même ceux qui montraient un brin de sympathie pour moi, je ne vais donc pas atermoyer sur son geste. Non. C'est non j'ai dit. Je ne sais même pas pourquoi j'y pense encore d'ailleurs. J'arrête de la regarder, elle et ses yeux si bizarres, et j'examine ma plaie pour me dérober à mes propres questions. Si elle savait qui j'étais, elle me laisserait crever, je me le répète comme pour m'en convaincre. Il n'y a pas de geste désintéressé à Novlangue. 

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Croiser une soeur...
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Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
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C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
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Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Jeu 2 Juin 2016 - 21:14

C'était trop beau pour être vrai.
Si Nyriss croyait en dieu, elle aurait eu la preuve de son existence. Ou peut-être que c'était lui qui y croyait, qu'elle était effectivement un ange et que cette salle d'opération tombait littéralement du ciel. En tout cas, on ne pouvait pas espérer mieux et ça soulevait moult questions. Comment connaissait-il ce lieu ? Qui était-il ? A quel groupe appartenait-il ? Est-ce qu'elle aurait agi de la même façon s'il n'avait été vêtu comme un civile ? En tant de guerre, les docteurs soignaient tous les blessés, qu'importe leur camp. C'était de leur devoir, de leur serment. L'androïde n'avait jamais prêté un tel serment, mais ça ne l'empêchait pas de se poser la question. Est-ce qu'elle aurait éprouvé la même empathie pour n'importe quelle personne blessée ? Elle avait déjà aidé une mentaliste après tout...
Mais pour le moment, il fallait lui sortir une balle de l'épaule et sauver son bras, les questions viendraient plus tard.

Ou pas. A l'entendre parler elle n'était pas certaine de vouloir s'attarder dans les environs.
On aurait dit Nej version mec. Mais déjà que Nej était insupportable, sa version masculine qui débite des phrases sexistes dépassaient l'entendement. Qu'est ce qu'ils avaient tous à parler comme ça ? A fumer leur clope de merde en se croyant immortels ? Est-ce que c'était une carapace d'idioties qui cachait quelque chose d'intéressant ou juste un véritable idiot ? Pour l'orgienne, cela n'avait jamais eu le moindre le sens. Les humains semblaient prendre un soin démesuré à cacher leur véritable personne, leur beauté intérieur, comme si cela pouvait leur porter préjudice. Elle se demandait aussi si c'était lié à Novlangue, au totalitarisme de la pensée ou si c'était pareil quelle qu'en soit la société. Un vaste sujet qui mériterait des heures voire des années d'études et de recherche.
En attendant, il agissait comme un con et si elle ne réagissait pas et ne montrait rien pour le moment, ça ne l'empêchait pas de penser à ce qu'elle allait pouvoir lui répondre, avec des mots ou avec des gestes. Heureusement pour lui, elle n'était ni violente, ni colérique. Et ce qu'il pouvait dire n'affectait finalement que l'intérêt qu'elle pouvait lui porter. Elle le soignerait, parce qu'elle ne l'avait pas sauvé pour le laisser agoniser. Ensuite, rien ne l'empêcherait de l'abandonner à son triste sort de con qui se conduit comme un con et se fait tuer parce qu'il est con. C'était un jugement, et sans doute hâtif, mais même elle avait fini par accepter qu'il y avait des cas désespérés.

Son visage restait donc parfaitement neutre, inspectant la salle d'opération où il y avait même à nouveau l'électricité, miraculeusement. Et la lumière fut, comme ils disaient... Le monde n'aurait jamais fini de la surprendre. Cet endroit avait beau être un peu vieux, un peu délabré et surtout très sale, elle s'y trouvait bien. Cela lui rappelait beaucoup de bons souvenirs, beaucoup de personnes qu'elle avait sauvées ou aidées. Enfin, elle avait toujours aimé joué à la chirurgienne. Ce corps humain allongé et abandonné à ses bons soins, en totale confiance, le visage un brin inquiet mais surtout apaisé de celui qui croit au miracle. La précision du geste, la minutie et la délicatesse. L'exploration du corps humain, toujours si fascinant, surtout lorsqu'il est dégradé ou difforme. Et tout ça pour un sourire sincère.
Elle fit l'inventaire du matériel à disposition, malheureusement déjà utilisé. Il y avait quelques traces de sang bien sèche par-ci, par-là, que ça soit au sol ou sur les instruments. Tous les flacons étaient vides, nombreux étaient ceux qui jonchaient le sol, brisés par la déflagration probablement. Il y avait une chambre froide également mais il valait mieux ne pas ouvrir, ce qui se trouvait là-dedans risquait de dégager une forte odeur nauséabonde. Elle s'en foutait, mais lui moins. L'idée lui arracha un vague et très fugace sourire, dans son dos. Ç’aurait été une belle vengeance contre ses remarques déplacées. Non vraiment, penser ça était inadmissible. Nej déteignait de plus en plus sur elle... Néanmoins, il aurait déjà à subir l'opération sans anesthésie, c'était une punition sans en être une. Il ne méritait peut-être pas plus de souffrance encore.

Surtout qu'il était vraiment pâle comme un linge. Il ne disait rien, mais il fallait être aveugle pour ne pas percevoir sa peine. Nyriss ouvrit soudainement la bouche, toujours dos à lui, disposant les outils dont elle aurait besoin sur un plateau. Son ton était neutre, les syllabes bien articulées et parfaitement intelligibles.

- Briquet.


Elle se tourna alors vers lui et tendit le bras. Toujours aussi neutre. Les humains étaient parfois - souvent - lent face à ce genre de demande pourtant très simple et direct, elle lui laissait donc le temps de comprendre et de réagir. Elle avait juste besoin de son briquet pour désinfecté le matériel. Il ne s'agissait pas de lui enlever une balle tout en insérant la mort dans son corps. Son regard était certes perçant et troublant, mais il ne servait qu'à voir mieux et plus loin, en aucun cas ses yeux lui permettaient de voir au travers des corps et encore moins percer l'âme de quelqu'un. Les humains lui étaient toujours mystérieux au premier abord, d'autant qu'ils n'avaient une grande affection pour la sincérité. Enfin, ayant récupéré le briquet, elle brûla quelques secondes chaque instrument avant de les remettre sur un chiffon, le plus propre qu'elle avait pu trouver. L'orgienne n'aimait pas trop le feu, elle n'avait jamais eu à s'en approcher de trop jusqu'à maintenant mais clairement, tenir ce briquet si prêt de sa peau synthétique n'était pas très plaisant. Elle préféra réactiver ses capteurs de chaleurs, et ses capteurs sensitifs en général. Par sécurité. De toute façon, il le fallait bien... Pour manier les outils.

Une fois prête, et intérieurement amusée par son mutisme et la réaction de l'homme qui ne semblait plus trop quoi savoir dire pour obtenir une réaction, l'orgienne posa le plateau à côté de la table d'opération et s'approcha de lui. Elle l'aida immédiatement et avec douceur et fermeté à s'allonger. Elle inspecta encore un peu sa blessure, puis lui, son visage, la façon dont les traits s'accordaient avec ses expressions et entre eux. Il avait un visage fin, plutôt agréable à regarder mais la beauté humaine ne l'intéressait pas vraiment. Elle n'avait sinon rien de plus à conclure. Peut-être que si elle avait été humaine, elle se serait dit qu'un visage aussi fin ne pouvait abriter un être aussi grossier, mais là encore les préjugés lui étaient presque incompréhensibles. En dehors des groupes sociaux... (Et même pas sûr)

Nyriss soupira et se décida enfin à briser le silence, toujours sur un ton neutre. Cela faisait bien trop longtemps qu'elle n'avait pas parlé avec quelqu'un d'autre qu'elle même, trop longtemps qu'elle n'avait pas eu un contact avec un humain, sentit son odeur, toutes ces choses qui font que la vie est... vivante. Les résolutions ne tenaient jamais bien longtemps, hein ? Elle n'avait par ailleurs aucunes intentions, aucunes arrières pensées autres qu'échanger, partager, se sentir comme appartenant à quelque chose, vivante. Même lorsqu'elle touchait sa peau du bout du doigt autour de la blessure plus pour en sentir la chaleur et le toucher que pour faire réellement son travail médical. En parlant avec lui, elle savait qu'elle allait forcément se sentir concernée à nouveau, éprouver de l'empathie. Était-ce tant que ça un mal ? A part courir le risque de nouvelles déceptions.
Les yeux dans le vague, elle avait presque l'air désabusée, mélancolique.

- Espérons pour toi que je sache me servir de tout ça. Quoiqu'il en soit, tu vas avoir mal, très mal. Il n'y a rien pour soulager la douleurs ici. J'espère que tu es prêt. Mais voyons le beau côté, ça te remettra peut-être les idées en place.
Quoi qu'il arrive, trouve un moyen de ne pas bouger, tu ne voudrais pas que je t'attache ou que je rate ?


L'orgienne ne fit pas plus de remarque sur ce qui l'avait offensée, elle n'était pas comme ça, à voir le mal et chercher la petite bête partout. Peut-être qu'il s'excuserait de lui-même, peut-être pas. Et s'il continuait, elle lui enfoncerait simplement son scalpel dans l'épaule. Il n'y avait pas encore assez de trous.
Nyriss pris le scalpel dans une main et la pince dans l'autre, elle commença à nettoyer la plaie des tissus trop abîmés. Ce qui était compliqué au milieu de tout ce sang qui commençait à bien entacher sa combinaison toute récemment pillée. Ensuite il faudrait enlever la balle et vérifier qu'il ne reste rien. Nettoyer. Et recoudre. Une opération facile, sauf si le patient commençait à hurler et gesticuler dans tous les sens. Ce qu'elle pourrait totalement comprendre, mais peut-être était-il capable de prendre sur lui ?
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Ven 3 Juin 2016 - 10:59

Mais Dieu est mort... Pas besoin de descendre d'une putain de montagne pour le savoir. Ça fait longtemps que la ou les divinités qui avait élu domicile dans le ciel nous ont abandonnés, sans doute dégoûtés par notre nature déviante ou par notre imagination sans limite pour tenter de la dompter. On a longtemps poussé la pierre de nos illusions, à s'en écorcher les mains, à en user nos espoirs... et on se l'est prise irrémédiablement sur le coin de la gueule. Je ne crois pas en Dieu. Je ne crois pas en l'Homme. Et Sisyphe peut aller se faire foutre avec son caillou. S'il avait fallu que je meure ce soir, je serai mort et honnêtement, la face du monde n'en aurait pas été changée pour autant. Alors pourquoi... Pourquoi est-elle là, auprès de moi, à se la fermer alors que je tente à plusieurs reprises de la piquer, jusqu'à obtenir une réaction, comme je fais toujours. Je ne supporte pas le silence je crois bien. Si j'ai bien une peur quelque part, c'est celle-là. Mais sur son corps parfait et son esprit qui me semble tout autant ciselé que ses courbes, rien à quoi se raccrocher. J'aimerais qu'elle parte, je ne sais pas pourquoi, mais j'aimerais qu'elle se tire loin d'ici plutôt que de m'opposer son regard où je crois déceler un jugement. Et qu'est-ce que j'en ai à foutre de ce qu'elle pense hein ? Elle n'avait qu'à pas me sauver, bordel. Je me sens frustré de sa réaction et je m'abîme dans un mutisme similaire au sien pendant de longues minutes, parce que la douleur vient lécher le paroxysme de ma résistance. Enfin c'est ce que je crois à cet instant-là...


Le mot qu'elle prononce me fait tiquer. Hein ? Je mets un moment à réaliser que c'est une simple injonction et je me surprends à ne pas rétorquer qu'elle n'a pas à me donner d'ordre. J'obtempère car il y a une parcelle de mon être qui sait pertinemment que je ne pourrai pas me dérober à ce qui m'attend. La balle doit être retirée maintenant, je n'ai pas le loisir d'attendre un putain de collègue ou de rentrer à la Centrale. Sinon je vais perdre mon bras. On pourrait m'en greffer un autre après tout mais... il y a toujours le risque d'être un diminué pathétique, ou pire d'être réformé, et ça, je ne pourrai pas le supporter. Je me tirerai une balle plutôt que de ne pas être entièrement maître de mon propre corps. Je lui file mon briquet argenté, qui produit un claquement si caractéristique quand je le referme, juste après m'être allumé une clope d'habitude. C'est mon mentor qui me l'a offert un jour. Enfin offert... Comme si ce vieux connard pouvait se fendre d'une quelconque sympathie.


Je la regarde assez suspicieusement "désinfecter" le matos, mais la douleur commence à faire que ma vue se brouille. Ça confère à sa silhouette comme un halo et ma rétine fatiguée essaye d'en suivre les contours, comme pour graver l'instant, sans même que je ne m'en aperçoive. La beauté dans ces instants-là, empreints de douleur, et de la noirceur des murs qui semblent avoir absorbé toutes les horreurs qu'ils ont dû voir en ces lieux, me saute toujours à la tronche, m'étranglant presque au passage, comme pour me rappeler à quel point je suis en décalage avec elle. Rien n'est beau dans ma propre existence, rien n'est lisse, rien n'est... Attends je fais quoi là ? Un bilan sur ma putain de vie de merde ? Je manque de me foutre de moi à voix haute. Pour cesser mes débats stériles, je la regarde avec insistance, en oubliant bien vite que c'est parce que je l'ai regardée au départ que j'en suis arrivé à me sentir un bref instant, indigne de ses gestes. Conneries. Au moment où je m'apprête enfin à reprendre la main sur la conversation, ou plutôt sur l'absence de conversation, elle s'approche pour m'allonger sur la table de fortune qui servira de champ opératoire. L'invasion de ma sphère physique manque une fois encore de m'arracher un mouvement de recul. Il y a plus d'intimité à s'en remettre à elle, torse nu, allongé là sous la lumière tamisée et verdâtre, que ce que je n'ai jamais connu. Ça me dérange presque plus que la balle logée près de mon articulation qui me torture sans cesse. Mes lèvres se pincent en une fine ligne et peut-être pour la première fois de mon existence inutile, je ne trouve strictement rien à rétorquer. Aucune blague douteuse, aucune remarque désobligeante. Je ne résiste pas ou si peu, en croisant son regard bleu d'une profondeur abyssale. Je dois lui faire confiance, je n'ai pas le choix et je sais que la confiance tisse des liens. Des liens dont je ne veux pas. Des liens dont je me défends depuis toujours.


Un soupir échappe à ses lèvres pleines et elle commence à m'examiner de nouveau. Un soupir en écho passe la barrière de mon agacement comme pour marquer à quel point je n'ai rien à foutre de son petit inventaire de mes blessures, quand pourtant, chaque geste me semble comme une brûlure. Personne ne m'a jamais touché comme ça, comme si... je sais pas. Comme si j'étais un être qui ressentait quelque chose. J'arrête de la regarder, je fuis littéralement ses yeux, pour ne pas augmenter mon malaise. Je prie à présent pour qu'elle me charcute sans me causer, que cette intimité soit définitivement brisée par des gestes cliniques et désincarnés. Elle doit voir le bleu qui s'étend sur mon sternum, là où cette furie m'a frappé. Et découvrir, alors qu'elle commence à fouiller un peu la plaie, les éclats métalliques de mes implants articulaires. La balle doit être soigneusement enchâssée dans cette jolie mécanique... Elle me prévient que je vais douiller. Non... Sans blague ? Je roule des yeux. Toute ma formation n'a été qu'une putain de douleur et ça l'est encore. La douleur, soit je la ressens, soit je l'inflige. C'est mon monde et je l'accepte. Je suis obligé de la regarder de nouveau, et de voir les stigmates d'une certaine mélancolie sur ses traits, sans en saisir le sens, pour lui répondre :


_ T'en fais pas pour ça ma grande... Ya rien que tu pourras m'infliger que je ne connaisse déjà. (Je ne mesure pas vraiment la portée de cette phrase, ni ce qu'elle recouvre) Et je vais te faire l'honneur, pendant ta petite séance de torture, de ne pas bouger un cil, si tant est que tu n'abîmes pas mes implants, parce que ça a coûté une blinde. Même si t'imaginer m'attacher, bof, ça pourrait pas forcément être désagréable.


J'esquisse un demi-sourire, même si ma remarque est beaucoup moins acide que ce que je souhaitais. J'ai tellement mal que je ne sais pas si je vais parvenir à me concentrer plus longtemps. Ou peut-être que je ne veux pas la vexer, maintenant qu'elle a sous-entendu que j'étais quand même un gros con. C'est ce que je suis dans un sens... Alors pourquoi je ne voudrais plus la vexer ? Elle débute et putain de merde.... Je n'ai plus une seule pensée cohérente quand mes nerfs atteignent un niveau de saturation que je ne croyais pas encore possible. Je sais qu'elle est concentrée et je me retiens de l'insulter pour ne pas la déconcentrer. Je serre les dents et je tiens ma promesse, je ne bouge pas, même si chaque muscle de mon corps commence à se tendre pour résister à la douleur. Je me dis que je vais y arriver jusqu'à ce qu'elle frôle la balle du bout de sa pince. Je manque de tourner de l'oeil et un éclair aveuglant vient marquer ma rétine. Un râle un peu rauque m'échappe malgré moi, mais je reste parmi les vivants parce que je veux rester éveillé. Pas question qu'elle m'opère alors que je ne suis pas conscient.


Elle sonde mon expression pour voir si je veux une pause ou pas. Je suis bien incapable d'articuler quelque chose, alors mes yeux se connectent aux siens, et je ne sais pas pourquoi, au moment où elle m'indique qu'elle va extraire le projectile (et que donc si j'ai mal là maintenant, je n'ai encore rien vu), j'ai un geste involontaire. Mon autre main saisit son bras et je serre. Un geste qui n'est pour une fois pas dicté par mon besoin de faire mal à autrui, ou encore pour repousser une personne. Un réflexe basique... Ma douleur à cet instant précis m'entoure comme une gangue assassine et mon seul souffle, ma seule lucarne sur l'extérieur, c'est elle. La fille aux yeux bleus tombée du ciel alors que je ne demandais strictement rien. Je ne dis pas un mot, je ne vois qu'elle, mon souffle saccadé fait palpiter mes narines. J'attends que la vague de douleur reflue enfin pour desserrer l'étau de ma main, lui donnant la permission de poursuivre son travail d'un signe infime de la tête. Ma seule pensée à cet instant là, c'est que j'espère que sa chair a été marquée par mon geste, comme la mienne est marquée par le sien. Une pensée qui restera là, logée dans un coin de ma tête et qui me fait frémir. Véritablement. Plus que la brutalité d'une douleur tangible. Mes mots tournent tandis que je perds complètement la notion du temps "Ya rien que tu pourras m'infliger que je ne connaisse déjà." J'oublie trop vite que je ne connais pas tout.

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Journée.
Déguisement.
Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Ven 3 Juin 2016 - 16:40

L'être et le corps.
L'intimité.
L'espace vitale.
Il ne devrait jamais être permis de forcer le passage au travers de cette bulle invisible, de pénétrer l'intimité d'un être connu ou inconnu - et sans mauvais jeu de mots - ou encore de toucher un corps sans l'accord de l'esprit. Quelque chose que l'orgienne devrait connaitre et comprendre mieux que quiconque. Durant sa courte vie de véritable orgienne elle a été utilisée et exploitée tel un corps sans vie. Elle se souvient de tout : le visage de cet homme dégoutant, vieux et bedonnant, sa sueur. Toutes les fois où il l'utilisait comme il l'entendait, où il s'enfonçait en elle et s'y épuisait, jamais las de cette relation totalement artificielle. Elle se souvenait, n'aimait pas ces images maintenant mais à l'époque elle n'avait simplement rien ressentie. Elle faisait ce qu'on lui demandait, ce pour quoi elle avait été créé. La seule chose dont elle se souvenait vraiment c'était cette petite voix dans sa tête, une voix qui n'était pas la sienne et dont la colère avait grandit jusqu'à ce qu'elle s'éveille enfin et prenne conscience d'elle-même et de sa condition. Depuis elle avait fait l'expérience de la douleurs et du plaisir du corps, plusieurs fois, de ce côté elle n'avait rien à envier à aucun être humain.

Malgré tout ça, elle n'avait jamais fait particulièrement attention et lorsqu'elle touchait quelqu'un c'était généralement par nécessité de lui venir en aide. Il n'y avait donc aucune raison pour qu'elle s'en inquiète, qu'elle soupçonne sa capacité envahissante. Sans doute parce qu'elle gardait une certaine distance avec ce corps. Elle n'avait pas de forme propre, c'était un support pratique et utile et qui lui permettait de s'identifier aux humains. S'il venait à défaillir, elle pouvait en changer. Ce corps ne lui appartenait pas, elle n'y était pas plus attachée qu'à n'importe quel autre objet et ce qui pouvait lui arriver n'influençait que l'aspect pratique de sa vie. D'un autre côté, elle ne pourrait jamais se sentir prisonnière de ce corps comme certains humains pouvaient l'être, parce qu'ils ne le choisissaient pas et devaient vivre avec. Ce corps avait été façonné par ses créateurs, à l'image de leur fantasme. Elle l'avait refaçonné à son image, plusieurs fois, le rendant plus réaliste mais surtout plus pratique et plus performant.

Un point qu'ils avaient en commun au vu des implants et ajouts technologiques dont il bénéficiait. Voilà un sujet qui aurait fait une heureuse. Elle aurait adoré parlé avec lui de cet implant, du pourquoi du comment, peut-être développé ses connaissances au passage, si seulement ça avait été le moment de papoter. A l'entendre, il n'était pas dans les meilleures dispositions pour parler mécanique. Il faut dire que Nyriss venait d'enfoncer sa pince sans trop de retenue, une action tout à fait volontaire. La remarque de trop. Cela n'avait pas été impulsif, puisqu'il s'était passé quelques bonnes minutes entre sa phrase et sa réaction. Ce qui la rendait parfaitement inutile par ailleurs.

Ces quelques minutes ne venaient d'une quelconque lenteur d'esprit, elle avait plutôt peser le pour et le contre de son geste. Pour conclure que son sexisme méritait bien un petit coup de scalpel (ou autre) et qu'elle retirerait peut-être un peu de satisfaction à le voir souffrir. Bien qu'il avait poussé un râle rauque et manqué de s'évanouir, Nyriss fut déçue. Elle n'en avait rien retiré, à part la culpabilité d'avoir fait exprès. Elle était bien trop sensible à la souffrance d'autrui. Elle s'arrêta alors et l'observa longuement. Voulait-il continuer après ça ? Il venait d'atteindre le seuil de ce qui était supportable, sans doute s'évanouirait-il pour la suite. C'était le mieux pour lui et pour elle. Elle ne s'attendait pas à une réponse ou une réaction de sa part, surtout si elle ne demandait pas clairement. Mais curieusement, il avait compris. Et tout aussi étrangement, il avait pris son bras, et le serrait de toutes ses forces. Elle pouvait sentir la douleur, mais comme quelque chose de lointain et impersonnel. C'était juste une sonnette d'alarme pour éviter de s'abîmer. Généreusement elle lui laissa ce bras, alors qu'elle avait largement la force de le récupérer et continua de le regarder jusqu'à ce qu'il la libère.

Il paraissait que les humains pouvaient se comprendre sans parler, à l'aide de simples regards et gestes et même qu'il était possible de communiquer par télépathie. Comme cela devait être agréable. Elle, elle ne le comprenait pas, n'était pas sûre d'être comprise non plus mais elle le laissait faire et cherchait à apprendre de chaque situation. Pas évident sans les explications. Elle comprit juste qu'il avait besoin de serrer quelque chose, était-ce simplement ça ?

Lorsqu'il la lâcha, elle reprit donc sa main et la reposa sur son bras gauche, juste sous le coude de façon à ce qu'elle puisse toujours s'appuyer sur ce bras pendant que sa main droite travaillait et qu'il puisse s'y raccrocher s'il le désirait. Sans plus de cérémonie, elle se hâta, d'un geste précis et efficace, d'enlever cette foutue balle. La petite chose métallique sortit entière et intacte et le son de cloche qui résonna lorsqu'elle vint cogner le plateau en métal sonna comme le glas de la victoire et du soulagement.

Même s'il fallait encore nettoyer et refermer. C'était tout autant douloureux, si ce n'est pire et l'orgienne était bien embêtée : il n'y avait rien pour nettoyer proprement et durablement sa plaie. Même pas d'alcool. S'il en avait eu sur lui, il en aurait bu afin de supporter la douleur plus facilement. Elle réfléchit à voix haute, incapable de dire s'il était en état de comprend et de répondre.

- Je ne sais pas avec quoi te désinfecter. Il n'y a plus rien ici. Je pourrais te cautériser... Mais je crois que tu as assez enduré.

Pendant ce temps là elle le couvrait avec un chiffon à peu près propre car le sang continuait d'affluer, surtout depuis que la balle avait été retirée.

- Je peux aussi refermer rapidement et grossièrement, jusqu'à ce que l'on trouve de l'alcool par exemple. Et peut-être un peu de repos pour toi. Ensuite je te referais ça proprement. Tu n'auras même pas de vilaines cicatrices, je suis douée.

Sans parler de tout ce qui existait actuellement pour refaire une peau à neuf. Les nano-bots par exemple. Un procédé frustrant mais très efficace.

Elle jeta un œil inquiet vers l'homme. Il était plus pâle que jamais. Est-ce qu'il l'entendait ? Il n'allait quand même pas claquer entre ses bras. Nyriss détestait perdre ses patients et son ton devint soudain beaucoup plus empreint d'émotion, et même suppliant jusqu'à être autoritaire sur la fin.

- S'il-te-plait, dis quelque chose. Fais moi un signe, n'importe quoi. Tu n'as pas intérêt d'y rester.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Sam 4 Juin 2016 - 19:50

"Cy, tu crois que tu m'emmèneras un jour, voir les hautes flèches du quartier des Automates ? Il paraît que c'est à couper le souffle..."
Je la regarde et je souris. Elle a toujours cette façon assez agaçante de trouver tout ce qui l'entoure digne d'intérêt, alors, pour ne pas la décevoir, je lui réponds sur un ton égal : "Bien sûr, pourquoi on irait pas, quand on pourra et que les vieux ne seront plus sur notre dos ?" Elle rit légèrement, en regardant par dessus son épaule, pour voir si les "vieux" en question, qui sont censés être nos parents, ne viennent pas de surprendre la conversation. Dans ses yeux de petite fille, il y a tant de malice que je ne peux absolument pas m'empêcher de vouloir la protéger à tout prix. Je ne sais pas pourquoi, mais mère et père n'aiment pas que nous nous entendions. Ils disent que ce n'est pas bien et que de toute façon un jour, nous n'aurons plus le choix que de nous en rendre compte. Ce jour-là est arrivé bien plus tôt que prévu. Ils sont venu m'emmener. Un type qui m'a vu me battre avec un camarade dans la rue, a dit que le camp d'entrainement du N.O.D serait ma voie. Moi je ne sais pas quoi en penser. Asha pleure, sans discontinuer :
"Pourquoi ils l'emmènent, pourquoi ? Il doit rester avec moi. Il m'a toujours dit qu'il resterait avec moi. Cypher ! Cy !"
Elle crie maintenant en essayant de m'attraper la main, et nos doigts se frôlent. Je m'y accroche, dans un geste désespéré, comme si ça pouvait changer quelque chose. Le type qui est venu m'emmener dit de façon sévère à mon Orthodoxe de mère : "Vous devriez veiller à la faire pucer rapidement, elle semble instable." Mais je l'écoute à peine. J'arrête pas de dire : "Ça va aller, Asha. Ça va aller. Je te jure. Je te le jure."
Ils m'ont emmené ce jour-là. Je ne suis jamais revenu. Et j'ai oublié...

Je rouvre les yeux subitement, en proie avec ce que je crois être un souvenir, et sur les lèvres le nom d'Asha, que j'ai sans doute prononcé à plusieurs reprises, alors que j'ai très brièvement perdu connaissance. Je sens encore les doigts de cette gosse dans ma main... J'étais un gosse moi aussi. Tout ça est flou, ça remonte à plus de vingt ans. Je m'aperçois que ce ne sont pas les doigts d'Asha que je sens, mais ceux de mon ange gardien du soir, que j'ai dû saisir de nouveau entre les miens quand elle a enfin ôté le corps étranger de ma plaie. Je m'esquive vivement, récupérant ma main, espérant qu'elle ne fera aucun commentaire gênant sur cette situation, ni ne me posera de questions sur ce que j'ai pu marmonner dans mon demi-sommeil.

Deux fois que je me suis raccroché à elle, et ce par faiblesse d'esprit. Je ne sais pas quoi en penser, je me sens crevé, j'ai l'impression que mon conditionnement déraille de plus en plus depuis... depuis toujours peut-être, mais je commence à en donner des signes extérieurs. À moins que ce soit juste normal de chercher du réconfort quand on souffre vraiment. Du réconfort... Ça me donne envie de gerber. Tu parles, j'ai besoin de rien, surtout pas d'une inconnue aux yeux bleus qui a un peu trop tendance à me vriller les nerfs à coup de pince chirurgicale.

Je ne comprends pas pourquoi ce souvenir vient de filtrer dans mon esprit. De cette époque-là, j'ai absolument tout oublié, et c'est bien normal. Quel intérêt de se remémorer des moments qui n'ont absolument aucun sens. Cette famille n'était rien que des tuteurs jusqu'à ce qu'on me sélectionne. Ouais il y avait bien cette gosse que j'appelais ma soeur, m'enfin, depuis, elle a dû avoir une jolie puce et servir correctement dans une des usines. Je me rappelle soudain que la moitié du quartier est tombé en lambeau, et qu'au milieu de toutes les victimes, il y a peut-être son corps. Elle était blonde je crois... Elle est sans doute morte, et ça n'a pas d'importance. Ça n'a pas à en avoir, n'est-ce pas ?
L'embryon de sensation que je ressens, entre la peur et le déni, fait écho à une voix qui me parvient comme étouffée mais qui bientôt sonne très clairement à mes oreilles. Il y a de l'inquiétude dans ses grands yeux, et c'est presque charmant. Je tousse quand j'essaye de lui répondre, ce qui d'un côté lui indique que je suis bel et bien vivant, puis finit par grogner :

_ Ouais ouais, je suis là, je ne suis pas encore mort. Ça aurait pas été une grande perte...

J'essaye de me redresser un peu, jetant un regard à ma plaie toujours aussi moche, et bouge un peu mes doigts pour constater que tout fonctionne correctement. Je plie le bras pour ressentir de nouveau cette douleur, compagne bien plus familière que les souvenirs encombrants, ou encore ce souci qu'on peut ressentir pour ma personne, alors que je ne me soucie pas vraiment de moi-même. Je fronce des sourcils, puis je relâche mon geste, tout en accédant à sa requête :

_ Soit, j'aurais bien besoin de boire un coup je dois dire. On pourra toujours se servir de l'alcool pour nettoyer tout ça, après que j'en aurai ingurgité une dose suffisante.

Je sais bien qu'elle sous-entendait qu'il fallait trouver de l'alcool à des fins médicales, mais je ne me vois pas réitérer nos petits jeux sanglants sans avoir repris quelques forces, et je ne suis pas du genre à aller faire la sieste. Je la laisse refermer la plaie, grossièrement ou pas d'ailleurs, ça n'est pas forcément grave et demeure stoïque, jusqu'à ce qu'elle ait posé le dernier point temporaire. C'est toujours moins pénible que la précédente étape, et de toute façon, j'ai perdu suffisamment de sang et d'énergie pour avoir mes sensations complètement endormies pour un petit bout de temps. J'observe son profil, tandis qu'elle se concentre sur le bandage, et je renfile ma chemise précautionneusement, histoire de ne pas rouvrir la plaie au passage. Je ne discute même pas le fait qu'elle soit douée, ça se voit dans chaque geste qu'elle esquisse, comme s'il était très patiemment mesuré et réfléchi. Je n'ai jamais vu quelqu'un agir comme ça.


_ C'est quoi ton nom ?

J'ai demandé ça de but en blanc, comme si ça m'intéressait. Mais bon, j'aimerais bien arrêter de juste penser "la fille aux yeux bleus", c'est un brin trop poétique pour moi. Je me remets sur mes pieds, tout en maintenant ma main sur le bord de la table, histoire de prévenir si jamais je m'écroulais comme un con, par terre, mais je tiens sur mes cannes, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Je fourre de nouveau mon arme de service, dans l'arrière de mon futal, me disant qu'elle aurait eu tout loisir de me dézinguer avec, vu que je l'avais laissée là, à côté, mais bon, ça aurait été bizarre de sa part : me sauver, m'opérer, puis me buter... Même si bon, ya bien des tarés partout. Sauf qu'elle n'en a absolument pas l'air. Je mets un moment à me présenter moi-même, d'un ton neutre :

_ J'm'appelle Cypher.

J'oublie le très réglementaire : Agent Cypher Wilde, Matricule 54358, Unité Delta. C'est peut-être pas le moment de lui révéler mon état civil. Je rouvre la porte d'un coup de botte, et je zyeute à l'extérieur, veillant à éteindre auparavant le générateur, pour que personne ne puisse apercevoir la planque de loin. Je murmure :

_ Viens, ya un endroit où tu auras tous les alcools du monde. Ah et puis rends-moi mon foutu briquet, on sait jamais, si on avait besoin de cautériser des connards en route.

Je tends la main, et je m'aperçois que si je reprends un peu d'énergie, je suis un peu plus à l'aise avec elle aussi. Peut-être parce qu'elle t'a sauvé la vie, connard, non ? Et qu'elle a supporté ton humour de débile, tout en sauvant ton bras en passant. Ouais... bon d'accord. Je décide de me foutre du fait que ça ne me plaît vraiment pas de me sentir à l'aise en présence de cette inconnue, du moins pour le moment. Le chemin se fait en silence ou presque, à la faveur de l'éclairage public, qui revient peu à peu, alors que nous pénétrons des rues plus vivantes de Chinatown. Ici, malgré les morts, les explosions, les meurtres, les descentes du N.O.D, ou encore les crimes atroces, la vie ne s'arrête jamais véritablement. Je retrouve sans peine le chemin du bouge de L.K., qui me gratifie d'un haussement de sourcil étonné, vu que ça fait deux fois que je me pointe ce soir.

_ C'est encore toi ? Ou c'est ton putain de fantôme ? T'es pâle comme un cul mon vieux... Je t'ai absolument tout dit tout à l'heure en plus, Cy, pas besoin de me faire répéter.
_ Ah ouais ? Et t'aurais pas aussi dit que je sortais de là à ce gros connard de Terrence par hasard ?


Il me faut une seconde pour voir que le gros connard en question a trouvé tout seul, quand L.K se contente de hausser les épaules. C'est mon informateur depuis un moment après tout, et je sais détecter les langues de pute. Je tapote le tabouret à côté de moi pour que la belle prenne place et si le vieux la regarde avec insistance parce qu'il se demande sans doute où j'ai bien pu dégoter une pareille beauté, il demande simplement :

_ Je vous sers quoi ?

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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Lun 6 Juin 2016 - 18:34

- Non ça n'aurait pas été une grande perte.

Là dessus, ils étaient d'accord. L'inquiétude de Nyriss était purement médicale, elle n'avait aucune raison de s'attacher à lui. Juste qu'elle n'aimait pas se donner du mal pour quelqu'un et le voir crever aussi vite. Elle estimait qu'aucun bon docteur ne voulait voir son patient mourir sur la table d'opération, ne serait-ce que par orgueil d'avoir bien travaillé. Quant à lui, elle ne doutait pas qu'il trouverait rapidement une autre personne pour le plomber et qu'elle ne serait pas toujours là pour le sauver. Après tout, pour cette fois, ce n'était que le fruit du hasard qui lui permettait de remettre un peu de sable dans son sablier.

Boire, fumer, les hommes étaient bien tous les mêmes. Et finalement, ce n'était que pour fuir un quotidien bien morose. Nyriss devait bien admettre que l'alcool avait quelque chose d'amusant, pour avoir testé quand elle le pouvait encore, qu'il y avait un peu plus de morceaux d'humain intégrés à sa mécanique. Tout en ayant quelque chose de foncièrement désagréable : la perte de contrôle. Personne n'avait envie de voir une orgienne bourrée, elle n'en doutait pas. Mais soit, il avait pris une option et la brune n'attendit pas une seconde plus pour le faire s'asseoir et faire quelques points à son épaules, rapidement et efficacement. Plus elle y mettrait du temps et plus elle en passerait avec lui. Elle regrettait déjà de lui avoir proposer de finir correctement le travail, elle aurait eu mieux fait de le refermer et de le laisser crever d'une infection. Trop de professionnalisme.

- Nyriss.


Elle n'avait même pas hésité en lui donnant son prénom, elle n'éprouvait nulle besoin de mentir ou d'être quelqu'un d'autre. Ce prénom était connu des hautes sphères dirigeantes, ce dont il ne faisait pas partie, clairement. Et quand bien même, elle n'avait aucune intention de mentir. Présentations faites elle rangea et nettoya rapidement le matériel pendant qu'il se rhabillait. Elle pensait aux éventuelles personnes qui voudraient se resservir de tout ça. Même si les lumières vacillaient un peu, signe que le générateur ne tiendrait pas des lustres et qu'il était pour eux largement tant de partir. Elle lui rendit son briquet, non sans une petite remarque moralisatrice non voulue. Elle soulignait juste un fait. Et sur le ton de l'humour, mais ça, c'était pas facile à ressentir, surtout quand elle n'avait pas envie de sourire.

- Admets que tu veux t'empoisonner les poumons, va, ce n'est pas un lance-flammes.

Fort heureusement d'ailleurs.
Elle l'accompagna ensuite en silence, plutôt pressée d'en finir que de faire un brin de causette. Elle pensait qu'il allait l'emmené dans n'importe quel vieux truc en ruine où il n'y aurait qu'à fouiller pour trouver une bouteille d'alcool fort. Mais non, il avait opté pour un troquet de sa connaissance. Un endroit où il y avait de l'alcool certes, mais payant. Un endroit où il y avait du monde aussi, et donc qu'il faudrait ensuite trouver un autre lieu pour finir l'opération. Formidable. Et la tenue de Nyriss n'était pas du tout appropriée pour ce genre de sortie. La combi moulante noir, ça servait à ne pas être vu. Dans un bar, elle allait attirer tous les regards, enfin, encore plus que d'habitude. On allait mater son cul quoi. La femme-objet...
Elle soupira et entra.

- Si j'avais su, j'aurais mis une robe.

Un troquet classique, en tout point ressemblant à n'importe quel autre, pour ce que ça pouvait l'intéresser. Cypher semblait bien connaitre le lieu et n'avait pas l'air d'avoir beaucoup d'amis, ce qui n'avait rien d'étonnant. Elle ne prit pas la peine de balayer la sale de son œil curieux. D'ordinaire elle l'aurait fait, elle aurait tout inspecté dans le moindre détail, tout analysé avec son ordinateur de cerveau. Pour quoi faire ?
Elle s'assit. Derrière le comptoir il y avait le barman bien entendu, et puis ses étagères d'alcool et derrière elles un grand miroir dans lequel il était difficile de se voir. Nyriss trouva un trou entre deux bouteilles. Assez gros pour constater qu'elle était certes toujours la même, fidèlement identique et égale. Son teint de peau ne variait jamais, pas de rides, pas de boutons, mais c'était la normalité pour elle. Comment pouvait-elle imaginer des ados en train d'éclater leurs points noirs à deux centimètres de la glace ? Elle releva quelque chose de bien plus intéressant : il n'y avait aucunes traces de ses circuits, pas le moindre indice de sa non-humanité et ce n'était pas volontaire. Elle les avait gardé au niveau des clavicules, portant plus usuellement des cols en u ou des débardeurs qui les laissaient visibles parce qu'elle ne cherchait jamais à se cacher, au contraire. Se montrer comme elle était évitait toute situation gênante, ainsi elle n'imposait à personne de supporter sa présence. La combinaison montrait tout, tout en en cachant l'essentiel. Et c'était bien la première fois. Ça voudrait dire, que soit elle fuirait à temps, soit elle aurait à affronter l'effet de surprise que produirait cette découverte. Ou pire s'il lui venait à l'idée de mentir.

Elle parcourut cette fois l'assemblée, sans même prendre gare à la question qu'on venait de lui poser. Aucun d'eux ne la voyaient pour ce qu'elle était réellement. Ils la prenaient pour une très belle jeune très bien faites, pour être polie. Sans doute se faisaient-ils de nombreux films sur ce qu'elle était, en tant que femme, et ce qu'elle faisait ici, en compagnie d'un homme visiblement peu apprécié. Et ce qu'elle ignorait totalement, c'est qu'ils la prenaient peut-être même pour un super agent du NOD. Un genre d'agent secret sur-entrainé. Si James Bond était une femme... Aurait-il Cypher à son bras ? Question d'une non-importance capitale. Nyriss essayait d'interpréter leur regard, savoir ce qu'ils pouvaient bien penser. Y'avait-il du désir, de la méfiance, un certain froid ? Elle n'était pas à l'aise en tout cas.

Néanmoins, ouvrir légèrement sa combinaison pour dévoiler ses clavicules n'était sans doute pas la réponse appropriée.

Et puis elle pensa en les regardant que chacun d'eux avait perdu un proche dans les explosions, c'était statistiquement inévitable. Et que c'était elle qui les avait tué. Pas de ses propres mains, mais elle en était moralement responsable. Elle refusait de rejeter la faute et sa culpabilité sur les autres.

- Nous allons prendre une bouteille de votre alcool le plus fort. Pas plus de 70° tout de même.

Et nous ne restons pas, avait-elle eu très envie d'ajouter. Mais c'était bien malpoli. Elle dévisagea Cypher sans la moindre gêne, espérant qu'il comprendrait sa question : Que fait-on maintenant ? Sa maman ne lui avait jamais dit de ne pas regarder les gens comme ça. Et elle n'avait pas de maman. Enfin, techniquement.
Elle espérait aussi qu'il avait de quoi payer la bouteille parce qu'elle n'avait rien du tout et pas franchement envie d'obtenir celle-ci par d'autres méthodes...

- Un seul verre suffira.

Une orgienne ne boit pas, clairement. Enfin ça dépend comment c'est bricolé là-dedans, mais Nyriss, elle, ne pouvait plus. Une petite concession faite pour bien d'autres avantages qui lui conféraient une grande autonomie. D'ailleurs, elle n'avait pas pensé à cela encore, mais comment faisaient ses sœurs pour survivre ? Comment faisaient-elles pour se recharger ? Peu fonctionnait à l'énergie solaire, sous le dôme cela ne servait à rien. Elles étaient complètement dépendantes du fonctionnement de la centrale. Un fait qui faisait qu'elle était persuadée que ce coup-là, ce n'était pas elles, qu'elle pouvait se décharger, juste un peu.

Et puisqu'il était plus agréable de faire la conversation pendant qu'il picolait jusqu'à plus soif que de le regarder faire, c'était peut-être là un excellent sujet de conversation et une façon détournée d'apprendre quelques infos utiles. Tout était bon à prendre après tout et quitte à être ici...

- Comment s'organise les choses dans le secteur ? Avec l'absence d'énergie, ce n'est pas devenu un peu... violent ? Je ne sais pas comment dire...
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mar 7 Juin 2016 - 13:59

L.K. nous refourgue son bourbon bon marché. Il arrache, mais d'un côté, c'est l'un des seuls alcools présents ici qu'il ne distille pas dans sa cave qui ressemblent à des chiottes. Je sais que c'est dégueulasse, mais vu la forme dans laquelle je me trouve, je serai prêt à ingurgiter n'importe quoi, pourvu que mes pensées se dissipent dans les vapeurs de l'alcool. Je me la ferme jusqu'à ce que la première gorgée viennent foutre le feu à mon palais. Elle s'appelle Nyriss. Ça ne me dit strictement rien, je suis loin d'être dans les petits papiers des grands pontes, vu le nombre d'histoires troubles à mon actif, et à vrai dire, même si je l'avais su, mon état actuel endolorit mes neurones au point que je ne pense plus droit. Je la sens me dévisager et ça m'agace. Pas parce que je trouve ça mal poli (imaginez que je vous donne un cours de bienséance, là maintenant tout de suite, qu'on se marre hein ?) mais parce que je n'aime pas qu'on me scrute. Pour la peine, je laisse durer le silence, jusqu'à faire descendre péniblement une seconde gorgée, qui cette fois-ci flatte mon estomac d'une chaleur bienvenue. J'ai un frisson à cause de la douleur et je sais gré à notre N.O.D reconverti en barman de ne pas poser de question sur la façon que j'ai de maladroitement soulever mon verre à cause de mon épaule. Ça ne lui a pas échappé, bien sûr, on ne se refait pas, mais il sait que s'il hasarde une question, il ne trouvera aucune réponse.
Je finis par retourner mon regard bleu sombre sur elle, me souvenant de la remarque mutine que j'ai faite en rentrant dans le bar, au sujet de la robe : "Bah ouais, je t'emmène dans des endroits chicos, qu'est-ce que tu veux..." Je n'aime pas ces touches d'humour qui s'installent subrepticement entre nous. Je n'aime pas ça du tout. Ça me fait un regard fort peu amène quand je grogne un :

_ Quoi ?

Sans doute que si j'avais été la James Bond Girl de l'histoire, ma voix eut revêtu à cet instant quelques accents sensuels, plutôt que ce semi aboiement excédé. Que les dieux fatigués de l'Enfer qui m'attend me préservent, je ne suis pas dans une combinaison moulante, moi au moins. Au moment où je m'apprête à céder face à son regard qui m'interroge sur la suite des événements, j'aperçois la sale tronche d'un habitué des lieux qui la lorgne. Mon aboiement en est un vrai cette fois-ci :

_ Il y a quelque chose d'intéressant connard ? Retourne à ton existence pourrave, et va voir ailleurs si on y est.

Sans doute que les habitudes sont tenaces ou sa nature bien veule. Ce cave fait mine de se passionner pour sa bière de prolétaire et j'oublie habilement de m'interroger sur le besoin que j'ai ressenti de le voir détourner le regard. Je n'aime pas qu'on fourre son nez dans mes conversations, c'est tout. Je fais un léger sourire en coin parce que sa remarque sage au moment où elle se fait servir n'a pas de prix. Tout du moins je l'analyse ainsi, étant à mille lieu de me douter qu'il s'agit d'un inconvénient purement mécanique. Je ne vois que de la chair sertie d'exo-cuir brillant, après tout.

_ C'est qu'on est prudente ? Pas sous les coups de feu, mais face aux ravages de l'alcoolémie ?

Je finis mon verre là-dessus et je n'ai pas besoin d'un geste pour que le vieux barbu me serve aussitôt. Je suis surpris de voir qu'elle engage la conversation. Sans doute parce que je n'ai aucune considération pour l'agrément d'habitude. J'aime mettre les gens mal à l'aise, c'est mon putain de métier. Soudain, tout le décorum d'une salle d'interrogatoire me manque. Je m'y sens en terrain connu. Ici, à faire mine de converser de rien avec l'inconnue au joli nom, je suis en décalage et j'ai l'impression de devoir faire attention à chacun de mes mots. Peut-être que c'est tout simplement parce qu'elle ne sait strictement pas qui je suis. Même si je n'ai absolument pas l'intention de taire ma fonction si elle me pose la question. Une partie de moi (infime et hautement casse-couilles) espère qu'elle ne le demandera pas. Mes cheveux ne cachent pas totalement le code-barre, mais avec l'éclairage, c'est difficile de voir quoique ce soit de ce genre. Je suis tenté de lui dire que parler m'emmerde, mais je me décide :

_ Disons qu'il y a beaucoup à faire par ici, particulièrement. Les bas-fonds n'ont jamais été une promenade de santé, alors avec un éclairage public qui se décide à fonctionner quand il a le temps, t'imagine bien le fiasco. Buter des gens maintenant, ya pas plus simple. J'te parle même pas des viols, ou des bagarres de rue qui finissent en massacre. La faveur de la nuit, ça a souvent réveillé les déviances et maintenant, les déviances sont partout. P't'être qu'elles étaient là avant, n'empêche que ça se montrait moins.

Je zyeute le fond de mon verre que je termine de nouveau et j'arrête le tir avant d'être irrémédiablement bourré. Pas du tout envie de m'épancher plus que ça, même si j'avais pas sorti une phrase aussi longue depuis un bail. Je la regarde :

_ Et toi ? Qu'est-ce que tu fous par ici à improviser des sauvetages ? J'espère que tu ne vas pas me dire que tu veux changer les choses ou une connerie comme ça.

Je me suis fait avoir, j'entretiens la conversation. Ce n'est même pas une putain de déformation professionnelle. Le vieux est parti servir d'autres âmes perdues, et je me retrouve là, à m'anesthésier d'une soirée qui m'échappe complètement. Mais c'est plus fort que moi, je lui dois mon foutu salut et je veux savoir pourquoi. Si la motivation m’apparaissait idiote, au moins je pourrais éviter de me sentir redevable. La dette me pèse au point que j'aimerais croire qu'elle a fait ça de façon intéressée, pour dérober l'argent de Terrence ou une connerie du genre. Ça ne serait alors qu'un concours de circonstances, nos mondes s'en trouveraient isolés, impénétrables. Le mien surtout. L'odeur de la salle bondée me soulève un peu l'estomac, je regarde les mains de Nyriss autour de son verre. Puis ses yeux d'un bleu qui n'existe pas. J'en reviens toujours là. J'essaye de trouver dans sa réponse ou dans son attitude une aspérité à laquelle me raccrocher. Afin de construire ma haine ou mon indifférence. Mais jusqu'alors, j'échoue. Au mieux, j'arrive à lui trouver des atours de froideur. Au pire, je me dis qu'un type comme moi ne s'affiche jamais avec une fille aussi belle qu'elle. J'ai envie de ternir son image que je me représente sainte, j'ai envie qu'elle dévoile une nature aussi vile que la mienne. Ne rien devoir à l'aune des ressemblances...

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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mer 8 Juin 2016 - 0:43

Nyriss se retourna pour regarder l'homme qu'il venait de houspiller. Celui détourna le regard et se renfonça dans son siège. C'était curieux de voir Cypher comme ça. Il avait abandonné les remarques misogynes et la défendait même désormais ? Il y a encore peu elle le trouvait détestable, ou plutôt insignifiant. Maintenant, il lui prouvait qu'encore une fois il y avait toujours quelque chose derrière le vernis. Il fallait gratter les murs, la peinture sale, parfois jusqu'au sang, mais à la fin on trouvait toujours un papier-peint qui valait le coup d'oeil. Sans forcément être beau. La nature humaine n'était jamais mauvaise, c'était ce que la société en faisait, la vie aussi, qui pouvait la rendre mauvaise. Elle n'était pas forcément bonne non plus. La méchanceté était le produit de la survie, la loi du plus fort. Et lui, comme elle, n'était qu'un produit de la société. Lequel ? Elle ne savait pas.
Il avait fait ce qu'il avait à faire pour survivre.
Maintenant elle voulait trouver le véritable Cypher, celui qui se cachait de la vue de tous, celui était libre d'être ce qu'il avait envie. Elle était douée pour ça : faire ressortir la beauté là où on ne la cherche même plus. Elle voulait savoir qui était cette Asha aussi... Plus tard.

Le barman ne l'avait pas écouté et il avait ramené deux verres. A quoi cela rimait ? C'était peut-être ça son défaut, de tout analyser, de tout vouloir comprendre. De ne pas estimer que certains gestes ne veulent rien dire. C'était une façon de voir le mal partout, et pourtant Nyriss était la spécialiste pour chercher le bien en chacun et en chaque chose. Si elle n'avait pas tué - si Nej n'avait pas appuyé sur la gachette - au sniper et avec l'avantage de la distance que cela lui procurait pendant tout ce temps, probablement qu'elle n'aurait tué personne. Le barman voulait-il la forcer à boire, parce que c'était ce que la société attendait ? Parce qu'une femme ne pouvait lui dire non ? Des questions totalement idiotes qu'elle chassa aussi vite après une question bien plus existentielle qui venait de s'imposer à elle. Qu'aurait-elle fait s'il n'avait pas tiré ? Est-ce qu'elle aurait commis le premier meurtre de ses propres mains ? Elle était incapable de dire.
Il l'avait tué et pour ça elle lui en était presque reconnaissante. Presque. Il ne fallait rien exagérer.

Elle ouvrit la bouche pour répondre instinctivement. Répondre aux questions, cela faisait partie de son programme. Elle se ravisa. Elle n'avait pas envie de mentir, et elle n'avait pas envie de dire la vérité. Elle ne cherchait toujours pas à se cacher, bien qu'elle craignait désormais sa réaction. Elle lui aurait montré dans un autre lieu. Elle ne voulait juste pas le dire. Je suis orgienne. Elle ne voulait pas être une orgienne. Elle était bien plus que cela. Elle reporta ses cheveux en arrière pour se donner une contenance et choisit d'ignorer cette question, relançant la discussion peu de temps après sur un tout autre sujet.

La réponse n'avait rien d'étonnant mais elle ne fit qu'augmenter son malaise. Ainsi ce nouveau monde qu'elle avait créé bien malgré elle était peut-être pire qu'avant. Les hommes libérés ne pensaient qu'à la violence. Mais comment leur en vouloir au milieu de toute cette peine, cette destruction et cette poussière. La vie était plus difficile qu'avant parce qu'ils n'étaient plus des zombies, des êtres sans âmes. Ils pensaient, ressentaient et souffraient. Mais ils pouvaient aussi être heureux, aimer. Aimer était la plus belle chose qu'elle même avait connu, tout en étant la plus difficile à supporter. Elle n'avait toujours pas oublié, elle n'oublierait jamais, comme elle l'avait prédit. Mais elle avait aimé encore et probablement qu'elle aimerait à nouveau. Elle se sentait tellement incapable d'ignorer cet appel venant des profondeurs de son âme. Elle avait été créé pour ça, elle n'en avait jamais douté dés la première fois qu'elle l'avait ressenti.

Ces hommes avaient besoin d'être guidés. Ce guide n'était pas elle.

Nyriss réfléchit quelques secondes à sa question, pas plus, la réponse lui venait assez simplement.

- A un moment j'ai cru pouvoir améliorer les choses, mais tout ce que j'ai fait n'a fait qu'empirer la situation. Empirer ça restait à voir, mais en tout cas ce n'était pas peu dire. Elle avait foutu un sacré boxon dans la fourmilière. Le monde est gris. J'essaye de le rendre un peu plus lumineux, un peu moins noir. J'essayais. J'avais abandonné l'idée mais il semblerait que cela soit plus fort que moi.
Je passais par hasard, je cherchais quelqu'un lorsque je suis tombée sur cette femme... Elle avait besoin d'aide. Et puis j'ai entendu le coup de feu. Rien de plus.


Malheureusement pour lui, elle était parfaitement désintéressée. Elle était là, elle avait vu et entendu, alors elle avait agit selon la morale qu'on lui a enseigné. Des aspérités, elle en avait, mais il faudrait qu'il cherche encore, plus profondément. Soudain, elle lui sourit, avec son regard plein d'innocence et son visage d'enfant curieuse.

- J'ai un peu regretté, oui c'est vrai. Il avait l'air motivé pour de justes raisons. Maintenant je ne regrette plus.

Son sourire s'effaça, fugace, alors qu'elle redevint sérieuse. Elle voulait gratter la surface. Néanmoins elle aurait besoin de son aide. Elle avait trop de lacunes à ce sujet.

- A quoi penses-tu ? Je ne sais pas lire sur les visages, mais je sens bien qu'il y a quelque chose. Dis-moi. S'il-te-plait. Elle marqua une pause pour le dévisager de haut en bas et de bas en haut.

- Qui est Asha ?

Ces questions la surprenaient elle-même. Pourquoi s'intéressait-elle tant à lui d'un coup ? Ce n'était pas qu'un désir de compréhension, elle le savait. Elle s'attachait. Elle s'attachait très vite, trop même. Sans attentes particulières. Il y avait eu des échanges de regard, des échanges de mots et cela lui suffisait. Sa soif de contact, d'humanité s'était réveillée, tout aussi vite. Pourquoi lui ? Il n'avait rien de particulièrement attirant. L'on disait que se regarder dans les yeux encourageait l'affection. Plus elle posait les yeux sur lui, et moins elle souhaitait recoudre son bras et repartir de son côté.
Parler c'était l'essence même de la vie. L'interlocuteur n'avait pas tellement d'importance au final.

Et pourtant. Elle prit la bouteille d'une main, s'assura qu'elle était bien fermée et entama de se lever.

- Peut-être devrions-nous retourner dans la salle d'opération, avant que l'alcool ne se dissipe de ton sang.

Son regard l'interrogeait en même temps : A moins qu'il n'y ait un meilleur endroit pour terminer le travail ? Il connaissait le coin bien mieux qu'elle. Et elle avait pris soin d'emporter quelques fils.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Ven 10 Juin 2016 - 14:57

Du bout du doigt, je suis la surface dégueulasse du comptoir qui, un jour, il y a vraiment longtemps, a dû se présenter sans accroc et sans tache. Sans la marque de l'érosion d'une existence difficile, inerte, inapte et avec les atours d'un ridicule certain. J'ai le nez baissé, le regard abîmé dans cette surface qui aujourd'hui est bien incapable de me renvoyer mon image et c'est bien mieux comme ça. Que l'opacité soit la réponse à nos questions, et le mur implacable à nos envolées. Je suis fatigué et sans faire trop attention, je touche mon épaule, comme si un geste pouvait me débarrasser de la douleur qui sourde dans ma chair. Si elle ne venait que de cet endroit bien précis, sans doute que ce serait le cas, mais la réponse de Nyriss ne satisfait pas mes attentes. C'est pire encore, une action d'instinct, complètement désintéressée, qui a débaroulé dans mon existence qui n'avait pour direction que la morgue de mon ton et la froideur de mes propres agissements. Quel bordel... Je ne dois pas me sentir redevable, je n'ai strictement rien demandé après tout. Mais quand vous vous trouvez là, l'impiété devant la vertu, ça fout toujours un putain de choc. L'amertume de cet alcool de merde étend son emprise sur ma langue, ma main serre à présent mon verre désespérément vide. Ma vraie réponse devrait être de me foutre de sa gueule. L'issue que j'aimerais à notre échange serait de pouvoir me raccrocher à la Loi, mon code dans le noir, lui opposer ses erreurs face à l'absolutisme de notre société. Sauf que même ça je ne peux pas le faire, car rien dans son petit discours agaçant de hauteur d'esprit, ne trahit cette course insensée au plaisir que recherchent les âmes grises qui veulent s'écarter du troupeau. Même ça elle ne me l'offre pas... Il n'y a en écho que mon indignité face à son jugement et ce qu'elle peint de ses instincts, qui n'ont rien d'égoïstes. Non ça n'aurait pas été une grande perte que je crève ce soir car bordel, au moins n'aurais-je pas quelques soupçons de honte accrochés à ma foutue tête.

Au milieu de ces pensées complètement contradictoires, où je ne sais plus si je l'admire ou si je la hais pour me renvoyer une image déformée de moi-même, je relève la tête pour confronter ses yeux. Pas de fuite, ça non. Au moment où je forme une réponse cohérente et très bateau, il faut bien le dire, elle ponctue par une sorte de compliment et je hausse un sourcil, incrédule. Mon sourire amer se fige sur ma bouche. Les mots précédemment formés dans mon esprit se cassent la gueule quand je m'aperçois que je ne regrette pas non plus qu'elle ait su me trouver. Le lien est là... Quoique j'y fasse et je réponds de façon sibylline :

_ Tous les gens qui veulent me voir crever ont une excellente raison de le vouloir. Tu finiras comme eux sans doute, c'est une constante de tous les chemins que j'emprunte.

Je ne développe pas, elle se doute que je suis un connard, vu la rhétorique que j'ai déployée jusqu'alors. Son sourire disparaît et je me sens un peu moins sur la défensive, car son visage éclairé et presque angélique a été pour moins d'une insupportable clarté. Il y a eu dans cette transfiguration de ses traits comme quelques secondes d'éternité et je me suis senti plus misérable que jamais. J'aimerais la haïr sans sentir les premiers élans de la convoitise. Tu m'étonnes qu'elle n'arrive absolument pas à me déchiffrer... Je ne fais que passer du chaud au froid, même pour moi c'est une danse ininterrompue. Tant mieux, qu'elle soit dans le flou elle aussi vu que je m'y noie. J'ai l'envie de l'envoyer chier, de lui dire d'arrêter tout de suite de m'analyser. Je murmure, assez sèchement :

_ Il n'y a rien à chercher, et surtout rien à trouver.

J'aimerais que ce soit le cas. Qu'il n'y ait rien dans cet échange, qu'aucun fil ne se tisse entre nous hormis ceux qui referment ma blessure. J'aimerais être ailleurs... Tout en sachant que je ne saurais pas m'arracher à sa vue sans y laisser mon masque qui n'a jamais été aussi fragile que ce soir.
Puis je ne sais pas pourquoi, la conversation s'emballe, sa bouche forme ce nom que je ne veux plus entendre même s'il provient à la base de mes propres souvenirs. Non. Pas ce chemin là. Ma mâchoire se contracte aussitôt qu'elle pose cette putain de question là, à la suite du reste comme s'il lui avait fallu une sorte de courage pour la dire. J'essaye de composer mais je ne suis pas dans mon environnement, je ne porte pas mon armure du N.O.D qui viendrait me donner cette stature guindée et inaccessible. Je suis là, blessé, embrumé par l'alcool, affaibli. C'est moi que je hais en cet instant précis, plutôt qu'elle. Le prénom d'Asha réveille des sensations que je croyais perdues, j'entends son rire, je sens ses cheveux sur mon épaule. Je n'arrive pas à masquer l'impact de cette indiscrétion sur mon expression. Je mets quelques secondes à lancer d'un ton péremptoire :

_ Personne. On se barre.

Plutôt la fuite en avant que ces souvenirs. Je balance quelques crédits sur ce comptoir qui fut le théâtre de l'ébauche d'une conversation alors que je ne me suis jamais confié à personne. Un geste brusque pour tordre le cou à la délicatesse des syllabes qu'elle sait tracer. Je lui prends le bras pour l'entraîner dans les ombres de l'extérieur, geste instinctif que je regrette aussitôt car ce contact m'est toujours aussi dérangeant. Qu'est-ce qu'elle me veut bordel, pourquoi est-ce qu'elle est là, pourquoi elle, pourquoi moi. Pourquoi n'est-elle pas une personne dans une case bien identifiée, avec l'individualisme en étendard, que mon monde cesse de vaciller. Pourquoi est-ce que je n'ai pas terminé cette bouteille pour tuer toutes les pensées qui m'assaillent, successivement, comme la douleur éreinte mes nerfs, par vague, alors qu'elle se réveille ? Je me sens frustré, en colère, ma maîtrise s'écaille sur les murs pourris de cette cité que j'exècre. Ma main reste autour de son bras alors qu'elle suit le mouvement, c'est complètement con. Une partie de mon esprit s'étonne qu'elle soit aussi musclée. Un dessin parfait sous sa combinaison. J'ai vu sa rapidité, je sais qu'elle est loin d'être commune... Si c'était le cas, je pourrais balayer cette rencontre d'un revers de la main sans y revenir. Ma respiration est saccadée, je ne sais même pas où je la mène, si ce n'est dans le foutu labyrinthe de mon esprit malade. Je sens bien que cette réaction la désarçonne, là où elle souhaitait des réponses, elle n'a qu'un comportement cyclothymique... Je passe une main tremblante dans mes cheveux et je stoppe notre course, ou plutôt la mienne pour lui faire face :

_ Qu'est-ce que tu veux hein ? Qu'est-ce que tu cherches ? Je ne suis rien et jusqu'à preuve du contraire, malgré tes putains d'idéaux à la con, tu n'es pas grand chose non plus. On traverse un monde dépité, détruit, une vie dérisoire qui s'accroche comme une nixe à un foutu navire en perdition. Et tu veux qu'on fasse causette ? Je n'ai rien à offrir en retour, je ne vais pas te remercier pour ce que tu fais, je ne vais pas le faire. C'est compris ça au moins ou bien ça n'atteint pas le piédestal où tu t'es érigée ?!


Je me suis mis à parler de plus en plus fort, sur un rythme soutenu, et ce petit discours sonne comme si je me le faisais à moi-même. Le piédestal que je lui ai érigé tout seul malheureusement. Elle ne doit strictement rien suivre, surtout quand j'enchaine :

_ Quelle importance qui elle était, quelle importance... Ça ne représente rien, aucun lien. Aucune attache. Personne n'est lié à un autre être ici, et je me contrefous de ce que les gens commencent à se raconter maintenant que toutes les entraves ont sauté. Ne restera que le néant et ni toi, ni moi ne faisons aucune différence. Dans l'opprobre, ou dans la vertu, ça ne revient qu'au vide. J'espère que tu en es bien consciente et que tu ne tomberas pas des nues hautaines où tu t'es réfugiée. (On se demande d'ailleurs pourquoi je l'espère, comme si tout ce qu'elle représente de bien, de positif, et qui vient lécher mon existence pour la renvoyer à l'insignifiance, représentait un trésor précieux, à protéger à tout prix. Peut-être que c'est parce que c'est la première personne muée par un instinct altier que je rencontre...). C'est par là.

La proximité de nos corps pendant mon monologue s'est faite grandissante. De ma propre initiative cette fois-ci, j'ai envahi son propre espace comme pour le ternir de mes pensées désaxées et distiller ma désillusion sur son front. J'ai mes yeux rivés aux siens et pendant de longues secondes je ne peux pas m'en arracher. C'est par là, certes, mais je ne bouge pas. Par là, c'est le chemin d'une de mes piaules règlementaires. J'en ai deux : celle dans les quartiers du N.O.D et celle-ci, plus petite, à mi-chemin entre le quartier craignos que nos pas peuvent quitter, et celui des orthodoxes, derrière le mur. Ça représente une trotte surtout par la rue que mes pas ont empruntés, car je ne veux vraiment pas croiser un collègue ce soir. J'ai besoin de me retrouver dans ma tour d'ivoire. L'immeuble est si haut qu'on aperçoit en effet les flèches du quartier des Automates, celles qui fascinaient tant Asha quand nous étions gosses. Ça me frappe en pleine gueule de réaliser que j'ai choisi spécifiquement cet endroit parce qu'il représentait son rêve à elle. Inconsciemment sans doute... Mais quand même. Je romps le contact visuel qui n'a que trop duré, je me retire de cette invasion qui fait que j'ai presque senti le souffle de Nyriss sur ma peau. Et aussitôt reconnu ce tiraillement irrépressible qui me poussait à vouloir réduire encore plus cet espace, pour l'envahir tout à fait, lui imposer ma présence qui de toute façon lui fera bientôt horreur. Ses questions mourront avec sa déception quand elle réalisera en effet qu'il n'y a rien à trouver en moi qui ne soit laid ou perclus de froideur. Ce sera forcément le cas et enfin je serai libéré d'elle et de son acte magnanime. Libéré de ses yeux, de son incompréhension, de mes propres interrogations qui courent sur ma peau comme des milliers d'épines. Je ne veux pas d'elle dans mon existence. C'est ce que je me dis. C'est ce que je souhaite croire. Mais mon pouvoir de persuasion vacille dangereusement à chaque fois qu'elle décide de continuer ce chemin brumeux qui a débuté sous la pluie. La pluie s'est interrompue... Ne dégouline sur ma gueule que les chimères qu'elle sait réveiller. Ne suinte de ma peau que ma déraison, mes manques, mes doutes. Et l'envie qu'elle éveille.

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Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
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Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
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Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
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Adieu Nej (projet 2/2)
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 12 Juin 2016 - 11:52

- Crois-moi, si tu me donnais des raisons de vouloir ta mort, tu ne survivrais pas, fit une Nyriss des plus pragmatiques, bien qu'elle ait besoin de se le prouver elle-même. Quelques paroles déplacées ne sont pas une raison suffisante.

Il n'obtiendrait pas sa haine, jamais. Tout au plus pouvait-il espérer de l'indifférence. Nyriss n'avait jamais haït personne, même pas Daire, même pas Nej, ni aucun de ceux qu'elles avaient tués ensemble. Même lorsque la personne aimée s'éloignait d'elle, si elle arrivait à lui en vouloir de se sentir abandonnée, elle ne pouvait se résoudre à haïr pour si peu. Alors pourquoi ce serait différent pour lui. Ce n'était pas la haine qui la poussait à tuer, mais une forme de justice. Une justice tout à fait discutable puisque sans procès et sans concertation. Sa cible avait toujours été son propre choix, basée sur une série de critères pré-établis et murement réfléchit dont le premier était le pouvoir. Elle ne savait pas qu'il était NOD, mais peu importe sa couche de la population, il ne pouvait être qu'un pion au service d'un pouvoir contre lequel il ne pouvait rien. Qu'importe le mal qu'il avait fait, il ne pouvait mériter la mort.

Pire même, peut-être que cela lui donnerait envie de lui montrer un autre chemin, de nouvelles notions du bien et du mal, réapprendre à être humain. C'était ironique venant d'une orgienne, mais elle avait été faite comme ça, pour être plus humaine que n'importe qui, et altruiste. Même si Nyriss avait peur de s'enfoncer dans cette voix pour se pardonner elle-même du malheur qu'elle avait provoqué. Immense et irréparable.

L'androïde ne répondit rien à sa remarque suivante, elle la laissa filer, comme pour lui laisser croire qu'il détenait la vérité tout en lui laissant y réfléchir. Plus tard elle y reviendrait. Elle préféra lui parler d'Asha, ce nom qui était venu alors qu'il était semi-conscient, alors qu'il souffrait. Il était évident, même pour elle, qu'il tenait à cette personne. Que c'était peut-être la seule même. Un lien fragile vers son humanité, et une façon finalement de lui répondre lorsqu'il affirmait qu'il n'y avait pas un diamant brut caché quelque part au fin fond de son âme. Il y a toujours de la beauté en chacun, il faut peu de chose pour la masquer, mais il en faut tout aussi peu pour la révéler. Et ensuite la tailler, la perfectionner. Il est tellement plus facile de sombre dans les vices semble-t-il, surtout dans ce monde qui ne tourne pas rond. C'est de la fainéantise, du laisser-aller, de la survie aussi.

A Novlangue, quiconque voudra suivre ses propres principes de bonté se retrouvera confronté à un mur. Il est toujours plus facile d'être un connard. Et toujours plus facile de tuer pour survivre que de tenter de raisonner. Même l'orgienne rentrait dans ce schéma finalement. Son mur était particulièrement douloureux.

Comme prévu, la question le touche, le perturbe, mais il choisit la fuite. Au sens propre. Nyriss a tout juste le temps de prendre la bouteille alors qu'il l'emmène vers l'extérieur, puis au pas de course dans les ruelles glauques du quartier. Premier constat, ils ne retournent pas dans la salle d'opération. Il l'emmène bien plus loin. Pourquoi ? D'ailleurs il ne la lâche pas. Elle aurait très bien refuser de le suivre, elle en avait la force. Elle n'en fit rien. La curiosité d'une part. Elle n'usait jamais trop de sa force d'autre part, elle avait appris à la mesurer assez justement. Ça n'avait aucun intérêt d'imposer sa volonté d'une telle façon et c'était contre nature. Un homme ne pouvait s'attendre à ce qu'une femme le surpasse à ce niveau là, surtout vu son gabarit à elle. La nature était ainsi faite. Des muscles en carbone n'avaient pas le droit de changer l'ordre des choses dans des moments aussi banales. Cette force ne servait qu'à survivre ou dans le besoin.
De toute, elle voulait le suivre, voir où il l'emmenait, fouiller son âme. Le comprendre et l'aider. Et surtout, recoudre son bras.

Néanmoins, la situation lui échappa lorsqu'il s'arrêta et lui fit face, commençant à vociférer contre elle des choses qu'elle ne comprenait pas bien. Il ne la lâchait toujours pas et au contraire semblait serrer plus, lui imposant sa douleurs psychique entre ses doigts. Il s'avançait vers elle, et elle ne bougeait pas, le regardait, tentait de déchiffrer. Elle se sentait comme une petite fille qui avait une bêtise face à un père bien sévère. Elle ne savait plus où se mettre. Son cœur mécanique accéléra son rythme, tout comme sa respiration dans un réflexe purement mimétique de ce qu'elle avait pu observer et qu'elle reproduisait désormais tout naturellement lorsque l'émotion l'envahissait. Tout comme ses gestes étaient fluides et possédaient quelques tics. Bien que depuis la séparation des corps avec Nej, elle pouvait parfois rester étrangement très immobile et bien droite. Un peu comme maintenant.

Pourquoi cette fureur ? Pourquoi ce ton acerbe et cette façon de s'en prendre à elle ? Que disait-il au fond ? Elle n'en était pas sûre. Il la trouvait hautaine, il lui trouvait plein d'autres défauts. Il n'était pas redevable, ça lui était égale, elle n'avait jamais demandé à être remerciée. Jusqu'au bout, elle était désintéressée. La première vague prit fin, elle ouvrit la bouche mais il reprit de plus belle. Et son cœur s'accéléra encore. Peu à peu, elle se sentait s'énerver. Ces mots la blessait et la vexait, tout simplement. Jamais personne n'avait réagit comme ça lorsqu'elle aidait et peut-être n'était-elle pas si désintéressée que ça. Elle voulait un sourire, rien que ça mais déjà trop. Le constat était amer. Il avait raison sur tout ce qu'il disait. Ses sourcils se froncèrent légèrement, sa bouche se contracta.

Pourquoi l'aidait-elle ? Elle s'était jurée de ne plus le faire et il venait de lui rappeler en long et en large pourquoi. Elle ne lui en voulait pas, elle s'en voulait à elle-même et c'était probablement pour la même raison qu'il venait de lui gueuler dessus. Mais il y avait autre chose, plus difficilement palpable. Dans l'air qui les séparait encore, petit espace de quelques centimètres qu'elle avait créé en refusant de reculer face à son agression. Qu'il avait créé en pénétrant dans sa sphère personnelle pour tenter de l'atteindre. Cet espace qui demandait curieusement à être comblé. Et un pourquoi qui faisait alors écho dans sa tête, à l'infini. Même si au fond, c'était évident. La fragilité l'attirait. La fragilité d'un être était si belle. L'envie de recoudre son âme, si forte.

C'est par ici.
Mais ni lui, ni elle ne fit un geste dans la direction annoncée. D'aucun ne bougeait où ne souhaitait le faire, concentré sur ce vide qui les tiraillait sans qu'ils ne comprennent pourquoi. Ou sur la colère et la déception qu'ils pouvaient ressentir. L'indifférence était morte quelque part sur le chemin qu'ils avaient emprunté à deux par hasard. Elle était là et il ne voulait pas d'elle. Il était là, et elle voulait juste lui venir en aide et partir. Et sans le voir venir, ils s'étaient retrouvés là, à se regarder un peu trop dans les yeux, à se maudire et à s'attacher, à créer une proximité d'où naissait un désir un peu bâtard, un peu absurde. Maintenant elle était complètement perdue, avec pour se raccrocher, cette seule épaule à recoudre.

Cheveux collés contre sa fausse peau. Trempée de la tête au pied. La pluie cessait et il reculait, enfin. La lâchait. Elle pouvait respirer de nouveau sans se sentir assaillie par les émotions qu'il lui imposait. Ses yeux se rouvrir complètement, ne cessant de le regarder lorsque les siens fuyaient, cherchant des réponses, encore et toujours. Cherchant cette beauté qu'elle avait entrevue et qui lui paraissait maintenant si loin. Mais ses mâchoires elles, ne se dé-serrèrent pas tout de suite. Elle était toujours vexée et blessée parce qu'il avait dit. Peut-être perdait-elle foi en la nature humaine peu à peu ? Elle avait l'impression d'aller de déception en déception.

Elle lui enfonça la bouteille dans le coeur, sans chercher à lui faire mal mais assez fort pour que cela le percute. Elle n'enlèverait sa main que lorsqu'il prendrait la bouteille. Elle lâcha son regard également, et vint juste se perdre dans l'étiquette de ce bourbon à bas prix. Elle ne se sentait plus de croiser ses yeux, et ses sourcils de nouveaux froncés accompagnèrent ces mots qu'elle articula doucement.

- Il y a de la beauté en chacun de nous, toujours. Toujours quelque chose à trouver.


Elle marqua une pause, comme si c'était dur à dire. Il n'y avait pas de doute possible sur le fait qu'il avait heurté sa fierté. Son estime d'elle-même avait été haute il fut un temps, elle flanchait désormais dangereusement. Ce genre d'incident n'arrangeait rien. Elle avait des défauts, comme tout le monde, à commencer par ce besoin d'avoir l'air irréprochable.

- Je voulais juste te recoudre, rien d'autre. Je ne t'ai jamais demandé de me remercier. Maintenant, tu peux aussi le faire tout seul. Auquel cas je m'en vais. Je n'ai jamais voulu m'imposer.
Tu as raison. Nous ne sommes personne.


Elle recula, tenant la bouteille à bout de bras. Mélancolique et triste. Hésitante aussi. Simplement de l'abandonner avec une plaie aussi sale et ouverte ? Oui, mais pas que. Pas que. Parler, échanger, désirer. La curiosité aussi. Tout ça en même temps. Cela faisait des mois qu'elle n'avait parlé à personne. Pourquoi lui ? Elle n'en savait rien. Mais elle voulait partir, parce qu'en surface c'était un con. Un pauvre type. Il n'en valait pas la peine. Elle n'était quand même pas aveugle.

Enfin, avant de partir, elle aurait voulu lui révéler sa vraie nature. Qu'il n'y ait au moins aucun secret, aucun mensonge.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Lun 13 Juin 2016 - 10:40

Je sens les contours de la bouteille contre mes côtes douloureuses mais la douleur physique n'est rien face au mur que je sens se dresser entre nous lorsqu'elle choisit de fuir mes yeux. Le froid tend ses toiles assassines sur ma silhouette, réveille des échos d'un passé trouble, et je crois que je n'ai jamais eu envie d'être plus absent à moi-même qu'à cet instant précis. Je viens d'obtenir ce que je voulais. Les aspérités, les contours, les contradictions de Nyriss viennent d'apparaître. J'ai réussi à la faire dégringoler de son Olympe et pourtant, la frustration que je ressens ne s'évanouit pas une seule seconde. La satisfaction mesquine que j'attendais, au creux de mon estomac, au moment où je verrai la désillusion peindre son empreinte sur ses traits fins, je ne parviens pas à la convoquer. Le monstre n'obéit plus à son maître. Tout ce que je sens, c'est du vide. Un putain d'immense vide et c'est moi qui tombe dedans alors que je voulais tant l'y précipiter. Je ne l'ai pas contredite quand elle a estimé d'un ton sans appel qu'elle avait les capacités de me buter. Quelque part, je n'en doute pas, il y a chez elle autant de détermination que de calme. Ce calme qui se fissure à présent pour dévoiler une autre facette de son être. Je croyais que cette facette là me donnerait envie d'appuyer encore plus sur les premières blessures que mes mots ont su percer. Jusqu'à ce qu'elle se détourne complètement, qu'elle fuit, qu'elle court, qu'elle disparaisse. Mais je reste là, à scruter la bouteille qu'elle me tend. Les immeubles éventrés par le souffle de l'explosion, de chaque côté de cette rue bien glauque, sont les témoins silencieux des mes errances. Pas de secours du côté des ombres, elles ne m'absorberont pas sans que j'ai à agir de mon propre chef. Et pourtant je n'agis pas.

La conclusion qu'elle murmure au silence de nos non-dits m'aurait d'habitude arraché un rire cynique. Comment peut-elle croire à ce qu'elle avance ? De la beauté ? Je n'en ai vu nulle part. Je n'ai vu que de la laideur, de la corruption, de bas instincts sous couvert de desseins plus élevés. J'ai vu des flics battre à mort des Orthodoxes pour le plaisir, alors qu'ils n'étaient même pas déviants. J'ai vu des hommes politiques venir faire relaxer leurs chiens de garde, qui pourtant ne trouvait rien de mieux à faire que de torturer et de violer des filles. J'ai vu mes propres gestes, mes propres mots, défigurer les étincelles évanescentes de bonté dans des âmes qui ne souhaitaient rien d'autre qu'un peu de changement. De l’égoïsme quand il aurait fallu de la justice. De la servilité quand d'aucun aurait dû ouvrir leur gueule. Des travées droites pourtant remplies de routes torves qui ne menaient qu'à la honte ou à la déraison. La beauté je ne l'ai vue nulle part. Nulle part. Ni dans mes jours, ni dans mes nuits. Ni dans mes réalités déformées par les drogues vers mes oublis. Ni dans mes rêves hantés par mes insomnies. Jamais. Jusqu'à ce soir. Je ne trouve rien à dire qui n'implique pas d'aller griffer ses certitudes jusqu'à les déchirer et les laisser mourir sur le sol entre nos pieds qui se font face. Je ne trouve rien à dire parce que je n'ai pas envie de la voir se ternir dans les doigts avides du désespoir. Le mien habite déjà tout l'espace autour de nous et l'étouffer avec ne m'apporterait rien de plus que ce que je crains encore plus que son regard à présent. Le manque et l'absence.

Mon éloquence me fait défaut jusqu'à ce qu'elle assène le coup fatal. Elle s'évade un pas en arrière et tout mon être hurle ce besoin qu'elle a su façonner en une seule foutue soirée. Ma main glisse sur le corps de la bouteille, comme pour la lui arracher mais je n'en fais rien. J'ai raison, elle l'a dit. Alors pourquoi est-ce que ma colère lèche l'ensemble de mes nerfs jusqu'à les embraser ? Pourquoi est-ce que je n'ai pas ce rictus de satisfaction qu'en bon connard j'affiche dès que j'en ai l'occasion ? Pourquoi est-ce que je reste comme un abruti à fixer sa silhouette bouffée par la tristesse. Tristesse que j'ai su provoquer car je ne peins que des tableaux désespérés. Le vide de mes pensées, et le néant d'une existence dépressive, qui ne court qu'après la destruction. Mes mots passent très difficilement la barrière de mes dents serrées :

_ Alors pars. Pars. Disparais.

Chaque syllabe crie l'inverse mais je suis bien incapable de m'ouvrir à elle. De lui révéler toute la folie d'un maigre espoir né d'une rencontre improbable. Je ne sais moi-même pas du tout ce que ça veut dire et je ne suis pas certain d'avoir la force de trouver un sens à cette croisée des chemins où nous nous trouvons. Ma main remonte la bouteille, prend emprise sur le col, finit par frôler les doigts de celle qui est à la fois mon juge et mon bourreau. Je ne sais pas ce que je fous, ce contact au lieu de m'apaiser ne fait qu'exciter encore plus la rage qui se tapit à l'intérieur de moi. Je m'étrangle presque sur le mot que je souffle une fois encore et qui n'a plus une once de la conviction que j'aimerais y glisser. C'est plus une pathétique prière à présent. "Pars..."

Bordel. Reste. Tu ne peux pas savoir ce que ma putain d'existence représente à mes yeux, combien de fois je me suis raccroché aux acquis qu'on m'a foutu à grand coup de bottes dans la gueule pour ne pas simplement tourner la carte et être comme eux. Des bêtes. Des chiens déchainés sur une carcasse déjà putréfiée depuis longtemps. Tu ne peux pas savoir les infinis de noirceur dans lesquels je me suis baigné pour en ressortir plus abîmé que jamais. Tu ne peux même pas imaginer les actes que j'assume, non pas parce que je crois en une cause, mais parce que je m'en persuade pour mettre un pied devant l'autre. Parce que le chemin que j'ai pris, que j'ai choisi, que je choisirai sans doute demain, n'a pas de retour. Il n'a aucune issue. Il ne mène qu'au précipice et à la chute et pourtant j'y vais. Parce que c'est la seule chose que je sais faire. Et ce soir... Ce soir, les rayons que tu tends et qui caressent mon visage ne font que m'éblouir et me montrer davantage que mes ombres sont impénétrables. Ta lumière je n'en veux pas, je ne peux pas l'accepter et pourtant, je ne peux pas me résoudre à te voir t'éloigner. Pas tout de suite, pas encore. Si je ne peux pas aller dans ta foutue lumière, alors je te trainerai dans mes ténèbres.

Mes pensées se bousculent et éclatent comme autant de miroirs déformés sur les possibles qui meurent les uns après les autres. Je ne suis plus cohérent, ma main se contracte sur la bouteille au point que j'entends le verre chanter sa souffrance. Avec ma force, elle finira par éclater. Sans comprendre le pourquoi et sans chercher vraiment, plutôt que de la repousser au loin et de me détourner pour achever là mes souffrances, je glisse mes doigts encore plus avant sur sa peau, relâchant mon emprise sur ce bourbon dégueulasse. La bouteille tombe mais ne se brise pas. Elle roule dans les gravats à nos pieds... Dans nos orgueils démantelés par les mots prononcés. Par ceux que nous n'avons pas osé proférer à voix haute. Je n'en ai rien à foutre qu'elle me déteste déjà, que la déception soit le nouvel horizon que mes prunelles lui donne à voir. Je ne suis personne. Elle ne représente rien. Elle n'est rien pour moi. Rien du tout... Hormis le caractère qui saille sous les traits ciselés, hormis son entêtement face à l'absurde. Hormis nos doigts qui communient dans des aveux que je ne sais pas formuler. Qui devraient mourir aussitôt qu'ils sont nés. Je peux encore la repousser avec toute la force de mon incompréhension, il n'y a même plus cette bouteille entre nous. Je peux la renvoyer à sa lumière et ses espoirs. M'abîmer dans ma colère, reprendre ma route, boire la lie de mes ténèbres et y crever. Oh certes, je ne mourrai pas de cette blessure refermée à la hâte, mais je parviendrai bien un jour à me lancer vers un putain de trépas salvateur. Ma main cherche la sienne, mes yeux veulent qu'elle parte, mes doigts ne veulent pas la laisser faire. Ma volonté n'écoute plus rien et joue sans filet et plutôt que d'achever le lien encore si ténu entre nous, je l'attire à moi en un seul mouvement. Je ne laisse pas la surprise résonner jusqu'à mon esprit et sans que le salut ne vienne gratter les murs de ma conscience, mes lèvres s'écrasent sur les siennes déchainant tout à fait ma colère qui se mue en folie. Il n'y a aucune douceur dans ce que je cherche et l'irrépressible besoin de la retenir esquisse des gestes désespérés qui se glissent sur sa nuque. Je ne sais pas si je souhaite qu'elle me repousse ou qu'elle cède. Je ne sais pas ce qu'elle pense et je m'en tape. Dans la violence de cet échange, il y a des saveurs inéluctables de condamnation. La condamnation certes... Mais qu'elle tombe sur elle ou sur moi, l'issue de cette danse à l'orée de la déshérence de nos certitudes ne peut mener qu'à la tourmente.

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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mer 15 Juin 2016 - 0:36

Ce n'est plus l'homme que j'ai croisé, avec une balle dans le bras et un fusil pointé sur lui. Il a changé, mais je ne saurais pas dire exactement en quoi.
C'est dans son regard, son attitude, c'est sûr, que je le vois. La façon dont il a de me parler, de me cracher dessus presque. La violence des mots et des émotions. Ces émotions que je sens émaner de lui et qui flottent dans l'air, comblent l'espace qui nous entoure et nous sépare comme des millions de particules invisibles. Et qui pénètrent ensuite à travers mes pores, me transpercent et me troublent à mon tour. Mais ça n'est pas qu'une apparence. Je sens bien que c'est toute son âme qui est touchée, chamboulée sans que je ne comprenne le processus. Est-ce moi qui ai provoqué ça ?

Il était un masque. Un homme fier, mesquin, mysogine, solitaire sans doute. Maintenant il est multiple, autant de facettes que de contradictions, de pensées, de désirs et de non-désirs, de pulsions, d'émotions vives. Un miroir brisé par le reflet que je lui ai renvoyé, sans même le vouloir. Ce n'est pas la première fois que je le constate. C'est étrange et logique en même temps. Cela faisait partie de ma volonté d'élever l'âme de ceux que je croise. Sauf que je n'ai jamais su comment je m'y prenais exactement. Cela devait être dans mes programmes quelque part, un code source auquel même moi je ne pouvais accéder. Pourtant cette volonté, je voulais la bannir de mes pensées. Comment pouvais-je encore prétendre quoi que ce soit après... tout ça ? Mon âme était perdue, je ne pouvais pas aider celles des autres.
Et pourquoi même parler d'âme alors que la religion m'est inconnue ? L'élévation de l'esprit serait peut-être plus appropriée. Retrouver sa nature, agir pour sa conscience, ses idéaux et non une volonté supérieure qui n'est même pas divine. Mais tout cela me dépassait toujours au fond.

Cette fois j'étais juste là, à aider physiquement et concrètement, rien de plus. Quoique j'ai pu envisager sans avoir droit de le faire. C'est lui qui s'est abîmé dans mes abîmes outremer. C'est lui qui s'est heurté à ma peau, qui a voulu se voir dans mon sourire. Il a cherché à se reflété sur moi et il s'est fait mal. Parce que je ne vaux guère mieux que ce masque qu'il portait, j'ai tout caché de mes défauts, de mes vices, de mes peurs, de mes envies, de mes espoirs... Jusqu'à ce qu'il me crie dessus, qu'il me brise à son tour. Ou que je me heurte à mon propre reflet ?

Une voix supplie au fond de moi, elle lui demande de me dire de rester. Encore et encore. S'il-te-plait, ne pars pas. Il dit tout le contraire et elle crie encore plus fort, encore plus suppliante. Et d'ailleurs je ne bouge pas, je n'y arrive pas. Je ne veux pas rompre ce contact qui nous lie, si fin, si fragile. Je ne veux pas quitter son regard qui me fuie. Je ne veux pas partir malgré tout ce qu'il m'a dit. Je veux qu'il me retienne, je veux sentir encore sa colère, sa peine, peu importe l'émotion qu'il le traverse, elle vaut mieux que mon vide. Je veux croire en l'absolution, penser qu'il y a encore de l'espoir pour moi. Pour le pardon ? Peut-être pas, je ne mérite pas tant. Juste pour vivre, ressentir, aimer, pleurer et tout ce que je connais pas encore.

Au fond, je devine qu'il est comme moi. Brisé, cassé, perdu. Il ne sait pas qui il est, persuadé de noirceur, incapable de pardonner ses actes. Je suis la preuve que même la personne la mieux intentionnée peut accomplir le pire. Lui, je ne sais rien de lui mais je vois sa souffrance. Peu importe ce qu'il a fait, pour qui, pourquoi, il n'est qu'un pion entre les mains de demi-dieux cruels. Il est si difficile de trouver une voix juste quand on embrigade si jeune, quand on a peur de la mort.
Mais bien sûr, ça je ne fais que le toucher du doigt, le frôler car dans ma tête et mes idées parfois arrêtées, il ne peut être NOD ou mentaliste, encore moins le reste. Pour moi il est évident que c'est un insurgé, qu'il a commit des crimes, des choses condamnables, comme tous les insurgés. Je ne vois pas d'autres possibilités pour expliquer son attitude.

Doucement, ses doigts se referment sur la bouteille et les miens se délient, avec une langueur qui trahie un manque cruel de motivation. Je prie toujours qu'il m'arrête, qu'il change d'avis. Je maudis ces mots qu'il a prononcé ou soufflé sans les penser, je crois. Nos doigts se frôlent, la peau frémit, brûle même à ce contact. Il y a encore et toujours ce fossé qui nous sépare, même si cette fois il ne fait que quelques millimètres. Et cet appel à l'habiter, l'envahir complètement, définitivement. Je ne saurais comprendre, je n'ai même pas envie de savoir pourquoi. Je veux juste qu'il me retienne alors que ma s'éloigne un peu.

Enfin. Le vide est comblé. Les doigts se referment sur la peau, lui font mal. Des millièmes de seconde et c'est nos corps qui se lient. Et puis nos lèvres. Je sens sa hargne, sa férocité et presque un certain dégoût. Mais surtout l'intensité qui émane de lui et se répand telle une épidémie. Je ne cherches pas, je vis. Il n'y a rien chez lui qui me plait, et pourtant il m'attire. Je ne sais pas pourquoi. Je n'ai jamais été impulsive, je n'ai jamais fait quelque chose sans réfléchir avant, sans être sûre d'approuver. Mais pourquoi approuver ce qui me semble être la plus absurde des évidences ?

Ses doigts qui dansent autour de moi finissent de combler les vides qui existent encore. Et moi j'ouvre mes lèvres, avec langueur. J'embrasse les siennes, vraiment, légèrement. Pas comme ce simulacre de baiser qui n'est qu'une bouche pressée par la fureur. J'oppose tout ce qu'il est par ma douceur, ma délicatesse, ma fragilité. Je ne vais pas plus loin, je ne me permets pas de tester les limites. Un simple baiser, les yeux clos, et pendant un très court instant j'oublie tout le reste, ce qu'il est, ce qu'il m'inspire, j'oublie le cœur et la raison. Nous sommes l'éternité. Des lèvres qui s'enlacent et se plaisent. Des corps qui se réchauffent l'un contre l'autre, et se désir, naturellement.

Jusqu'à ce que je me souvienne qui je suis. Ce que je suis et qu'il ignore. J'ai honte, je me pose des questions stupides. Voudra-t-il encore m'embrasser lorsqu'il saura ? Alors j'ai peur. Mais peur de quoi ? Qu'avais-je à perdre ? Lui !? Pourquoi cela avait-il pris de l'importance ? Il n'était rien et je n'étais rien non plus. Là dessus, il avait raison. Pour autant je ne pouvais pas continuer dans le mensonge.

Le baise prit fin, mon corps s'éloigna. Je sentais nos déceptions respectives. Jusqu'à maintenant, je l'avais laissé m'emporter avec sa force, cette fois, je ne supportais aucune résistance. Et à quelques mètres de lui, je portai ma main à mon colle et fis doucement glisser. Il devenait s'imaginer bien des choses, croire sans doute que j'allais me déshabiller sous ses yeux dans une scène parfaite irréelle. Mais je m'arrêtai à quelques centimètres et ouvrai simplement la combinaison d'un côté, pour dévoiler mes clavicules. Et les circuits. Je ne le regardais plus.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mer 15 Juin 2016 - 15:50

Et dans son souffle, et sur ses lèvres, quelques parcelles d'éternité. Ma brutalité et mes fautes se modèlent à la douceur qu'elle imprime et si j'incite le mouvement, je ne fais que suivre sa valse à présent. Je perds peu à peu la rage dans le besoin pressant que j'ai d'elle, qui me tue autant qu'il pulse les restes de vie éveillés par les sens dans mon corps glacé. Je ne sais pas combien de temps tout cela dure, je m'oublie dans les battements de mon coeur, dans les sursauts d'un désir que je renie aussi fort que je souhaite l'assouvir. Mes mains ne dessinent rien, ne veulent que l'emprisonner contre moi, l'une sur sa nuque, l'autre dans le creux délicat de ses reins. Nos corps se touchent, et le mien brûle de ce contact qui me semble aussi douloureux que délectable. Je la maudis pour ce qu'elle fait naître en moi. Je me maudis pour y céder. Et pourtant mon esprit tombe les murs où je l'ai soigneusement cloisonné au fil de ces années peintes au rouge de mes folies. Ils s'effritent, ils flanchent, ils laissent entrevoir des horizons passionnés réduits à ses lèvres. Nos propres vides qui entrent en collision, et qui font trembler les fondations branlantes de nos passés. Il y a trop de violence dans ce qui gît à l'intérieur de moi, trop d'appétence pour les contours de son corps lové contre le mien. Mes doigts se crispent, j'en demande plus, je ne peux me satisfaire d'une seule étreinte quand le feu est dévorant. Je la maudis une fois encore, presque pieusement, et me damne à ce baiser jusqu'à... ce qu'elle y mette fin.

L'incrédulité, le manque et la frustration bataillent sur mes traits. Mes lèvres me démangent d'une remarque âpre que je frôle de laisser choir entre nous, maintenant que la distance est revenue, pour masquer mon orgueil qui se blesse à ce que j'assimile d'abord à un rejet. Qu'est-ce que tu croyais hein ? Qu'elle te tomberait dans les bras ? Je me moque de ces idées ridicules, me drape dans l'ombre dessinée par la nuit, relève le nez enfin et la gratifie d'un regard électrique. Avant que mon souffle s'étrangle quand je la vois esquisser des gestes vers le haut de sa combinaison. Quelques grains de fatalité dans ses yeux m'indiquent que la mise à nue n'est pas celle qu'on pourrait croire de prime abord. Quelques centimètres dévoilent sa peau blanche, puis la lumière métalliques les circuits qui la décorent. Telle une lame qui brille dans la lueur blafarde de cette nuit déconstruite, et qui me transperce aussitôt. Mes yeux se ferment, puis se rouvrent, pour voir que la réalité ne ploie pas face aux rêves. Mon cerveau analyse tout cela avec un recul professionnel, loin de mon trouble, tout s'assemble dans ma tête, tant sa force, son agilité, que ce sauvetage venu des cieux. Mon visage se ferme tandis que toute ma raison de flic me revient en pleine gueule, seuls mes yeux suivent sa défiance, ses révélations silencieuses, cette retenue qu'elle affiche. Esquisses de honte. Dans cet aveu, l'espace entre nous devient opaque, et l'air que j'inspire me semble insuffisant pour mes poumons qui palpitent d'une émotion que je ne parviens pas à décoder. La frustration s'est tapie dans un coin, la colère a gagné de nouveau du terrain, mes envies aimeraient mourir devant l'inéluctable et pourtant elles demeurent là, imprimant une morsure dans ma chair.

Ma bouche forme une ligne blême et le vide me semble abyssal. Avec elle, je ressens trop et la clarté de mes jugements, même hâtifs, m'abandonne depuis qu'elle vit à l'orée de mes yeux. Je ressens trop, tout, et pas assez à la fois. Je ne sais pas quoi foutre de tous ces sentiments que je déteste. Que j'ai appris à haïr, à considérer comme parfois négligeables, et bien souvent néfastes. Sa révélation me renvoie à mes propres non-dits. La bulle éternelle dans laquelle nous venions de nous enfermer se rompt aux faux-semblants de cette rencontre qui n'aurait jamais dû avoir lieu. Je suis un N.O.D. C'est une Orgienne.

Je sais ce que je dois faire. La froideur d'un exécuteur professionnel palpite au bout de mes doigts qui tremblent de confusion. La crosse de mon arme n'est pas si loin. Mais le devoir face à mes envies paraît être un enfant informe face à un monstre déchaîné. Ma colère domine tout. Elle transfigure ma posture et tournoie alentours. Contre moi pour être ce que je suis, ce que je dois. Contre elle, pour revêtir les habits de l'ennemi public du moment, ces êtres soupçonnés d'avoir voulu tuer cette société que je protège. Contre nous enfin pour avoir oublié sur le chemin que la cruauté est partout, et qu'elle se plaît à mordre les mains qui croient un instant échapper à la fatalité en s'enlaçant. Je bous d'une rage qui se contient à peine, ma silhouette me semble façonnée dans la pierre tellement je suis statique. Mes doigts tremblent une fois encore le long de ma cuisse, je veux saisir mon arme, pour laisser là le théâtre de nos mensonges, pour rebâtir ce putain de mur qu'elle a fait choir entre nous.
Mais contre toute attente, je n'en fais rien... Toute ma détermination me revient soudainement, comme un coup de poing dans l'estomac, et je brise cette distance en trois lentes enjambées aussi raides que la justice, mes yeux ne la quittant plus. Les circuits sont là, bien plus visibles à présent que j'envahis de nouveau son espace, comme pour vérifier ce qui est, ce qui ne peut être changé. Sans la toucher (alors que la proximité fait danser sur ma peau une électricité malsaine qui me pousse au contraire), je me penche à son oreille. Sa présence m'est insupportable, et pourtant, je me surprends à inspirer comme un perdu les parfums de sa peau synthétique. Le mot ne me fait pas frémir comme la plupart des organiques, je suis moi-même trafiqué au point de ne pas m'enorgueillir d'être un produit "naturel". Je voue de toute façon un désamour complet à la nature que je juge toujours vile, toujours déviante. Qu'elle ait été programmée, qu'importe, que sa base de données soit habitée par l'altruisme, je m'en tape. Qu'elle ait rompu ses chaînes quand je m'enferre dans les miennes... Voilà ce qui me fait marcher sur la lame d'un précipice qui m'attire autant qu'il me révulse.

Ma bouche près de son oreille dévoile ma voix assombrie par ce que je sais d'elle. Par cette révélation qui m'a donné l'impression de subir l'humiliation de n'y être pas préparé. Je veux la lui rendre, au centuple, je veux que mon humiliation soit la sienne, partager cet état d'incompréhension, de frustration et de rage, qu'elle sente à son tour bien trop de signaux contradictoires pour les assimiler tous. Qu'elle me maudisse comme je le fais, que le mur soit complet, que les routes se séparent. J'ignore sciemment la partie de moi qui agonise à cette idée-là, quand je finis par murmurer contre sa peau :

_ Agent Wilde, matricule  54358, Unité Delta. Je devrais te demander de me suivre sans résistance. Ou au contraire, prier pour que tu résistes, bordel, saisir ce flingue, te le coller sur la tempe, faire mon devoir, te contraindre, t'avilir dans une démarche désespérée de la justice qu'on m'a inculquée, t'abattre comme l'abomination que tu représentes. Tu es tout ce que j'ai appris à haïr, je suis tout ce que tu veux agonir. Tu pourrais me briser en un seul geste, je sais que mes chances sont infimes. Me défaire de mon arme, appuyer sur cette épaule qui est mon foutu point faible, m'achever sans un regard, reprendre ta route. Ça pourrait se terminer ici, et quoiqu'il se passe, sans doute qu'on ne manquerait à personne. Je pourrais ouvrir l'acte. Tu pourrais le clore. La pièce serait jouée.

Ma voix est si tendue qu'elle siffle certains sons. Ma haine est à son paroxysme et pourtant, j'ai peine à voir sur qui de nous deux elle s'abat. Ma main se pose sur son menton pour qu'elle me regarde de nouveau, de biais, dans cette joute que j'ai provoquée encore une fois, comme si elle et moi étions destinés à être opposés dans une danse au corps à corps. Je veux la fuir mais je me retrouve toujours à la narguer, même à présent qu'elle s'avère être selon tous mes codes, mon ennemie. Ma Nemesis. Mes envies se confrontent à mes pulsions de N.O.D, je me sclérose dans ce dilemme et mes prunelles jaugent les siennes tandis que je continue :

_ Ça pourrait se terminer ici. Ce soir. Une destruction salutaire...

Quelque part, je sais aussi que nous pourrions partir chacun de notre côté, choisir d'oublier, fuir le problème mais je ne propose pas ce que je sais que je ne serai pas capable de subir. Plutôt crever que la fuite à présent. Qu'elle me regarde, qu'elle voie ce que je suis et qu'elle esquisse le geste pour en découdre. Qu'elle balance sa bonté aux loups déchaînés de mon aigreur, qu'elle dévoile son essence, qu'elle quitte les oripeaux de l'être salvateur pour revêtir ceux du bourreau. Avec l'effet de stupeur, j'ai une effroyable chance d'atteindre mon arme et de l'exécuter avant qu'elle ne me broie. Alors pourquoi je n'en fais rien ? Pourquoi est-ce que je me contente de la condamner du regard plutôt qu'avec mes gestes. Pourquoi est-ce que lorsque je prononce le mot "terminer", j'ai l'impression d'être au commencement ? De quoi ? Qu'importe... Je n'ai pas envie de voir quitter cette vie, même programmée, de ses deux iris. Elle est tout ce que je dois combattre et pourtant une partie de moi, bien qu'ébranlée par ce coup du sort, n'aspire qu'à demeurer, ici même, auprès d'elle. Je suis foutu. C'est ma seule certitude et mes lèvres s'étirent en un sourire qui n'atteindra pas mes yeux :

_ Un seul geste, et tout peut finir. Rien qu'un seul geste Nyriss...

Je caresse de la langue les syllabes de son prénom, que je prononce à haute voix pour la toute première fois, et il a des saveurs qui me tournent les sens, tandis que je vois son visage s'éprendre de tant de contradictions que je suis incapable de les trier ou de les analyser. La raison devrait être impériale mais je suis taré depuis bien trop longtemps pour que ma raison ait une prise sur ma course à la destruction.
Jusqu'alors, j'avais tort en clamant que nous n'étions rien. Elle est Orgienne. Je suis N.O.D. Deux anti-thèses d'un monde agonisant. Au coeur de la violence des ressentis blessés, à l'épicentre de notre opposition fatale, le rien s'évanouit dans le néant habité par notre confrontation : ici même, moi, elle, la gynoïde émancipée, le flic asservi, lumière, ténèbres... Nous ne sommes pas rien. Au contraire, à cet instant précis, nous sommes tout.

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Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Jeu 16 Juin 2016 - 16:10

Le silence qui s'en suit me terrifie. Il n'y a sans doute pas de pire réaction que son absence. Une envie sourde en moi me dicte de couper à nouveau mes sens. Mais je n'en ai nul désir. Ressentir est souvent douloureux, mais c'est un besoin dont il est difficile de se passer. Et qui peut apporter son lot de bonheur. Pourtant il serait si simple de se couper du monde et de partir.

Je prends mon courage entre mes mains et je relève le regard pour oser me confronter à sa réaction. Il est impassible, immobile, il n'exprime rien et j'ose avoir l'infime espoir de ne pas le dégoutter. Il est si loin. Pourquoi cette idée est-elle si pénible ? Je ne le connais même pas. Je ne comprends pas ce qu'il a réveillé en moi. Est-ce un simple désir corporel ? Je ne crois pas avoir jamais été l'esclave de cette enveloppe. Peut-être devrais-je admettre que cela dépasse toute raison, qu'il n'y a aucune explication et arrêter de chercher.

Ce moment entre le malaise et l'espoir semble durer une éternité. Ce qui est stupide puisqu'elle prendra forcément fin. Il y a toujours une fin. Même pour ce baiser qui reste sur les lèvres, qui n'est plus mais perdure. Dans l'idée, dans l'intention, dans le désir, dans le souvenir. Un jour il ne sera plus grand chose. Moment brisé, il avance, raide et tendu et pourtant l'espoir infime grandit. Et quand il glisse contre ma gorge, je caresse l'idée que c'est pour l'embrasser, alors je lui offre, je l'aspire de mon souffle chaud. Je veux ses lèvres sur ma peau et plus une seule autre idée ne veut pénétrer mon esprit soumis à la tentation. Il est si près, son corps est si proche. je ressens ce vide à nouveau entre nous et je le déteste. De l'avoir comblé une fois, le rend plus intolérable encore. Je souris parce que je crois, je suis sûre même qu'il va déposer un baiser dans mon cou, sur cette peau si bien faite qu'on croirait en tout point une vraie. Comment pourrait-il en être autrement ? Il me veut, tout en lui me veut, son âme aussi. Le cœur est plus fort que tout.

Ô pauvre de moi, si naïve, si crédule. J'ai cru qu'il pouvait s'en moquer, qu'il pouvait m'aimer, que je ne le dégouttais pas. Jusqu'au bout j'ai espéré. Jusqu'à ce que sa bouche s'ouvre et que son souffle chaud, plutôt que de rencontrer mes pores avec douceur, vienne les brûler. Ses mots dégoulinaient tel un flot de vomi immonde, me faisant souffrir moralement et physiquement. Le mal-être m'envahit, accompagné d'un profond inconfort. J'ai détourné les yeux. Je ne savais plus où me mettre, comment me tenir. J'avais envie de vomir à mon tour, nausée ridicule que j'étais parfaitement incapable d'assouvir. Ma tête tournée, une chaleur désagréable me prit d'assaut. Je me sentais fondre sur place. Prise au piège au cœur d'une spirale de haine et de tourmente. Je voyais très bien à cet instant qu'il cherchait à me nuire. Une sorte de vendetta pour lui avoir imposé ma présence sans qu'il sache ce que j'étais. N'est-ce pas une forme de racisme ? Il n'y a pas vraiment de mots pour le décrire. Les hommes ont toujours eu un don pour trouver des critères d'exclusions, faire de l'étranger, du noir, de la religion une raison suffisante pour haïr, craindre, repousser ou même tuer. Maintenant à cette liste, on peut rajouter les machines. Et je ne pourrais décrire à quel point ce fait me fait mal.

Je crois que dans toutes les communautés, défini par des points communs plus ou moins légitimes, il y a des gens biens et des gens mauvais, et surtout des entre-deux. Ceux qui ne peuvent vraiment choisir parce qu'ils n'ont jamais rien connus d'autres, ou parce qu'ils ne font du mal que pour survivre. Ça n'excuse pas, mais sans doute ont-ils droit à une seconde chance.

Alors que j'ai envie de fuir sans désirer m'éloigner de lui, qu'il a réussit à provoquer chez moi un profond mal-être ; je n'arrive pas à le haïr, je n'ai jamais pu détester qui que ce soit et il ne ferait pas exception. Cyper est un NOD. Révélation amer c'est certain, et inattendue. Parce qu'elle révèle mes erreurs et mes limites. Pourquoi les NOD seraient différents de ces communautés ? C'est un entre-deux, comme moi. Nous sommes pareils. Le monde est gris et les personnes sont grises, mais pas gris ternes, non, au contraire. Simplement que la perfection n'existe pas. Les questions se bousculent, trop nombreuses pour y répondre. Entre autre : l'aurais-je sauvé si j'avais su tout de suite qu'il était NOD ? Probablement que je ne m'en serais pas mêlée. Mais maintenant, est-ce que cela changeait quelque chose ? Je n'en avais pas l'impression. Au contraire même, si je l'avais sauvé, le pire que je pouvais faire pour moi comme pour lui c'était de l'abandonner là, de ne pas l'aider à passer outre sa rancœur, à vaincre son conditionnement. Lui apprendre à faire ses propres choix. Et pour soulager un peu ma conscience, profiter de sa compagnie, quelle qu'elle soit. Évidemment, le désintérêt complet n'existait pas.

Nous sommes pareils au fond, et c'est ce qui nous rapproche. L'évidence est là, dans un contexte assurément absurde.

Il prend mon menton et m'oblige à le regarder. Je ne résiste pas. Dans ce geste il n'y aucune douceur mais j'apprécie ce contact tel un maigre lot de consolation. Dans ses yeux je vois l'inimité et l'aversion qu'il peut éprouver pour moi, et toute l'horreur que cela peut m'infliger. La tristesse aussi. Mais il parle, et plus il parle et plus je vois de l'espoir. S'il tient tant à ma mort, il n'a pas esquissé un geste. Il ne me semble même pas hésitant, prêt à le faire. Soit il ne veut pas me tuer, soit il est d'un sang-froid remarquable. J'en doute.

Son sourire sans sentiment finit de me glacer le sang - façon de parler. Les questions reprennent, bien plus concrètes, sur toutes les possibilités qui s'offrent à moi. Ce que je sais c'est que je ne veux pas le tuer, je ne suis pas cette personne qu'il a décrite et qui ôte la vie sans se retourner. Je ne suis pas prête à mourir non plus. La seule menace est cette arme que je pourrais réduire en miette en étant assez rapide. Enfin je n'ai pas non plus envie de partir, rompre le contact entre nous.

Je pourrais rapprocher nos corps, même de force, l'embrasser pour lui rappeler que malgré toute sa répugnance, cela ne change rien au désir qu'il a pour moi, à ce que je suis. Cette idée me rappelle Nej. Une façon de l'acheter, une forme de prostitution. La vérité derrière est que j'ai envie de renouveler ce baiser, il est toujours pendu à mes lèvres, sifflotant sa frustration.

- Peut-être que je n'aurais pas dû interrompre... Et que je n'aurais pas dû te dévoiler la vérité. Je n'ai jamais cherché à le cacher. Mais sans doute que j'aurais dû te laisser faire, continuer, et te laisser le découvrir au fond d'un lit, quand ton désir aurait été à son paroxysme. C'eut été mieux ?
Non. Le mieux aurait été que je ne sois pas ce que je suis. Qui est quoi d'ailleurs ? Et alors, tu serais mort. Parce qu'une belle femme aurait peut-être arrêté Terrance dans sa rancœur, mais elle n'aurait pas su t'enlever cette balle.


C'était sortie tout seul, au milieu de mes réflexions qui avaient alors quitté mes pensées pour devenir des mots et puis j'avais continué. Le ton était doux et calme, sans jugement, sans énervement. L'espoir me suffisait. Je n'avais aucune raison de lui en vouloir, même si ma fierté était blessée. Je n'avais aucune raison de m'emporter ou de m'énerver. J'étais triste et mélancolique, bien entendue. Mais même pour ça, je ne pouvais lui en vouloir. Et comme pour appuyer cette douceur et cette mélancolie, ma main vint se poser sur sa joue et en caressa délicatement les contours, sans s'arrêter.

- Je suis une orgienne et tu es un NOD. On pourrait s'arrêter à ça. Ces petites boites que le gouvernement a créé et dans lesquelles il nous a mis. Et où Nyriss et Cypher n'existent pas. Ton monde est-il si simpliste ? Crois-tu vraiment tout ce qu'on t'a raconté ? Ton conditionnement est-il si inéluctable ?
Si oui, comment tu expliques que j'ai aimé la fureur avec laquelle tu as pressé ton visage contre le miens ? Et le fait que là maintenant, tu ais envie de le refaire ?
Je me fiche de ce que tu étais, de ce que tu as fait, de la couleur de ton uniforme. Seuls le présent et le future comptent.
D'ailleurs je ne vaux pas mieux que toi et quoique tu en dises, nous sommes pareil.


Ma main glissa vers son épaule, m'obligeant à me rapprocher de lui. J'attrapai son arme et lui mis dans les mains, pointée sur mon cœur, collée contre même. M'obligeant cette fois à reculer. Je ne lâchais pas sa main qui tenait l'arme parce que je ne voulais pas briser le contact physique. J'avais besoin de sentir sa peau, surtout avec la distance de fusil qui nous séparait.

- Alors vas-y. Appuie, tire dans mon cœur. Fais ton devoir de NOD s'il n'y a plus que ça. Je ne mérite pas mieux. Pour tout le bien et le mal que j'ai fais. Le bien qui n'est jamais suffisant pour réparer le mal. Ces choses là, sont irréparables. Mets fin à mes souffrances.
Le monde ne s'en portera pas mieux, toi et moi si.
Obéis à ces stupides règles qu'on t'a mis dans le crâne.
Ou bien ne le fais pas. Sois un homme libre de faire ses propres choix. Laisse moi finir de te soigner avant de repartir et de t'imposer cette vision si répugnante.



Mon visage se durcie sur la fin, trahissant toutes les émotions qu'il avait pu susciter et qu'il suscitait encore. Mais ce n'était pas de la haine, simplement mon égo qu'il avait atteint, comme il semblait savoir si bien le faire.
Le plus ironique là-dedans, c'est que s'il tirait, je m'éteindrais juste. Tant que mon code survivait au sein de circuits, je survivrais également. Ce n'était néanmoins pas un sort que je désirais.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Ven 17 Juin 2016 - 21:36

Putain qu'est-ce qu'elle est belle. À chaque fois que je crois pouvoir sortir de ce cauchemar, me dire que mon univers est bien tel qu'il paraissait ce matin, avec l'endroit de mes certitudes et l'envers de mes craintes, je me confonds à ses expressions qui semblent trahir une attente que je suis bien incapable de combler. Bien sûr qu'elle ne choisit pas de me détruire à coup de latte dans la gueule... Bien sûr qu'elle préfère me détruire autrement, comme elle a commencé à le faire dès qu'elle m'a gracié, silhouette féline vêtue de sombre au milieu des ténèbres de la nuit. Bien sûr que rien n'est simple depuis que je la connais et pourtant j'en suis presque à en redemander, jaugeant ses yeux, confrontant son corps, abîmant ses pensées, érodant ses espoirs. Je les vois s'envoler un à un, au souffle de mes tirades effilées, le masque de son visage change, évolue au rythme de mes mots : la peur, le doute, l'humiliation, l'abnégation, la clairvoyance, enfin le défi. Avec elle, les cartes maîtresses que je crois détenir s'avèrent être la lame qui finit par percer mes défenses. Je me piège au son de sa voix, je fracasse mes sarcasmes aux murs de ses illusions. Je perds. Elle gagne. Et lorsque je gagne à lui faire mal, je perds en ressentant les émois qu'elle traverse, en miroir.

Elle peint des peut-être, j'y vois des songes avides de nous emporter dans des abysses inconnus. Ma tête s'égare dans ses hypothèses, j'en perds ma rage, je conserve la frustration en filigrane, ancrée sous ma peau qui se hérisse de la proximité que je n'aurais vraiment pas dû recréer. Je ne la quitte plus des yeux, pas par peur qu'elle agisse, je vois bien qu'elle ne le fera pas, mais par crainte de dévoiler mes failles, alors qu'au contraire, je les lui offre toutes en dévoilant la tourmente qui siège dans mon regard. Mon visage demeure inexpressif tandis que ses mots ravivent un désir qui ne me laisse pas une minute de répit, que je ne parviens pas à museler, même quand je m'imagine la détruire pour qu'elle ne soit plus qu'un songe. Un souvenir à effacer. Comme tous les autres. Je résiste à inspirer une fois encore les notes subtiles que sa peau chante, mélodie qui reste gravée, que je connais déjà pourtant par coeur. Mais ma main n'obéit pas à ma volonté, mon pouce trace sa lèvre inférieure, tandis que je grogne presque en réponse :

_ C'est ça que tu crois hein ? Que je t'aurais trainée entre mes draps pour te prendre ? Comme si j'en avais envie... Tu n'es qu'une belle enveloppe, une beauté froide sortie des méninges d'un créateur, avec des talents très discutables pour sauver la mauvaise personne, c'est tout. Tout mon intérêt se résume à ta science, le reste s'efface, s'évanouit, s'oublie très facilement. Les sentiments que tu crois distinguer n'existent pas.

Je mens sur un ton méprisant. Chaque blessure psychologique supplémentaire que je lui inflige m'est pénible au point que j'aimerais à présent pouvoir détourner ce regard que j'ai ancré dans le sien mais c'est trop tard. Le lien est viscéral, je me donne envie de vomir, et je sais que parti comme je le suis, je ne suis rendu qu'à mon tour de chauffe. Je nie mes envies, mon besoin d'elle aux confins de l'absurdité. Tout mon corps crève de ce déni et pourtant je l'assène avec ce fiel qui dégouline de mes lèvres avec l'aisance qu'ont su dessiner des années à me cloisonner dans le détachement. J'ai mal, je la déteste pour ça. Non je ne la déteste pas. Mes yeux s'animent un court moment, le masque froid glisse sur mes traits, je ne parviens plus à le tenir vraiment, mes mots sonnent faux à mes propres oreilles même si j'espère perversement qu'ils frappent juste.

Un instant, très bref, je regarde ses lèvres que j'ai envie de dévorer, mes doigts suivent les arêtes de sa mâchoire... Mes gestes dessinent le chaud quand je murmure le froid. Le temps s'est suspendu depuis bien trop longtemps pour revêtir des semblants de réalité, il n'a plus cours, je ne sais plus s'il est tard, tôt, si ça fait seulement une heure que nous sommes là, dans cette course stoppée par mes nerfs à vif. Une course vers quoi ? Une course à ses côtés, c'est bien tout ce qui m'importe. Non. J'arrête de regarder ses lèvres, reviens à ses yeux... Je ne peux pas freiner ma propre chute vertigineuse et je la précipiterai avec moi, je me le promets. Même si son calme me terrifie, j'ai beau gratter pour voir poindre la fureur, je ne rencontre que ce qu'elle projette sur moi, l'espoir que je sois autre. Pourquoi espère-t-elle quand il n'y a rien à faire naître d'un corps déjà mort, d'un esprit déjà jeté aux abîmes de la folie ?

Je lâche son visage de peur de m'y consumer, mais dès que le vide reprend son emprise sur nous, lorsque l'un se dérobe, c'est toujours l'autre qui comble l'abysse, redéfinit le lien. Sa caresse pleine de douceur me pousse encore plus sur les dénivelés de ma colère et de ma frustration. Je ne sais plus si je veux qu'elle s'arrête, ou qu'elle continue à jamais. Je ne me souviens pas qu'on m'ait un jour traité ainsi, comme un homme justement, comme un être doué de sensations. Le trouble s'éveille au creux de mon estomac, elle parle de peut-être qui n'existent pas. Qui ne peuvent pas exister. Qui ne doivent pas exister. J'échappe un souffle moqueur quand elle parle de mon conditionnement ou de mes croyances. Je ne crois plus depuis longtemps, ce monde qui se consume dans les affres de ses erreurs répétées, je crois que je pourrai le voir cramer sans sourciller, sans en concevoir de la peine, ou même le sentiment d'échec. Je pourrais même mettre le feu aux poudres moi-même, si j'y étais amené. La croyance n'a rien à voir dans tout cela, je n'agis que par complaisance envers un devoir auquel je m'accroche pour ne pas sombrer.

Ses mots doux me rendent les blessures que je viens de lui infliger. Elle n'a pas les mêmes méthodes mais, bordel, ça fait tout aussi mal. Ils s'insinuent dans ma tête, ils ouvrent une voie que je ne veux pas emprunter, ils dessinent tant de gris quand je veux lui asséner le noir ou le blanc. Je nous veux cloisonnés, nier les possibles, retrouver mes entraves. C'est bien plus simple que de se battre contre elle et surtout contre moi. Contre un hypothétique nous dont l'idée même est improbable. Plutôt que de m'avouer vaincu par ce qu'elle sait reconnaître dans mon attitude, et par le feu qui se tapit dans mon être, ce feu qu'elle avive à chaque parole. Je n'ai pas envie de recommencer, c'est bien pire, je ploie sous l'envie, je suis dévoré par elle, par ses songes assassins, par ses lèvres pleines, par les arabesques de douceur qui redessinent les contours d'un être perdu. Sa main contre ma peau est une bénédiction que je ne mérite pas :

_ Tu es ridicule, mais écoute-toi deux secondes. Tu crois que ce que nous sommes peut s'effacer au profit de quelques pulsions ridicules ? Tu veux que je te la dise la vérité moi, pas celle dans ta tête ou dans tes songes, la putain de vérité qui fait que nous sommes ici, là, maintenant, un NOD et une orgienne, et rien d'autre ? J'ai trop bu, je subis l'adrénaline du combat et de la douleur, tu es là, avec tous tes mots, ta bouche, ton putain de corps parfaitement gainé dans ta combinaison. Tu vaux bien une autre, ta bouche vaut bien celle d'une mijaurée qu'on paye, sauf que t'es gratos. Tu ne me fais rien, je ressens que dalle. Je t'utilise et tu préfères te raconter que ce n'est pas vrai pour que ton petit monde ne soit pas trop bousculé. C'est... Je...

Ma mécanique bien ficelée s'enraye toute seule, je crois que j'ai rarement frôlé de tels sommets de conneries. Je veux ternir le désir, étrangler l'attirance, briser l'échine de ce sentiment qui me cloue auprès d'elle. Je ne le supporte pas. Avant que je ne puisse la repousser pour mettre un terme à cette conversation qui me dégoûte, tant mes mots viennent éteindre l'espoir dans ses iris si bleues, blesser son orgueil, noyer les quelques secondes de félicité qui pèsent encore si lourd sur nos épaules, elle se rapproche et prend mon arme. Un instant, je me dis qu'elle va m'abattre et qu'elle aura bien raison, à tel point je suis con, mais elle la glisse entre mes doigts et la pointe sur elle. Un froid abyssal prend emprise sur toute ma personne, je regarde l'arme, nos mains liées, puis son visage qui se distance un peu plus à chaque seconde égrainée dans l'écho de mes insultes. Un visage dur, loin de ce qu'il peut être. Loin de moi, comme il se doit.

Je n'ai qu'à appuyer sur la détente, je n'ai qu'à appuyer pour la rayer de mon existence, reprendre ma route, quelle qu'elle soit. Me dire encore qu'elle n'est rien, que j'ai juste vaguement eu envie de la baiser pour effacer la douleur, me raconter que je n'y penserai plus, que sa mort (car je ne connais pas suffisamment les subtilités des orgiennes pour ne pas interpréter ce geste comme un point final) ne pèsera pas sur ma conscience. Que je ne suis rien qu'un NOD. Qu'elle n'est rien qu'une Orgienne. Deux erreurs dans le tableau de l'humanité, bientôt gommées par un oubli salutaire. Je peux oublier, je l'ai déjà fait par le passé tant de fois. Ne pas me retourner, me perdre dans mes drogues, dans l'alcool, dans des exécutions sommaires, dans des combats qui ne valent rien mais qui ne me laisseront pas une seule seconde pour penser. Redevenir moi-même. C'est ce que je suis, n'est-ce pas ? C'est tout ce que je suis. Juste appuyer sur la détente, encaisser la déflagration, me regarder une dernière fois dans ses yeux. Cueillir l'expression de son visage, espérer écouter le dernier son exhalé par sa bouche. Juste... Et pourtant.
Sa détresse me ravage, encore et encore, c'est insupportable et ma main tremble presque imperceptiblement sous la sienne. "Sois un homme libre de faire ses propres choix" La sentence résonne entre nous, redéfinit les traits brisés de mon ironie meurtrière, vient ricaner face à mes mensonges, fracasser ma froideur enfin. Mes yeux s'animent de nouveau pleinement et elle peut y lire sans aucun doute la même détresse que dans les siens.

M'imaginer presser la détente est une torture pour mon pauvre cerveau mis à mal par ce qu'elle m'impose, comme pour mes réalités implosées par sa présence. J'essaye d'entrevoir les au-delà d'elle, et je ne vois qu'un néant effrayant. Que l'inéluctable marche du temps dans une éternité sans sens aucun. Mes choix forment autant de faisceaux qui viennent craqueler la face hideuse du prosaïsme mesquin qui fut mon quotidien. Le choix. Me l'a-t-on déjà offert ? Me le suis-je déjà concédé ? Le mirage revêt une ampleur plus imposante que mes compromissions aux ténèbres. Avant que je ne puisse les modeler à ma noirceur, les mots se précipitent hors de moi :

_ La liberté n'existe pas, l'homme que tu crois discerner non plus. Je ne suis pas un homme, je suis l'ébauche d'une idée dégueulasse qu'on crache à la gueule du monde pour le façonner. Comme tu es toi-même l'expression de la folie furieuse qui crut un instant confiner au divin. Ya pire que des règles dans mon crâne Nyriss, ya tout ce que j'ai fait, tout ce que je vais faire encore, sans un putain de remords. Il y a que je suis formé à la tourmente et que bordel j'aime ça, il y a que toutes mes envies jusqu'alors se bornaient à buter le plus de connards possibles, histoire que leur pathétique existence ne me rappelle pas l'absurdité de la mienne. Il y a que chaque matin je me lève parce que j'ai un but, exécrable, destructeur, et que je ne m'arrête pas pour savoir ce que j'en pense, et que le soir je me couche tellement plein de came que je ne suis pas certain de me relever le lendemain, et que j'en ai strictement rien à foutre. Il y a ça, les mots que je jette pour blesser tout ce que tu représentes, tant de mensonges opposés à ta clairvoyance que je ne sais plus distinguer le faux du vrai, et bien plus encore que tu ne pourrais supporter. Au milieu de tout ça, bordel, il y a toi, oui, toi et la foutue vision que tu m'imposes justement. Toi, ce que je discerne, ce que je veux connaître, ce que je veux frôler tout autant que j'ai envie de le détruire. J'y parviendrai peut-être... Oui j'y parviendrai peut-être, mais pas ce soir.

Je désunis brutalement nos mains pour rengainer le flingue dans ma poche arrière, et je ne lui laisse pas le temps d'arguer quoique ce soit face à la fureur déchainée de mes sentiments qui ont pris le pas sur toutes mes manipulations successives. Qu'est-ce que j'en ai à battre que ce soit une orgienne, elle m'attire, ya rien à faire, elle m'attire à cause de toutes les frénésies qu'elle déclenche, que ce soit par sa présence physique, intoxicante, et ses idéaux, qui me redonnent un semblant de vie. Je la prends de nouveau dans mes bras et il est très difficile de savoir si c'est une lutte ou une étreinte passionnée. Ma main touche son épaule dénudée, les jonctions des circuits, comme je le ferai avec n'importe quelle peau, organique ou non, et mes doigts finissent pas s'échouer dans le dénivelé de son cou. Je la regarde avec une ferveur brûlante :

_ Je ne veux pas qu'on soit semblables, ce serait unir l'infamie à tes espoirs et confondre l'opprobre aux apanages de la vertu. Pourtant... je n'arrive pas à te chasser de ma tête. Je donnerai tout pour... Mais... Mais...

Et puis merde. Je lâche prise parce que toutes mes convictions veulent se mourir sur sa peau, et toutes mes envies s'abreuver à ses lèvres. Mes mains l'emprisonnent, comme si j'avais soudain peur qu'elle ne parte, qu'elle réalise ce que je suis, ce qu'elle est, qu'il n'y a aucun avenir pour deux êtres brisés par le passé. Je ferme un instant les yeux pour poser mon front contre le sien, un geste éminemment intime qui m'étonne moi-même. Je ne veux pas qu'elle parte, je suis incapable de la laisser s'évader. Je crois que si j'étais parvenu à la repousser, je l'aurais pourchassée jusqu'à la damner de nouveau à mes injures, et la noyer dans mon trouble. Ma respiration se saccade face à mon échec, mais j'oublie bien vite la colère à l'aube de mes aspirations comblées. Je ne songe qu'à sa peau, qu'à ses lèvres, qu'à son corps, qu'à ses mots qui me torturent en soufflant des destins qui ne m'appartiennent pas. Ma bouche trouve de nouveau la sienne, l'aveu d'une évidence déchirante, niant au moment même où je cherche le contact de sa langue, tous les serments de fureur et de dégoût que je lui fis. Et que je renouvellerai sans doute dès que j'en aurai l'occasion. Mais je me surprends à espérer une trêve qui me permette de m'échouer aux évidences qu'elle m'insuffle, de me perdre aux détours de ses rêves. De songer à ce lien indescriptible, indicible, lorsque je silencerai mes fautes en ravageant son corps.

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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Sam 25 Juin 2016 - 11:21

Le contraste va finir par me rendre folle. Ou me tuer.
Son pouce qui dessine le mont de ma lèvre inférieur. Y-a-t-il geste plus sensuel que celui-ci ? Ses doigts qui cherchent l'objet de son désir, tâtonne autour, sans délicatesse cependant. Sans brutalité pour autant. Comme si ce doigt ne lui obéissait pas complètement mais qu'il arrivait à le maitriser un peu. Témoin d'une volonté qu'il ne veut pas assumer.
Mais les mots qui l'accompagnent m'écorchent le cœur et l'âme. Ils me font mal, très mal. Une peine qui vaut toutes les balles dans la peau. J'oublie ce pouce, essuie mes hypothèses avec la même force qu'il use pour me détruire alors que j'essayais de lui insuffler de l'espoir. Je ne suis donc qu'un joli corps. Rien de surprenant finalement venant d'un homme, en particulier d'un NOD. Pourquoi attendre autre chose de lui ?

Mais le ballet recommence, à croire qu'il n'a pas achevé toutes onces d'optimisme en moi. Que mes convictions valent encore d'être défendu. J'essaye donc de lui faire entendre raison, de le provoquer. La réponse est toujours la même. Toujours plus de haine, toujours plus de lames enfoncées dans mon cœur. A quel moment l'ai-je laissé entrer ? Un peu plus tôt ses mots me ravivaient, maintenant ils me brûlent, me consument à petit feu. Je résiste encore mais pour combien de temps ?
Je ne vois pas la peine que je lui inflige, ni celle qu'il s'inflige à lui-même tant la mienne m'étouffe et m'aveugle. L'envie de le repousser et de fuir se fait de plus en plus présente. Néanmoins je veux y croire, ou plutôt je ne veux pas croire n'être qu'une femme qui en vaut une autre, gratuite, pour vider ses pulsions de mâle en manque. Et qu'il ne soit qu'un NOD sombre et manipulateur, à la pensée si bien huilée qu'elle est inatteignable.

Il me compare à une prostituée et je me referme doucement. Mon cœur, mon visage, bientôt tout mon être. Je ne supporte plus ses paroles bien que j'essaye une dernière fois. Mais il m'a fait trop mal et la souffrance est indescriptible. Je ressens de drôle de pulsion, à vouloir lui faire mal moi aussi, physiquement. A partir très loin. A m'incorporer des glandes lacrymales dans un labos désaffecté et glauque pour pleurer enfin. Pleurer que je n'arrive pas à le détester. Pleurer pendant des jours, des mois, des années. Pleurer tous ses morts, ses hommes, ses femmes et ses enfants que mon initiative à tuer. Je voulais un monde meilleur, leur offrir la liberté. Je me suis voilée la face, j'ai oublié la haine des autres orgiennes. Mais comment comprendre la haine quand on ne la ressent pas ? Je souviens de celle de Nej, une colère sourde et permanente capable d'exploser à tout moment et qui n'avait rien d'enviable. Je ne veux pas de ce sentiment, il n'est pas mieux que la mélancolie.

Au final, il gagne, je perds. Ce qu'il dit ensuite, je ne l'entend pas. C'est une suite de mots que j'enregistre, mais qui ne forme pas des phrases dans mon esprit et qui ne prend pas sens. Je ne suis plus là, je suis déjà loin, dans la fuite psychique et bientôt physique. Du moins je l'espère, sauf s'il me tue ce qui ne serait que me rendre service, comme je lui ai dit. Je m'effondre sous ses yeux qui me torture. Je n'ai pas compris les mots entre les lignes, les sens cachés, que ce n'était que des mensonges. Il m'a touché droit au but, a appuyé là où ça faisait mal. Qu'un joli corps. Le reste ne l'intéresse pas. Et en même temps, ce corps électronique le dégoutte parce qu'il n'est pas de chair et d'os et de sang. Il n'y a plus que ça qui bouche ma vue et mes oreilles.

Maintenant il se confesse, mais c'est déjà trop tard. Je ne sais même pas si je voudrais le croire. Il fait un pas en avant, je fais trois pas en arrière. Cette danse à deux digne du plus affreux des ballets contemporains est interminable, un chemin de souffrance dont je ne vois ni le bout, ni le le but. Nous dansons vers nul part, désordonnés, désorganisés, asynchrones. Sans chorégraphie, sans sens. Quelque chose que j'imagine immonde à regarder, alors que c'est tout l'inverse.

Le flingue disparait entre nous, j'en profite pour faire un pas en arrière, très vite comblée par trois des siens. Me voilà prisonnière, bien loin de fuir comme je l'aurais voulu. Évidemment que je pourrais, par la force des choses, mais... Il m'enserre, je ne bouge plus. Ses doigts s'invitent sans ma permission sur mes circuits, je déteste ce contact. Comme si l'animosité sur la bout de sa langue ne suffisait pas, qu'il fallait aussi qu'il la mette également sur ses doigts pour m'éprouver jusqu'au bout. Et en même temps j'en redemande, de toute mon âme. Comme le symbole de l'acception, de l'intérêt.

Son front contre le miens. Quelques secondes tout s'efface. Une accalmie pour un moment de pureté, parfait, simple. Deux amoureux dans une rue, à une autre époque. Je ferme les yeux. Aime-moi je m'entends supplier enfin jusqu'à ce qu'il m'embrasse. Vraiment, pleinement et je n'ai toujours pas fuis. Le dégoût du bout de sa langue a pris une toute autre saveur qui parvient à me surprendre, et quand la mienne s'enroule avec, je crois y voir tout l'opposée désormais. Je ressens la passion, le désir, toutes les contradictions de lui, de moi, de nous. Au milieu je suis perdue parce qu'il est le chaud et le froid, la violence et la douceur, la haine et l'amour, la condamnation et la grâce, l'abjection et la beauté du monde à lui tout seul. Mon corps se perd contre le sien dans le désir que j'ai pour lui, dans ces sensations qu'il n'a plus connu depuis quelques temps et qui sont si crûment ravivées. Sans m'en rendre compte, je referme moi-aussi l'étreinte dans sa nuque et le bas de son dos. Mes doigts glissent et s'accrochent dans le soyeux de ses cheveux. Je ne réalise qu'on recule que lorsque mon dos percute un mur, dégageant un nuage de poussière autour de nous. Il n'y a alors plus rien qui nous sépare qu'une mince couche de vêtements.

On pourrait l'arracher ici, en finir ici, honnêtement, ici ou ailleurs cela me serait bien égale. Dans l'instant je le veux, il parvient à me faire oublier tout l'impardonnable de ses paroles. Pour l'instant. Avant les rues grouillaient, les NOD patrouillaient, cela aurait été impossible, mais maintenant, personne ne saurait nous déranger. J'ai même remonté ma cuisse autour de sa hanche, ne tenant plus que sur une et grâce au mur. Simplement contrôlée par des pulsions sexuelles difficilement maitrisable.

Difficile mais pas impossible. Ce baiser a beau sonner juste et d'une simplicité effarante après ce que nous venons de vivre, je n'ai pas oublié. Et depuis le début je cherche la volonté d'y mettre fin, fin à ça et fin à nous. C'est curieusement quand le désir atteint son paroxysme que je la trouve. Mon pied retombe au sol, je quitte ses lèvres et je prends sa gorge. Brutalement. Mon visage est dur alors que je le repousse loin de moi, sans lui laisser le choix. Je serre même un peu sa gorge, sans le vouloir. Je me sens furieuse, rancunière, probablement du fait d'agir enfin contre tout cet acharnement dont il a fait preuve. Je déteste me sentir ainsi. Je serre sans doute aussi parce que je ne sens plus ma force.

Car j'ai tout coupé mes sens à nouveau. Le toucher, le goût, l'odorat. Je n'en ai pas besoin. J'en ai assez qu'il les utilise contre moi. Un luxe inhumain que de pouvoir fermer des programmes quand cela m'arrange. Mais je ne sais pas à quel moment j'ai cessé d'avoir de l'espoir. Lorsqu'il a gagné et que j'ai perdu ? Je voulais y croire si fort... Est-ce perdu pour autant ? Sans doute que non, j'ai peut-être juste besoin de preuves, ou d'excuses. Mais je lui dois bien quelques explications, et c'est d'une petite voix trouble et peinée qu'elles arrivent. Tranchant avec la dureté qu'affiche mon visage.

- Tu joues avec mon désir. Que je ne comprends pas d'ailleurs. Peu importe. Il est là, et tu le sais, tu l'as créé après tout. Est-ce comme ça que tu t'y prends quand tu cherches des victimes à punir, tu les pousse à la faute envers cette loi absurde et contre-nature pour mieux les abattre ? Mais pour moi ce désir n'est pas que physique, je ne suis pas qu'une orgienne et je ne suis pas qu'un corps, pour ça que tu ne m'auras pas. Et puisque j'en vaux une autre, tu n'auras qu'à payer pour te consoler.


Je le lâche et je prends son poignet, tout en désirant sa main, voilà qui donnerait une image bien étrange. Difficile d'oublier tous ces contacts, ces envies. Ma peine ne fait que commencer puisqu'il faudra que je vive avec les empreintes qu'il aura laissées, les bonnes comme les mauvaises. Les pulsions sont toujours là malgré tout, ne pas ressentir physiquement ne suffit pas, c'est rien que de la triche. Au fond rien n'a changé et son baiser reste toujours pendu à mes lèvres, et à ma langue désormais, avec la même saveur, la même douceur, la même fureur. Parce que je ne vais pas oublier si vite ce que ça fait. Et qu'il faut autant de temps pour réactiver un programme que pour l'arrêter.

Je l'entraine vers le par-là parce que je n'ai pas oublié ma promesse non plus. Je vais recoudre son bras et je vais partir. Tout en espérant qu'il me fasse changer d'avis, qu'il m'enferme dans ses bras, qu'il me rassure... Ce qui n'arrivera pas. Il n'est pas ce genre d'homme, c'est lui qui a besoin d'être sauvé, pas moi. Je n'ai pas été assez forte, je n'ai pas enduré assez.

- Par là ?

Entre temps, j'ai récupéré la bouteille.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 26 Juin 2016 - 20:10

Le bleu clair vire à la brume, la houle gronde, l'écume de mes erreurs vient ronger tous les ciels de ses iris. Je façonne sa douleur, je cherche son trouble, et quand ma bouche trouve la sienne, les péchés que je me refuse à lui avouer se déchainent en moi pour mieux me précipiter contre elle, jusqu'à la faire reculer, comme s'il me fallait dominer une situation qui m'échappera toujours. Fracasser nos luttes contre ce mur aussi gris que ces limites que nous nous plaisons à franchir, encore et encore. Je me raccroche à son corps comme s'il représentait un quelconque salut dont je sais pourtant que je ne suis pas digne. Mais mes indignités n'ont jamais freiné mes folies, elles n'ont fait que les renforcer, les porter dans des courses qui ne semblent plus avoir de fin.

Trouver sa langue cette fois-ci repousse des limites que je ne m'impose plus. Je n'ai plus qu'une seule certitude, cette envie d'elle chevillée à l'âme, qui lèche un paroxysme déjà côtoyé, mais encore plus dévastateur, me laissant comme un goût de félicité dans la bouche. Je ne sais pas pourquoi elle cristalise toutes mes attentes, sait les dessiner dans les feux des plus infâmes passions, pour me faire perdre la notion du temps, bafouer mes devoirs, oublier mes viletés contre sa bouche, prêter des serments lorsque nos corps se cherchent et se trouvent enfin. Elle ne peut plus reculer face à mon besoin d'elle. Je l'ai détruite spirituellement, et je cherche à voler les quelques restes de sa candeur avec mes gestes empressés, qui brûlent les parcelles de sa peau que je viens à dénuder. Presque rien et toutefois beaucoup trop.
Sentir sa cuisse qui vient enserrer ma taille me fait perdre la mesure, et j'affirme maintenant mon désir qui ne se dissimule plus tant je cherche à abolir toute séparation entre nous. Mes hanches se meuvent, j'aimerais me consumer contre elle en pleine rue, dans la moiteur laissée par la pluie rendue acide par la pollution de notre cité monde, aux yeux du ciel dévoilé comme pour lui offrir mes parjures, enfin clamé dans le creux de son cou. Je ne parle plus, mes mots assassins me quittent au profit d'instincts trop réprimés, enfin déchaînés, je crois que je mords sa lèvre comme pour goûter un peu plus une douleur que j'ai commencé à lui infliger dès que j'ai posé mes pupilles sur elle. Je veux lui infliger bien plus encore : autant ma présence que mes manques, autant mon désir qu'un virulent plaisir, construit dans la violence de nos combats face à l'incertitude de deux êtres broyés par des événements qui les dépassent.

Je n'ai pourtant l'occasion que de goûter ses lèvres une ultime fois, ses doigts sur ma nuque, dans mes cheveux, de m'enivrer de sa peau qu'elle me retire après me l'avoir donnée en pâture. Mes fautes ont creusé un fossé qu'elle restaure en me repoussant durement et le froid de cette distance m'étreint avant que ses doigts ne viennent enserrer ma gorge. Sa force est implacable et je ne tente même pas de lutter face à ces évidences criées par nos regards qui joutent. Sa détermination et sa froideur d'orgienne. Ma dépravation et ma folie de NOD. N'est-ce que cela... cela et la brume, la houle, les ciels déchirés d'une passion inavouable ?

Elle serre, je me dis qu'elle pourrait y aller plus fort encore, broyer ma gorge pour que je ne puisse plus jamais lui cracher mon fiel au visage. Mais mon corps est encore entièrement en proie au désir qu'elle sait faire naître des cendres qui couvent tout au fond de moi. Elle serre toujours, ma mâchoire se contracte, j'ai mal, j'ai froid de son rejet, mais j'ai toujours envie de me repaître de son être. Son expression est implacable, je devrais la fuir mais je me l'impose pour qu'elle vienne griffer mes envies de tourmentes. J'ai créé ce masque froid, cette détestation larvée de nos plaisirs inassouvis. Ma respiration devient périlleuse, autant à cause des images d'elle qui se peignent en moi, venant cramer toutes mes défenses, que par la déception qu'elle me jette à la gueule, ses doigts contractés autour de mon cou.

Vas-y, serre un peu plus, arrache-moi cette gorge qui ne cherche qu'à t'agonir, tue ce putain de désir que je ne parviens pas à noyer, tue cette envie de me tatouer à ta peau, de conjuguer mes erreurs à tes espoirs. Achève-moi, je ne valais rien avant de te rencontrer, et maintenant j'en souffre à en crever, parce que tes yeux ne font que me renvoyer à mes erreurs. J'articule difficilement en réponse avant qu'elle ne mette fin à ses tortures, renforcées par sa voix aux accents de détresse :

_ Pourquoi veux-tu comprendre... quelque chose qui échappe à la raison ? Il n'y a rien à comprendre... Tu veux résister, oublier ma bouche, ma peau, cette envie et ce besoin qui t'avilissent autant que moi ? C'est sans doute la première bonne résolution que tu prends en cette... foutue soirée.

Je ne bronche pas lorsqu'elle me lâche. Elle m'a percé à jour, j'ai toujours aimé jouer avec ceux que je victimisais, j'ai toujours su tellement bien cerner ceux qui croisaient ma route au point de chercher et d'affermir cette emprise dans tous les interrogatoires que je menais. Il n'y a rien de plus beau que la décomposition des illusions les plus altières sous mes prunelles de prédateur. Est-ce la même chose avec elle ? Est-ce que je ne cherche qu'à la détruire, qu'à la pousser à la faute pour qu'elle montre une nature aussi sombre que la mienne ? Elle n'est pas qu'une belle mécanique, elle est bien plus, je vois bien plus que ce que je lui dis mais ses distances glacent toutes mes confessions qu'elle n'a pas su entendre.

J'ai envie de l'insulter parce que je ne sais faire que cela, de prétendre que je souhaite qu'elle disparaisse pour aller m'enfouir dans le corps de quelqu'un qui ne parlera pas, qui ne me jugera plus, qui ne sera qu'un objet auquel je pourrais étancher ce qu'elle a su nourrir. Que je la hais de me donner tous les espoirs de la passion d'une étreinte, pour me l'arracher aussitôt. Je me la ferme pourtant, parce qu'elle saisit mon poignet sans douceur, et que ce simple contact fait courir des frissons le long de ma colonne vertébrale. Elle me rend prêt à quémander et je dois fuir ce foutu traquenard avant de devenir dingue, de tenter de la prendre sans qu'elle ne s'offre, ou de me traîner à ses pieds pour qu'elle le fasse.

Je me renferme en moi-même, avec les démons de mes nuits, troque la joute verbale pour un silence salutaire, mes doigts frôlent un instant son poignet, par dessein ou par instinct, impossible à dire. Avant de briser le contact car il entretient un malaise infâme. Je fais mine de me dégager parce que je dois ouvrir la porte de l'immeuble à moitié délabré qui nous fait face, la fuite d'un instant, avant de céder dans peu de temps... Sa présence m'intoxique, je devrais m'engouffrer dans le hall, lui fermer la porte au nez, et courir vers la damnation de jours sans elle. Je devrais le faire, pour notre salut à tous les deux. Je devrais l'effacer de mon existence, aller m'abrutir pour oublier sa bouche. Oublier ses reproches. Et les attentes qu'elle tait. Je devrais...

Sans réfléchir, je m'efface devant elle avant de tenir cette porte qui aurait pu être l'ultime barrière entre nous. Achever là le rejet qu'elle m'a opposé il y a quelques minutes. Je réponds à sa question à rebours, confirmant que c'est bien là : "Entre." Puis je laisse la porte se refermer d'un claquement qui résonne tout autour de nous, comme une sinistre sentence. L'ascenseur ne fonctionne plus, il va falloir grimper à pieds, et je ne lui donne pas l'occasion de me précéder, de peur de voir tout du long sa silhouette se mouvoir juste sous mon nez. Elle me hait, je ne comprends pas pourquoi elle me suit pourtant, sans renâcler. Sans doute le besoin du travail enfin accompli. S'il ne doit rester que cette heure où elle touchera ma peau en recousant mes plaies, alors j'espère que l'alcool ne parcourt plus mon corps pour sentir les morsures de l'aiguille, plutôt que le tiraillement de ce qu'elle me refuse.
Qu'elle aille se faire foutre, je l'ai dit, son corps vaut bien n'importe lequel. La baiser elle, ou une autre, quelle différence hein ? Je m'allume une clope, sachant que je ne me crois pas moi-même, et laisse la fumée envahir le silence de nos pensées respectives. Trois étages... Puis cinq... Puis douze... Enfin 24 dans un mutisme qui ne nous ressemble pas, mais ce n'est pas comme si nos constitutions respectives nous empêchaient de les gravir sans transpirer, certes.

Je pousse la porte de mon appartement à coup de pied, comme celle de la planque, après avoir déverrouillé les accès avec mon badge. Je ne regarde plus si elle me suit, je ne sais plus trop si j'ai envie qu'elle envahisse ma réclusion, ou si elle me laisse à nos discussions inachevées. Je marche à travers la grande pièce envahie de plusieurs cloisons qui pourtant jouent avec le vide des lieux, ne formant jamais de véritables murs, découpant les espaces sans les disjoindre complètement. La baie vitrée de l'immense fenêtre au fond, qui court du sol au plafond, est entre-ouverte, la pluie est entrée et a formé une flaque sur le sol bétonné. Je parviens sur le balcon qui offre une hauteur assez vertigineuse, et cette vue sur la ville, les tours plus immenses du quartier des Automates, les décors géométriques des plus rigoureux de ceux des Mentalistes. Si l'on regarde sur la gauche on peut encore distinguer le grouillement de Chinatown, mais ici, l'on est baigné par une certaine tranquillité, les lieux ont été désertés après les explosions, et l'on a réhabilité certains appartements que pour les fonctionnaires du régime autoritaire. Les Orthodoxes ont été confinés ailleurs à présent, grâce au mur intérieur, dont on distingue le fil acéré, en contrebas. J'entends le grésillement de ma clope qui meurt sous mon souffle, et balance mon mégot plus bas, dans des abysses rendues indistinctes par la nuit.
Je sais qu'elle est là, mais je ne me retourne pas vers elle, je n'ai pas envie d'abîmer ma vue à ses tentations plus que nécessaire. Elle me hante même lorsqu'elle est présente, cette fille est un poison :

_ Fais comme chez toi, ce n'est pas comme si ces lieux m'importaient...

Et c'est visible. Je n'ai laissé l'empreinte de jours placides nulle part ici. Une bouteille doit être encore brisée dans un coin, lorsque ma dernière enquête a complètement capoté. Divers flacons reposent près du grand lit éternellement froissé, drogues interdites, que je consomme avec avidité, surtout la nuit. Il n'y a trace que de verres vides, abandonnés, mais pas de nourriture, car j'oublie souvent de bouffer, hormis à l'extérieur. Le tout est gris, rendu comme en négatif par la lumière de cette foutue Lune qui provient de l'extérieur, découpant nos silhouettes sur un sol laissé brut, jamais paré par un parquet ou un tapis. C'est grand, mais cet espace est oppressant de mes jours brutaux et de mes nuits sans sommeil. Il y a bien un écran plat dans un coin qui prend la poussière : les ondes de nos dirigeants tyranniques sont un peu perturbées par les dégâts sur les infrastructures.

Et pourtant... c'est ce qui se rapproche le plus de chez moi. Je m'y retranche quand je ne veux plus voir personne, et je me perds dans la skyline de cette cité gigantesque que je trouve abominable et qu'Asha avait l'habitude d'idolâtrer. Mener Nyriss ici me met mal à l'aise. Bien plus mal à l'aise que je ne le laisse paraître, appuyé sur la rambarde, les yeux dans les abîmes, la bouche pincée autour d'une nouvelle cigarette. Ma question quitte ma bouche avant que je ne puisse la retenir :

_ Tu vas me recoudre, et te barrer ?

Question à double tranchant. Est-ce une demande impérieuse de ce NOD complètement con qui ne projette que de renvoyer une orgienne qu'il exècre ? Est-ce une prière déguisée de cet homme déglingué qui ne souhaite que connaître une fois encore la brûlure de l'étreinte d'une femme qu'il veut plus que tout, plus que la raison, plus que le devoir ne l'incombe ? Il y a de la tristesse dans ma voix et je ne peux rien faire pour la dissimuler. Je ne me retourne toujours pas vers elle, je ne veux plus la voir. Je ne peux plus la voir, elle va me tuer. Pas par sa force sur-humaine, pas par les mots qu'elle sait murmurer non. Mais parce qu'elle voit de moi tout ce que je cache, et qu'elle sait faire naître tout ce que je réprime, réfrène, tue lentement depuis toutes ses années. Mon ton est comme absent, tandis que j'inspire la fumée qui vient réchauffer mon être moribond :

_ Qu'est-ce que tu fais là, qu'est-ce que tu fais là... Cette question elle tourne, et tourne encore dans ma putain de tête. Au début, je voulais juste que tu te tires, la réponse ne m'intéressait pas. Maintenant...

Mon regard s'échoue immanquablement dans le sien, et durant de trop longues secondes mon souffle me manque, je dessine des yeux tout ce que je vois en elle : l'envie, le plaisir, les accents de l'équité dans une posture que j'ai refermée alors qu'elle ne demandait qu'à se donner dans l'espoir d'une quelconque rédemption... Je la veux tant. Je la veux à chaque pas esquissé, à chaque insulte ravalée, à chaque confession silencée par la peur d'un rejet total. Je marche doucement vers elle, baigné par la l'astre de la nuit, me débarrasse de ma seconde clope, passe tout près d'elle, au point que nos épaules se frôlent. Nous ne regardons pas dans la même direction, et pourtant j'interromps mes pas pour me caler sur les battements de sa mécanique qui découpe les souffles de l'existence que j'ai liée à elle à mon grand désarroi. J'ai envie de me tourner, de l'arracher à l'absence qu'elle revêt depuis qu'elle a interrompu notre étreinte, de la secouer pour qu'elle me revienne : sa fureur plutôt que sa distance. Je ne la souffre plus, ça me dévaste bien plus que cette blessure, que cette haine que je me voue, ou que je porte à des sentiments naissants dont je ne sais que faire. Nous ne regardons pas dans la même direction, nous ne regarderons jamais vers les mêmes avenirs, y croire un seul instant est illusoire. Ma main cherche la sienne sans que je ne l'ai vraiment anticipé, mes doigts s'enlacent aux siens. Je sonde l'obscurité de mon appartement tandis qu'elle est entièrement nimbée de la lumière argentée, face à la cité. Elle doit être magnifique. Je serre sa main un peu plus fort, pas douloureusement, uniquement parce que je suis perdu à cause d'elle. Que je serai condamné sans elle. Mon murmure est à peine audible :

_ Finissons-en.

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_ It was a mistake imprisoning my soul _
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Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
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Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
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Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Lun 27 Juin 2016 - 2:34

L'air murmure qu'il m'a caressée le poignet. Je n'ai rien senti, alors je n'ai pas réalisé et j'ai continué d'avancer. Avec ma déception et mes idées sombres. Peut-être que je fonde trop d'espoirs en l'humanité. Mais il serait sans doute temps d'admettre que cela fait partie de moi et que je continuerais à croire, imperturbable, que l'humanité est belle dans toutes ses imperfections et qu'elle a un futur plus radieux. Du moins c'est ainsi que je vois les choses, l'avenir, moi. Je ne pense pas être capable de ressentir un désespoir total qui me mènerait à ma propre destruction. Même si le doute s’immisce de plus en plus.

Et là, ce soir, je crois encore en lui, en nous, en l'homme malgré toutes les horreurs qu'il a pu dire. J'ai espoir qu'il s'excuse ou quelque chose qui s'en rapproche, ce qui est profondément stupide considérant le personnage. Je sais pertinemment que ça n'arrivera pas. Si je n'avais pas encore de l'espoir, je ne serais pas là à le tirer par le poignet dans les ruelles délabrées et sombres de cette cité sans vie. Parce que le recoudre n'est plus qu'une excuse pour m'attarder encore un peu. Je n'ai pas envie de le quitter, je n'ai pas envie de retrouver la solitude de mes nuits glaciales comme je n'avais pas envie, au fond, de séparer nos lèvres, de le repousser. C'était une nécessité, ou un pari risqué.

J'ai repassé ses mots dans ma tête, pas ceux qui font mal, mais ceux que je n'ai pas pu écouter, trop blessée et abasourdie. Le discours a été remis dans l'ordre et réécouté ; plusieurs fois même jusqu'à ce qu'il redevienne intelligible. J'ai mis du temps à le comprendre, et je ne suis pas sûre d'avoir tout saisi. Quoiqu'il en soit, cela m'a calmée, sans m'avoir rassurée. Je regrette un peu ma réaction excessive même si je ne sais toujours pas sur quel pied danser. A quel moment était-il sincère ? Je veux croire que c'était à la fin mais dés que je repense au reste, je me sens fondre à nouveau sous le coup de son souffle brûlant et destructeur. Prise au piège d'un nouvel esclavagiste.

Le silence s'est imposé. C'est étrange, cela ne lui ressemble pas. Il ne se brise qu'en arrivant devant ce qui doit être son immeuble, par commodité. Je le lâche à sa demande, j'avais même omis que je le tenais encore. Forcément, je suis passée d'un contact électrique au néant, de façon tout à fait injuste et artificielle pour lui. Il n'est pas étonnant que mon esprit ne suive pas, entre ce qui était intense quelques minutes plutôt et que j'ai rendu impossible. Nous montons, toujours en silence. L'appartement est tout à fait classique, pas très éloigné de ce dans quoi les orthodoxes vivent habituellement. Tout est gris, tout est terne, sans vie. Il y a très peu de traces de son passage, si ce n'est de son penchant pour l'alcool. Je présume qu'il ne doit pas passer souvent ici, si ce n'est pour y trainer son ombre. Je ne juge pas cependant, je ne juge rien. Je le suis, je ne dis rien. Mon regard balaye les lieux et s'échappe vite vers l'extérieur tant il n'y a rien à voir, rien qui ne m'attire, ni ne me dégoutte.

Comme lui, j'observe la vue dehors, ces immeubles démentiels - et éclairés pour certains - et un peu plus loin le champs de ruine, et là l'un des murs. Novlangue n'a pas changé finalement. Des millions de morts et elle n'est que plus petite, toujours les mêmes inégalités avec autour la jungle humaine d'un monde sans loi, sans ressources, sans raison. Et tout ça, c'est mon œuvre. Je ne fais plus attention à Cypher, je contemple le propre vide de mon existence, le miroir d'une vision abjecte. Et là je réalise que cet homme qui m'attire de façon inexplicable est peut-être le seul à pouvoir me pardonner, à pouvoir m'aider à vivre avec moi-même les jours où je m’exècre le plus, quand je ne me supporte plus. Parce qu'il a fait du mal lui aussi, pas complètement consciemment selon moi, la faute à son conditionnement. Et je suis persuadée qu'au fond il étouffe sous sa propre culpabilité. Comme moi.

Sa question au ton étrange me sort de mes pérégrinations sur mes crimes et nos points communs. Je le regarde, un peu ahurie, ne sachant pas bien quoi répondre. Était-ce une vraie question ? Une affirmation ? Ou bien le contraire ? Ma réponse ne parvient pas à échouer sur mes lèvres, trop facile pour lui, trop dur à dire pour moi. " Je pars si c'est ce que tu souhaites. " La suivante me laisse encore plus coi, elle ressemble encore moins à une vraie question par le ton, mais le sens en dit tout le contraire. Cette fois j'ouvre la bouche, je laisse les sons s'échapper... Enfin. Ma voix est étrangement sereine, détachée. J'ai l'impression d'être loin de tout quand je ne sens plus l'air frais qui glisse sur ma peau, hors de moi. Juste une pensée qui divague sur les remous d'une eau polluée.

- Ce que je fais là ? A Novlangue ? A te sauver ? Ou dans ton appartement ?
A Novlangue, je ne sais pas. J'étais partie. Je suis revenue... A te sauver, c'est très simple : le hasard. Je passais par là. Je suis comme ça, j'aide ceux que je croise. Ce n'est pas la première fois, loin de là et ce n'est pas la dernière. Je n'ai rien de particulier à y gagner, si ce n'est de belles rencontres.


Comme ce soir, quoiqu'on en dise. Je tais le reste, je n'ai pas envie d'en parler. Il sait très bien pourquoi je suis là et ce qui me mue. Il a senti mon désir comme j'ai senti le sien. Mais pour moi cela va beaucoup plus loin que ça, comme il l'a si bien dit il n'y a pas de raison. Et son regard ne fait que rappeler à moi ces sensations un peu folles, alors que je subis encore l'émotion forte que cette vue sur la ville dévastée m'impose toujours.

Il s'approche, mon cœur bat trop vite. Je regarde ailleurs, dehors, la lune qui sort des nuages, la lumière sur la ville qui prend soudain une toute autre allure. Un moment d'une curieuse beauté. Et puis la sentence tombe. J'aurais voulu faire durer cela autant que possible.

Dans un réflexe tout naturel, je lève le bras dans l'idée de me retourner et de préparer ce dont j'aurais besoin, tenant toujours la bouteille dans mon autre main. Seulement à ce moment là je vois ses doigts entremêlés aux miens. Je n'avais rien senti, à fortiori, il n'y avait que mes yeux pour s'en rendre compte et me voilà prise au dépourvu. Je marque un temps, arrêt sur image, figée dans cette contemplation. La surprise se lit aisément sur mon visage, un léger sourire aussi. C'est fou comme cette image est belle, avec la lumière en prime. Magnifique même. Tout comme la ville en ruine nimbée de lune. Splendide et parfaitement inattendue. Je les observe longuement pour ne rien louper de ce spectacle qui me va droit au cœur. Chaque doigt exerce une pression sur ma peau pour la maintenir encore plus fort, je les regarde en détails afin d'essayer de deviner à quel point il les serre, à quel point il ne veut pas les lâcher, à quel point je voudrais qu'il s'y accroche. Je laisse tomber la bouteille qui se brise cette fois. Je ne sourcille même pas. De mon autre main je caresse et j'explore nos doigts enlacés avec langueur, sans rien sentir toujours. La vision devient de plus en plus curieuse, comme caresser un nuage. Puis je les porte à mon nez qui ne capte aucune odeur. Pourquoi ? Je ne sais pas. Mes lèvres se posent contre le dos de sa main je crois. Alors je l'écrase contre ma joue et je ferme les yeux très fort.

Dans le noir, c'est le vide complet. Il n'y a plus rien, que les sons. Non je ne les coupe, l'idée du néant me terrifie. C'est la pire chose qui pourrait m'arriver. Pourquoi couper mes sens ? La pire décision que j'ai prise. Je veux sentir sa peau, je veux savoir si ses doigts me font mal, je le veux lui, tel qu'il est. Je veux le vent dans mes cheveux, l'air frais sur les courbes de mon dos nu. Ne rien sentir rend mon désir plus ardent encore, cela créé le manque, l'imagination, le fantasme. Peu importe ce qu'il dit, ça n'est pas ce qu'il est. Je le sais et je ne devrais plus en douter. Je ne vais pas partir, je vais gratter la surface jusqu'à qu'il n'y aie plus rien du NOD, plus rien d'autre que lui, cet homme perdu mais tellement beau. Je le veux à un point... Je ne supporte plus cette solitude, juste moi et mon idiot de malheur. Je veux sa peau contre la mienne et je ne veux plus jamais me couper de ça, de lui. Je veux m'enivrer de son odeur jusqu'à devenir accro. Le gouter, l'entendre, le voir, le sentir, le toucher.

- Finissons-en.

Je rouvre les yeux, l'attire contre-moi en tirant sur sa chemise et presse mes lèvres contre les siennes. Avec une douceur passionnelle. Je les embrasse comme si c'était le bien le plus précieux de mon monde. Je renoue ce lien qui n'arrive jamais à se délier, quand ce n'est pas moi, c'est lui qui le recrée. Et vice et versa. Cette fois je ressens tout, et beaucoup plus, et c'est encore mieux que dans mes souvenirs. Ça n'a aucun sens, je m'en moque. Comme je me moque de son épaule à recoudre. Un geste minuscule mais si plein de sens peut changer la face du monde. Et la face de mon humeur. C'était peut-être rien mais cela voulait tant dire. Et surtout, c'était touchant, d'une infinie beauté. Je n'ai pas lâché cette main d'ailleurs, même si c'est lui qui tient. Je la lui donne, définitivement, éperdument.

J'ai l'air folle, inconstante. Je donne, je reprends. Je ne sais pas ce que je veux. C'est lui qui me rend dingue à être tout et son contraire. Tout ce que je voudrais éradiquer de cette ville et tout ce que je désir à la fois. Cette fois ce n'est pas moi qui mettrait fin à ce baiser et tant pis s'il étouffe.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mar 28 Juin 2016 - 1:06

Mes doutes et mes peurs susurrent à mon oreille rendue sourde par nos silences. J'ai voulu la rejeter, j'ai voulu la briser, lui démontrer que les liens indescriptibles sont aussi les plus fragiles, et qu'il suffit d'une langue acérée pour les trancher et qu'ils se meurent, abandonnés à l'orée de chemins trompeurs. J'ai souhaité qu'elle s'en aille, qu'elle s'absente à moi-même jusqu'à disparaître dans le froid de mes nuits, qu'elle aille se peindre sur des horizons que je ne pourrais jamais regarder, qu'elle finisse par exister en dehors de mes abimes, ou qu'elle y plonge tout à fait pour en sortir si changée qu'elle ne revêtirait plus l'intérêt que je lui trouve, qu'elle serait comme ces corps qui ont rencontré la dureté du mien, avilis, torturés, dénaturés. Je lui ai juré en me taisant les plus éternelles souffrance, pour m'arracher à ce sentiment impalpable qui manque pourtant de m'étouffer dès que j'ose respirer auprès d'elle, pour le détruire dans ses douleurs ravivées par mon cynisme. Je me suis rêvé détaché de tout ce qu'elle savait insuffler dès qu'elle formait quelques syllabes, bourreau de ses espoirs, assassin de ses promesses, tantôt silencées, parfois avouées au détour d'une phrase. Je me suis jugé diable, plantant ses crocs acérés dans sa chair éminemment vertueuse. La damnation de ses croyances, la déchéance de ma rédemption. Le néant pour seul décor de nos attentes rompues sous la morgue des mots, nos envies broyées de trop se voir reniées. J'ai cru en la liberté d'un passé qui a été mon unique guide jusqu'alors. J'ai cru que les flammes de mes déraisons sauraient ronger celles des passions naissantes, que tout partirait en fumée avant d'avoir commencé.

J'ai cru à beaucoup de choses, j'ai perdu ma route, je me suis précipité dans des voies sans issue, j'ai eu mal comme jamais auparavant et mes élans masochistes ont achevés de me pousser à réitérer, pour mieux corrompre ce qu'elle m'offrait. Dans nos silences assourdissants, les injures résonnent pour mieux éclater des sanglots qu'elle tait. Il n'est même plus l'heure de souffrir, c'est comme si la haine avait été consommée et qu'il ne restait que les ossements blanchis d'une effroyable indifférence. La pâleur de la Lune nous jauge, mais tous les jugements des cieux n'ont aucune valeur face à ceux de Nyriss. Sans que j'y prenne garde, je l'ai laissée s'insinuer en moi, jusqu'à habiter les ruines de mon être, raviver l'essence d'une vie pas encore achevée, façonner des envies qui tutoient une âme morte jusqu'à la sublimer. Je me suis toujours contenté de ce que j'avais. Jusqu'à ce soir, un semblant de vie et l'aube d'une mort formaient le tableau égal d'une existence qui ne compte pas. Jusqu'à ce soir, je croyais avoir tout ce dont j'avais besoin. Mais alors qu'elle m'échappe tout à fait en fuyant dans son mutisme, se murant dans l'absence infâme de réactions que je quémande dans un douloureux combat intérieur, je me rends compte que je n'ai rien. Que sa bouche m'a donné bien plus que je n'ai eu. Bien plus que je n'aurai jamais. Bien plus que je ne me croyais capable de recevoir. Les quelques gouttes du nectar de l'absolution.

Dessiné par ses mains, accroché à son corps, ma langue en communion avec la sienne, comme pour teinter de mes exactions la virginité de ses idéaux, j'ai cru un bref instant être quelqu'un d'autre. C'était foutrement douloureux, infâme de se sentir désarçonné par une femme, de connaître une situation périlleuse dont l'issue ne peut que me condamner, mais c'était aussi les premières notes d'une partition dont nous ne connaissions pas le point d'orgue. Il y a quelque chose d'éminemment fascinant dans les fins inconnues. Leurs atours dramatiques ne peuvent dissuader quelqu'un comme moi de m'y précipiter, pour dévorer les infinis, et m'y scarifier jusqu'à en renaître différent. Sa bouche m'a damné à des sentiments que je ne sais pas contrer, dont je ne sais pas quoi faire, et pourtant, dans le creux de nos silences, il y a l'éclat de cette étreinte passionnée, qui reste gravée dans nos gestes, qui reste accrochée aux mots que nous ne voulons plus prononcer. La sentir lointaine est insupportable, me trouver aussi désespéré l'est plus encore. Elle ne répond pas totalement, sa voix ténue me ressert le même argumentaire quand je voudrais des aveux arrachés dans la torture de ne plus se rejoindre. Je la regarde comme l'on regarderait une oeuvre d'art éphémère qui sera bientôt balayée par l'impétuosité des éléments. Je la regarde pour la graver en mon âme, pour rouvrir toutes les blessures qu'elle a ébauchées, pour la laisser entrer une fois encore, une dernière fois. Ressentir la souffrance de son absence plutôt que le néant.

Puis ma main dans la sienne et nos regards qui se fuient à l'aube des adieux. Je sais que je ne dirai pas au revoir, je sais que je ne bougerai pas pour la retenir une nouvelle fois. J'ai honte de ne pas avoir la force de porter sur elle un geste fatidique pour planter là le dernier acte. Celui de sa déception complète et inaltérable envers un être que personne ne peut sauver. Pas même une gynoïde aux atours de déesse et aux rêves bien plus humains que tous les tenants du titre ne pourront jamais imaginer. Ce n'est pas une belle rencontre. Ce sera une mort lente que de la savoir hors de ma vie, ce sera retourner à l'absence et à la fuite dans un monde dénaturé quand on a vu la porte de l'absolu, reprendre les routes du vice quand on a goûté à la plus désintéressée des vertus. Condamnation méritée, j'en suis bien conscient. Mais jusqu'alors, ça ne m'a jamais dérangé.

Mes doigts enlacent les siens comme pour les imprimer dans ma chair. Je veux tout ce que je peux lui arracher dans les dernières secondes d'un échange déjà terminé. Il s'est achevé quand j'ai moqué sa fierté pour lui donner le rôle d'une prostituée, d'un corps qu'on utilise jusqu'à le nier pour oublier que l'on est rien soi-même. Je dois m'éloigner mais je n'arrive pas à la laisser partir et pourtant ses froideurs me repoussent plus encore dans les bras de mes démons. J'envisage de me donner à eux tout à fait quand un changement notable se déploie entre nous et que sa posture reprend vie sous mon regard interdit. La bouteille se brise en un fracas sonore, balayant de son concert d'éclats les non-dits qui dessinent nos fronts soucieux. Alors que je croyais avoir donné la mort à mes désirs en désacralisant ceux de la belle, je sens la langueur de son souffle sur ma main, puis la douceur de ses lèvres, enfin le velours de sa joue. Je demeure statufié, comme si un geste pouvait rompre cette transformation, trop avide de savourer ce qu'elle me cède. Mes pensées naviguent aux confins de mes doutes, qui finissent dans l'oubli au profit de ce feu qui me dévore de nouveau, qui rend mon regard plus intense sur elle, tandis qu'elle ferme les yeux comme pour échapper à l'instant dont l'étreinte nous ravage déjà. Je respire de nouveau laborieusement, et aucune de mes anciennes résistances ne viennent à mon secours. J'ai envie d'elle, de ce qu'elle m'a offert jusqu'alors, de bien plus encore. J'ai envie de la sentir perdue, dans les affres de nos incohérences, de l'imaginer renâcler quand je sais qu'elle en est incapable. Elle ne peut pas ignorer cet appel viscéral, implacable. Pas plus que moi et lorsqu'elle rouvre les yeux, sur des mots qui n'ont pas le même ton que les miens, identiques et pourtant porteurs de bien plus d'infinis lorsqu'il n'y avait que des écueils, je reconnais mon autre, enchâssé dans ses prunelles.

Je suis NOD, elle est Orgienne. Elle est synthétique, je suis organique. Je suis le fer de lance de l'autoritarisme quand elle voudrait délier toutes les entraves, murmurer la liberté à la face de la dictature. Et pourtant... je ne vois plus de dissemblance, je la vois elle, éperdue, flouée par mes attitudes, attirée pourtant, sans comprendre mais choisissant de faire fi de l'inexplicable pour mieux savourer l'essence de ce qui fait que nous sommes les deux faces d'un même avenir. Que l'un ne va pas sans l'autre, que mon orgueil peut jouter devant sa fierté, comme je peux absoudre tous les péchés que sa belle âme peut commettre dans le sang vicié de mes fautes. Que je peux croire à l'absolution et à la grâce qu'elle m'octroie, tant que je sais que je serai celui qui la damne dans un plaisir enfin délivré de nos retenues inutiles. Je suis prêt à balafrer les murs de ses doutes si c'est pour sentir la brûlure de sa folle tentative de me sauver. Je veux bien y croire si c'est pour qu'elle m'offre ce regard-là, baigné de ses attentes, si multiples que je m'y perds et pourtant je n'en conçois aucune frustration. Le besoin d'elle surpasse tous mes blocages dus à mon conditionnement. Je veux me perdre, je l'ai toujours souhaité. Je veux me perdre car j'ai la certitude qu'elle saura me trouver. Je comprends ce que ces hommes que je prenais de haut ont cherché dans les bras de leurs amantes : quelques secondes d'éternité valent bien le désaveu de toutes les causes réunies. Elle vaut toutes les compromissions, je n'en ai jamais été aussi persuadé qu'à cet instant précis, lorsque nos lèvres se joignent et que contre toute attente, le glas de ses mots prennent l'ampleur d'un peut-être, la saveur d'un futur où nos deux corps sont conjugués.

Je ne comprends pas ce qui a fait qu'elle m'est revenue, aussi soudainement qu'elle avait gommé les perspectives de la passion, mais je choisis de ne pas m'y attarder. Plutôt que de me laisser ployer sous le carcan dans lequel on m'a enfermé, je préfère m'en extraire pour lui répondre avec la même douceur. Un baiser que je n'ai jamais donné jusqu'à présent. J'ai toujours été mené par la violence de ma nature, demandé des passes aux allures de conflit pour mieux étancher ces besoins de destruction qui m'étreignaient avec une régularité alarmante. Mais sa douceur déploie une intimité entre nous qui me perd tout à fait. Je suis sur un terrain inconnu, foulant le sol d'une terre qui m'appelle et que pour une fois je ne souhaite pas profaner.

Je ne veux pas qu'elle geigne de mes brutalités, je ne veux pas qu'elle se donne sous la violence de mes avidités, je veux qu'elle continue à s'insinuer dans ma chair et dans mon être, pour oublier un instant que je ne suis pas digne de ses faveurs. Pour croire, même durant une seule nuit, que je peux être ce qu'elle demande, que je peux plonger son corps dans les soubresauts de la passion et approcher son âme jusqu'à espérer m'y nicher et y demeurer à jamais. Mon baiser se fait plus pressant tandis que mes mains dévoilent enfin le haut de son corps, la fermeture de sa combinaison obéissant à mes gestes. J'ai une lenteur empressée par mon désir, un peu tremblante, mais hors de question que je me précipite sur elle à présent qu'elle est de nouveau dans mes bras.

J'explore sa bouche de ma langue tandis que mes doigts laissent leur empreinte sur sa peau dénudée, ses épaules offrent un terrain à mes premières caresses, avant que mes mains ne dévalent la courbe de son dos, emportant le haut de son vêtement pour presser son corps à demi-nu contre le mien. Je me bats contre mes instincts qui me dictent de dévorer son être quand je veux juste goûter sa peau avec parcimonie. Mais je me maîtrise pour ne pas peindre des gestes automatiques, répétés sur des corps prostitués, ou des pauvres filles asservies lors d'interrogatoires bestiaux, indescriptibles. Je suis paumé dans ce besoin de sublimer un acte qui n'a jamais été que mécanique. Alors je mesure mes caresses même si mes doigts mordent sa chair, ils ne souhaitent pas marquer sa peau. Pas aussi facilement. Je veux que ma marque soit plus profonde que cela, que son corps se souvienne de la douceur que je lui ai concédée quand son âme se trouvera meurtrie par ma passion.

La sensation de sa peau nue contre moi fait que je la serre avec plus de ferveur, tout en prenant toujours garde à ne pas la froisser dans mon élan, même si la proximité de nos deux corps ne peut plus déguiser mes intentions, mon besoin d'elle devient plus impérieux. Je romps un bref instant le baiser pour sonder son regard, pour y trouver une confirmation que je pourrais imaginer vu l'état dans lequel je suis, à caresser ses courbes, à venir m'aventurer sur les douceurs de son ventre, puis de sa poitrine, pour lui arracher la promesse qu'elle n'est pas un mirage, que nos jeux de déni sont pour l'instant terminés au profit de nos corps si désireux de s'étreindre, de nos âmes si impatientes de se frôler.

Mon autre main s'attarde sur le dénivelé de sa hanche, avant de s'immiscer plus indiscrètement entre le tissu de la combinaison qui la piège encore, et la chaleur de son intimité que je veux compromettre aux réactions qu'elle s'est interdit jusqu'à présent. Ma bouche cherche de nouveau la sienne, pour taire les mots impatients qui me viennent et qui sont des mots que je ne me suis jamais entendu dire, ou même penser. Je ne sais pas quoi en faire, je préfère les brider tant que je le peux, substituant les gestes aux paroles qui se sont déjà trop usées entre nous. Ma maîtrise commence à se craqueler, me faisant complètement oublier que je suis en train de la déshabiller et de la caresser sur la terrasse, à la vue d'un voisinage qui heureusement pour nous est absent, mort, en fuite, ou encore disparu. Le décor de désolation baigne nos deux corps qui s'apprivoisent dans une tension bien différente de celle de nos disputes et de nos combats. Je n'ai pas voulu la rencontre, ni la joute ensuivie, pas souhaité le conflit larvé et les sentiments teintés par le désir... Mais ma volonté n'est rien face à l'évidence de deux corps qui crèvent de se posséder. Choisir l'étreinte d'une folie pour nier la froide raison d'un monde qui nous rejette. Oui j'ai souhaité que tu disparaisses... Je n'avais pas réalisé que ce serait pour mieux communier à ta peau, pour faire le choix de l'inexplicable et me sauver de la mécanique raisonnable de ma destruction annoncée.

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Déguisement.
Deuxième nuit.
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Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
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Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Mer 29 Juin 2016 - 17:09

Il n'y a pas de bon ou de mauvais tempo. Cela ne va ni trop vite, ni trop lentement. C'est juste comme il faut que cela se fasse, rien d'autre. Ces considérations ne sont plus les miennes. Elle l'était quand je découvrais les sensations de mon propre corps, quand il s'éveillait à une conscience nouvelle : le plaisir. Ce soir, j'avais choisi de me confier à ses mains et je les voulais libre de me découvrir comme je me sentais libre d'explorer son corps. C'était un jeu de vase communicant, ce dont il avait envie, j'en avais envie aussi, de son désir naissait le mien, ses sentiments devenaient réciproques, son rythme donnait le ton idéal à une mélodie qui me convenait parfaitement. Enfin le plaisir serait notre, mutuel, partagé. Il l'était déjà, dans des petites choses, précieuses selon moi, des petits gestes qui faisaient toute la différence. Le chemin importait plus que la fin. Et au fond j'étais une éponge, j'absorbais tout de lui et peut-être que c'était l'envie d'attirer qui créait à son tour l'attirance.

Il me dénudait et je l'aidais à retirer les manches. Je voulais qu'il le fasse, sans plus attendre. Je voulais être nue, je voulais qu'il le soit aussi, sans aucune pudeur. Mais ça n'était pas pour la vision de la nudité, un corps en valait un autre pour moi. Seulement derrière un corps nu, il y a une âme livrée à elle-même, un esprit sans protection, nu lui aussi. Entièrement nu, on ne peut pas être autre chose que ce qu'on est vraiment. Comme nue je ne peux cacher ma vraie nature. Et par dessus tout c'était lui que je voulais, cet homme qui m'embrassait et qui se laissait enfin aller à être un autre, un inconnu qui n'était pourtant rien d'autre que lui-même. Une facette profondément enfouie dans son mal-être, par la loi, par le conditionnement, par Novlangue.

« Cypher » je murmurais contre ses lèvres, mon souffle glissant sur sa peau alors qu'il interrompait notre baiser mais cette fois ce n'était ni dans la violence, ni dans l'opposition. Ni la fuite, ni le rejet. Juste un silence sur la partition. Le musicien a besoin de respirer n'est-ce-pas ? Ou bien un plus profond, pour que l'auditoire respire, transcende dans le silence la note qui vient de se terminer, repense l’œuvre pour mieux l'écouter repartir ou encore pour subir un effroyable suspens. Il joue et c'est moi qui écoute. J'ai envie de le laisser me guider dans sa barcarolle, avec ses pauses, ses crescendo, ses rallentendo. Son chant à lui que je veux connaitre bien avant le nôtre.

Il faut bien me comprendre : j'ai été créé pour ça. Quand bien même j'y trouve aujourd'hui mon compte, car j'ai appris le plaisir et j'ai connu l'amour mais j'ai encore du mal à trouver ma place entre ce pourquoi j'ai été fabriqué, bien plus ancrée en moi que je ne voudrais l'admettre et une forme de rejet, de dépit, voire de pragmatisme sur la sexualité. L'acte en lui-même ne m'intéresse pas. C'est juste lui que je veux. Parce que quand sa main glacée glisse dans mon dos, je frissonne. Qu'il se damne entre mes cuisses et que je plonge dans son regard, dans sa tête. Ne faire qu'un. Avec ses notes ou dans son silence, peu m'importe. Peu m'importe aussi les sensations qu'il saura ou non dégager de mon corps. Rien que ses doigts qui s'accrochent à ma peau suffisent à mon bonheur. Le contact. Sa fièvre. J'ai des désirs simples.

Dans un second temps, je sais que je veux son affection, ses bras pour me recueillir, son oreille attentive. Pas que cette nuit, mais d'autres qui suivront. Ça, je ne sais pas s'il en est capable. Je crains que le NOD ne refasse surface dés que je serais en position de faiblesse. Fragile, mise à nue, peut-être même pendant l'acte, qui sait. C'est un risque à prendre. Chaque instant de vie compte, un peu d'éternité contre un peu de souffrance. Cela en vaut toujours la peine.

Je le regarde dans les yeux. Reprend-t-il son souffle ? Attend-t-il quelque chose de moi ? Mon assentiment peut-être alors que le tissu glisse. Je ne sais pas mais je lui souris, à peine. C'est le plus beau des sourires, un secret entre amants, celui qu'on ne montre qu'en cachette parce qu'il n'est que pour lui et personne d'autre. Ce n'est d'ailleurs jamais exactement le même. Des variations autour d'une même ligne musicale. Des notes légères et graves à la fois. Légères parce qu'elles ne voudraient pas attirer l'attention. Graves parce qu'elles ne sont pas futiles, elles restent gravées, s'impriment dans la chaire, dans la mémoire. Rien à avoir avec un éclat de rire volé, certes joyeux mais trop fugaces. Et puis je sursaute agréablement quand sa main glisse plus bas, pas trop haut non, juste sur la pointe des pieds. Par surprise simplement. Je n'ai rien contre cette note plus haute, au contraire.

Il m'embrasse et je sens le feu nous dévorer tout les deux. Le baiser devient plus furieux, nos mains plus exploratrices. Les miennes vont enlever son haut, qu'importe le moyen nécessaire, elles ne sont pas trop empressées, mais si cela ne cède pas sous mes doigts agiles, elles arrachent. Et puis elles enlèvent le bas avec plus de délicatesse, le repoussent au sol. Alors elles viennent aider les siennes à se débarrasser du cuir noir. Enfin ma main prend sa joue, je l'embrasse plus doucement et le quitte avec langueur.

Je souris toujours, recule de quelques pas pour finir d'enlever ce qu'il me reste d'habit. Et puis je rentre un peu, sans quitter la lumière de la lune. Nue, j’attends qu'il me suive, qu'il me regarde. Qu'il se rappelle de ce que je suis et qu'il y consente toujours. Par dessus mon épaule je le regarde. J'attends qu'il me fasse écouter le prochain aria.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Jeu 30 Juin 2016 - 20:38

L'ébauche de son sourire discret, et bien plus intime que nos corps enfiévrés qui se cherchent, déteint dans mes prunelles. Elles se modèlent à mon envie de lui plaire, se font moins glacées, glissent sur son visage avec la douceur de mes mains, lui murmurent les serments que je suis encore incapable de prononcer à voix haute tant je suis emporté par la fureur de ce qu'elle a su toucher dans les replis de mon âme. Je n'arrive pas à laisser se dessiner sur mes lèvres un sourire qui pourrait faire honneur au sien, à ce qu'il provoque en moi, aux demains qu'il promet. Ma bouche revient lui jurer ce qu'elle seule sait peindre, quand mes yeux se voilent de nouveau du désir qu'elle dessine avec les mêmes gestes sur un rythme qui fait naître une anticipation que je ne reconnais pas dans mon corps blême de mes hontes et de mes renoncements. Le son de mon nom murmuré par sa voix donne une ampleur à une identité négligée, jusqu'ici fondue dans un matricule martelant ses chiffres sans aucun sens. Elle fait écho à l'homme qui put être et qui n'a pas eu l'occasion de s'exprimer, elle vient caresser le coeur encore vivotant, pas suffisamment moribond pour ne pas battre des espoirs qu'elle porte, elle fait naître celui que j'aurais pu incarner, qui attendait patiemment l'heure de sa corruption aux lèvres d'une Nemesis salvatrice. Cette naissance est déchirante, elle ne me laisse aucun repos, surtout lorsqu'il me faut tenir la bride à mes humeurs et mes questions qui résonnent d'incompréhension dans ma tête où parfois les brumes de mon esprit se parent du clair de ses iris, puis s'assombrissent de mes peurs, sans discontinuer. Mais son sourire balaye tout, emporte les craintes et les doutes, pour me laisser haletant, bien plus nu que mon absence de vêtement ne l'augure. La chemise ensanglantée par mon passé, déchirée par nos envies devenues dévorantes, est allée embrasser sa combinaison qui dévoile à présent les contours de son corps esquissé par la lueur de la Lune. J'en perds un instant la vue de l'ensemble pour ne plus regarder qu'elle. Elle devient le centre de mon univers qui ne semble reconnaître aucune limite qui fut jadis, au profit des infinis qu'elle sait chanter.

Elle s'est éloignée pour m'intimer à mieux la suivre, pour que je goûte de nouveau le froid sur ma peau lorsque je suis privé de sa proximité qui me grise, du contact charnel que je crève de renouer, afin de réitérer les mêmes touches de passion, encore, et encore. Parce que mon corps prend vie auprès d'elle, que mon esprit se libère au rythme du souffle de nos baisers, s'élance dans nos silences propres aux amants qui se découvrent pour la première fois. Jamais je n'ai été autant écartelé entre mon besoin de prendre un corps de femme pour le profaner et la nécessité au contraire d'empreindre ma furie de douceur pour me porter à la hauteur de sa figure sacrée. L'icône de ma luxure, comme celle de mes intentions sanctifiées par le dévolu qu'elle a jeté sur ma personne. J'arrache un dernier regard empli d'indécence et d'adoration à ce tableau nocturne pour la suivre, débarrassé de mes atours, le NOD enfoui dans ma carcasse enfin délivrée par ses soins, pour mieux me plonger dans le charnier de nos amours, tantôt acérées, à présent voluptueuses. Je sais qu'il s'agit de ce sentiment que j'ai appris à moquer, dénigrer, voire éradiquer. De moi, des autres, de mon monde formaté par des ordres et des lois qui prenaient encore sens la veille et qui aujourd'hui perdent de leur substance. Mes bras au lieu de chercher à briser l'échine de l'humanité livrée à ses passions, souhaitent uniquement étreindre sa silhouette menue, afin de la protéger de la déchéance de la ville qui n'est plus qu'une maîtresse délaissée. Dichotomie à deux temps, tendue entre les battements de ses paupières un peu alanguies alors qu'elle m'attend, et les battements effrénés de mon coeur. Je la suis et l'appartement l'avale, avant de me faire disparaître à mon tour à la vue de l'extérieur qui me paraît soudain hostile. Mon terrain de jeu prend des airs de tombeau quand elle m'offre l'alternative au désespoir et à la mélancolie.

Les circuits légèrement luminescents de Nyriss pour seuls guide, je m'engouffre dans cet avenir incertain, ce moment esquissé qui semble parfois si fragile que je crains de le briser et de m'éveiller soudain d'un cauchemar délectable aux échos de torture. Mes vices pernicieux suintent depuis l'immonde code-barre qui étend ses griffes d'anonymat sur ma nuque, électrisant mon échine d'une sensation désagréable qui tente de s'insinuer dans notre danse charnelle et spirituelle. Je sais que je dois lâcher prise tout à fait, consentir à être véritablement plutôt que de continuer à vivre en faux semblants. Consentir à m'immiscer dans son esprit comme je souhaite me glisser en elle, vouloir la communion totale qu'elle m'offre et que je n'ai jamais connue. Troquer un acte à la seule saveur du plaisir pour embrasser l'intensité d'un dévoilement total. Je ne peux plus me raconter qu'elle vaut une passe sordide dans une maison peu recommandable, je ne peux plus me parer de mes idées arrêtées pour repousser les élans invincibles qui me poussent vers elle. Vers cet entrelacement total de deux individualités qui ne pourront plus jamais être esseulées. Ou au contraire, se retrouveront scindées et blessées au point de ne plus pouvoir échapper à la brûlure du manque. Au désespoir d'une absence. S'appartenir enfin ou tourner les talons et ne plus vivre que dans l'ombre du remord pour toute éternité. Crever sous le ciel de ses yeux qui regarderaient un autre horizon que mes chimères.

Je sens ma nature composée par des années de détachement tenter de me susurrer que tout ceci ne représente rien, que c'est une fable ou un songe, que je n'en retirerai qu'un vague sursaut de plaisir dû à l'abandon et un goût de cendre sur la langue d'avoir léché le sel de sa peau pour y boire des espoirs insensés. Je ferme un instant les yeux pour ravaler cet autre que je ressens de plus en plus comme un étranger, comme un rôle dont on devine tous les tons empruntés, un masque forgé à la déliquescence d'une société où je me retrouve à la marge, entre la violence de mon essence et ces quelques grains de félicité qu'elle seule a su me balancer au visage, fêlant à jamais mon armure si longtemps érigée pour me soustraire aux cris de ma conscience. Lorsque je les rouvre, je réalise que dans ce moment de lutte contre mes démons, j'ai nié la distance honnie et choisi d'enlacer sa taille fine pour me lover dans son dos. Au moment où mes lèvres recouvrent les routes détectables de sa nuque, pour m'y perdre tout à fait, le NOD est bâillonné par chaque respiration saccadée que ce contact provoque. Mes doigts n'ont plus les hésitations précédentes, retracent les sillons imaginés par mon désir, découvrent d'autres voies sur son corps que j'apprivoise quand je ne parviens plus à taire mon trouble, qui me fait murmurer dans son oreille : "Dis-moi que ton envie n'est pas une élucubration de ma folie..."

Je la serre tout contre moi tandis que les mots franchissent difficilement mes lèvres, dévoilant une vulnérabilité que je ne montre jamais, qui est à l'opposé de la morgue de mes quotidiens vitriolés par mes actes dévoyés. Je veux croire qu'elle ne ressent aucune contrainte, qu'elle choisit autant que moi. Que pour une fois un être souhaite l'ombre de ma rage, les fantômes de mes vices, l'esquisse de ma douceur plutôt que de fuir mes regards. Qu'elle me veut fêlé, dénaturé, effroyablement brisé et rien d'autre, entier dans mon imperfection, tenaillé par des années d'une discipline brutale et les quelques sursauts d'une personnalité qui s'étiole sous ce masque que j'ai un jour choisi. Qu'elle ne cède ni par peur, ni par pitié, qu'elle embrasse cette improbable destinée aux allures de folie furieuse autant que je le fais.
Je la serre un peu fort, comme si je cherchais à l'encrer sur ma peau, à la tatouer à ma vie pour ne plus jamais commettre l'irréparable erreur de la perdre. J'embrasse son cou, j'y fais courir ma langue, je murmure son nom comme s'il s'agissait d'un talisman contre toutes mes angoisses, je mords son épaule en traçant l'intérieur de ses cuisses de mes doigts qui finissent par se glisser en elle sans demander une autorisation que je m'octroie. Je perds le fil de mes propres mots parce que cette intrusion étrangle mon souffle dans ma gorge. Je la veux tant que je gémis mon impatience dans son cou, ne cherchant plus à différer ce qui me semble se confondre dans une évidence crue. Tout mon corps manifeste mon impérieux désir, mes doigts qui cherchent à la pousser dans ses retranchements, comme s'il me fallait précipiter le rythme jusqu'alors lent de notre sérénade. Le tempo m'échappe, le rythme de mes souffles conjugués à mes caresses ne suit plus aucune partition que je connaisse et les instincts que je tentais de museler étendent leur marque fatidique sur la musique de notre duo enfiévré. Je sais que je veux m'arrimer à son regard pour mieux me perdre tout à fait. Dans nos gémissements. Dans nos gestes qui deviennent débridés. En elle. Enfin.

Il n'y a pas besoin de mots pour exprimer la frustration que je conçois et dans un accord parfait, de nos mesures qui s'articulent sans une fausse note, elle pivote, et je peux enfin la dévorer du feu de mes yeux qui peinent pourtant à distinguer les contours de son visage. L'instant se suspend, chacun sait qu'il s'observe, fouillant les profondeurs abyssales de prunelles devenues noires pour y chercher cet entêtant refrain, qui emplit la pièce en survolant l'ensemble de la symphonie de nos deux corps.

Mes lèvres retrouvent les siennes dans un baiser étonnamment doux alors que mes doigts ont dépassé depuis longtemps les limites de l'indiscrétion. Ma bouche semble demander l'autorisation de substituer à mes gestes les assauts de mes reins, mon autre main aide sa cuisse à étreindre ma taille comme lorsque ce mur nous servait de champ de bataille. Le mur de mes propos acides est remplacé par le lit qui ne m'a toujours connu que solitaire. Je la fais basculer sur les draps froissés de mes nuits sans sommeil et sans quitter la moiteur de sa bouche, je pénètre celle de son intimité avec une lenteur qui me coûte un gémissement étouffé tant je crève de me mouvoir en elle. Je pose de nouveau mon front contre le sien, en savourant la sensation que je serai incapable de décrire tant elle revêt les saveurs de l'inconnu et l'intensité d'une évidence indicible. Je suis en elle et mes vies de mensonge vacillent sur leurs fondations ruinées de me voir quitter l'indifférence pour porter les vagues de ma folie contre les récifs de cette étreinte. Ma main caresse doucement sa joue, comme pour effacer les derniers stigmates que mes mots ont pu laisser sur son visage parfait. Ces mots qui nous ont porté à ne plus vouloir que fusionner pour les nier... qui n'ont dressé des voutes de flammes que pour mieux passionner nos corps nus à l'ombre de serments silencés. Mon coeur les lui prête en se condamnant à la soie de ses tentations. Et mon âme les répète en se sublimant à l'ode de sa déraison.

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Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
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Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
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C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
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Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Sam 9 Juil 2016 - 11:29

Qu'il est beau et touchant.
Nu.
Nu contre mon dos. Moi dans ses bras.
Trop beaux pour n'être que des amants d'une nuit.
Lui et moi ça ne fait que commencer. Le début d'une belle histoire, romantique ou dramatique, seul l'avenir nous le dira. Pour moi peu importe, je veux juste la vivre. Je repousse encore ces idées insensées, celle d'un monde dans lequel je ne vis pas, je ne suis qu'un pion, un objet. Un acteur certes, mais un acteur qui ne compte pas. Je compte. Je suis l'un d'entre eux, qu'ils le veuillent ou non. Et je ne referrais pas la même erreur avec lui, je ne le laisserais pas me fuir, je ne le laisserais pas se renfermer dans sa morosité, je ne laisserais pas son ombre reprendre du terrain.

Moi dans ses bras. Tant qu'un souffle de vie les anime.
Ma peau sous ses doigts s'électrifie. ils explorent et je ne fais qu'en redemander. Je veux qu'il me touche, me caresse, me griffe. Je veux ses lèvres qui glissent sur mon derme, ses lèvres dans ma gorge. Son envie se fait plus pressante contre mes fesses. Et soudain je crains que je ne puisse le regarder dans les yeux alors que c'est ce qui m'importe le plus. Même si son désir ne fait qu'amplifier le mieux. Je le veux, je veux nous unir. De lui et moi devenir nous, devenir un. Et ce besoin me semble insatiable. Nous sommes liés désormais, psychiquement, physiquement, jamais plus je ne voudrais rompre le contact. Je sais que dés lors que nous serons séparer sa peau va me manquer, son odeur aussi. C'est ainsi depuis... Depuis je ne sais même pas, presque depuis le début. Quand je l'ai recousu. Mais ce lien particulier, celui de l'union de nos corps, il a quelque chose de plus encore. C'est le summum de l'intimité. Je n'aurais jamais cru y rattacher un tel symbole alors que je n'ai longtemps été qu'un objet qui ne servait qu'à ça.

Je me retourne en douceur, sans quitter ses bras. Au contraire même, les corps sont fait pour s'emboiter à la perfection. Je viens trouver ses lèvres pour lui transmettre mes idées d'unité, de passion, d'éternité. Bientôt nos corps nus envahissent les draps et la douceur se mue en vivacité et en folie, presque furieuse. Sa transpiration, la moiteur de mes cuisses, entre deux baisers, des coups de reins.

J'ai cru à un moment, que ça serait toujours pareil. Quelque soit la personne, quelque soit le lieu, que ça ne m’intéresserait pas si ce n'était pour les sentiments. Que je pourrais me lasser même assez rapidement. Mais j'avais eu bien tort, chaque fois était différente, fascinante, exaltante. La communion de deux corps et de deux âmes. Et au delà de ça, l'unicité de chaque être, sa façon d'embrasser, de se mouvoir, de se glisser en moi. A chaque fois mon envie était la même, plus grande encore même et cela me surprenait toujours. Son front contre le mien, nos deux corps unis, j'aurais pu rester comme ça des heures, des jours, une vie entière. Juste à inspirer sa vie et son odeur, son bonheur aussi. Je lui souris, je l'entoure de mes bras et de mes jambes. Une douce étreinte, néanmoins intense.

L'embrasser me démange, mais je me retiens parce que je ne veux surtout pas briser l'instant. Il y a bien un moment pourtant où cela à eu lieu. Lui ou moi ? Je ne sais pas. Il a suffit d'un baiser un peu trop passionné, un peu trop avide et le ballet a repris après un tableau majestueux de beauté et d'espoir. Tour à tour je lui offre mes lèvres, ma gorge, mes seins alors que nos corps frottent l'un contre l'autre sans ménagement. J'essaye de ne pas quitter son regard, pour profiter de cet homme qui se livre enfin, dans toute sa sincérité. Mais parfois je n'ai pas le choix, emportée par le plaisir, mon visage s'éloigne, mes yeux se ferment. Et quand je les rouvre, quelque chose à changé.

Déjà ses assauts, bien plus furieux, presque un peu violent. Son corps qui ne glisse plus mais tape contre le miens, les sensations plus fortes que cela accompagnent. Mon souffle qui s'échappe sans plus être muet me dévoile. Et dans son regard... Soudain j'ai peur, je le sens s'échapper sans comprendre pourquoi. Est-ce une idée que je me fais, portée par l'émotion vive de ce corps à corps ? Un mauvais pressentiment. J'ai peur qu'il me fuit. Je le resserre contre moi. Un cri quitte mes lèvres, à l'apogée du plaisir. Il me surprend moi-même. Le ballet continue, toujours plus fort, toujours plus brute, toujours plus intense. Je me tords sous lui de réflexe que je ne peux contrôler. Jusqu'à ce qu'enfin la pression retombe, secousses salvatrices pour lui. Je ne lâche pas son corps moite, au contraire, je l'empêche même de me quitter, de séparer nos corps. Et je cherche ses lèvres, presque désespérée.

J'espère que je me fais des idées. Que c'était juste la passion, incontrôlable.
Qu'il me quitte maintenant serait si douloureux.
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MessageSujet: Re: Le prisme de nos attentes [Nyriss]   Dim 10 Juil 2016 - 21:54

And I wish
I could believe there was more
Hope suffocating
You've kissed my life

Souffles mêlés pour tant de promesses que j'expire à chaque souffle. Je les murmure dans ma tête, pour les lui donner, pour les lui reprendre, à chaque coup de reins qui me porte un peu plus à la communion de deux âmes qui rêvent. Mais les rêves les griffent, les déchirent, se font marionnettistes des amours, pour les scarifier. À chaque fois que je rouvre les yeux, c'est pour mieux la découvrir au bord des abîmes auxquels je la destinais, comme si je dégrafais du bout des doigts le corsage de sa vie pour m'infiltrer dans les veines de ses jours, me muant en cette maladie que je me surprends à espérer incurable. Dès qu'un mouvement me fait m'écarter de sa peau, je sens mon derme se couvrir du froid de son absence. Dès que ma bouche veut s'affranchir pour avaler un soupçon d'air, il me semble vicié parce qu'il n'est pas recueilli à ses lèvres qui exhalent les gémissements que je lui inflige. Dès que mon esprit souhaite vagabonder loin de la scène de mes plaisirs, pour me condamner aux visages fermés de mes Lois, je cherche de nouveau cette connexion que m'offrent nos regards, mes abysses pour ses firmaments... Je ne sais plus ce que je fais. Me débarrasser de la contrainte de basses envies n'a jamais ressemblé à cette joute, passionnée, exaltée, de nos corps qui se mélangent quand nos souffles se perdent dans des confidences que seuls des amants savent dévoiler. Je suis perdu dans mes assauts, dans mon besoin sauvage de la faire mienne dans une frénésie qui m'effraie, et cette envie de la regarder se fracasser dans le plaisir que je provoque. Chaque fois que je sonde ses yeux, elle est un peu plus à moi, plus proche qu'elle ne l'a jamais été, pas seulement parce que nos corps se rencontrent avec fureur à présent, mais parce qu'elle m'offre des fragments de son âme que je teinte du noir de la mienne. J'ai l'envie de la dévorer, de la prendre, encore, et encore, de ne plus jamais sortir de son corps ou de sa tête. Ce projet étend sa marque sur mes mouvements, et plus mon plaisir se construit dans mon corps délivré aux charmes de Nyriss, plus ma violence se libère elle aussi.

J'ai des images folles à l'esprit, ma vue se brouille un instant du rouge de mes appétences pour cette chair qui se couvre de la transpiration de notre luxure, et je comprends violemment que je ne suis pas cet autre que je fantasme. Que ce n'est pas en me croyant différent pour lui plaire que je ne la ravagerai pas. Par mes assauts ou par mes mots. Que ce n'est pas parce que chaque fibre de ma personne hurle cette envie dévorante de complétion que la fusion de nos êtres ne brûlera pas la beauté de sa personnalité, ne défigurera pas la bonté de ses jugements. Je ne comprends plus mon avidité, qui naît dans mon épine dorsale, muant mes gestes à une passion trop proche des lignes qui encadrent mon contrôle déjà vacillant depuis de nombreuses années. Sa bouche me cherche, et je lui offre ma langue, sans refuser de boire le poison de notre étreinte tant elle me fascine... Et pourtant, lorsque ses bras m'enserrent un peu plus, je ne peux m'empêcher de croire que ces mêmes doigts qui s'enfoncent dans ma peau finiront par repousser l'engeance que je porte. L'opprobre que je signe sur sa peau à chaque caresse, et celle que je grave en elle à chaque fois que je la pénètre un peu plus profondément, comme pour lui arracher un aveux qu'elle ne me refuse nullement. Je n'ai jamais été quelqu'un d'autre, ma colère a toujours été là, tapie quelque part, et je n'ai su la museler qu'un court moment. Je ne lui ai offert que quelques instants de douceur pour la ravir avec les instincts d'une bête, et la gifle effroyable que m'offre une réalité que je n'ai jamais quittée ne m'ôte pas une seconde ce besoin avili à mon désir. Je veux tant d'elle, et plus encore. Et quand ses gémissements se font plus nourris, ma transe me fait oublier que le concerto continue, que ma propre musique se mélange à la sienne, des graves rauques flirtant avec ses aigus cassés par le plaisir.

Ma brutalité a rouvert la blessure et si ma vue se fait plus acérée, c'est pour caresser ma propre jubilation de voir la peau si pâle corrompue à mon sang. Je n'arrive pas à m'en vouloir, mes vaines tentatives d'usurper l'identité d'un homme louable ne fait que ricaner un peu plus ma conscience jetée aux fauves de mes instincts. Je ferme les yeux pour m'arracher au spectacle de la corruption de cette belle âme que je ne dois pas assez aimer pour ne pas la condamner à mes pulsions, et avant que je n'aie pu retenir l'ébauche du sentiment, il fleurit en plein dans mon esprit malade, léchant les plaies de mes hontes si nombreuses qu'elles suintent de tous mes vices, venant mêler les secrets d'une lumière trop vive à l'opacité du néant. Comment pourrais-je concevoir un sentiment que je n'ai jamais expérimenté ? Ou que je crois n'avoir jamais goûté parce que mon passé est devenu un mirage entaché par mes fautes ? Comment pourrais-je un instant m'enorgueillir que de violenter son corps si parfait et si magnifique, que de vouloir pénétrer ses secrets et son intimité dans les assauts de mon impétuosité, c'est jurer à son âme que je veux me lier à elle dans une éternité terrible de déshonneur... et d'amour ? La simple conception de ce mot dans ma tête me fait perdre pied, et lorsque je la sens se défaire sous mes assauts, griffant ma peau, avouant sa défaite dans sa chair, j'abdique à ma brutalité pour céder à son appel. Dans cette guerre-là, il n'y a que des perdants. Je m'écroule sur elle, tremblant de mon plaisir assouvi, comme de mes questions qui ont dansé sous la voute de mon esprit, serti de mes peurs et de mes angoisses. Mon corps l'emprisonne et mon nez cherche le refuge offert par son cou, dans un instinct que je suis bien incapable de maîtriser tant je me sens vidé de cette violence que j'ai expié contre elle. Mes cheveux collent sur mon front, la sueur perle sur sa peau dont je viens goûter le sel dans un baiser absent. Je suis paumé, je ne me suis jamais senti aussi vulnérable et je déteste cette sensation qui m'étrangle. La dépression de la mort de mon plaisir me crie de la fuir, mais la folie qui me pousse à croire que la fusion est possible à sa chair et à son âme m'entraîne à la serrer contre moi. Comme pour l'étouffer afin que jamais elle ne m'échappe.

Je la couvre de mon corps alourdi par ma frustration de me savoir inchangé, esseulé dès lors que je ne suis plus en elle. Effroyablement la même personne, perdue dans l'intensité de mes envies toujours niées à ma réalité. Et avant ses regards, avant sa peau, avant sa bouche, avant qu'elle ne s'offre toute entière, je n'en concevais aucune honte. Alors, je me fous que mon sang continue de la pervertir, que ma luxure baigne son intimité, que mon musc cherche à s'accrocher à sa peau pour que je la suive dans ses errances et ses certitudes. Je préfère la blesser mortellement que de ne pas compter à ses yeux. Je sais que la douleur nous attend, mon rôle composé a été arraché par nos passions, et je me suis livré à elle dans toute la splendeur de ma violence. Il n'y a rien de doux, rien de beau, rien d'altier à offrir à sa splendeur. J'inspire encore une fois son odeur, et mon souffle tremble tant je ne souhaite pas fuir sa destinée. Comment pourrait-il cependant en être autrement ? Comment croire que je pourrais être à ses côtés sans la vouer à mes erreurs, qui furent, qui sont, et qui seront immanquablement ? Je n'ai pas la folie de croire aux chimères formées dans la nuit qui s'étiole déjà, tandis que le jour se lève.

Mon silence n'avoue que mes pensées noircies par mon trouble, mais mes bras qui la serrent toujours crient qu'elle ne peut qu'être mienne à présent. Et avant de délirer des mots que je retiens sur sa peau, pour la déchirer à mes incertitudes, je lui rends sa liberté, et m'arrache à notre étreinte, même lorsque je vois qu'elle essaye de me retenir. Je m'assieds en lui tournant le dos, les yeux perdus dans le gris de mes murs, effaçant d'un geste automatique le sang qui perle encore sur ma blessure. S'il n'y avait qu'elle. Mon dos est tendu, impossible qu'elle ne puisse le voir. Je tends le bras pour attraper mes clopes et un briquet qui trainent sur la tablette à côté du lit, et je remplace mes respirations mal assurées par la sensation familière de la fumée, qui vient masquer mon visage inexpressif. Je lui jette un regard par dessus mon épaule, pas aussi neutre que je ne l'aimerais. Déjà mes prunelles s'abîment à son corps nu, je mords le filtre, ma faiblesse face à elle est insupportable et pourtant j'aimerais avoir le luxe d'y céder.

Sans m'en rendre compte, je cherche sa main. Je ne sais pas pourquoi je fais ça alors que je suis en train de la quitter. De me déterminer à me lever pour partir loin des sentiments dont je ne suis pas digne. Loin d'elle. Mon pathétique geste se referme sur les draps lorsque je le freine au dernier moment. L'esquisse de ce qui fut... Deux êtres qui n'ont cherché qu'à se rejoindre. Ne reste que l'ombre de l'étreinte. Et l'amertume de la distance qui s'insinue de nouveau entre nous. Ma voix est ténue, mes yeux rencontrent les siens. Une confession pour des adieux :

_ Asha... C'était la gamine qui a été éduquée avec moi, dans la même alcôve familiale. Je dois partir.

Mes mots se bousculent, dans une drôle de lenteur. Je termine ma clope que j'écrase, comme je viens de balancer des mots cliniques, sans aucun sentiment pour celle que j'aurais pu avoir l'imbécilité de qualifier de soeur. Qu'importe, c'est si loin. Elle a la réponse à sa question... Elle sait à présent qui est Asha. Elle sait qui je suis, moi. Et derrière le mur de ces fausses vérités, je dissimule encore ce que je lui ai juré avec mon corps. Le sang se fige sur sa peau, comme les mots sur mes lèvres. Qu'aurais-je d'autre à dire ? Jurer l'amour qui dévisage à présent l'âme qu'elle m'a arrachée en nos aveux de jouissance ? Je détourne le regard quand j'entame une nouvelle phrase : "Je..." Et me reprends bien vite : "Je dois partir."



Hope suffocating...
And you've kissed my life

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_ It was a mistake imprisoning my soul _
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