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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

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 À l'ombre de nos doutes [Nyriss]

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N.O.D
La mort vous va si bien...

Masculin
Age : 38
Présentation du Personnage : Free me from this world
Mes RPs : Nouvelle Lune
Petit Poucet de Novlangue
Alouette, gentille alouette
Petit précis de manipulation
Le prisme de nos attentes
À l'ombre de nos doutes
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Un peu d'histoire :

MessageSujet: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Jeu 14 Juil 2016 - 15:33

Breathe in deep
And cleanse away our sins
And we'll pray that there's no God
To punish us and make a fuss

Les deux déflagrations résonnent en écho dans ma tête. Qu'importe où je marche, qu'importe où je finisse par courir, que je donne ma carcasse à la dureté des murs, que je la laisse à l'appétit dévorant de la nuit pour m'y perdre... Il n'y a que cet écho. Cet écho et ma respiration qui jamais ne s'apaisent. Je ne sais où je vais, je ne sais depuis quand je suis parti, et mon manteau noir pèse autant que le poids de mes remords sur mes épaules, comme s'il s'agissait d'un linceul. Bordel. Je crois que jamais cela ne s'arrêtera. La rage, l'envie de hurler ce que je n'arrive plus à comprendre. Ma propre nature, ou bien celle de ce monde qui ne m'accueille plus comme je savais pourtant, autrefois, le boire pour m'en enivrer. Mon cri se répercute sur le béton armé, pas encore partout effondré. Le silence me répond. Il n'y a pas d'écho dans une cité tentaculaire... L'écho demeure uniquement dans le labyrinthe de ma tête.

Trois heures plus tôt.

J'entends le sang dégouliner le long du pied de la chaise en métal, et s'écraser sur le sol dégueulasse de cette antre déchirée par le souffle des explosions. Le sang d'un homme et les cris de cette femme qui n'a même plus la force de donner de la voix, elle ne peut plus qu'offrir les sons brisés, broyés, de sa haine. Wrenn continue à lui passer dessus, sans vraiment se soucier des éternités de douleur qu'elle lui promet à chaque fois qu'il la souille un peu plus. Mon visage est impavide dans l'ombre et Drek me jette des regards nombreux et de plus en plus nerveux, parce que lui seul sait saisir l'aura de la violence qui commence à gonfler tout au fond de moi. Je ferme un instant les yeux, un réflexe involontaire lorsque l'un de ses cris vient s'insérer sous ma peau comme mille aiguilles. Je serre le poing, la mâchoire, et Drek me regarde une fois encore, comme pour s'assurer que je ne vais pas exploser, là tout de suite, comme pour contenir l'inéluctable. Il me connaît. Ça m'agace véritablement tant j'ai l'espoir ridicule que personne ne puisse percer mes humeurs quand je crois que mes masques sont ciselés à la perfection. Mais je n'arrive plus à faire véritablement illusion. Et encore moins devant lui.

Ce gros porc en rut nous demande de sa voix railleuse pourquoi nous ne participons pas et je sens mon monde basculer. Comme si le sol ne parvenait plus à assurer mes jambes. Elle hurle toujours, à moins qu'elle ne geigne seulement de honte et de dégoût, mais j'ai l'impression qu'elle le fait à mon oreille tant les sons sont palpables. Drek grogne qu'il n'est pas intéressé et moi je me tais parce que je ne suis plus vraiment là. Mon esprit tente d'échapper à ce que je vois, et quand les cris de la fille se font plus étouffés, c'est le dégouttement régulier qui vient de nouveau agacer mon ouïe, sans relâche. Pourquoi le corps humain contient-il autant de sang, putain, pourquoi. Mes prunelles bleues assombries quittent le spectacle du viol pour revenir au pauvre hère qui se vide comme un animal sur l'étal d'un festin mortifère, la table soutenant sa tête à présent. Wrenn lui a ouvert le bide avant de s'en prendre à sa copine. Il la butera ensuite, à moins qu'il préfère traîner leur carcasse jusqu'à la Centrale, pour qu'ils retournent au camp d'endoctrinement d'où ils se sont enfuis ce soir. Idée saugrenue qui termine dans une impasse où ne les attendait que la peur... et la douleur.

Drek essaye de dire à Wrenn que ça suffit, j'entends dans sa voix une semie complainte qu'il essaye de faire passer pour de l'autorité. Mais mon collègue est trop gentil pour aboyer convenablement. Même l'entraînement du NOD n'a pas pu renforcer ses manières qui sont souvent trop douces. Le type moitié mort relève un instant le nez, pour faire tomber ses regards dans le prisme de mon intrusion. Comme s'il avait senti que je l'observais. Je vois à quel point il souffre. Pas parce qu'il est quasiment ouvert en deux, mais parce que celle qu'il aime se fait ravager par les assiduités de Wrenn, juste à côté. Je crois qu'il aimerait agir et que l'impuissance est en train de le rendre dingue. Ma mâchoire est si contractée que j'ai l'impression que toute ma dentition va sauter. Drek m'appelle mais je n'arrive pas à l'entendre. Il me pousse : "Dis quelque chose, bordel, Cy, dis-lui d'arrêter !"

Wrenn lui demande juste de la fermer. Que s'il veut pas sa part, qu'il la laisse aux autres et qu'il ne lui sorte pas ses gémissements de femme éplorée. Même Drek serre les poings à présent, c'est rare. Je suis toujours plongé dans les yeux du type, comme si je lui parlais silencieusement. Je n'arrive pas à me débarrasser de la tempête qui s'agite en moi. Des arrestations comme celles-ci, qui ont dégénéré en ignominie, j'en ai tant vécues, et si j'ai peu participé à la petite fête, j'ai souvent encouragé les connards comme Wrenn, pour me repaître de la misère humaine comme un vautour. Mais là, chaque fois qu'elle crie j'ai l'impression que c'est moi qui la souille. Chaque fois qu'il me regarde, comme s'il me suppliait, j'ai l'impression que je lui ai plongé ma lame dans les entrailles pour savourer sa mort. Le sang... Les cris. Je n'arrive plus à fermer les yeux, tout est là, palpable, les odeurs âcres m'agressent, les sons strient mes nerfs de feu, et je crois que je suis aussi pâle qu'il est possible. Drek me demande encore et encore de l'arrêter. Combien de temps ? Trois minutes ? Dix ? Vingt ? Je ne sais plus, je veux juste que ça s'arrête. Que ça s'arrête. Je veux qu'il se vide entre les cuisses de cette pute, je veux que sa grosse gueule se fracasse contre le mur, que l'autre déviant arrête de me scruter avec les yeux d'un poisson mort, qu'elle se la ferme, qu'ils aillent tous crever en enfer, que Drek s'étouffe de ses mots, de ses suppliques, qu'il garde sa douleur pour lui même quand je ne suis plus capable de taire la mienne. Un instant je la regarde elle. Elle crie encore, je me demande comment c'est humainement possible. Je regarde ses traits déformés par l'assaut qu'elle subit, sa honte, ses larmes, sa haine, sa peine. C'est trop, et pourtant je ne détourne pas mes prunelles, abîmé par son expression. Je cligne des yeux... c'est elle... puis tout à coup je vois son visage changer. Je suis statufié, je ne comprends pas. Je connais ces yeux, ces yeux si bleus... Ce visage parfait, si beau que j'en crève de douleur car j'ai l'impression que la souillure atteint les traits qui me tiennent compagnie chaque fois que le sommeil se tire loin de moi depuis des jours. Un instant je la regarde... et je ne vois que Nyriss.

Trois minutes ? Dix ? Vingt ? Je ne sais plus et je m'en tape. Je saisis mon arme de service, engage les munitions d'un geste sec et je dézingue le mourant sans sourciller. Première déflagration. Wrenn tressaille, et il a à peine le temps de sortir sa queue de sa proie quand je la vise elle, pour l'abattre aussitôt. Mettre fin à ses souffrances, lui délivrer un instant de paix. Je regrette qu'il ne soit pas resté dans la ligne de mire. Le sang vient de gicler sur sa gueule ébahie, sa gueule de connard et la main de Drek sur mon poignet me fait réaliser que je suis en train de viser Wrenn à présent. Je baisse le bras et je comprends que j'ai arrêté de respirer. L'air semble brûler mes poumons quand il s'y engouffre de nouveau. J'inspire vivement ma colère... et le souffle échappés des deux morts qui ne subiront plus jamais la douleur d'un monde qui ne les destinait qu'à un camp ou à la torture. Je ne sais pas si c'est bien, je ne comprends pas mon geste, mais tout s'est tu. Et pourtant, la tempête fait toujours rage à l'intérieur. Rien ne s'est apaisé.

_ Mais bordel, t'es malade ou quoi ? Un peu plus et j'y passais aussi ! Putain de merde, Wilde.

Wrenn se passe la main dans les cheveux, remontant son pantalon, toujours ébranlé il faut croire. Je ne me justifie même pas. Drek lui dit un truc comme quoi la prochaine fois, il laissera ses instincts dégueulasses au placard, et qu'on se contentera d'une arrestation. Je parle dans mon communicateur à courte portée, qui me permet de transmettre un message au chauffeur du fourgon qui nous attend, dehors :

_ Les deux traitres sont morts. Dossier 634-N-59B classé. Transmets à la centrale et au camp. Terminé.

L'abruti essaye de dire qu'il rapportera mon attitude et j'en ai strictement rien à foutre. Seul mon unique ami semble vouloir me soutenir : "Ah ouais ? Et tu n'oublieras pas de me faire témoigner sur tes petites façons de jouir des suspects hein ? J'suis sûr que ça plaira vraiment à la hiérarchie de savoir que t'aimes autant te faire les prévenues. Alors tu te la fermes." Wrenn nous passe devant, hausse les épaules, dit simplement : "Il est taré bordel." Et disparaît à l'extérieur. Drek essaye de me retenir un instant, voyant que je ne réagis pas du tout aux commentaires qu'on me sert :

_ Ça va Cy ? Tu sais... On peut aller boire un verre si tu veux. Ou je sais pas. Parler ?

Je reprends un instant mon attitude de connard, haussant un sourcil hautain :

_ Parler ? Qu'est-ce que j'aurais à dire ? Ya rien à dire. Ils sont morts.

Dehors, j'ai l'impression qu'il fait plus froid. Je ne sais pas si c'est parce que le dôme a disparu, ou si c'est parce que j'ai vraiment envie de gerber. Je me sens mal, je n'arrive plus à penser droit, je veux me tirer d'ici. Je fausse compagnie au fourgon, Drek choisit de rentrer à pinces lui aussi. Sans doute pour ne pas me laisser seul. Je suis conscient du regard peu amène de Wrenn lorsqu'il s'enferme dans le fourgon fièrement frappé du sigle du NOD, mais ça ne m'atteint pas. La poussière embrume nos silhouettes lorsque le véhicule prend les airs avec son dégénéré à l'intérieur. Je n'ai même pas envie de lui péter la gueule. Je me dis qu'il devrait être mort, que ça n'aurait pas été une soirée gâchée. Puis j'oublie... Qu'est-ce que ça peut faire hein ?

_ ... quand même un rapport cohérent. Ils vont vouloir savoir pourquoi ils sont morts. Enfin tu vois. Mais... Tu m'écoutes ?
_ Non.
_ Cy, putain, t'as buté deux Orthodoxes en fuite, comme ça, sans sourciller. Et honnêtement, je crois que si je t'avais pas retenu, t'aurais buté Wrenn dans la foulée. Pas que ça ne m'aurait pas fait plaisir mais qu'est-ce qui se passe ? T'es systématiquement ailleurs quand tu es sur une opération. Et si c'est pas le cas, tu es introuvable. Il s'est passé quelque chose ?

Je le regarde longtemps. Sans parler. Avant de statuer d'un ton sépulcral que je reconnais à peine :

_ Non il ne s'est rien passé. Il ne s'est strictement rien passé. Rien n'a changé. Rien.

Il ne comprend pas. Ni mes mots, ni quand je lui demande de me laisser. Je finis par me tirer, l'abandonnant à ses interrogations sans sens aucun, me parant de ma froideur, laissant les échos de mon acte dans le sillage de ma fuite, pour qu'ils me rattrapent aussitôt que je m'arrête. Ma main tremblante tente de desserrer les sangles de mon armure tactique, sans trop de succès, avant de trouver mon paquet de cigarettes. Et je peine à une allumer une, marchant toujours, sur les sentiers d'une inquiétude croissante. Seuls les derniers mots de Drek me tiennent compagnie : "T'as bien fait tu sais... Qu'est-ce qu'ils auraient pu espérer de toute façon ? Vaut mieux être abattu proprement que de se retrouver au camp je crois bien."

Je n'en suis pas certain. Je regarde mes mains comme si elles étaient baignées du sang de ces deux-là, et de bien d'autres encore. Mes pas me mènent dans un néant bienvenu, toujours habité par les coups de feu, par les cris de la fille qui ne demandait que de l'aide. Mon aide. Je ne comprends pas pourquoi ça me hante. Rien n'a changé. Rien. C'est bien ça ce que j'ai dit ? Je réalise où je suis en relevant la tête. La fumée s'élève vers des fenêtres encore miraculeusement intactes, qui sont pourtant semblables à toutes les autres alentours mais que je reconnais aussitôt. Je ne suis jamais revenu dans ce quartier. Jamais. Je l'ai toujours évité, en patrouille ou en mission. Le passé est resté dans ce secteur plein d'immeubles blancs et gris, et d'expressions vides. De certains rires de mon enfance, et des pleurs du départ. Je hais cet endroit car il me rappelle une période qui ne fut que l'aube d'une déchéance. Une déchéance que je n'ai jamais considérée comme telle jusqu'à aujourd'hui. Je comprends que je suis à bout de nerfs quand je m'écroule le long d'un mur, clopant toujours, tremblant comme jamais. Les yeux de la fille dans ma tête se substituent à ceux de Nyriss, encore et encore, les mots de Drek se mélangent aux miens. Ma propre voix est étrangère à mes oreilles quand je me répète que j'ai bien fait. Oui j'ai bien fait, c'est forcément le cas. J'ai fait ce que je devais. Ça n'a pas à m'atteindre. La fille me demandait de l'aide. Et je n'avais que celle-ci à lui offrir. C'était juste, propre. Ça entrait dans le cadre de mes Lois. Alors pourquoi ? Pourquoi est-ce que ce geste me hante-t-il ?

"Dis Cy, tu m'emmèneras un jour ? Voir les hautes flèches des tours ? Hein ? Tu m'emmèneras ?"
_ Non je ne t'emmènerai pas. J'ai troqué les songes pour l'infamie. Les songes pour l'infamie. Je suis désolé. Il n'y a pas d'avenir dans ce que je t'ai promis.

J'ai bien fait. Hein ? Je ne sais plus. À l'ombre de mes doutes, ne demeure que ma propre voix dans un monologue qui ne résonne que de ma folie. La fumée de ma cigarette pour tout décor de la nostalgie provoquée par le quartier de mes jeunes années. Des années enfuies, enfouies dans mes songes tourmentés, que je ne veux pas affronter. La fuite dans mes actes réglés est préférable aux combats provoqués par ma nature torve. Préférable aux mots vides, aux souffles morts, aux attentes jamais comblées pour ne devenir que des abîmes. Et à l'intérieur : les cris de la souillure, le regard du jugement, et les indiscrétions jetées à la gueule de mes croyances.

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_ It was a mistake imprisoning my soul _
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Orgienne
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Féminin
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Présentation du Personnage : Une commande spéciale de Mr Daïre.
Mes RPs : Première nuit.
SUBLIMATION
Nuit pluvieuse.
Rencontre avec un ressac.
Même nuit, au Murphy's, rencontre avec des insurgés...
Journée.
Déguisement.
Deuxième nuit.
L'anarchie s'organise.
Attaque de la prison.
Rencontre avec Melian aux docks.
Troisième nuit.
Réparation de la jambe et papotage.
Retour au Murphy's.
Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
Croiser une soeur...
Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
Dans l'hôpital.
Bien après.
Retrouvailles avec Guinea.
Burger Bitch (annulé)
Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
Des petits trous dans le cerveau.
Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
Encore plus tard.
Little boxes (annulée )
Et une autre nuit.
Essaye de tuer Charmant (en cours)
Des mois plus tard
Pacte avec le diable (projet 1/2)
Adieu Nej (projet 2/2)
Courtes retrouvailles nécessaires
Mélancolie nocturne d'un robot trop humain.
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Dim 24 Juil 2016 - 17:18

Nos corps enlacés, la fusion des sens. L'envie, le désir. Je l'emprisonne. Je les emprisonne. Je voulais le garder contre-moi, l'étouffer, comme le corps morts d'un ami qu'on ne veut pas quitter pour autant. Mes craintes se sont révélées fondées. Un dernier baiser qui sonnait comme un adieu. Je le sens fuir, rompre le lien, briser la chaine pourtant solide que forment mes bras et mes changent. Pourquoi n'ai-je pas eu la force de le retenir ? Je le vois s'éloigner et j'ai l'impression de mourir à nouveau. Il m'a redonnée vie et maintenant il m'achève. Monstre de cruauté et de vilénie qu'il est.
Je ne lui en veux même pas.

Je me rassois pour le reprendre dans mes bras, me serrer contre son dos alors que je sens qui lui aussi, sa vie s'étiole. Mais là, encore il m'échappe. Et puis il part, pour de bon. M'abandonne dans le pire instant. Le vide qui suit l'apogée. Celui où pour rien au monde, je ne voudrais être seule. Je suis seule, avec le fantôme d'Asha. Curieuse révélation à l'heure de la fuite. Invitation ? Je ne sais pas. Je suis restée longtemps dans ce lit médiocre à m'envelopper des draps et de son odeur. A me fermer au temps et à apprendre à supporter la souffrance qu'il était sensé m'aider à vaincre.
Mais je n'arrive pas à lui en vouloir.

Il me manque.

***

J'ai fini par émerger, prise d'une étrange idée. Est-ce que je le faisais pour lui ? Pour moi ? Pour ce nous auquel je voulais encore croire ? J'avais culpabilisé un long moment, cherchant mes propres erreurs qui justifieraient sa réaction, amplifiant le négatif, me blâmant pour des idioties. Calquant des modèles féminins pas forcément bien choisie. Ne suis-je pas assez bien ? C'est la question douloureuse qui revenait sans cesse. Et puis je l'ai accusé lui avant d'en vouloir au monde qui nous entoure et qui semblait vouloir me retirer toute once de joie. Le malheur me faisait oublier ce que j'étais, qui j'étais et à la fin, je me suis sentie stupide. C'était beau et précieux, ça en valait la peine. C'était ce que j'avais toujours dit et je le pensais encore. Je ne regrettais pas, je ne regrettais rien de ces amours compliqués. J'avais fini de me victimiser.

Maintenant il ne me restait plus qu'à savoir quel chemin prendre. Celui de base : Nej et les orgiennes, arrêter le massacre, le génocide. Ou bien le retrouver lui ? Pour lui dire quoi ? Je n'avais rien de plus à offrir que ce qu'il avait déjà pris et rejeté, refusé disons plutôt. Je ne voulais pas m'imposer dans sa vie. J'optai pour le premier choix, mais le grand vide que je ressentais refusait de s'en contenter. Dés lors, cette quête ne pouvait plus me contenter et autre chose m'obsédait. Je devais faire un crochet.

Asha.
J'avais besoin de savoir. Si elle était encore en vie, je pouvais lui faire ce cadeau de la lui ramener... Si elle était morte, je ne pourrais jamais le lui dire, mais ne sachant pas mentir, je ne pourrais donc jamais le revoir. L'espoir est maigre mais il suffit à me faire avancer. La curiosité aussi, de connaitre un peu plus le Cypher d'avant le NOD.

Asha Wilde.
Comment en savoir plus sur elle ? Avant ça aurait été d'une facilité déconcertante. Mais maintenant, sans électricité, impossible de trouver un ordinateur pour pirater le réseau de la cité. Il faut aller à la source, si ce réseau fonctionne encore. Il est possible que toutes les données aient été perdues. Je fouille dans ma propre base de donnée, des fois que la chance me sourit... Rien sur la famille Wilde, évidemment. Je cherche autre chose, où sont stockés les données, où peut-on trouver des informations. Peut-être même papier ? Je pense soudain au registre des naissances et fonce alors à l'ancien centre de reproduction. Il m'aura fallut fouiller quelques heures avant de trouver ce que je recherche. Et c'est finalement une tablette avec une batterie à l'uranium qui sera mon salut. Les données contenues là dedans sont impressionnantes, des terras octets sur toutes les familles de la ville, bien plus que je ne pourrais jamais emmagasiner. Mon cerveau de robot n'a pourtant pas envie que cela se perde. Je l'ai donc caché avec une attention particulière avant de me rendre à l'adresse figurant dans les données.

L'adresse de la famille Wilde.
De l'autre côté du mur, du bon côté du mur. Peuvent-ils encore y vivre ? Elle et leurs parents. Ça serait évidemment trop facile. Même s'il m'aura fallut passer ce mur et ce quartier sous haute surveillance sans me faire repérer. Pas aisée mais sans grandes difficultés. Les NOD sont complètement dépassés par les évènements et la population qui se réveille. Pourquoi est-ce que les insurgés n'agissent pas maintenant ? Je ne comprendrais jamais. La liberté n'attend pas, elle n'a pas de temps à perdre. En tout cas ils ne me voient pas, parce qu'ils ne me cherchent pas, ils ne s'attendent pas à voir des orgiennes par ici alors qu'elles sont recherchées partout. Et détruites. Le plus dur pour moi c'est de les voir agir et de me retenir d'intervenir.

L'appartement est gris et terne, comme tous ceux des orthodoxes. Rien de particulier ou de notable. Il est encore en bon état, ce qui est bon signe mais vide et exempte de signe de vie. Il y deux chambres, celles des parents, lits séparés et celles des enfants. Je fouille un peu partout à la recherche d'indice sur Asha. Rien dans le salon, rien dans une chambre, rien dans la salle de bain. Je fouille maintenant la chambre d'Asha et ses affaires. Là, seul, se trouvent des choses un peu personnaliser. Des choses d'avant la puce. Des cachettes avec des dessins et des objets, des jouets, sans doute dérobés en douce. Je touche à tout, fouille partout, cherchant les recoins cachés, baissant ma garde. Rien ne me fait plus peur que de ne rien trouver. Finalement, j'emporte avec moi quelques papiers, quelques objets électroniques que j'étudierais ailleurs. Je descends par les escaliers, je ne sais pas trop pourquoi. J'ai piqué un pantalon et un haut, typiquement orthodoxe, sans savoir pourquoi. Marre de la combinaison noire peut-être ? Envie de me fondre dans la foule.

Mais en bas des marches, juste avant de passer la porte, c'est une voix connue que j'entends. Je m'arrête net, lâche ce que je tenais dans ma maladresse. D'ailleurs quelque chose se casse. Pendant un instant j'ai voulu fuir sans être vu, mais je me suis repérée moi-même. D'ailleurs mes mains tremblent étrangement et cette maladresse ne me ressemble pas. Alors maladresse ou acte manqué ?

N'ayant pas vraiment le choix j'avance avant qu'il ne s'inquiète, qu'il ne sorte son arme ou je ne sais quel autre réflexe de NOD. Je me montre, je parle, toujours tremblante. Le voir est plus dur que ce que j'imaginais alors que je voudrais trouver refuge au creux de ses bras, et lui parler égoïstement de mes doutes, de mes peurs et de mes vices. Plutôt que de lui offrir son salut.

- Et moi, tu m'emmèneras ?
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N.O.D
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Mar 26 Juil 2016 - 19:24

La porte claque, déchirant le silence. Je prie pour trouver cet endroit aussi froid qu'un sépulcre. Celui de mes amours et de mes passions. Le lit est tel que nous l'avons froissé et flotte dans l'air les dernières notes de ses gémissements et du parfum de sa peau. Les images m'assaillent de concert avec les sensations que je repousse bien trop faiblement pour ne pas y succomber. Sur les lignes de la toile désertée de mon appartement, la peau nue de Nyriss se peint au loisir de mes souvenirs trop vifs. Je ferme les yeux pour mieux l'imaginer encore et le temps m'abandonne. Je suis resté enfermé des heures avec l'éther de ses courbes, avec les réminiscences de ses mots. J'essaie de me convaincre que je cède à la sensualité de mes pensées pour mieux m'en défendre. Et si je me trompe moi même l'espace d'un bref instant, ce n'est que pour retrouver aussitôt l'amertume de mes faiblesses. Elle me fascine au point que mes espoirs embrassent dans un silence effroyable les siens. Elle me façonne et je ne sais encore ce qu'il adviendra de moi : la fuir toujours, la posséder encore, la détruire enfin. À force de communier avec les résonances de sa présence, j'ai oublié les nuits et les jours, mes devoirs et mes besoins sanglants. Je l'ai laissée m'enchainer à son absence, je l'ai aimée de façon déraisonnable sans savoir qu'il s'agissait d'amour, je l'ai détestée sans mesure en cédant à mes mécaniques inculquées, j'ai souffert du silence sans jamais y trouver une seconde de paix.

Je t'ai maudite à l'aune du manque que j'avais pourtant créé. Je préfère les abîmes de douleurs dont je suis coutumier plutôt que les tumultes des sentiments que tu déclenches. Et pourtant à chaque pas, je te cherche...

***

C'était une journée peu banale. C'était il y a plus de 15 ans et la chaleur semblait vouloir étreindre tout le quartier Orthodoxe dans une unique et brûlante accolade. Les autorités avaient dépêché leurs cargaisons de NOD suant à grosses gouttes dans leurs armures sombres, tous alignés le long des trottoirs qui songeaient à fondre pour fuir la dureté de leur démarche martiale. Partout l'état d'urgence et pourtant aucun cri dans une cité dénuée d'affects. Seuls quelques groupes de gamins piaillent ci et là, ravis de la rupture d'un quotidien glacial même s'il s'agit d'expérimenter par là le souffle des Enfers. Ou plutôt celui des cieux.

Les informations sont formelles. Tout est sous contrôle et la brèche dans le dôme ne doit inquiéter personne. C'est assez vite dit quand l'on voit certains inconscients aller littéralement frire dans le faisceau laissé par les rayons d'un astre dont la puissance se trouve décuplée par ce filtre devenu défaillant. En gros il y a un trou et ça sent la bidoche grillée pour autant qu'on s'approche de l'endroit ceinturé par les forces de l'ordre. Mais quelques saveurs de viandes exotiques flottant dans l'air n'a jamais effrayé l'inconscience des enfants. Il y a un petit garçon aux cheveux sombres, avec une fille un peu plus jeune, aux yeux noisette. Ils regardent les milliers de billes qui résultent de la cuisson de quelque poussière sableuse au sol. Des billes de verre qui jettent leurs lumières tout autour, éblouissant les NOD qui les chassent à grand coup de bottes. L'une d'entre elle roule jusqu'aux enfants, elle est même bien plus grosse que la plupart. Le garçon la ramasse pour la regarder de plus près et les yeux de la jeune fille brillent de curiosité. Il la lui donne sans renâcler et elle murmure qu'ils ont intérêt à la cacher, sinon mère la leur prendra. Le garçon hausse les épaules comme si ça n'avait pas d'importance, quel intérêt de s'attacher à ce genre d'objets. Mais la petite fille l'emporte avec elle en des gestes qui trahissent les souvenirs qu'elle veut y renfermer. Des souvenirs aussi précieux que tous les trésors de gosses.

***

Des pas qui percent la bulle de mes exactions puis le bruit d'une chute dans la cage d'escalier qui se termine en éclats qui volettent ça et là en des couleurs que je n'avais pas vues depuis des années. L'objet brisé roule jusqu'à mes pieds, comme jadis, et je reconnais le corps ébréché de la bille de verre naturel qui fut l'objet de ma convoitise. Sans me rendre compte qu'une silhouette se dévoile à mes regards je scrute le morceau de verre qui a interrompu mes idées noires, jusqu'à les enrayer, et le porte à mes yeux. Réminiscences du passé qui ravage ce qui me reste de contenance et je me lève pour laisser choir ma rage tout autour de nous, envoyant contre le mur se fracasser les restes de cette enfance que je rejette. La bille éclate tout à fait contre le mur opposé criant une musique sinistre. Celle de la déchirure. Mon souffle est saccadé quand je m'aperçois que l'on me parle et je tourne les airs d'une bête soudain traquée et toutefois trop perdue pour saisir mon arme ou avoir un quelconque réflexe de défense autre que cette rage primale. Les cris de cette pauvre fille font écho aux sons aigus qui se répercutent dans la cage d'escalier dus à mon forfait. Je mets quelques secondes à reconnaître la source de tous mes désirs et de tous mes troubles. Mes ténèbres refluent pour se baigner à sa clarté. Ses habits sobres me rappellent ceux d'un temps révolu, et se mêlent autant mon aigreur quant au passé que les délices de la savoir là, avec moi. Alors que tout mon être hurlait le besoin de sa présence. Elle sait définitivement répondre à mes appels les plus désespérés. Ceux que je tais quand la bile m'étrangle. Je reste incrédule, comme s'il s'agissait de la matérialisation de mes chimères, comme si elle n'était pas vraiment là. Et pourtant je vois ses prunelles qui me scrutent, ses lèvres qui s'arrondissent autour des mots qu'elle jette à ma rescousse, sa posture où il y a une once de défiance et les stigmates d'une envie contenue. Mes yeux s'abîment dans les siens de longues secondes, son envie palpite comme la mienne qui nous entoure de sa gangue pour nous laisser un peu paumés, coincés entre nos devoirs et nos doutes. J'aimerais tant aller jusqu'à elle et l'étreindre que je reste là comme un con, à la regarder encore, sentant mon coeur se calmer peu à peu. Il n'a suffi que de sa présence pour renvoyer mes démons sous mes apparences. J'essaie de reprendre contenance en passant ma main, encore tremblante, dans mes cheveux, en les ébouriffant sans doute plus que je ne les replace. Puis enfin mon esprit analyse la phrase pour y répondre, après avoir laissé échapper un petit rire froid :

_ Et où crois-tu que cette route nous mènerait ? Aux cieux ou aux enfers ? Je ne suis plus celui qui fit cette promesse là.

Et pourtant oui. Je l'emmènerai voir tout ce qui fut. Tout ce qui peut être. J'en conçois une envie dévorante, nourrie par mes vices, et par mes remords si peu assumés, charriés par cette nuit peinte en rouge. J'aimerais tant n'être que cela, pour elle autant que pour moi. Juste saisir ses doigts dans ma main et la mener ailleurs, loin, pour que nos yeux se noient dans la beauté de l'incertitude de nos lendemains. J'aimerais être un putain de connard romantique, quoique ça veuille vraiment dire. Je ne sais pas pourquoi je pense à tout ce bordel dès qu'elle est là. Elle me calme autant qu'elle m'enrage. Mes yeux glissent sur son visage, jusqu'à ses doigts encore tremblants eux aussi, j'ai été formé à m'engouffrer dans tous les signes extérieurs de faiblesse. Je reste loin, comme si je me défendais de mes réactions, complètement blême de mon monologue récent. Mes iris qui s'étaient éclairées de la voir se durcissent de la considérer dans ce cadre : celui de mon enfance déchue, des cris d'Asha, des remontrances de nos tuteurs, des murs qui ne portent plus les marques de mon passage, ayant préféré tout comme moi se ternir dans l'oubli. J'inspire vivement en considérant les papiers épars, les preuves de son larcin. Je n'ai pas besoin de penser longuement pour comprendre qu'il s'agit d'objets provenant de mon passé. Ou plutôt d'un passé qui m'assaille tant il me semble étranger. Mon ton est acide :

_ Qu'est-ce que tu fous ici ?

Et moi alors ? Qu'est-ce qui fit que je me suis perdu jusqu'à me retrouver contre la froideur de mes souvenirs et l'indiscrétion de celle qui me hante ? J'oscille sur place, tenaillé par mon réflexe d'ouvrir mes bras pour qu'elle s'y réfugie enfin, sombrer dans le parfum de sa peau, me recueillir à la douceur de sa bouche. Je demeure pourtant égal à mes attitudes, fermé à moi-même comme à elle, délaissant mes hommages pour recouvrer les coutumes de ma muflerie. J'aimerais comprendre ce qu'elle croit trouver en exhumant une jeunesse depuis longtemps broyée. La confirmation de ses craintes ou la folie de croire encore que je peux être autre chose que ce NOD qui vient de tuer sans hésiter deux innocents comme l'on achèverait un animal blessé ? Suis-je le vecteur d'une rédemption ou la ritournelle implacable d'un amer échec ? Je la sonde comme s'il s'agissait d'un interrogatoire, mais mon allure brisée par mes actes, qui rongent mon âme plus sûrement que sa présence ne la panse, ne fait guère illusion quant à mon état déplorable. Si je ne m'écarte pas du mur, c'est que je tiens à peine debout. Je secoue la tête :

_ Faut-il toujours que tu me trouves quand je souhaite échapper à tout ? Tu t'es trompée d'horaire darling, tu as loupé ma grande représentation du soir. Faut dire que c'était à guichet fermé aussi. Pas de chance... ouais, pas de chance. Ça t'aurait appris bien plus que ce que tu es venue chercher ici.

Ma morgue a repris place dans ma voix mais je suis ailleurs, sur le fil de mes angoisses. Sur le fil de la brutalité du désir qu'elle appelle sans même s'en rendre compte. Je suis en colère contre moi, contre elle, contre tout et je ne peux même pas me raconter qu'avant qu'elle ne paraisse sans que je l'attende, comme à son habitude, j'allais bien mieux. Elle me contredit jusque dans l'esprit, avec elle je sais que mon armure n'est rien et qu'il lui suffit d'un mot pour silencer mon orgueil au profit de mes sentiments sublimés.

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Visite du QG, sentiments et sensualité brute.
Quatrième nuit.
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Et l'embarquer dans un plan foireux, retour à la prison. (annulé)
Chinatown (anim Premier signe)
Plus tard, dans Chinatown, l'épidémie fait rage.
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Nuits lambda.
C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui. (annulé)
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Un gros trou dans le cerveau (en cours)
Une autre nuit sur les toits.
Que va-t-on faire de toi Nej ?
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Ven 29 Juil 2016 - 13:59

Il a cette étrange façon de regarder ce bout de verre. Bout de verre qui n'a pour moi aucun sens. Comment avait-il fini avec le reste d'ailleurs ? Probablement attrapé avec un autre objet sans faire attention. Mais son attention sur la bille me laisse entendre que je n'ai peut-être pas ramené un sac d'indices mais un sac de souvenir. J'ai ramassé le sac et maintenant je doute. Ai-je bien fait ? De quel droit je fouille et remue son passé sans lui demander son accord ? Je le cache derrière mes cuisses, mais il s'est déjà tourné vers moi.

Son regard est dur à soutenir. Je sens la colère et le désir encore et je ne sais pas trop où me mettre. Je n'ai pas envie de rentrer dans un schéma où il ne m'aimerait que quelques heures avant de fuir encore. Je le veux lui, entièrement. Je ne veux pas qu'il abandonne sa colère, simplement qu'il fasse tomber ses murs, juste pour moi. Ou qu'il m'accepte à l'intérieur et me confit ses peurs, ses doutes, ses démons. Je sais aussi que j'ai envie de le changer, qu'il arrête de tuer et torturer parce qu'on lui demande de le faire mais ça n'est pas aussi simple. Je ne suis sûre de vouloir qu'il change, réellement. Je crains de perdre ce qui nous lie dans le procédé.

La question est, suis-je capable d'accepter ce qu'il est, sans négliger la moindre de ses facettes ? Vivre tout en sachant les horreurs qu'il commet et l'embrasser, l'aimer ? Pourquoi je pense à l'embrasser alors que je ne sais même pas s'il veut encore de moi. Et moi si je veux de lui.
Question bête, je le veux de toute mon âme. Férocement. Douloureusement. Passionnément.

Ses paroles sont comme la dernière fois : tranchantes, glaciales, acerbes. Il me rejette, je déteste ça mais ça ne me fait que le vouloir un peu plus. Comme si j'étais prête à tout pour revoir, ne serait-ce que quelques secondes, le Cypher qui a promis d'emmener une gamine sur les toits. Ces toits qui sont mon perchoir, mon endroit préféré dans cette ville et désormais presque inaccessible, même pour moi.

- Les enfers, nous y sommes. Plus que jamais... Et quand je l'évoque, la mélancolie m'assaille toujours. C'est moi qui l'ai créé, cet enfer. Je change vite de sujet, pour ne pas m'y enliser. Mais je ne t'ai pas attendu pour aller voir les flèches, ni pour y grimper. J'adorais y aller et regarder le monde.

Souvenirs agréables. Cette fois je souris, pour les anges et pour moi-même. D'ailleurs je ne le regarde pas. Ça serait trop de confrontation pour l'instant. Si j'en juge par les histoires que je connais, les films à l'eau de rose que j'ai pu regarder, je devrais être en colère, lui en vouloir et même le lui reprocher. Je devrais attendre qu'il fasse un pas vers moi parce que c'est l'ordre des choses. Mais je n'ai que faire des conventions sociales, des idioties qui nous tiennent éloigner parce que ce n'est pas politiquement correct. Je fais et je ferais ce que mon cœur me dicte, sans craindre que ça soit trop ou pas assez.

Et là, j'ai simplement envie de le rejoindre, de m'asseoir à ses côtés, de renouer un contact physique. Mon genou touche sa cuisse, c'est tout ce qu'il me faut. J'ai posé le sac sur le côté, loin de lui. Je ne le regarde pas, j'esquive ses mots. Il est là et je suis là, rien d'autre ne m'importe. Je peux fermer les yeux, car je sens sa présence. Et bientôt ce trouble que mon être lui inflige.

Qu'est-ce-que je fous là ? C'est une bonne question. Je n'ai rien à faire là, à remuer son passé. Je n'ai pas le droit et il aurait raison de me sermonner, quelque part. Ou pas, car je le fais pour lui, du moins je crois. Je voulais retrouver Asha pour lui, sans savoir quel impact elle pourrait avoir. Sauf qu'il ne devait le savoir que si je la retrouvais. Je ne peux pas répondre à sa question, ou alors par un mensonge. Et je ne sais pas mentir. Mais je peux l'ignorer, j'ai appris à faire cela par mimétisme. Ne pas répondre quand ça ne m'arrange pas, c'est typiquement humain et tout aussi agaçant. Ainsi il formule la réponse lui-même et continue.

La suite, j'avoue me fait peur. Une grande représentation ? Je n'aime pas les sous-entendus. Il n'a pas l'air très bien, clairement pas dans sa meilleure heure. Y'en a-t-il de meilleure ou est-ce seulement quand il m'embrasse ? Je crois connaître la réponse. Pourtant je m'inquiète, sur ce qu'il a pu faire ou qu'on lui a demandé de faire. Je m'inquiète pour lui. Je devrais sans doute demander quoi, pourquoi, qui, quand, où et tout ce qui avec. Je ne me sens pas prête à ouvrir les yeux, à voir le NOD en lui. Savoir et voi, ce n'est pas la même chose. Aujourd'hui je peux encore feindre d'ignorer. Même si j'ai fait pire. Bien pire.

Alors je pars sur toute autre chose, ces souvenirs qui me laissaient rêveuse, me faisaient gentiment divaguer, sourire aux lèvres qui ne me quitte pas. presque mièvre. Moi l'aigle sur le toit du monde. Libre comme l'air. Mes rêves inachevés. La brutalité de la réalité. Mauvais souvenir au fond, mais qui m'a ramené ici, dans ses bras et dés lors, je ne regrette pas.

- Là-haut, j'étais comme un aigle. Et j'ai toujours voulu voir des aigles, des moutons, des renards... Des arbres ! Alors j'ai ouvert le dôme et je suis partie. J'ai vu, la beauté de la nature. l'étrangeté de mon plastique sur l'herbe humide. J'ai cru pouvoir m'inventer un personnage. Je n'avais rien à faire là. Les hommes du dehors me l'ont bien fait comprendre. Pourtant je n'étais pas seule...
Alors je suis revenue.
Ici, à Novlangue, cité en déchéance. Ici, tout le monde sait ce que je suis même si tout le monde me déteste pour ça. Au fond, la beauté vous fascine et elle vous rend aveugle. Nous faisons partie de ce monde, alors ce n'est pas pareil. Ici, on ne me voit pas pour ce que je suis vraiment : un monstre.


Semi-confession au gré de mes mots, sans que je ne m'en rende compte.
Je souris toujours même si ces paroles peuvent paraitre triste. Il n'y a pas de peine pour moi d'avoir enfin compris que je faisais partie de quelque chose et que j'y avais ma place.
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Dim 31 Juil 2016 - 13:17

J'oscille... Entre l'envie de tout foutre par terre et le besoin de la laisser m'atteindre, pour qu'elle me répare. Qu'elle chasse les cris, qu'elle efface le sang, même une seule seconde. Que le poids sur ma poitrine s'allège lorsqu'elle fera peser ses regards sur moi. Elle est juste là et pourtant, j'ai l'impression que des hurlements de douleur nous éloignent pour mieux nous laisser étranger l'un à l'autre. Lorsqu'elle me dévisage, comme si je lui faisais un peu peur, je ne sais plus ce qu'elle voit exactement, ou ce que j'aimerais lui opposer. Alors je ne dis rien pour nourrir mes sous-entendus, même si une part de mon être aimerait la blesser à des chimères : je pourrais lui dire que j'ai tué deux innocents, lui dire que j'ai aimé ça, prétendre avoir violé la fille avant, endosser tous les rôles, devenir le NOD dans son ensemble plutôt que de simplement appartenir à sa horde, dévoiler le monstre plutôt qu'elle le silence. Elle partirait, elle fuirait pour de bon, épouvantée par mes actes, dégoûtée par l'essence même que je porte, vissée à mon âme. Elle comprendrait qu'il n'y a pas de place pour elle et... à chaque fois que j'y pense, à chaque fois que je songe à la repousser définitivement, j'ai l'impression d'étouffer. Il y a quelque chose qui tente de se révolter, impalpable, presque indiscible car j'en conçois une honte certaine, mais qui me bride dans ma violence, dès lors qu'elle apparaît.

Alors je tais mes mensonges et mes vérités. Je les étrangle par pur égoïsme, pour qu'elle reste encore. Encore un peu. Je la veux contre moi, fébrile, abandonnée, peut-être même révoltée de ses passions qu'elle ne peut pas maîtriser, liée même s'il s'agit de la corrompre dans ses idéaux. Ce dernier songe me fait frissonner, l'image même de sa belle âme noyée dans l'horreur par ma faute me révulse, et je comprends pourquoi j'oscille en permanence lorsque je suis à ses côtés. Je la veux, je veux qu'elle m'accepte, je la désire avec avidité, dans la froideur de sa beauté de conception, dans la mécanique de ses souffles et de ses circuits, mais aussi dans la violence de ses élans, dans l'impétuosité de ses idées. Je ne la connais que peu mais lorsqu'elle me regarde, j'aspire à m'élever, à lui prouver que je peux me porter à sa hauteur pour lui tenir tête, à être plutôt que de simplement subir et me taire. Et en même temps, je sais que je ne peux pas changer. Comme elle ne peut pas revêtir tous les oripeaux de l'humanité, dans sa chair, dans son sang, dans ses humeurs malsaines dictées par ses instincts de bête. Elle n'est pas comme moi, elle ne le sera jamais et je crois que mon addiction n'en est que décuplée. Alors les mirages où elle comprendrait mes démons et les accepterait, voire les encouragerait, meurent à l'aube de cette prise de conscience, pour se muer en un néant qui pour la première fois ne m'effraie absolument pas. J'ai envie de cet inconnu, j'en ai même un besoin dévorant, et peu me chaut si au final nous nous abimons tant et plus à nous y noyer.

Et comme si elle en était arrivée à l'exacte et seule conclusion possible en ce qui nous concerne, elle s'invite de nouveau dans mon espace, sans que j'ai formulé mon appel à haute voix. Aussitôt, mon coeur oppressé se calme, mon regard se façonne à son contact, moins facilement hanté par mes actions qui semblent s'évanouir quelque part dans le labyrinthe de ma conscience. Je ferme les yeux, pas pour échapper à mes sens mais pour les affronter. Je suis assailli de toutes parts, à la fois par ses mots, par le ton de sa voix, par ce qu'elle narre, par les images que j'en dessine. Plutôt que de lutter et de demeurer dans mon cloaque plein de vices, plutôt que de taillader son esprit à la lame de mes mots, je l'écoute et me laisse un instant bercer. Bientôt, la fille qui hurle se tait elle aussi, et je recouvre l'illusion de la sérénité. Cette sérénité qui me fuyait depuis que je l'avais quittée sur ma confession et mon absence. Nos corps ne sont que peu en contact mais suffisamment pour que ce contact me brûle d'une façon délectable, plus son récit se déploie, plus je parviens à accepter le fait qu'elle soit là, à me tenailler de désir, à m'abreuver d'un calme qui devenait vital. Je ne m'agite plus, à tapoter comme un junkie sur mon genou, et ma douleur quotidienne n'est plus qu'un passé proche qui nargue un futur qui m'échappe. Un entre-deux... Je n'oscille plus, je viens de m'arrêter là. Mes mensonges ne sourdent plus dans ma chair, prêts à déclencher la violence de mes paroles ou de mes gestes et je l'imagine : sur les toits, telle une gardienne immuable des infamies qui ne l'atteignent pas, au dehors comme une sylphide perdue dans des forêts hostiles. Je ne suis jamais sorti de Novlangue, je n'en ai jamais ressenti le désir, mais bizarrement, il se crée au fil de ses syllabes, comme si j'avais besoin de m'approprier son passé pour m'y insinuer. C'est étrange... Je ne connais de l'extérieur qu'un collier de bois sculpté qui nous a servi à étrangler une Ressac. Je me tends, j'essaye de repousser l'image qui vient abîmer les paysages qu'elle peint. Le terme "monstre" me frappe en pleine poitrine, et je rouvre un regard où les ombres des souvenirs sont chassées par son profil dessiné par les lumières bleutées du hall où nous nous trouvons. Son sourire me bouleverse et sans préméditer aucun de mes gestes où de mes mots, je caresse sa joue avant de la lover dans ma paume, pour qu'elle se tourne vers moi. Nos corps entrent bien plus en collision et la sensation m'envahit, alors que je lui parle tout doucement. Mes mots sont durs, ma voix ne l'est pas :

_ Oui tu es un monstre, malgré ta beauté. Et moi aussi. Nous appartenons aux boyaux tentaculaires de cette cité qui se meurt un peu plus à chaque souffle vicié, nous appartenons à son passé, aux avenirs qu'elle revêtira sans doute. Qu'importe ce que l'on est vu qu'on ne peut pas être autre chose. Nous faisons les choix que les autres sont bien incapables de faire, ou encore de supporter, même s'ils nous rongent. Ton apparence les trompe quand tu es capable de faire chavirer leur vie entière, ma fonction leur balance une frayeur bien lointaine de la véritable peur que je dois imposer. Sauf...

Je m'interromps pour la regarder plus intensément. Sauf quand nous sommes en contact, lorsque je touche sa peau, lorsqu'elle se fond à mon corps, lorsque nos confidences nous échappent alors que nous les maintenions au silence. Un silence qui nous bouffe, qui nous rend dingue, et qui pourtant nous est vital. Nous agissons par devoir, nous sommes faits de cette matière qui compose Novlangue, deux éléments qui ne sont pas essentiels, qui pourraient bien entendu être remplacés, mais qui doivent être pour que tout perdure. La destruction et le chaos le plus total ne sont pas dans notre prisme, même si nos moyens s'opposent violemment. Je l'attire à moi parce que je ne peux plus supporter qu'elle ne soit pas dans mes bras, je brûle de la sentir s'abandonner lorsque je confie à son oreille :

_ Quand tu es là, je ne sais plus quel monstre je suis. Quand tu es dans ma tête, peut-être transparaît-il aux yeux de tous, peut-être que la bride se déchire. Ou peut-être qu'il y a autre chose qui me meut, depuis cette nuit-là. Je n'aime pas ça... Et pourtant je ne pourrais plus faire sans.

Ma place, je l'ai trouvée depuis longtemps, même si on me l'a imposée, qu'importe le terme qui servira aux juges à me cataloguer. Je suis ce que je peux être dans le monde qu'on m'a donné. Je suis celui qui brise, broie, brûle, tue et torture lorsqu'il le faut, pour préserver un système qui sombre, préserver ce que je connais plutôt que d'ouvrir la porte au chaos. Même si cela me hante à chaque fois un peu plus dès lors que le conditionnement se fait moins opérant sur ma personnalité. Nous sommes quelque chose d'indéfinissable et je refuse de nous enfermer dans nos rôles quotidiens, dans une case qui nous promet uniquement une mort lente. C'est elle qui m'a fait réfléchir ainsi, lorsqu'elle m'a demandé la première fois si je n'étais qu'un NOD. Si elle n'était qu'une Orgienne. J'embrasse sa tempe, j'inspire l'odeur de ses cheveux. C'est un monstre qu'on m'a appris à honnir, à craindre même. Elle fait partie de cette caste qui déclencha une semi apocalypse. Je ne connais pas son rôle exact, comme elle n'a pas conscience du dixième de mes horreurs, celles dont je suis témoin, celles que je déclenche, ou encore celles qui encombrent ma tête en permanence. Alors l'entre-deux de nos esprits liés, et de nos corps. Un instant de paix. Je veux bien les arracher à nos destinées corrompues quitte à clamer plus tard mes erreurs à la face des dieux.

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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Ven 9 Sep 2016 - 23:21

C'est fou comme dans ce monde la tendresse pouvait ressembler à une claque. Elle prenait toujours au dépourvu parce qu'on avait beau la désirer, en avoir ardemment envie, elle restait de l'ordre de l'utopie, du rêve. Une utopie réaliste pourtant. Dans cette cité où la violence fait loi, la tendresse, l'affection tendent à disparaitre. Elles se font bien trop rares. Pire, leurs élans elles sont reprimées. Cela pourrait passer pour un geste anodin, mais tout le monde sait au fond que tendresse et plaisir sont liés. Et que c'est beaucoup trop beau pour qu'on le laisse vivre dans ce monde crasseu. Non, la tendresse, ce n'est pas de la merde. C'est magnifique.

Alors ce geste, il m'a mis une claque. La plus belle claque de ma vie. Et je me suis laissée aller dans cette caresse, tendant la joue pour me faire battre. Quelques secondes ainsi valent autant qu'une nuit de passion. Et la tentation est forte de se laisser encore un peu plus, de trouver ses lèvres, de les emprisonner à jamais. On sait où ce chemin mène. Abrupte, escarpé, dangereux. Au mauvais endroit. Ces émotions qu'il est incapable de gérer. Pour m'abandonner encore. Un cycle qui recommence sans fin.

Alors que je veux simplement profiter de sa tendresse.
Je ne dois pas céder.
Un petit geste, simple et beau et j'ai tout oublié. Pourquoi je suis là. Pourquoi il est là. Les NODs. Le gouvernement. Le mur et dehors, la mort. Il n'y a que lui, moi et cette tour qui me fait de l'oeil en gratant les étoiles. Image vivante de la prétention humaine, un peu comme moi. Il dit que c'est trop tard. Que ce n'est plus le moment. Le passé parait-il. Moi je crois qu'il n'est jamais trop tard pour vivre. Pour sauter au milieu des requins et en ressortir plus vivants que jamais.

Vite. Il n'y a pas de temps à perdre. Je remets le sac en bandoulière sur mon épaule et me lève, brisant ce contact doux et chaud. Pour une bonne raison je crois. Je saute sur mes jambes telle une gamine excitée.

- Viens !


Le ton va de paire. Je lui tends la main.

- Moi je vais t'emmener là-haut ! Maintenant !

Je lui prends la main, qu'il le veuille ou non et je le tire jusqu'à moi. Je le porterais s'il le faut. Même si c'est complètement fou. Qu'il va falloir traverser la ville inaperçus, devenir une simple orthodoxe avant de pouvoir monter là-haut. Sans lui j'aurais pris le chemin des hauteurs bien plus discret. Peu m'importe de me faire prendre, tant qu'on aura été là-haut ensemble.
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Dim 11 Sep 2016 - 18:21

Quelques secondes viennent accompagner les battements de mon coeur perdu. Il est perdu depuis longtemps dans une chamade de mort et de sang. Mais pas en ce moment. La fatigue qui me nargue depuis quelques heures après avoir tué le couple maudit qui fit un écho douloureux à mes transgressions devient dérisoire depuis qu'elle est là. Je ne ressens ni abattement, ni perversion, ni ce néant immense qui menaçait de m'avaler pour me recracher encore plus tordu que je n'ai été. Elle gomme les contours, repousse les murs. Je ne sais pas comment elle fait cela et je m'en tape, je serre sa main comme s'il s'agissait là de mon unique salut et je la suis sans même l'aube d'une pensée pour mon devoir. Je le laisse près du mur où je m'étais effondré pour enlacer ses doigts et ses folles idées. En cette soirée opaque, son idée devient une ancre, elle devient un but, mieux encore, une détermination. Frôler les hauteurs avec elle et oublier encore ce que je suis. Oublier encore. Et me souvenir d'elle. Je ne comprends pas que cette seule pensée est le déni d'un futur troqué pour la folie de l'enfermement au présent. Une fois encore, quelle importance ?

Je caresse inconsciemment la paume de sa main tandis que les doubles portes qui s'ouvrent nous imprime sur le théâtre désolé du quartier Orthodoxe moitié écroulé, moitié encerclé de néo-acier pour bannir tout espoir qui aurait pu naître dans les esprits nouvellement affranchis. Je ne regarde rien, que l'horizon de la nuit pour y distinguer les lueurs que nous visons, pour mieux les embrasser de nos appétits pour l'interdit. Je me suis rarement senti libre comme cela, dérobé à mes propres pensées ou carcans, à un endoctrinement quotidien. Même l'alcool ne parvient pas à m'en affranchir. Et la drogue m'y rejette plus sûrement lorsqu'elle m'assomme en me laissant moitié mort. Je serre sa main encore, par une effroyable passion déclenchée par le moment que Nyriss a su faire naître et notre course n'est déchirée que par nos souffles qui flirtent dans l'air de la nuit.

Bientôt des bruits de bottes au pas de charge. Je reconnais la cadence et mon instinct me fait tirer son bras jusque vers un escarpement qui nous fait disparaître aux yeux de la mort martiale. Nos deux corps se retrouvent de nouveau très proches, trop proches pour que j'ignore l'appel aussitôt déclenché. Je m'empare de ses lèvres, comme pour la remercier de l'échappée qu'elle m'offre, un don vital qui vient de m'arracher à une tourmente qui confinait bien trop à la folie. Je préfère enlacer son âme et m'y raccrocher. Trois baisers, toujours chastes, et mes lèvres s'étirent dans un sourire que je ne saurais réserver qu'à elle seule. La douceur qu'elle déclenche n'est pas familière et pourtant elle me grise plus sûrement que l'envie de tuer. Ma main n'a pas quitté la sienne.

Nos pas reprennent, juste après que j'ai glissé quelques mots à la sureté de son âme :

_ Regarder le monde avec toi... Et imaginer quelques instants que nous pourrions y être seuls.

Une fuite vers un vieux rêve, baigné par des cieux incertains. Un rêve pas encore mort. Elle seule sait rappeler à moi le goût de mon humanité. Elle dénoue les entraves qui furent scarifiées jusque dans mes chairs. Elle me laisse démuni, différent, désarmé, mais sa joie sait gagner mon humeur qui se confond bientôt avec la sienne pour oublier que nous sommes deux. Je n'avais jamais expérimenté la complicité je crois... Ou peut-être que je l'avais simplement oublié. À l'orée de deux immeubles fraîchement reconstruits, le barrage de sécurité vient augurer quelques complications à notre envolée. Deux NOD sont là, dans une armure semblable à la mienne et l'amertume vient mordre la joie pour la faire taire un bref moment. Mon regard se perd sur leur silhouette animée de cette mécanique si bien huilée par le pouvoir qui les corrompt. Ils vomissent leur orgueil alors qu'ils ne font que garder une putain de barrière semi-automatique. Ma mâchoire se serre, ma main se crispe, les vagues d'ignominies envahissent de nouveau mes yeux qui s'assombrissent sous le poids d'un souvenir trop récent. Mes mots filtrent de mes dents serrées, pour elle, alors que nous nous tenons trop loin pour que ces deux abrutis ne puissent nous repérer :

_ Si tu savais tout, tu ne m'emmènerais là-haut que pour m'y balancer. Mais tu sais Nyriss... Ça vaudrait quand même la balade.

Je ferme les yeux pour dissiper le mirage puis je la regarde de nouveau, mangée par la nuit, presque indéchiffrable. Mon sourire revient la narguer. Toutes les morts de mes multiples vies sont incapables de gâcher mon euphorie :

_ Les confessions attendront que nous bravions les cieux.

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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Dim 25 Sep 2016 - 23:24

Est-ce que l'on peut parler d'amour ?
Peut-être, sans aucun doute même, que les sentiments ne sont pas encore à leur paroxysme. Que nous ne pouvons prononcer ces mots si particuliers sans les gâcher, sans les respecter. Mais des sentiments, il y en a. Les preuves sont partout, dans les mots, dans les gestes, dans les regards, dans le désir.

Et dans la folie.
Nous sommes comme deux enfants pris dans un tourbillon qui rend tout notre univers comme coloré, vif, merveilleux et même mièvre. Tout parait possible, alors nous y croyons. La beauté est partout pour nos esprits aveuglés par une impression d'absolue. Nous flottons sur une nuage en barbe à papa, entourés d'un sirop d'inconscience et de framboise et saupoudrés de sucre glace. Tout n'est que douceurs et sucreries, fondant et mielleux. Une lune de miel.

Il est tendre et je souris, rayonne même de me sentir si comblée et justement désirée. Il est un drôle de soleil noir dans ma vie. Si sombre et qui me fait briller. Trois baisers et je lui en vole un quatrième, jamais contentée de ce côté. Il n'y en a jamais assez. Et nous avançons toujours, dans la plus parfaite inconscience en plein milieu du totalitarisme. Quoique lui prend soin de nous éviter des ennuis. Pour ma part, je nage dans un bonheur qui me rend peu soucieuse. Oubliant qu'au moindre faux-pas, ils pourraient me l'enlever pour toujours. Un barrage de sécurité me rappelle à la raison.

Cypher m'invite à l'abri du regard des NODs, j'imagine alors qu'il me donnera son plan pour les éviter ou passer en paix. Curieusement, il me parle de nous et de lui, de sa culpabilité. Comme moi, finalement, il est ailleurs, bien plus préoccupé par nous que par eux.

- Il n'y a rien que tu as fait qui puisse m'étonner. Et moi aussi j'ai des confessions à faire. Tu t'imagines que je suis parfaite, pourtant il n'en est rien. Aucun de nous ne sera balancé dans le vide, il est encore de temps de laisser de belles choses derrière nous.

Un peu plus pragmatique, je me détache de lui avant de ne plus pouvoir résister à l'embrasser. Je jette un oeil au barrage, aux NODs. Il serait aisé de les neutraliser, ils ne sont pas nombreux. Mais il serait bien plus opportun de passer sans faire d'histoire.

- Mais nous pouvons jouer à être ces caricatures de nous-même. Toi le sale NOD. Moi la jeune innocente. Et orthodoxe. Ce sera facile de passer non ?
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Lun 26 Sep 2016 - 15:00

C’est quoi l’amour ? Est-ce ce tiraillement irrépressible que je ressens lorsque du coin de l’œil je devine sa silhouette que je connais déjà par cœur ? Est-ce ce besoin irrésistible de la comprendre, de la connaître, de m’approprier son existence et ses ressentis, pour l’envahir tel un cancer dont elle serait bien incapable de se débarrasser ? Est-ce cette pulsion irréversible qui me pousse à vouloir la posséder jusqu’à disparaître, devenir un atome de son essence, et me sentir exister au gré de ses émois, de cette tempête de folie furieuse qui pourrait nous porter jusqu’à nous écraser sur les récifs des tours ou de nos murs, et qui serait toujours aussi immortelle. Ma main glissée dans la sienne, incapable de la lâcher, par peur qu’elle s’évanouisse dans les sursauts de ma déraison, je pense aux yeux suppliants de cet homme, qui refusait ce soir de s’abandonner à la mort tant que les hurlements de détresse de la fille lui parvenaient aux oreilles. Alors qu’il ne la voyait même pas lutter contre les assauts de ma pourriture de collègue, alors qu’il n’avait qu’à lâcher prise pour moins souffrir, s’arracher quelques brèves secondes à l’horreur, il luttait pourtant de toutes ses forces, se raccrochant à son maladif espoir de la sauver. C’est ça l’amour. Je me souviens d’en avoir eu la certitude ce soir. Je me souviens qu’au visage de son amour à lui, j’ai substitué les traits de Nyriss. Et que ma raison m’a abandonné. Je me souviens de chaque seconde de noirceur versée aux lèvres blêmes de mes chimères pour les empoisonner. Chaque putain de seconde. Ma main glissée dans la sienne, je me souviens de tout. Mais je ne peux pas parler. Je ne peux pas.

Alors je m’abîme un instant dans sa promesse de faire tomber les masques. Peut-elle être autre que ce que je m’imagine ? Est-elle aussi rongée par la mort de ce monde qui nous pousse à des folies que nous n’assumons plus ? Je ne sais encore ce qu’il en est, mais l’espoir s’insinue dans ma carcasse maigre, pour dessiner de nouveaux traits à mon amour déviant. Pour la rapprocher de mon âme frigorifiée… et l’y enfermer. Encore temps dit-elle ? Et si elle avait raison ? Mes yeux la cherchent. La trouvent. Je ne dis rien mais l’espoir ne s’éteint pas. Je l’attire à moi pour la respirer, quand le plan échappe à ses lèvres et qu’aucun argument ne me vient pour contrer ce qui semble inéluctable. Jouer mon rôle, lui rendre le sien. Nous perdre quelques minutes dans le grand théâtre de Novlangue. Quelques minutes seulement ? Ma gorge se serre. Je suis moins confiant qu’elle quant à la bénignité des apparences. Elle ne connaît pas véritablement ce pan de mon existence… J’inspire encore jusqu’à m’enivrer, avant de rompre tout contact avec elle, de parfaire ma tenue en des gestes répétés mille fois. Réajuster mon plastron, vérifier la sangle de mon arme, ceindre ma taille d’un coup sec. Mon allure se modèle à mon sombre uniforme et mon expression se glace dans la neutralité. Quand je tourne mon visage dans sa direction, c’est pour lui offrir mon allure quotidienne : détaché de mes affects. Détaché d’elle.

Je ne lui donne pas le temps de tergiverser, lui jette un « Avance. » et la prend par le bras avant de lui passer les bracelets en polymère qui, s’ils font mine de l’entraver, ne seraient qu’une piètre barrière à sa force brutale, soigneusement dissimulée par ses habits sages. Je la mène à mon monde à un pas tranquille, sans me presser, sans montrer mon dégoût à la traîner devant la justice pervertie que figure notre caste. Je connais l’un d’entre eux, même si je serai bien incapable de le nommer. Je n’ai que peu d’égards pour mes collaborateurs, encore moins d’attention pour leurs attitudes. Sauf ce soir, parce que je me tiens sur la brèche. S’ils font mine un seul instant de soupçonner quoique ce soit, je les tuerai sans sourciller. J’ai bien failli abattre ce gros connard tout à l’heure, je ne suis plus à ça près…

_ Tiens, Wilde… Tu te promènes ? T’as encore faussé compagnie à ton unité à ce que je vois ? (Son regard de fouine glisse sur la silhouette de Nyriss et je fais un effort qui me semble surhumain pour ne pas aller lui briser sa mâchoire lorsqu’il raille, d’un ton plein de sous-entendus) Même si je vois que c’était pour aller profiter d’une compagnie plus agréable ?

Il sourit en coin. Les puces défaillantes des Orthodoxes n’ont pas fait qu’allumer la lubricité chez la population qui devient de plus en plus indocile. Elle a également déchaîné les appétits des NOD qui ne se privent plus du tout pour laisser libre cours à leurs envies. Ils profitent régulièrement des filles et garçons qui tentent de fuir leur quartier pour aller se planquer dans les ruines ou les bas-fonds. Les malheureux troquent l’espoir d’une autre vie pour quelques heures de supplice et un aller simple pour la mort. Ou parfois un retour à leur prison quotidienne ou un ticket pour le camp de conditionnement, tout dépend de l’agent sur lequel ils tombent. Qu’il croie que je suis allé chopper une jolie Orthodoxe pour me la faire m’arrange bien. Ma poigne se resserre sur le bras de Nyriss, que je ne lâche pas d’une semelle, mais je hausse un sourcil, et lance, ironique :

_ Qu’est-ce que tu veux, faut bien joindre le devoir à l’agrément. Mais elle a bien compris maintenant, elle a su être bien sage , se rappeler sa toute petite place, je l’emmène juste un peu plus loin pour m’assurer qu’elle le restera. Puis de rares fois, j’ai le sens du partage. Les gars ont bien mérité de lui faire la leçon à leur tour non ?

Je désigne de la tête le quartier au-delà du barrage. Le chemin de la Centrale. Ou en ce qui nous concerne, le quartier administratif. Ils se marrent tous les deux, imaginant sans peine la longue nuit qui attend la victime de la rafle du soir. Le second, que je ne connais pas, mais qui visiblement a dû entendre mon nom quelque part, me lance, alors que je passe, poussant sans ménagement ma proie, histoire d’abréger ce charmant échange :

_ De rares fois, comme tu dis. Paraît que la fille en début de soirée, elle a pas eu la même chance qu’elle hein ? Paraît que tu lui es passé dessus, et que tu l’as butée ensuite. T’en avais marre de tuer les belles nanas ?

J’inspire pour me contenir. J’essaye de me souvenir que je tiens Nyriss et qu’il faut que j’évite de lui arracher le bras. Ma force ne vaut pas la sienne, mais elle est supérieure à ces deux cons, à cause des augmentations que je me trimballe. J’ai la tentation de nier en bloc, devant elle, pour me laver de la honte que je ressens mais je me retiens au dernier moment. A quoi bon, un NOD serait fier d’avoir réglé une arrestation dans une mare de sang. Surtout un NOD avec la réputation qui est la mienne. Je lui jette un regard hautain par-dessus mon épaule, et assène, avec morgue :

_ J’ai pas dit que je le ferai pas. J’ai pas encore décidé, j’suis du genre artiste tu sais.

L’autre rigole, mon rôle fonctionne. Je ne sais plus si c’est un rôle, c’est le principal soucis de toutes mes interprétations qui sont toujours si convaincantes. Mes masques fusionnent entre eux, et laissent mon être fragmenté. J’avance dans la nuit alors qu’ils me disent « à demain », j’oublie presque que je tiens encore Nyriss. J’oublie le but de cette course, je me perds un instant dans cet acte que nous avons dû jouer, je savais ce qu’il en coûtait. Un moment, mon corps s’oriente de lui-même vers la Centrale puis je me ressaisis, avant de lui ôter ses entraves. Je caresse un instant la marque laissée dans sa peau synthétique du bout de mon pouce, une marque éphémère. Elle disparaît déjà. Rien à côté de toutes celles que je pourrais lui laisser en souvenir. Ça ne serait pas sur sa peau... Je regarde ailleurs un instant, avant de me décider à parler, en réponse à ce qu’elle a dit tout à l’heure, parce que le silence a alourdi nos pas :

_ Ce ne sera jamais facile Nyriss. Jamais.

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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Mar 18 Oct 2016 - 23:57

Les mots étaient légers, comme la vie lorsqu'il était là avec sa tendresse et son admiration. Son insouciance en devenait ridicule. Elle disait les choses avec la sincérité de son cœur de gamine, sans réfléchir, sans peser leur poids. Ni estimer leur conséquence. Je conte fleurette, telle une bergère dans ses montagnes, au gré du vent et de mon bonheur simpliste. Allez, jouons la comédie ! Allons-y gaiement ! Il n'y a rien de plus facile... Voyons !
Elle vole, sans limite et sans contrainte. Femme inconsistante. Plume volage. Amoureuse éperdue.
Je n'ai pas eu d'enfance, est-ce qu'alors je peux me considérer comme une enfant étant donné que je n'ai que trois ans de vie ?

Cette joie de vivre lui faisait peur. Encore une fois elle l'emporte dans ses bras aussi séduisants que sournois. Elle oublie vite ses fautes et sa peine. Elle qui croyait pouvoir se fermer au monde, agir froidement, méticuleusement selon des règles préconçues et inaltérables. Se donner corps et âmes à ce monde infâme afin de réparer un centième de ce qu'elle a détruit. Au lieu de ça, elle se donne corps et âme à lui, croyant qu'il en vaut la peine. Peut-être est-ce après tout ce qu'elle mérite, contrairement à l'estime qu'elle avait d'elle-même autrefois. Plaisirs égoïstes.
Il est tout, il est son monde, du jour au lendemain. Bien sûr, elle veut le réparer lui aussi, le rendre meilleur. Une parcelle d'éternité contre un peu de culpabilité.
Mais surtout elle veut le connaître, dans chacun de ses recoins. Le découvrir, apprendre de lui. Et aspirer son essence vitale, puiser dans sa force, se nourrir de lui afin de se relever.
Elle en a même oublié ce pourquoi elle était revenue.
Qu'importe la mission, tant qu'il en fait partie.

Les conséquences de ce petit jeu d'apparence anodin l'ont violemment sortis de son nuage. Le jeu de rôle, ce n'est pas Nyriss. Elle n'a jamais aimé se faire passer pour ce qu'elle n'était pas, elle n'a jamais désiré cacher sa nature ou changer son visage. Changer de costume, changer de vie et se fondre dans la masse. Ce n'était pas son truc. Elle était une âme libre et sauvage qui aspirait à devenir unique. Tout le contraire de ce petit rôle.
Il n'était pas facile à tenir. Être rien, n'y personne, un corps sans vie qui obéit.

Baisser le regard et le menton. Ne rien dire, ne rien faire. Garder un visage impassible. C'était encore le meilleur moyen de s'y prendre. Et la meilleure prestation qu'elle pouvait donner. Mais ça n'était pas facile. Oh non. Ne pas regarder, se taire et écouter ce que ces hommes ignobles pouvaient raconter. Sans avoir le droit de réagir. Cypher en faisant partie. Supporter ces projets qu'il avait pour elle. Elle se confondait déjà avec son rôle, et confondait Cypher avec le sien. Jouait-il d'ailleurs ?
Il était évidemment trop parfait pour que ça ne soit qu'un rôle. C'était lui le NOD qu'elle pensait pouvoir accepter comme il est. Et elle, l'une de ses nombreuses victimes.
Viole. Viole en bande. Humiliation. Coups et blessures. Meurtre.
Ils avaient tant de charges sur le dos qu'il était difficile de le supporter.

Avait-il abusé d'une femme aujourd'hui même ?


Pour la première fois depuis bien longtemps, Nyriss avait la furieuse envie d'abuser de ses pouvoirs, de sa force. Il était rare qu'elle se serve de ses capacités pour prendre l'avantage des humains en dehors de situation urgente. Cette fois elle ne risquait rien, car le plan fonctionnait à merveille. Elle voulait juste les faire taire à jamais.
Tant de gens morts pour que des monstres perdurent et continuent à semer le chaos...
Nous serions découvert si je fais ça, c'est trop risqué. Je me dois de résister.

Heureusement, Cypher l'emmena loin de la scène, vers les coulisses. L'androïde doutait encore de son rôle jusqu'à ce qu'enfin il change son attitude, redevienne celui qu'il était avant. Mais le personnage laissait une empreinte indélébile derrière lui. Il était trop bien joué pour n'être qu'une chimère. Nyriss était perdue, plus sûre de rien. Subitement, il la dégouttait. Mais en même temps, elle réalisait bien que si elle l'abandonnait pour ça, elle le condamnait. Il n'y a pas que ça en lui, n'oublie pas les belles choses. Ressaisis-toi ! Il est si doux, toujours, dans ces gestes.

Puisqu'ils étaient à l'abri des regards et des importuns, Nyriss vint se loger dans ses bras, sachant très bien que le contact physique était son salut. Sans ça elle ne trouverait pas la force. Et puis elle l'embrassa, avec une étonnante ferveur. Comme s'il s'agissait de la dernière fois.

- Tu as raison, ça n'avait rien de facile et ça ne le sera jamais. J'ai besoin de savoir Cypher... Est-ce que c'est vrai ? Pour cette femme ?


Son souffle saccadé venait se confier dans sa gorge. Elle tremblait, de peur.

Et si c'était vrai, qu'allait-elle faire ?

D'ailleurs, ils ne devaient pas se faire des confessions avant d'être au sommet. Néanmoins, l'urgence du moment l'importait. Comment faire pour qu'il accepte de lui parler ?

- Dis-moi ! Je ne suis pas parfaite, non plus. J'ai fait des choses... Ce qu'il s'est passé, c'est ma responsabilité. J'ai tué des millions de personnes.

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais qu'importe. Ce qui comptait c'est qu'il y ait pire que lui.  Qu'il puisse parler sans craindre d’entacher sa pureté. Elle n'était pas une sainte, pas plus qu'elle n'était parfaite.
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Mar 22 Nov 2016 - 15:52

​​​​​La vague de froideur et de brutalité s'est substituée à la légèreté de l'inconscience. Il n'y a plus rien des charmes d'avant, que les non-dits et l'amertume des actes. Je la regarde et sa voix me paraît un instant très lointaine, comme si elle ne pouvait pas me rejoindre dans les confins de trouble où je me suis malgré moi réfugié. Ou retrouvé, je ne sais pas. L'abandon s'est sclérosé dans cette petite scène de fantoches, la liberté n'est plus qu'un songe douloureux, écrasée sous les bottes et les rires gras de mes congénères. Je ne la regarde plus. J'ai perdu le cap de nos envolées, et je me retrouve à considérer toutes les nuances de mes personnalités, à ne plus savoir laquelle je dois endosser pour relever la tête, et la confronter. La froideur est un appel, ma phrase tombe comme un couperet, et j'envoie valser les rêves, les masques et les rôles. Nous voilà arrachés des songes pour revenir sur cette terre viciée qui nous appartient, mais dont nous ne dessinons pas les mêmes contours. Nos avenirs s'ils veulent se confondre sont tous sauf semblables, l'écroulement de la douce frénésie me referme peu à peu, et l'aigreur envahit ma posture.

L'imaginer une seule seconde dans ces menottes de captives, à l'étreindre du feu glacé de l'autoritarime a su m'ébranler, rappelant les échos de cette déraison totale dans les caveaux de cette nuit de massacre. Le regard de la fille me revient, et mon poing se contracte, mes jointures blanchissent tant je serre le vide de l'incompréhension. Je la sens incertaine à mes côtés, perdue dans des atours qui ne sont pas les siens, les interrogations sur ses lèvres, le doute sur son front. Tout ce que j'imagine d'elle à ne plus la voir, à me perdre dans l'observation de ténèbres familières à la place. Toucher sa peau, y effacer des marques, des marques même éphémères, m'arrache un frisson désespéré. Nous voilà de nouveau séparés par des passés que nous ne connaissons guère, et si l'envie s'est arrimée à nos âmes, elle provoque un revers presque détestable à présent. Savoir... Faut-il vraiment savoir. Avouer... Faut-il vraiment apparaître tel que je suis. Le rôle éphémère et pourtant ancré à ma chair doit déjà la débecter. La débecter encore alors ? La repousser une dernière fois pour oublier ce qui put être délectable ? Gommer le sentiment, reprendre l'apathie de jours tous semblables. Il y a quelque chose d'encore plus écoeurant à cette idée. Je ne suis plus très sûr de mes aspirations, le doute accable mes épaules qui se ploient légèrement.

Soudain elle est contre moi, et mes bras l'étreignent avec un automatisme désarmant, une avidité palpable également. A trop songer la perdre, je dérive dans des appétences décuplées. Ses lèvres apaisent l'acide sur ma langue, je me laisse emporter, goûte sa passion une dernière fois. L'aveu suivra et ce sera terminé. Alors je modèle ma bouche à la sienne, m'en empare un peu plus encore pour égrainer toutes les infinités que je finirai par broyer sous les mots, un baiser bien plus dur que les précédents. Pourquoi est-ce si abyssal lorsque je l'étreins, si la norme n'est que la solitude du corps et de l'esprit ? Pourquoi y a-t-il tant de frénésie qui se ploie et hurle en même temps, à la perspective de la laisser partir ?
La question je l'attends et lorsqu'elle sonne, mes bras se durcissent à ce défi lancé, auquel je ne saurai me dérober. Et pourtant je me la ferme, l'observant d'un regard glacé, à trier l'information, à jauger s'il faut tout dire ensemble ou pas. Mais elle insiste, me sert tant de folie, je peine presque à la croire, je respire nos non-dits. Je m'attaquerai à ce qu'elle sous-tend juste ensuite, ma voix claque dans un murmure lent :
_ Quelle partie ? Le viol ? Le meurtre ? Je l'ai tuée, je l'ai tuée et j'en ai tué tellement, des gens comme elle. J'en tuerai encore, c'est ce que je fais le mieux Nyriss. Est-ce que j'ai pris son corps, est-ce que j'ai volé ses cris implorants ? Non... Mais quelle importance vu que je l'ai fait en d'autres heures, en d'autres lieux. Tu voulais savoir, eh bien tu sais. Tu trembles tant... Elle tremblait elle aussi, elle avait mal.

Mes bras l'étreignent encore plus tandis que je me confie dans un ton vacillant. Les réminiscences et les peurs me statufient. Je reviens à son visage, et aux milliers d'ombres qu'elle dit avoir précipité dans le néant :
_ Tu as tué des citoyens, tu parles du feu, de la dévoration de la cité hein ? Alors regarde-moi, vois ce que tu cherches, tu disais être un monstre, voilà pourquoi tu viens lécher mes plaies, un miroir pour nos deux masques déformés. Je ne sais pas si tu dis vrai. Et si tu dis vrai, j'aimerais savoir ce qui importe alors : as-tu souhaité ces morts Nyriss, as-tu souhaité le hurlement de l'agonie, les chairs déchirées, les yeux vides d'enfin expirer dans une violence salutaire ? Tu veux savoir si ta corruption est équivalente, alors prétends avoir souhaité l'horreur, et on marchera sur le même putain de fil acéré.

Je cherche dans les prunelles qui me firent vaciller, je noircis le trait déjà scarifié au vitriol. Je ne peux pas m'en empêcher. Je cherche dans l'expression profondément ouverte qu'elle sait donner, à peindre des espoirs qui me sont si inconnus, et que je cherche à suivre comme une bête attirée par la lueur. Mais notre étoffe est si différente. Les morts dans mon sillage ne sont guère légion, mais les vicissitudes des déviances leur donnent une toute autre saveur. Le NOD m'a façonné, m'a donné une identité d'une violence qui est devenue une partie de mon être. Et cette violence déclenche tant d'envies contradictoires à présent qu'elle s'en mêle que je parviens à peine à ne pas esquisser un sursaut de rejet à la sentir venir communier à ma noirceur et à vouloir la dévoiler.
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MessageSujet: Re: À l'ombre de nos doutes [Nyriss]   Aujourd'hui à 9:38

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À l'ombre de nos doutes [Nyriss]
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