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Novlangue est un univers totalitaire inspiré de 1984 (G Orwell)

Ambiance Blade Runer, The Island, Total Recall, et tant d'autres où les libertés sont étranglées...
Chut! Big Brother... La délation est l'arme des cafards...
Bienvenue dans notre Monde!

 

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 Le Mad Hatter

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MessageSujet: Le Mad Hatter   Ven 26 Mar 2010 - 11:14


Novlangue, 2040


« J’te déteste !
Lâches-moi, lâches ! J’te dis !!!
Laaaches-moaaaaaaaa putain ! »

Il l’emmène. C’est pas plus mal, c’est une raclure.

A peine quelques années et déjà il mord comme un sale rat. C’est un chien enragé ce gosse, la haine vissée dans les trippes. Regardez-moi son regard ! Il est noir comme la nuit, il empeste la colère, faut le briser !! Faut casser le ver, il fera pourrir le fruit !
Sale gosse, sale petite vermine ! Il m’a mordu ! Je pisse le sang !!! Cette petite merde m’a arraché un bout du mollet !

Bracelet et coups de matraque pour la sous-merde ! Direction le centre de conditionnement.
On en fera un bon petit soldat, un vrai mouton armé, un chien de chasse. Après tout, il a l’air futé. A voir. Faut d’abord casser, implanter, dresser.

(…)

Je suis où ??
… putain de rêve.
Toujours le même.
J’ai mal au bide. A chaque fois, c’est pareil, j’ai envie de gerber ma nuit sur la moquette.
Un retour de dope. Faut que je coince l’enculé qui m’a refilé cette merde. Coupée… Je vais le découper, faire de lui une jolie petite fille. L’art du rasoir, il va connaître et la prochaine dope qu’il me refile, il aura la voix d’une valseuse.

Douche.
Fringue.
Prêt.
La rue.

Je marche dans cet enfer, c’est ce qu’on dit. Moi, je l’aime, j’aime ces rues, j’aime voir les orthodoxes racler le sol sur mon passage. J’aime… Je crois…
Putain, j’ai la tête farcie ce matin.
Faut pas me faire chier.

Je traine un peu, je mate une vitrine, j’y vois mon reflet. Je suis pas si vieux, pourtant y a ces relents de rêve qui me remontent dans la gorge, des bribes et des vers, des bouts de souvenirs qui sont pas les miens, non pas les miens. Les miens… j’en n'ai pas, j’ai pas de souvenir, j’ai pas de malheur, juste l’enseignement, l’apprentissage pour être un limier, le meilleur ? Non, je crois pas, pas le plus mauvais c’est sur. Parait, que les gens comme nous, on n’a pas d’âme, pas de pitié, pas de cœur. Alors pourquoi j’ai cette envie de vomir qui froisse mon regard dans cette vitrine fade et grise, grise comme tout ici, froide comme la rue, comme ces regards, comme ceux-là au regard accroché à leurs chaussures.

Je les vois défiler sur la vitre comme des pantins de chiffons, des marionnettes qui glissent sur le verre. Ça se brouille, tout se brouille et les images s’emmêlent. J’ai le vertige, la tète qui tourne, cette envie de dégueuler sur le trottoir, et ce nom crispé sur mes lèvres, gravé sur la vitre, le Mad Hatter. Je le reconnais pas, c’est pas mon nom… je suis pas ça, je suis pas comme ça, je suis pas ce… monstre. Je… je suis… je suis le Mad Hatter ! Je le vois dans mon reflet, je vois ce chapeau, cet air de dingue, ces cheveux trop longs, ce déguisement !
C’est encore ce rêve, putain je vais éclater le crane de celui qui m’a vendu cette merde !

Putain de rêve…

(à suivre) [NOD]


Dernière édition par Mad Hatter le Dim 27 Fév 2011 - 15:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Ven 26 Mar 2010 - 23:07

Je crois… non, je sais. Je sais que j’ai pas eu le choix, je sais que j’étais un petit merdeux sans avenir, une petite merde qui foutait le bordel, et le centre, oui, il y a eu le centre et là, on m’a appris. Ils m’ont tout appris, le bien, le mal, les valeurs, celles qui sont justes et que j’aurais à faire respecter envers et contre eux, les larbins de Novlangue. La loi ! La loi…
Y en a qui disent que les mélodies sont belles, que les Arts illuminent l’esprit, qu’ils font vibrer les sens et se hérisser les poils sur le corps.
C’est mal ! Le mal…

Je ne sais pas de quoi ils parlent, ce sont des hérétiques, des larves sur un tas de boue !
Faut pas me faire chier ! Non, noooon ! Faut pas…

Pourtant…

J’ai un souvenir qui traine dans ma tête… un souvenir de… mélodie, musique, son, chant, voix en quinconces, duo, trio, quintette, harmoniques ! Accords ! Dièses et pauses ! Bémols… Chut… bémols… Dièses... Requiem ! Mozart ! Wolfgang Amadeus Mozart ! C’est beau….


« … Papa ! Arrête cette musique, elle est triste, elle fait pleurer mes yeux et moi, j’veux pas pleurer !! J’ai pas mal, j’suis pas triste ! Arrête ça, papa !! J’me suis pas écorché le g’nou en tombant… j’ai pas mal, j’suis pas triste. C'est juste que… c'est beau »

Souvenirs…

Non !! Des rêves ! UN REVE ! Toujours le même, ce putain de rêve qui fausse la réalité, qui trompe mon esprit, qui me fait imaginer des choses qui n’existent pas et qui n’existeront jamais !!! Jamais…
Je perds la tête.
Non, c’est cette dope pourrie, frelatée, faut que je pète les jambes du dealeur.

Putain, j’ai la gerbe, je vais dégobiller sur la vitre et sur mon reflet, sur la vitre et sur la gueule de tous ces gens qui se croient libres. Ils ne sont rien ! Des esclaves, rien que des petits esclaves, des petits moutons qui me désignent comme de cette race, un mouton… moi… alors pourquoi j’ai des privilèges qu’ils n’ont pas eux ? Un mouton, ça broute ! Je broute, Moi ? Non, je mange et proprement ! Sans les doigts. Et puis, ça bêle. Je bêle ? Non, je bêle pas. Et si tu me regardes encore, je t’enfonce ma lame dans l’œil jusqu’à faire dégouliner ta cervelle.

Dégages…

Putain, mais pourquoi y m‘regarde lui !! Dégages j’te dis… dégages… faut pas me faire chier…

Je transpire comme un porc, une douche de gaspiller. Tant pis, j’en prendrai une autre. Toute façon, j’aurai les mains sales, du sang sur le coin du poignet, de la peau sous les ongles.
C’est comme ça, c’est ça, mon boulot… NOD.

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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Dim 27 Fév 2011 - 15:23

Enfant écrasé

P’tit, p’tit, si petit… j’étais si petit, il faisait si noir, noir… noir dans la nuit, noir dans la chambre, noir dans la fenêtre qui donnait dans la nuit, même pas dans la rue, dans la nuit noire, sombre, opaque, même pas caressante, étouffante. Etranglé, je suis tombé par terre dans la nuit de ma chambre, une chambre épaisse et sombre, froide, tellement froide. Je me suis fais mal aux genoux, mal au cou, hibou. Lui, je l’entends parfois la nuit, quand je dors pas, quand il fait nuit dedans, quand la lune se faufile entre deux barreaux et oublie un morceau de reflet sur un mur, juste ce qu’il faut pour rappeler que dehors, la vie continue. Mais dedans… il fait noir… J’étouffe !

« Laissez-moi sortir !! »

Roulé en boule sous le sommier en ferraille du lit, j’écoute le noir de la nuit. J’ y cherche ce que je ne trouve pas dans le noir du jour, dans la chambre, dans les pas qui me font aller dedans, dehors, entrer, sortir, ne pas sourire, ne pas regarder devant, ne pas regarder sur la droite, pas sur la gauche ! Seulement en bas, l’étage en dessous, c’est là que mes pieds raclent le sol froid, si froid, tellement froid que les os gèlent sous mes habits, mes loques, ces fringues, toutes les mêmes, identiques sur l’un ou sur l’autre, l’un ou l’autre, du pareil au même. Lui, moi, moi lui, il n’est rien, je suis rien, on s’inter-change, c’est la même chose, je suis lui, il est moi.

« Laissez-moi… s’il… s’il vous plait ! »

Je marche et racle le sol, je suis une serpillère. Oui chef… Chef. J’obéis, ou je crève. J’ai voulu crever dans cet enfer pour voir si dehors, ailleurs, la haut, plus ici, loin, le plus loin possible, il y a du ciel bleu. Un peu de bleu dans ma nuit.
Noir, le bleu est noir, le jaune aussi, le vert n’existe pas, son espoir s’est éventé. Dans la nuit, dans ma chambre, au garde à vous des fins de série, là où s’échouent les rats sans pattes, j’ai joué à égratigner ma plaie. Je voulais réveiller la douleur, la mienne, celle que je pouvais me donner, et qui me ferait mal d’être de moi, à moi, pas d’eux, pas des bourreaux qui m’obligent à faire ce que je ne comprends pas.
Je suis un gosse, merde ! Je veux vivre comme un gosse, faire des bêtises comme un gosse, juste faire des bêtises, pas des méchantes, juste des bêtises gentilles, des qu’on fait quand on est petit. Et même qu’on nous gronde mais gentiment, parce qu’on est petit. J’ai oublié ce que c’est d’être petit. J’ai mal comme les grands, sous la peau, sous les ongles, j’ai pas réussi a gratter l’intérieur, toute la pourriture qui s’accumule et qu’ils me crachent au visage…

« Oui chef ! »

J’ai voulu exister et voir si dehors quelqu’un m’attendait. J’ai tapé sur les barreaux. « Bing… bing… » Et puis le rouge à couler dans mes yeux. Rouge… sang. Le front fendu, j’ai continué à taper sur les barreaux, jusqu'à ce que le sang coule à gros goulots. La vue brouillée, le regard dans le sang, les yeux dans la nuit rouge de ma chambre mortuaire, j’ai frappé si fort que ma tête a éclatée. Mille éclats dans la nuit, sur les murs et le sol, sur le drape et la couverture, au plafond de mon âme, je me suis envolé, libre.

« Bing… bing. »

Le rêve après la chute. J’ai terminé ma course, ce vol arraché aux bourreaux, dans le lit aux draps blancs de l’infirmerie. C’était presque doux, presque chaud, ça sentait l’éther. Je crois, je sais pas ce que c’est l’éther, j’ai juste entendu quelqu’un le dire. Je répète, bêtement, c’est comme ça qu’on nous apprend, bêtement pour devenir bête, une bête, je suis un animal sauvage enfermé entre quatre murs. Je gratte la pierre et le ciment la nuit, tapi au fond de ma cage. Je grogne, je feule, je griffe. Ils me frappent à coups de pied et de poing, et puis il y a les gifles, cinglantes, humiliantes, j’ai mal... Mal, douleur, souffrance, tout le temps. La nuit dans le fond de ma cage, je meurs dans mes rêves d’enfant écrasé, ligoté dans son âme, seul avec elle et tout le mal qu’on lui donne.


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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Dim 27 Fév 2011 - 15:29

Je regarde la lune sur le mur, celle que je m’invente chaque soir lorsque les bourreaux éteignent les couloirs. Pas de lumière dans les chambres, ils doivent avoir peur qu’on se mette à réfléchir. Moi, je triche, le soir dans ma chambre, je rêve.
Le soir dans le noir, je m’envole, je m’enfuis à bord du grand astronef, je suis le pilote et je vole, n’importe où, au hasard des plans de vol, là où une mission secrète m’attend, là où les Zélones ont pris la planète PArtèe 211. Je vole… je plane à bord du grand astronef, libre… libre comme le vent, comme la mer déroule ses rouleaux, ses houles qui chavirent les bateaux, plus fortes que les plus grands paquebots, ces bateaux majestueux que je ne connais que dans les rêves, mes rêves que je fais chaque soir dans le fond de ma cage, ma chambre noire, vidée de son essence, ces jouets qu’on aurait dus y trouver, ces choses d’enfant qu’on n’y trouve pas et que moi… moi, je voudrais qu’il y ait. Je voudrais tant…

Ce soir, j’ai 8 ans. J’suis trop ptit pour avoir vu la mer. Parait que c’est beau, la mer. Ici, y a pas d’mer. Ici, c’est gris comme la rue sale. Je m’en souviens encore, c’est pas si loin la rue sale. Papa, y m’prenait par la main, et il m’emmenait marcher dans la rue. Fallait faire gaffe, y avait tout plein de monsieur qu’étaient pas gentils. Papa, il disait qui faut pas les regarder, qui faut marcher droit devant en regardant par terre. Pis, surtout, faut pas sourire, faut pas avoir l’air content, faut être triste et même que moi, avec mon papa, on faisait le jeu de celui qui fait semblant. C’était pas bien dur, suffisait de marcher en longeant les murs et faire semblant qu’on voyait rien.
Papa, il était tout le temps triste depuis qu’ils avaient pris ma maman. Il restait tout le temps assis à regarder derrière le rideau de la fenêtre, pis il disait rien, tout’façon il disait plus jamais rien papa. On n’était plus qu’tous les deux parce que maman, elle était partie. Ils l’ont emmené dans une clinique parce qu’elle était malade. C’est ça qu’il disait papa. Alors, on est resté tous les deux dans notre maison.
Parce qu’on avait une maison, elle était belle ma maison. Sauf que c’était pas vraiment une maison, pis qu'elle était pas vraiment belle, mais on s’en fout dit, hein, qu’on s’en fout. C’est notre chez nous, c’est papa qu’il a dit.

Papa, un jour il s’est levé d’sa chaise, et il a fait gros trou dans le fond de l’armoire. Il a mis l’armoire devant la porte de ma chambre. On voyait plus la porte derrière la grosse armoire. Y m’a dit de m’cacher derrière et qui fallait pas que j’ouvre à personne. Qu’il allait revenir et que moi, ben moi, je devais rester derrière, caché sous le lit, derrière les habits qu’il a mis dans la grosse armoire. C’était des habits de maman. Je men souviens, parce que y avait son odeur dessus.
Mais moi, j’ai désobéis… mais chut hein ! Faut pas l’dire à personne ! Moi, ben moi, je suis pas resté sous le lit, parce que maman, elle me manquait maman, et pis j’avais peur tout seul dans le noir, pis j’entendais plus mon papa. Alors, j’ai sorti de sous le lit, et j’ai traversé l’armoire. J’avais peur, j’ai poussé les habits de maman qui sentaient bon comme elle, et j’ai sorti de l’armoire. Mais papa, il était plus sur sa chaise. Le rideau, il était tout déchiré, même qu’on voyait dehors.
J’ai descendu les escaliers et je suis sorti dans la rue en pleurant.
C’est là que les autres y m’ont chopés. Ce tas de fils de putes. Papa, il aurait été fier de moi, parce que y en a un, je lui ai filé un coup de pied dans les couilles, et que lui, il est tombé par terre. Et qu’après, j’ai bourré d’coups sa sale gueule. Mais j’étais trop ptit, le gros là, il m’a choppé par derrière, pas moyen de m’échapper. Je me suis débattu comme un chat de gouttière, mais il était trop fort. Alors, je l’ai traité d’enculé, et lui il m’a collé un coup sur la tête, et il m’a jeté à l’arrière d’un camion. J’avais mal au crane, maintenant, j’aurais même pas mal.

J’ai plus 8 ans.
J’entends les pas dans le couloir. Je serre les dents, je m’enroule dans mon lit en enserrant les draps entre mes cuisses, si fort… je veux pas qu’ils me voient. Ils me verront, je le sais bien, mais je veux pas, pas maintenant, pas ce soir, je… je veux pas… pas ce soir. Je veux juste rester là, un peu tranquille. Je fais celui qui dort, j’ose pas respirer, je bouge pas pourtant je sens mon souffle manquer, j’étouffe… je bouge pas… ils me verront pas, suffit d’y croire très fort.

"Non !! Lâches-moi merde !!! Non…"

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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Dim 27 Fév 2011 - 15:31

Un enfant mal éduqué, comprenez qui n’entre pas dans les critères acceptables, est un danger pour le système. Ici, au centre, on forme les futurs protecteurs du système. Si le conditionnement n’est pas parfait, le sujet ne remplira pas ses fonctions avec satisfaction. La faim justifie les moyens.
C’est le genre de petite phrase qu’on peut entendre au parloir. Elle justifie tout, chaque acte, chaque geste aussi brutal et injustifié. C’est la longue marche des pingouins.


"Soif… j’ai soif… "

Il était temps que j’arrive, tu es un mauvais élève, maman va devoir te corriger.
J’ai rien fait ! C’est eux d’abord, moi je fais rien, j’obéis toujours, mais ça va jamais ce que je fais. Ils sont méchants avec moi, tu sais… maman ? Dis-moi, pourquoi tu es ici ? T’es plus malade dit ? Dis-moi… maman… parles-moi ! Pourquoi, je suis ici et papa, il est où papa ? Merde… j’ai soif putain !!! Boire… un peu d’eau, juste un peu merde, je suis pas un putain de chien !!!

"Soif… à boire…"

Ils me tiennent par les épaules et me traînement sur le sol comme un animal. C’est toujours la même chose, ils viennent me prendre la nuit et m’emmènent dans la salle de conditionnement N°13. C’est un foutu chiffre qui me colle à la peau. Un putain de chiffre que je finis par voir partout comme un oiseau de malheur, un porte-poisse.
"Lâches-moi, putain !! Laaache-moi !!!"
Je serre les dents en écrasant ces derniers mots.
Je lâcherai plus rien, pas un mot, pas un verbe, rien que dalle. Je veux crever !

"Crevez-moi !!!"

Toi, prends ton scalpel, vas-y la limasse, et plante ça dans ma gorge. Même pas peur !
Je me débats. Je chavire sur la table comme un bateau qui va et vient sur les vagues, au gré de la mer, cette putain qui m’a laissée seule.
Mais vas-y merde ! Tu veux pas que je le fasse pour toi ? Refiles-moi le scalpel que je te montre comment on fait des belles coutures.

- Petite ordure…
- Oui chef, c’est moi, chef !
- On m’a dit que tu n’obéis pas et que tu ne respectes pas le code. Tu es un vilain garçon, et tu sais ce qu’on fait au vilain garçon ? Oui… tu le sais…

J’aime pas son haleine. On dirait la cale d’un baleinier. Ça pu !!
Je crois que je lui ai craché dans la gueule.
Ce qui m’a mis ce connard… j’en ai pris plein la tronche, mais je l’ai pas loupé, ça valait les coups que je me suis ramassés.
Y a des fuites au plafond. J’ai un truc qui me dégouline sur la gueule. Ça me bouche les yeux, j’y vois rien, plus rien… fait rouge ici non ?

Y m’trainent au travers de la porte, salle N°13. Attaché à la table, sanglé jusqu’au cou. M’en fous, je gigote autant que je peux, dans tous les sens et tant pis pour les coupures, parce que ça coupent les sangles. A force, j’ai les poignets d’un suicidé. Je leur en fais baver à ces enculés.
Y m’auront pas…

Cette nuit là, ils ont tapé trop fort.
Ils l’ont jeté sur le lit, dans sa chambre sans lumière.


« S’il se réveille, il fera un bon soldat. »

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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Dim 27 Fév 2011 - 15:35


Le lendemain, je me suis réveillé. Cette nuit là, ils ont pas eu ma peau, c’est plus tard que c’est venu, plus tard…

Je me suis réveillé fiévreux, tout cassé à l’intérieur, bien plus qu’à l’extérieur. C’est pas là que ça fait le plus mal. Là, c’est que des traces qui partiront avec un peu d’eau et du temps pour gommer les plaies.
Les coups, ça passe toujours.


J’ai voulu voir dehors, cette saleté de rayon de lune qui finissait toujours par échouer sur le mur dégueulasse de ma cage. J’ai tendu le bras, raide, droit vers la petite fenêtre. Ça faisait mal à en crever tellement ces pourritures avaient mis le paquet.
Ce soir là, dans ma cage que les autres appelaient « chambre », je me suis crevé la couenne sur le sol glacé en essayant d’atteindre la lune.
J’ai rampé comme un sale rat jusqu’à elle, la fenêtre, et je suis resté par terre, assis en miette le dos contre le mur. Incapable de me hisser jusqu’aux barreaux et de voir cette garce de lune qui venait me narguer toutes les nuits.

Assis, dos contre le mur, la tête penchée en arrière, les yeux qui ne voient rien, la nuit dans la chambre, la cage de mon enfance. Je me suis défoncé le crane à grands coups contre le mur gelé, aussi froid que mon âme, aussi glacé que mon sang. Je suis devenu un reptile, l’animal que les autres dressent pour être le chien du système.
J’ai frappé ma tête contre le mur, encore… encore… plus fort… à en crever, à en devenir dingue, à en avoir mal jusque dans les tripes et à cracher le sang qui affluait dans ma gorge et remontait comme une aigreur insupportable.

Frappe encore… frappe…
Frappe…

J’ai craché mes tripes et mon sang dans la nuit de mon enfance, au fond de ma cage taillée dans le béton armé de mes 12 ans. J’ai frappé encore, encore… le sang coulait dans ma nuque chaud et réconfortant parce que j’étais encore en vie et qu’en moi battait un cœur. J’ai hurlé à m’en arracher les amygdales, j’ai hurlé comme un loup, à coup de tête dans le mur et du sang dans la gorge.

Frappe...

Ce soir là, je suis mort. Et c’est pas eux qui m’ont mis le coup de grâce.
C’est là, que le Mad Hatter est né. Une crevure sans âme, bâti dans l’armure des NOD, un loup dans la meute de chiens.

Les jours et les nuits qui ont suivis, j’ai pas décroché un mot, pas une syllabe, pas un son, et même quand les autres venaient me foutre des coups dans les cotes, j’ai pas tremblé, j’ai pas bronché. Je suis resté figé à fixer le vide, devant moi, le regard glacé, les yeux mort.
Tout le reste était invisible, transparent, plus rien n’existait.
Le temps s’était arrêté, encré en rouge avec mon esprit sur le mur de ma cage.
J’étais seulement secoué d’un mouvement de balancier, avant, arrière, arrière, avant, "tic tac", la trotteuse sur le cadran, le culbuto dans son mouvement perpétuel, le fou dans sa camisole.


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MessageSujet: Re: Le Mad Hatter   Dim 6 Mar 2011 - 23:00


Novlangue 2140

C’est juste un putain de mauvais trip.
Je reconnais rien, pourtant il y a ce délicieux petit gout…
Je connais cette douce saveur sur les papilles, celle du coup de crosse dans la gueule, du pouvoir de l’homme sur le chien, et des chiens, y en a plein la rue, je les vois dans le reflet de la vitrine.
Ils trainent les pieds, ils ont le menton enfoncé dans les dents, c’est des petits rats bien obéissants. Bou, si je me retourne un peu vite, je vais tous les faires fuir comme une colonie de cafards sur les murs de la cuisine.
Je les hais ces mollusques !
Si j’avais pas ce putain de mal de tronche, je me ferais bien un quatre heures entre quatre murs, un petit passage à tabac dans les règles de l’art, un couteau entre les cuisses, et un pouce enfoncé dans l’orbite, juste sous l’œil, prêt à l’éjection. C’est dégueulasse, et j’adore ça quand ça gicle.

Je me regarde pas dans la vitrine, pas besoin de savoir à quoi je ressemble, je le sais déjà. Si y a une chose qui change pas, c’est ma gueule d’enculé. Formaté système, je suis un as, le type au chapeau qui dézingue sur ordre et le plaisir de faire mal gaulé entre les cuisses. Sauf que les ordres, j’en n’ai rien à foutre. Je fais ce que je veux parce que je le décide. 

Il y a juste ce petit gout dans la gorge, celui du sang, putain j’aime ça
Je m’éclaterai bien une molaire histoire d'avoir ce gout là sous la langue
Ou alors, c'est celui du remord... je m'amuse tout seul à imaginer le gout du remord...
Pour une fois que je sourie, c’est jour de fête, allumer les bougies et sortez les nappes blanches, j’ai envie de pisser.

Où je suis ? Je l’ai compris, pas besoin de tirer des plans sur la comète, suffit d’ouvrir les yeux et observer. L’analyse est facile, je suis plus dans mon époque. Rien à foutre. Je sais pas pourquoi et j’ai même pas envie de comprendre. Le job reste le même, je suppose, alors le décor, je m’en balance.
Les fiottes ont toujours le même air, et on vole dans le ciel. J’ai plus qu’à apprendre à me servir de ces engins. Je sens que ça va être le pied. Manque une petite pute pour me chauffer le lit, c’est pas ce qui doit manquer, c’est encore un truc qui change pas. Les putes, c’est comme les cafards, ça squattent quand y a de la merde.

Là, je me dis que je suis pas seul au monde, et que je devrais aller chercher mes ordres au QG.
Ce que j’aime pas, c’est ce qui ressemble à des NOD mais qui n’a rien d’humain. Des robots ? Merde, et ils ont une cervelle qui gicle ou c’est du tout plastique ?
Qu'est-ce que j'en ai foutre.

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